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I. — Vers l'Abîme

Pour votre Tricentenaire que voulaient donc vos libéraux ? Un Ange de la Paix sur le bastion du Roi ; et le Parc des Batailles à tracer sur les lieux immortels où entre Wolfe et Montcalm, le 13 septembre 1759, se décida le sort d'un continent. Le terrain convoité, le terrain qu'on demandait était-ce du moins le sol qu'arrosèrent de leur sang tant de héros couchés en un jour dans une tombe glorieuse ?

Les terrains en vue, et qu'à tort on appellait Plaines d'Abraham, étaient en grande partie les Buttes à Neveu et le champ de course. Cependant, ce n'était point là que les armées en vinrent aux mains. Les archéologues ont prouvé que le champ de batailles, le vrai, est couvert de constructions qu'il faudrait abattre et que le Parc National, cher à Doughty, se déroulerait, d'une façon pittoresque peut-être, non pas sur un champ de navets, mais dans un champ de pacage à vaches, assez sensiblement éloigné du champ d'honneur qui intéresse l'Histoire et la nation.

De cette méprise topographique on aurait pu rester victime

Pour arriver à ces fins, il fallait faire perdre de vue la fondation de Québec ellemême pour concentrer tout l'intérêt de l'évocation historique sur la période tragique où Anglais et Français, étant aux prises, décidèrent le sort du pays sous les murs de Québec. Dès lors, il ne serait plus question qu'incidemment de Champlain et des origines de Québec, et il ne s'agirait particulièrement que d'évoquer les ombres de Wolfe, de Montcalm et de leurs compagnons. Or, Wolfe et ses régiments ayant remporté la victoire et conquis le pays, c'était à eux que revenait la plus forte part des hommages, à la Grande-Bretagne tout le profit de la fête. Albion ne prétendait pas à plus, mais elle n'exigeait pas moins ; et les libéraux canadiens, travaillés par les francs-maçons qui recevaient de Londres des mots d'ordre précis, se prêtèrent si bien à la suggestion impérialiste, que le programme primitif fit complètement place au programme britannique venu de Londres !

Ce programme officiel et impératif, qui fit autant gémir que rougir les vrais Canadiens, mit au premier plan le Parc national relégué naguère et combien timidement ! au dernier plan ; il prévoyait une Adresse en anglais, que lord Grey lirait au prince de Galles qui lui répondrait en anglais, on se doutait bien sur quel sujet et dans quel esprit ! Sir Wilfrid Laurier, le Grand Canadien, prononcerait un discours, en anglais naturellement, mais en pensant en français, ce qui lui était très familier! Il y aurait une revue navale, aussi une revue militaire, puis on inspecterait les flottilles ; tels seraient les préludes des simulacres de bataille navale et du bombardement de la ville, suivi de la prise de Québec, doux souvenir ! Façon de rappeler à ces Français qui voulaient fêter leurs gloires et leurs espérances, qu'il ne fallait pas se donner le change ni se tromper ; que le maître n'était ni loin ni distrait, et qu'il gardait de quoi donner des leçons et inspirer le respect.

Les Canadiens français n'étaient pas plus distraits que les voisins et, bans doute, f appelleront-ils un jour aux Anglais qu'il y a des manières de s'imposer qu'on endure, mais qu'on n'accepte pas.

sans le travail de M. Doughty, qui rappella fort bien et détermina exactement les positions respectives qu'occupaient les belligérants dans les fameuses plaines d'Abraham. Ces plaines encombrées alors de bâtisses variées y nul ne songeait à les exproprier, du moins pour ce moment et à l'occasion du Tricentenaire ; il y aurait eu trop à faire vraiment ! Pour faciliter la tâche entreprise, pour imposer surtout le projet et faire faire du chemin à la souscription nationale, qui ne serait pas infructueuse pour tous, on avait tout simplement déplacé le champ de bataille et faussé l'histoire : c'était plus commode, certainement, que de déplacer une partie de la ville récalcitrante. Il arriva, de cette façon, ceci de surprenant : premièrement, que de tout le vaste plateau qui vit les ancêtres aux prises, et qui s'étend hors de l'ancienne enceinte de Québec, seuls la falaise qui couronne le promontoire vers Je fleuve, les Buttes à Neveu et les terres environnantes ne virent point ces guerriers fameux, ne burent non plus leur sang généreux ! Le terrain n'était pas stratégique en cette occurrence, et pour ce motif il dut être évité par Wolfe tout particulièrement. Or, c'est cette terre, vierge de la gloire qu'on lui prête, qu'on transforme en Parc National ! Deuxièmement, que, par contre, ô ironie ! ce terrain fut réellement et peu de mois après, témoin des exploits de Lévis et de la défaite des Anglais l Ce n'est pas cette déconvenue cuisante, je le suppose, que, par supercherie, vos impérialistes ont voulu faire célébrer par les Anglais tout en s'appliquent à en perpétuer la mémoire !

Le Sollicitor. — C'était déjà énorme, ce qui nous arrivait là ; mais il y avait plus fort. On ne devait pas oublier que dans l'acte fédéral, relatif à l'expropriation des terrains nécessaires au tracé du Parc National, on lit textuellement : « La Commission pourra acheter, acquérir et posséder les terrains et propriétés immobilières dans la Cité de Québec ou ses environs, où les principaux engagements ont eu lieu et qui furent occupés par les différents étatsmajors des armées respectives sur le champ de bataille.

Le Parlement autorisa ainsi, non pas l'acquisition de terres quelconques qu'on devait adapter selon le bon plaisir de quelques-

uns à des convenances politiques sous les dehors historiques, fallacieux ; mais rien que les terrains indiscutablement historiques et seulement ceux où se déroulèrent les batailles de 1759 et 176C qu'on tenait à remémorer dignement. Ceci rappelé, il mVt bien permis de demander à quoi tendait cette souscription nationale qui ne devait servir qu'à assurer à la Patrie un souvenir réel, palpable et poignant, capable de faire battre les cœurs généreux là même où finirent gloiieusement nos aïeux immortels, et qui n'arrive notoirement qu'à la charger, au lieu du champ de bataille rê\é et promis, que d'un parc à vaches sans honneur comme sans histoire !

Etait-ce une escroquerie nationale en marche ? ou plutôt n'était-ce que le prétexte éphémère inventé par les impérialisantssaxonnants pour s'immiscer dans des fêtes canadiennes, chères surtout au cœur des Français, — à qui le temps ménage de si belles revanches, — pour les transformer et les dénaturer à leur profit ?

Le Directeur. — Au fond, Messieurs, il est prodigieux tout à fait de voir avec quelle aisance les Anglais, la race soi-disant supérieure au Canada, s'amusant et se moquent des Canadiens français, vos frères.

Voilà en effet de très braves gens, de l'aveu de tous, incapables de faire du mal à une mouche, loin de tirer jamais dans le do* de leurs oppresseurs, alors même que ceux-ci se trouvèrent aux prises avec des adversaires redoutables et parfois triomphants, à qui vint un beau jour la noble pensée d'honorer leurs ancêtres. Le printemps de 1908 à leurs yeux s'y prêtait à merveille. Jugez donc : Samuel de Champlain, il y a trois siècles exactement, après avoir déjà, le 15 mars 1603, touché à Tadousac et remonté le Saint-Laurent jusqu'au saut Saint-Louis, s'en revenait de France au Canada avec de pleins pouvoirs. Le 3 juin on le revit à Tadousac qu'il quitta bientôt, lui préférant comme site d'avenir un lieu dit Québec où il s'installa cette année même : une ville nouvelle était ainsi fondée et, dès 1609, Champlain en inaugura l'histoire en battant les Iroquois. Voilà la date historique.

Samuel de Champlain, lieutenant général de la Nouvelle France, ne faisait qu'organiser et administrer ces territoires découverts par Jacques Cartier dès 1534 et 1535 ; à l'occasion, que les étendre. Aussi, avec juste raison, les souvenirs de Cartier et de Champlain se confondent dans vos cœurs reconnaissants. On ne pouvait donc qu'approuver les Canadiens français de tirer gloire de ces hommes iUustres, de vouloir les célébrer tout en exaltant les résultats acquis de leurs œuvres et en remémorant leurs hauts faits.

Mais ces hommes fameux, représentants d'une majesté catholique, fils aîné de l'Eglise, étaient catholiques ardents. Les Canadiens français ne leur ont point fait tort dans la suite ; car, en face du maître hérétique, ombrageux et pressant, malgré les promesses et les menaces, malgré la servitude et l'oppression, ils sont restés fidèles au souvenir de leur ancienne mère-patrie, attachés surtout au culte de leurs pères ; si bien qu'en des fêtes paisibles, ils voulaient chrétiennement se réjouir de leur passé, prendre acte du présent et tendre fortement vers l'avenir qui leur sourit avec des grâces et des séductions infinies (1).

(1) Lettre de S. S. Pie X, à l'occasion des fêtes de la fondation de Québec :

A nos Vénérables Frères, Louis-Nazaire, Archevêque de Québec et autres archevêques et évêques de la puissance du Canada.

Vénérables Frères, salut et bénédiction apostolique,

Il est très juste et très opportun de célébrer à des époques fixes et convenables les immortels bienfaits ou les grandes actions des ancêtres : la piété elle-même et la reconnaissance nous y invitent, et ce rappel des hautes vertus nous avertit aussi et nous persuade de travailler tous à l'œuvre commune de la prospérité commune.

C'est ce devoir de gratitude que vous allez accomplir, nous semble-t-il, au mois de juin prochain, à l'occasion du troisième centenaire de la fondation de Québec, et du deuxième centenaire de la mort de François de Montmorency-Laval. Certes, si l'on songe à la grande âme du héros, et à l'importance de la ville de Québec, il est évident que la noble nation canadienne a bien raison d'honorer par de spéciales démonstrations la mémoire de ce double événement. Et l'on ne s'étonne plus que même en dehors de votre pays, il y ait un si grand concours des volontés pour faire que ces fêtes que l'on prépare soient, comme il est dès maintenant permis de le prévoir, très solennelles et très brillantes.

Mais de ce concert de joie des fils reconnaissants, Nous ne voulons pas que Notre voix soit absente : l'affection toute particulière et les relations étroites qui nous unissent à vous ne le peuvent permettre. Telle est, en effet, votre vie historique, que, capables de rivaliser dans les choses de l'activité civile avec les nations les plus avancées, vous ne le cédez à aucune quand il s'agit de sauvegarder la religion des aïeux.

A vrai dire, la célébration du centenaire de la fondation de Québec devait être strictement religieuse, civique et locale.

Pourquoi ce caractère confessionnel, en quelque sorte intime, s'èst-il modifié et rapidement transformé pour faire place à un programme plus vaste, aux allures impériales, avec étalage pom-

Nous savons que dans votre pays, grâce à Dieu, fleurissent et prospèrent les institutions chrétiennes, et que ce n'est pas seulement la vie privée qui y est pénétrée de l'esprit catholique, mais encore, comme il convient, la vie publique, et même l'organisation et le gouvernement de l'Etat. Au surplus, l'Eglise, chez vous, jouit d'une liberté plus grande peut-être que partout ailleurs ; et Nous Nous plaisons à reconnaître là, en même temps que le courage et la persévérance des citoyens catholiques, la juste influence du régime britannique.

Mais ce qui Nous est plus particulièrement agréable, c'est votre piété pour Notre personne. Si, en effet, vous avez des preuves manifestes de la bienveillance du Pontife romain pour vous, Nous ne pouvons douter, Nous aussi, de l'affection et de l'obéissance dont vous honorez le Vicaire de Jésus-Christ. Nous en avions un témoignage bien éloquent, il y a quelques années, quand il fut attaqué par des armées ennemies, notre domaine temporel, alors que la jeunesse canadienne accourut nombreuse et la première auprès du Pontife, prête à donner sa vie pour défendre les droits du Siège Apostolique.

Mais quand nous louons ainsi les vertus du peuple canadien, une large part de ces éloges doit aller à vous, V. F., à votre clergé et à tous ceux-là parmi les laïques, qui travaillent avec vous à défendre et à faire prospérer les intérêts de la religion. C'est, en effet, d'une part, votre vigilance et votre sollicitude, et d'autre part, l'activité très sage de ces fidèles qui font que l'Eglise du Canada conserve, toutes belles, les œuvres du passé et s'efforce de marcher vers un avenir toujlours meilleur.

Aussi, vous comprenez avec quel empressement Nous prenons part à votre joie commune. Et nous le faisons d'autant plus volontiers, qu'à l'occasion de ces fêtes, on se souviendra inévitablement de tout ce que la nation canadienne, depuis ses origines jusqu'aujourd'hui, doit à la religion catholique et à l'Eglise.

Dans les plus lointains souvenirs de votre histoire apparaît et se dresse la figure de Samuel de Champlain, Français de naissance, remarquable par son génie comme par son courage, mais plus encore par sa sagesse chrétienne. Chargé par le roi de France de fonder sur votre continent une colonie nouvelle, il n'eut rien de plus à cœur que de propager dans ces régions le nom du catholicisme ; il estimait avec raison qu'il ne pouvait mieux servir son roi qu'en procurant la gloire de Jésus-Christ. Aussi consacrait-il tout d'abord, pour la fondation et la dédicace d'un temple, le berceau de cette ville de Québec, qui devait être comme le foyer d'où se répandrait par toutes les plages de l'Amérique septentrionale, l'influence de la civilisation chrétienne. Bientôt, animé par l'espoir d'une très abondante moisson et approuvé, certes, par ce Siège apostolique, il fit venir de France, successivement appelés les uns par les autres, des missionnaires qui travaillèrent, nous savons avec quelle ardeur, à tirer de la barbarie des multitudes d'indigènes, et s'employèrent à les adoucir et à les évangéliser. Personne n'ignore que, parmi tous ces apôtres, les membres de la Compagnie de Jésus se sont particulièrement illustrés ; que plusieurs d'entre eux ont trouvé la mort dans l'exercice du saint ministère, la mort cruelle du martyr.

Mais Champlain, qui avait si bien pourvu à la conversion des habitants du pays, voulut, par une rare prudence, empêcher que la licence des nouveaux venus ne pût compromettre le succès des oeuvres de la colonie. On ne permit donc pas à tous indistinctement de passer en Amérique : ceux-là seulement le pouvaient faire qui avaient donné des preuves suffisantes de la pratique des vertus chrétiennes. Que si, par hasard, des hommes perdus de mœurs s'étaient introduits dans la Nouvelle-France,

pecrx de troupes et de bateaux sous l'œil inquisiteur d'un prince qui personnifiait la conquête et confirmait la sujétion ? Pourquoi a-t-on négligé finalement la seule raison d'être des fêtes : la fondation de Québec, pour ne s'arrêter qu'aux faits plus récents

on prenait soin de les arrêter et de les renvoyer dans leur pays. Admirable politique ! et c'est parce que les gouverneurs français qui ont succédé à Champlain l'ont maintenue et pratiquée, qu'elle a si largement contribué, Nous en sommes convaincus, à conserver parmi les Canadiens l'intégrité de la foi et de la vie chrétienne.

De si heureux commencements ont été merveilleusement continués et agrandis

Sar celui que la Providence choisit pour être le premier évêque de Québec. Celui-ci lustra par tant et de si grands bienfaits son long pontificat, qu'il fut en quelque sorte le créateur et l'ouvrier de presque toute cette gloire dont brillent encore aujourd'hui l'Eglise et la patrie canadienne. Arrivé, avec tout son grand courage, dans le diocèse que lui confiait le Pontife Romain, il s'appliqua à développer les œuvres qu'il y trouva heureusement établies pour le bien public, et il travailla avec la plus grande diligence à organiser toutes celles qu'il crut opportun d'y fonder. C'est ai nsi qu'élargissant beaucoup le champ des missions religieuses, il envoya par toute l'Amérique du Nord, jusqu'au Golfe du Mexique, aussi loin que s'étendait la Nouvelle- France, des hérauts de l'Evangile. Aux missionnaires, il adjoignit des religieuses qui leur furent des auxiliaires précieux pour toutes les œuvres et tous les devoirs de la charité chrétienne. Soucieux de préserver les colons de la corruption des mœurs, il prit encore un plus grand soin d'écarter de leur foi tout danger. Et à une époque où un très grand nombre d'esprits, imbus de gallicanisme, manquaient de déférence pour le Siège Apostolique, François de Laval exigea que dans son diocèse la liturgie fût bien conforme aux rites romains, et surtout il inspira à son clergé l'affection, le culte qu'il professait par lui-même pour le Souverain Pontife ; enfin, grâce à sa parfaite sagesse, il resserra et il affermit pour toujours cette union étroite des Canadiens avec le Pontife Romain : ce qui, Nous l'avons dit, fait toute notre joie.

Ce sont là, certes, pour votre pays, de grands bienfaits ; mais Nous estimons que le plus considérable de tous, t'est ce Séminaire de Québec que François de Laval a fondé et très sagement organisé. Grâce à cette institution, l'Eglise canadienne a commencé à se pourvoir de prêtres nombreux qui, formés à la vertu et à la science, très dévoués par une charité toute fraternelle, ont rempli avec une grande piété les devoirs de leur ministère. De cette maison sont sortis en tous temps des citoyens excellents et très instruits des choses de la vie civile. C'est par l'action de ces concitoyens, secondés par les évêques, que la nation canadienne a conquis les droits et les libertés qu'elle possède maintenant.

Il est encore debout, ce Séminaire, monument très noble de sollicitude pastorale, et il garde intact le caractère que lui a imprimé, l'esprit que lui a légué son fondateur. Cette institution est comme la mère et le modèle de presque toutes les autres, qui, chez vous, sont spécialement consacrées à l'éducation de la jeunesse ecclésiastique. Mais il faut surtout rappeler — puisque c'est là le plus beau titre de gloire du Séminaire de Québec — que de ce Séminaire est nér sous les auspices du Siège Apostolique et de l'épiscopat canadien, l'Université Laval, sanctuaire insigne de la science et forteresse de la vérité catholique.

Enfin, François Laval, nul ne l'ignore, a le premier travaillé à établir cette concorde qui, fort heureusement, existe chez vous entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir politique ; et c'est ce qui explique pourquoi, à l'occasion des honneurs qu'on va lui rendre, les chefs d'Etat s'unissent à vous dans un commun et unanime sentiméat.

Le souvenir de toutes ces grandes choses que rappellera îa solennité de vos fêtes prochaines, doit engager les fidèles de votre contrée, tous tant qu'ils sont, à rendre des actions de grâces publiques au Dieu dont la secourable Providence a fait si pros-

qui remettaient dans l'esprit des Canadiens français leurs pires humiliations et leurs plus cruelles souffrances ?

Pourquoi, ô ironie ! à ces fêtes travesties et données en souvenir de leur déchéance a-t-on osé convier la race inférieure ?

Comment cela a-t-il pu se faire ?

Qui donc là-bas avait perdu de vue, et qui donc s'était trop souvenu que le Canadien français aimé toujours la Vieille France, qu'il en a jalousement gardé la langue et le culte, comme il en reçut et transmit le caractère et les antiques vertus ? Qui là-bas veut oublier et qui voulait montrer que, sur ces terres, nôtres jadis et que les nôtres ont fécondées, un drapeau étranger flotte ? Qui enfin pensait mettre en doute que le sel français conserve làbas jeune et vigoureuse une race prédestinée dont le poète dit :

J'adore ton type historique Jean-Baptiste Canadien...

Robuste corps, âme énergique, Issu de France, simple chrétien.

On redit cela à Québec, et le peuple ajoute avec la chanson :

Vive la Canadienne,

Vole, mon cœur, vole,

Vive la Canadienne et ses jolis yeux doux.

Ce\ yeux doux sont de France, ces braves cœurs sont de France aussi, et ils en seront toujours. C'est ce que, sur un ton

père le pays canadien ; ce souvenir doit aussi les inviter à aimer d'une fidélité plus affectueuse l'Eglise qui, par ses fils les plus illustres, s'est constituée pour eux la dispensatrice des libéralités divines.

Votre autorité, Vénérables Frères, assurera l'accomplissement de tous ces communs devoirs. Vous avez recueilli, comme un héritage sacré, la dignité du très saint évêque, vous voudrez aussi, comme il convient, fixer tous les jours vos regards attentifs sur les exemples qu'il vous a laissés.

Quant à Nous, pour que vos fêtes séculaires soient des solennités utiles à toute votre nation, Nous implorons en votre faveur l'abondance des dons célestes.

Comme gage de ces dons, et aussi comme témoignage de Notre paternelle bienveillance, recevez; la bénédiction Apostolique que Nous accordons très affectueusement à vous, Vénérables Frères, à votre clergé et à votre peuple.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 31e jour de mars 1908, de Notre Pontificat, l'an cinquième.

Pie X, pape.

plus inspiré, le poète, dans une autre chanson canadienne, vous murmure :

Pour saluer l'orgueil des drapeaux outragés

Qui flottent solennels dans les grands jours de fièvre,

Elle sait l'art des chants tragiques et légers,

Et les fiers souvenirs frissonnent sur sa lèvre.

Nous mettons un espoir sublime à ses genoux,

Car c'est en bon français qu'elle nous dit : « Je t'aime ».

Vivent la Canadienne et ses jolis yeux doux ! (1)

(1) Puisqu'on honorait Chamuel de Champlain comme il le méritait à tanfr d'égards, pourquoi ne pas joindre aux souvenirs que son nom évoque, l'image gracieuse de son admirable épouse qui sut partager ses labeurs ?

Champlain, rappelle M. G. de Montorgueil, avait fait le voyage trois fois déjà aux rives du Saint-Laurent ; il avait audacieusement reconnu le pays et projeté d'y fonder un établissement permanent, qui fut Québec. En 1610, il rentrait en France et y épousait, en décembre de cette même année, Hélène Boullé, dont le père était secrétaire de la maison du roi. La fiancée était extrêmement jeune, presque une enfant.La famille consentit à ce que la plus grande partie de sa dot fût mise à la disposition du mari pour l'armement de ses vaisseaux. Il poursuivit donc, marié, son œuvre colonisatrice qui l'éloignait du foyer souvent, ce dont la jeune femme était chagrine. Elle demanda à partager les périls et les fatigues de cette vie aventureuse. Elle avait 22 ans. Son mari consentit à l'emmener en ces terres, dont la renommée était alors fabuleuse. Trois dames de compagnie escortaient Mme de Champlain.

La première femme française qui, en 1620, foulait à Québec, le sol du Canada, y fut accueillie par les colons, nos compatriotes, comme une divinité. Elle ne tarda pas à comprendre pourquoi son mari avait tant hésité à souscrire à son vœu. Le scorbut, la famine, les scènes de débauches grotesques et sales des sauvages campés autour du fort ; leurs assauts continuels qui obligaient à les tenir en respect avec le mousquet, sous peine de les voir entrer dans la ville, rendaient ce pittoresque séjour peu enviable.

Un jour que Champlain et la plupart de ses hommes étaient absents, le cri de guerre fut lancé par les Iroquois. Les femmes et les enfants s'enfermèrent dans le fort ; le couvent des Récollets, sur les bords de la rivière Saint-Charles, fut attaqué. Mme de Champlain s'arma pour la défense et commanda à la place du maître. L'alerte passée, elle laissa les hommes à leur rôle de soldat. Elle estimait le sien différent. C'étaient les cœurs qu'elle tentait de conquérir à son pieux idéal. Elle se rendait dans les wigwams, s'y entretenait avec les sauvages, s'appliquait à les amener à la civilisation par la foi. Elle ne connaissait pas de chemin plus pratique et plus sûr.

La superstition venait à son secours aussi parfois.

Dans ses courses à travers la forêt, elle portait un petit miroir pendu au côté. Ce simple objet de toilette lui rendit de curieux services. Les sauvages ne se lassaient point de s'approcher d'elle pour s'emparer de la glace magique et y refléter le cuivre rouge de leurs figures. L'effet en était merveilleux. Ils supposaient, dans leur naïveté, que leur image escortait la dame. « Une femme aussi belle, disaient-ils, qui nous assiste dans nos maladies et porte près de son cœur le visage de chacun de nous est plus qu'une créature humaine. »

Et les bénédictions et les présents l'attendaient sous la tente dès qu'elle y pénétrait.

Cependant les alarmes quotidiennes, la solitude, l'isolement, après quatre ans, eurent raison de cet apostolat. Elle eut la nostalgie du ciel natal. Une maladie de langueur l'obligea au retour. Un 15 août 1624, Québec désolé, voyait s'éloigner la barque à la blanche carène, qui emportait la captive vers des pays moins monotones.

Samuel de Champlain aussi revenait en France pour demander, en personne, les fonds nécessaires au développement de la nouvelle colonie. Il les obtint, retourna au

Ces refrains populaires, persistant à travers toutes les vicissitudes, attestent la fidélité du sentiment canadien-français, et c'est à ce sentiment-là que les anglo-protestants et leurs alliés font la guerre ; c'est quelque chose de ce sentiment séculaire et populaire que les impérialistes ont dû sacrifier pour que le maître les écoutât jusqu'à négocier ! Transiger en matière de tradition et d'honneur, n'est-ce point trahir ?

Le Sollicitor. — Nous sommes les jouets lamentables de compromissions et de complots.

Le Professeur. — C'est un cliché à la mode dans le clan catholique : Si le tableau qu'on fait de la situation est sombre, c'est qu'à dessein, ou par une neurasthénie, sui generis, on en charge les couleurs outre mesure.

Canada, fortifia Québec ; avec 200 colons, y tint tête aux Anglais qui, naturellement, prétendaient déjà s'emparer du fruit de ses luttes ; réduit par la famine, sans troupes suffisantes, il dut leur céder une première fois. Richelieu, heureusement, était acquis à cette politique ; quelques revers, imputables aux tâtonnements du début, ne l'en détournaient point.

Un contrat original fut passé par le fameux ministre, au nom du roi, et les bourgeois de Dieppe, pour l'envoi de 300 colons. Ce document est, en quelque sorte, la charte de fondation du Canada.

1° Les associés s'engagent à faire passer au Canada, dès l'année 1628, 300 hommes de tous métiers ;

2° A entretenir trois religieux destinés à s'employer à la conversion des sauvages et à faire la consolation des Français ;

3° Le roi donne aux associés, pour les couvrir de leurs frais à leurs hoirs ayant cause, « en toute propriété, justice et seigneurie, le fort et habitation de Québec, avec tout ledit pays de la NouveUe-France, dit Canada » ;

4° Les associés aménageront et distribueront les terres ;

5° Le roi donne aux associés le monopole du trafic pendant quinze ans ;

6° Le roi fait don aux associés de deux vaisseaux de guerre, de deux à trois canons ;

7° Les artisans qui auront demeuré dix ans au Canada, pourront tenir boutique ouverte à Paris ou dans toute autre ville ;

8° Les Français qui demeureront au Canada, ainsi que les sauvages qui seront amenés à la connaissance de la religion catholique, seront réputés Français et jouiront de tous les droits accordés aux Français.

Avec une population française qui, sans cesse, s'accroissait, des subsides, des vaisseaux et de l'appui du roi, Champlain, en qualité de gouverneur de Québec, allait, comme il sied à tout conquérant qui veut faire œuvre qui dure, administrer après avoir conquis. Ce fut la seconde partie de sa tâche : ce ne fut pas la moins belle...

Mme de Champlain s'était résignée à ne voir son mari que dans les courts séjours qu'il venait faire en France.

Le dernier voyage de Champlain précéda celui dont on ne revient pas. Il mourut à Québec.

Sa veuve fonda à Meaux le couvent des Sœurs de Sainte-Ursule, s'y retira, et dix-neuf ans après la mort de son mari, y mourut.

Je vous le demande, Messieurs, en toute sincérité : Pourquoi Français et Anglais resteraient-ils plus divisés sur les bords du Saint-Laurent, qu'ils le sont encore sur ceux de la Seine ou de la Tamise ? Notre pays ne peut-il bénéficier à son tour de la paix franco-britannique aujourd'hui dominante ?

Le Sollicitor. — Il ne faut ni déplacer la question, ni l'étendre au-delà des limites que comporte l'incident.

La diplomatie universelle de deux nations avec ce qu'elle a de commun ou de contraire est une chose, et notre histoire locale avec ses convenances et ses enseignements en est une autre : c'est spécialement de la fondation de Québec que nous traitons et le sujet est assez complexe pour s'en contenter en ce moment.

Je dis que nous étions en 1908 les jouets des coteries libérales, judaïco-maçonniques que vinrent encore compliquer les ordres du maître anglo-protestant. Ges coteries, ces sectes ou sociétés secrètes, qui présentement pullulent sur le sol canadien, sous un drapeau emprunté, veulent imposer parmi nous des intérêts mesquins et des doctrines qui nous sont contraires. Je ne dis pas autre Ghose, et à combattre ces influences délétères les Canadiens français méritent bien de notre Patrie humiliée.

Le Professeur. — Voyons ! Par ces fêtes qui amèneront parmi nous tant d'hommes influents ou sympathiques, qui mirent notre pays au premier plan des actualités mondiales, a-ton voulu vraiment, et pouvez- vous le soutenir ? offenser la mémoire des ancêtres et, par la même occasion, condamner nos préférences, dissiper nos espérances, ravalées au niveau des vaines illusions ! Les événements canadiens de 1758-1763 touchent la France aussi bien que l' Angleterre. Pourquoi aurions-nous été seuls irréductibles ? et nous l'étions puisque sans rancune la France participait officiellement à nos réjouissances.

Vaisseaux anglais et français remontèrent le Saint-Laurent de conserve, ensemble ils mouillèrent sur notre rade, face à Québec. N'était-il pas heureux que des fils, toujours respectueux, voyaient tant de rivalités, tant de haines, après des siècles d'emportement, désarmer et mourir à leurs pieds ?

Le Sollicitor. — Ce furent là des apparences mensongères, des dehors trompeurs. Que la mise en scène fût grandiose autant qu'habile, je ne le conteste pas ; quant à la sincérité qui y présida, je fais des réserves formelles. Du moins, une notable partie de l'âme canadienne faisait défaut, et le reste apporta dans ces manifestations des sentiments inavouables.

Le Directeur. — Et pourquoi donc les Rothschild de Paris et de Londres s 'intéressaient -ils si visiblement à ces fêtes ? Ils campaient sur le vieux champ de bataille de Frontenac, dans le château qui en perpétue le nom. Là, moyennant 2, 500 francs par jour, pension non comprise, ils occupèrent douze jours durant, quelques chambres de choix, vrais belvédères, d'où ils reçurent l'hommage stupide des foules qu'ils se proposaient de tondre avant de îes asservir.

Le Sollicitor. — Les Juifs sont déjà nos maîtres comme ils sont les vôtres : ce sont les chauffeurs emportés de tant d'autres nations infortunées. Us se vengent, en somme, des siècles d'humiliation qu'on leur a fait subir ; à le faire sans mesure ils éprouvent une rare volupté. Juifs et francs -maçons sont frères siamois : ceux-ci servent d'éclaireurs, d'avant-garde à ceux-là qui manquent généralement de la bravoure que comportent leurs appétits. Voilà pourquoi, en pays inconnus, la loge précède la synagogue. C'est Wolfe avec ses régiments qui a fait l'œuvre de la Truelle au Canada, consistant à y fouler aux pieds les lis de France

Pour nous,Canadiens français, les fêtes delà fondation de Québec se bornèrent aux manifestations de juin et à ce qui y ressemblait ; dans tout le reste, si éblouissant fut-il, nous ne vîmes que truquage et supercherie, sinon provocation intolérable.

Montcalm et Levis étaient des héros chrétiens ; Wolfe et Murray étaient l'opposé, surtout ils subissaient l'influence et les injonctions du Grand-Orient de France et d'Angleterre. Chaque régiment anglais avait sa Loge particulière dont les « tenues » avaient lieu chaque mois, même en campagne. Cette organisation secrète des troupes anglaises, opposées en masses compactes aux

faibles contingents de Montcalm, était dans les mains juives maîtresses des loges elles-mêmes ; elle tendait à renverser au Canada comme en France le trône et l'autel. Cette lutte contre les intérêts catholiques et français se poursuivit sans égards ni merci, sans relâche jusqu'à nos jours au profit exclusif de l'Angleterre qui commandite la franc-maçonnerie parmi nous, comme elle commandite tous les ennemis secrets des peuples qu'elle a intérêt à, contrarier ou à maintenir dans un état d'infériorité politique, économique et sociale.

Pour les fauteurs des fêtes de juillet, l'histoire du Canada, en général, et de Québec, en particulier, ne remontait pas au-delà de 1758, et c'est avec le concours de la France officielle, athée et persécutrice, qu'ils entendaient, d'accord avec l'Angleterre, célébrer les défaites de la France catholique et de l'Eglise romaine sur la terre vierge de l'Amérique septentrionale.

Le Directeur. — Il ne faut pas prendre le change, en effet, ni devenir victime des dehors trompeurs qui vous offusquent légitimement.

La France des Waldeck- Rousse au, des Combes, des Clemenceau et Briand ne saurait, en ces manifestations, bien que l'anticléricalisme ne soit pas encore un article d'exportation fort en vogue, être plus catholique chez vous qu'elle ne veut le paraître chez elle. Elle est prise dans l'engrenage judaïco-maçonnique jusqu'à nouvel ordre. C'est un état de choses pitoyable tant qu'on le voudra, mais dont vous devez tenir compte aussi bien qu'il nous faut, nous-mêmes, le subir.

Les catholiques français et les Canadiens, leurs frères, sont du même côté du fossé ; les libéraux et protestants canadiens, les radicaux et les socialistes français sont de l'autre, et ils se livrent bataille jusque dans vos murs. C'était à ce spectacle, pour eux réjouissant, que les Rothschild tinrent à assister en bonne place et au premier rang.

Les Juifs n'ont-ils pas à leur dévotion vingt loges à Montréal, huit à Québec, des centaines d'autres disséminées dans tout le Dominion ; le parti libéral n'est-il pas à leur solde et WiJfrid

Laurier à leurs pieds ? est-ce qu'ils ne sont pas directeurs ou commanditaires de la plupart de vos journaux, et ne forment-ils pas votre opinion publique comme ils dirigent votre politique économique et sociale ? C'est ainsi qu'ils firent illusion à la masse ignorante jusqu'à lui faire acclamer Wolfe et Murray au lieu de Cartier et de Champ lain l (1)

Messieurs, si vous voulez bien me consacrer encore quelques loisirs, nous reprendrons cet entretien et verrons ce qu'est le libéralisme au Canada.

Le Professeur. — Volontiers, cher Monsieur.

(1) Mais ce qui nous chagrine, ce qui nous blesse et ce qui nous révolte, c'est que l'on se soit servi de cette intervention et de cette coopération dont l'inspiration n'eût dû être que généreuse et amicale, pour « voiler l'idée maîtresse du troisième centenaire de Québec. »

Ce qui nous peine, ce qui nous offense, ce contre quoi nous élevons notre protestation, c'est que le troisième centenaire en doive être à peine un, qu'on l'ait scindé en deux, qu'un centenaire et demi lui ait été pratiquement substitué, que l'on se prépare à donner la préséance à Wolfe sur Champlain, à la bataille des Plaines sur la cité de Champlain, à 1759 sur 1608, et que, sous le nom du troisième centenaire de la fondation par la France d'un pays nouveau, l'on célèbre en fait la victoire de l'Angleterre sur la France, la cessation de la domination française, la cession de la Nouvelle- France par la vieille France à Albion, l'avènement du régime britannique.

Sous le masque du canadianisme de ces fêtes, c'est l'impérialisme qui se fait jour. L'impérialisme s'affirme en plein Québec : Québec devient le centre de l'empire...

Que vient faire sur un programme la célébration du troisième centenaire de Québec la commémoration de la cession du Canada ? La fondation de Québec et la conquête du Canada, qu'ont-elles de commun ? En quoi 1759 complète-t-il 1609 dans la célébration du troisième centenaire de Québec ? En quoi le rachat des Plaines d'Abraham ou des champs voisins constitue-t-il un événement si important que l'on doive l'exalter au point de lui donner la primauté sur l'acquisition d'un vaste empire à la civilisation chrétienne, et au point de rendre secondaire à cette « supercherie historique » l'importance primordiale de l'événement que l'on est supposé célébrer et que l'on devrait célébrer.

Si Son Excellence le gouverneur du Canada a résolu d'impérialiser ce troisième centenaire, si elle et ses coryphées s'épouvantent à la pensée que l'on puisse rendre, pur et sans mélange, à la pure gloire de l'œuvre française et catholique de Champlain, l'hommage qui lui est dû, les Canadiens français, eux, vont-ils se résoudre à se laisser prendre au piège, vont-ils sacrifier leur fierté nationale à la ruse ou à la politique impérialiste même d'un gouverneur.

Cette fierté française, ce sens délicat de l'honneur, ce sentiment jaloux de la dignité humaine, se peut-il qu'ils les aient perdus au point de ne pas sentir l'injure ?

Le riche sang qui coule dans les veines des hommes de la race la plus forte du monde, est-il à ce point appauvri, leurs âmes sont-elles à ce point abâtardies, leurs caractères sont-ils à ce point avachis qu'ils recevront un tel affront sans rougir, sans se lever dans leur dignité et protester avec énergie ? Victimes d'une nouvelle ruse, seront-ils asservis par les maîtres comme de vils esclaves ?

A quoi tient la supériorité des Anglo-Saxons dans l'espèce sinon à l'audace ? A quoi tiendrait l'infériorité des Canadiens français dans l'espèce sinon à une servile lâcheté ?...

La Vérité de Québec, 23 mai 1908.

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