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CANADA PROVINCE DE QUÉBEC

A Son Eminence le Cardinal Jean Simeoni, Préfet de i la Sacrée Congrégation de la Propagande.

Eminence, — En Tannée 1875, un certain nombre de prêtres du diocèse de Trois-Rivières, dans la Province de Québec, Canada, ont présenté à Sa Sainteté le Pape Pie JX, d'heureUse mémoire, une suppliq^ue, demandant d'ériger en Evêch^é, sous le nom de « Diocèse de Nicolet », la partie du diocèse de Trois-Rivières située au sud du fl^uVe Saint- LaUrent, ayant son Siège Episcopal dans le comté et la ville de Nicolet.

Tout en reconnaissant la haUtO' valeur des rais'ons que nous avons alors apportées en faVe^ur de notre demande^,

1. Quamvis rationum momenta quibus hsec petitio innititur sua gravitate non careant, ac tuum aliorumque sacerdotum, in his promovendis operibus quae Dei gloriœ ac animarum saluti expedire magis videntur, débita prosequar lande, etc. Lettre de Son Em. le Ca^d. Franchi, 14 décembre 1875.

le Saint-Siège a cru devoir suspendre pour un temps l'exéculion du projet soumis à sa considération.

Les circonstances exceptionnelles dans lesquelles se trouve aujourd'hui la Province de Québep, et surtout le diocèse de Trois-Rivières, semblent un motif suffisant pour nous autoriser à prier le Saint-Siège de remiettre à l'étude le projet, suspendu pour quelque temps, d'ériger le diocèse de Nicole!. ' ^

Dans ce but nous demandons re^spectueusement qu'il nous soit permis d'exposer le^ nouvelles raisons qlii militent en faveur de notre demande; oe qlie nous allons faire le plus brièvement ossible. ;

I. — Les raisons apportées en 1875 à l'appui du projet d'érection du diocèse de Nicolet étaient entre autres, cellesci : ;

lo II y a dans le diocèse de Trois-Rivières un territroire suffisant potir former deux diocèses.

Le diocèse de Trois-Rivières aurait une étendue de 22,284 milles carrés; tandis que la superficie du diocèse de Nicolet serait de 2,356 milles carrés.

2<^ La population du diocèse de Trois-Rivièreis serait de 61,000 âmes; et celle da diocèse de Nicolet de 78,000.

3<> Dans l'un et l'autre diocèse, il y aurait une m'aignifiq;ue cathédrale, avec un Séminaire diocésain ; et de plus un grand nombre d'établissements d'éducation et de charité, tenus sur un très bon pied.

4o L'Eve que de Trois-Rivières aurait un revenu aliriUel de 65,000 francs et celui de Nicolet, un revenu de 33,000 francs.

5o L'immense étendue du diocèse de Trois-Rivières en rend l'administration difficile et onéreuse et pour l'Evêque, et pour les diocésains.

6o La traversée du fleuve Saint-Laurent, qui a uïie largeur d'environ deux milles, est toujours U!n inconvénient considérable, surtout pendant la saison de l'hiver, à cause

des glaces dont ce fleuve est couvert à cette époque de l'année^.

70 L'existence des deux Séminaires de Trois -Rivières et de Nicolet, qui se jalousent bien quelque petu, donne naissance à deux clergés, parmi lesqîuels surgissent à chaque instant des divergences d'opinion qui nuisent nécessairement au bien général.

80 Le grand et rapide accroissement que devront donner à la partie nord du diocèse de Trois-Rivières la construction du chemin de fer de la rive Nord du Saint-Laurent, et celle du chemin de fer des Piles, qui s'avance jusqu'à q'uarante milles dans la forêt.

90 L'avenir de prospérité, sous le rai)port agricole comme sous le rapport industriel, réservé à cette immense étendue de territoire située dans la partie nord du diocèse des Trois- Rivières. * ' :

N. B. — Toutes ces raisons se trouvent développéjes ~^u long dans le mémoiTe imprimé que nous avons eu l'honneur de présenter au Saint-Siège en 1875, et qui se trouve dans les archives de la Propagande, avec des carteis du territoire des deux diocèses, etc., etc.

IL — A ces raisons que noU|s aVons apportées en 1875, à l'appui du projet d'érection de Nicolet, viennent s'en ajouter de nouvelles qUe nous avoins l'honneur d'expoiser comme suit : i ;

lo Le développement que prend chaque année le diocèse de Trois-Rivières. ; ; :

1. Dans un mémoire adressé à la Sacrée Congrégation de la Propagande en 1870, concernant le transfert du Séminaire de Nicolet dans la ville de Trois-Rivières, Mgr Laflèche donne comme raison, à l'appui de ses prétentions la difficulté que présente « un fleuve d'environ deux milles de largeur, quelquefois impossible à traverser en hiver, à cause des glaces dont il est couvert ».

Ce qui est Une difficulté, oU une impossibilité pour Mgr Laflèche, l'est également pour les 78.000 diocésains qui demeurent au sud du fleuve Saint Laurent, quand il leur faut se rendre à Trois-Rivièreg qui est au nord de ce fleuve.

En 1875 il y avait 77 paroisses organisées, ou d-esservies régulièrement. En 1881 il y en a 81 : ^t 3 ou 4 autres se préparent actuellement. Deptiis 1875, on a construit et inauguré des cotivents dans les paroisses suivantes : Saint-Guillaume- — Saint-David. — Sainte-Victoire. — Saint-Maurice. — Louiseville. — Saint-Michel d'Yamaska. Les couvents de Saint-Barnabe et Saint-Wenceslas seront prêts à recevoir les religieuses à l'aUtomn^e. 1

On a construit et inatiguré deux académies teriues par les Frères des Ecoles Chrétienneis et les Frères du Sacré-Cœur, dans la paroisse de la Baie dm Febvre et de Sainte-Anne de la Pérade. ;

La valeur collectivie de ces propriétés est de lin million cinq cent mille francs (1,500.000 francs).

On lisait dans VUnion des Cantons de l'Est, en 1880 : NoUs empruntons à tin article du Courrier de Saint-Hyacinthe les chiffres qui s'uivent, concernant notre diocèse :

... Nous en avons tine preuve évidente par les progrès réalisés dans chaque diocèse et ncMs nous faisons un plaisir de reproduire les statistiques stiivantes qui concernent le diocèse de Trois-Rivières. C'est en 1852 qu'il a pris naissance, et depuis 28 ans, les établissements religieux ont atigmenté en proportion de l'élan donné à la religion catholique par les deux éminents prélats qui ont présidé aux destinées du diocèse. Ces chiffrées démontrent ce que la population française doit à son clergé.

En 1852, la population totale du diocèse de Trois-Rivières était de 99.838 âmes. Sur ce mombre 90.295 appartenaient à la religion catholique et 9.563 aux sectes protestantes. En 1879, la population s'est accrue a'u chiffre de 139.770 dont 133.370 catholiques, et 6.400 protestants. Voici le tableati comparatif :

Paroisses.

Prêtres.

Couvents.

Ecoles des Frères

Outre cela, 17 paroisses, 13 prêtres et detix couvents de ce

diocèse font atijo'urd'hui partie des diocèses de Sherbrooke et de Saint-Hyacinthe.

2^ Le chemin de fer de la Rive Nord du Saint-La'urent qui traverse le diocèse des Trois-Rivières dans toute sa largetir, et dont la construction en 1875 n'était qfue commencée, est aujourd'hui terminée, et est en pleine opération. L'importance de ce chemin se déduit facilement du fait que le Gouvernement de la Province de Québec refuse de le louer pour .une période dei 30 années, à raison d'une rente annuelle de 2.000.000 de francs.

L'ouverture et la mise en opération de ce chemin ont produit toute une révolution dans le commerce qui se fait dans cette partie du diocèse des Trois-Rivières.

Voici quelques extraits de journaux à l'appui de ce que nous avançons ici :

Extrait du « Canadien » du 2 avril 1881 : M. McEwen représentant certains capitalistes anglais, doit, croyons-noUs, bientôt arriver au Canada. Il sera ici aU commencement de la session de la Législature de Québec. Il a fait un voyage dans ce pays l'été dernier, dans le but d'acheter le chemin du Sud-Est, et d'affermer notre voie provinciale (le chemin de la rive Nord).

Ce chemin est, après le domaine de la Couronne, notre propriété la plus précieuse. Et nxême nous croyons qu'elle vaut plus; nos bois et forêts s'épuisent et finiront par perdre de leur valeur : tandis qu'avec le développement de nos ressources, l'augmentation de la population, la marche si rapide du commerce, notre chemin ne saurait faire aJutrement que de devenir d'année en année un soiurce de plus en plus féconde de revenu pour le trésor.

Pendant la dernière session le prem,ier ministre anticipait un revenu de près de $ 400.000. Ses prévisions ont dû plus que se réaliser; car le trafic a été plus considérable sUr la ligne, qu'on ne s'y attendait à cette époque.

L'Electeur du 7 avril 1881 : MM. Sénégal et Chapleau sur

LE POINT DE LOUER LE CHEMIN DE FER DU' NoRD A LA, COMPAGNIE

DU Sud-Est, pour 30 ans. On dit que MM. Sénécal et Chapleau ont enfin réussi...

Ils ont décidé de louer notre chemin de fer provincial à la compagnie du SUd-Est, pour l'espace de 30 ans.

Dans L'Electeur du 8 avril 1881 : Les rumeiurs que nous avons mentionnées hier sont confirmées.

On admet aujourd'hui, dans les cercles conservateurs les mieux renseignés, que l'affermage du chemin du Nord (pour 90 ans) est sur le point de s'accomplir.

Dans La Minerve du 9 avril 1881 : Ce n'est un secret pour personne que le Gouvernement a reçu des offres, non seulement du Sud-Est, mais de deux o'u trois autres compagnies. Tous les détails de ces offres seront soumis à la Législature à la première session.

Si le gouvernement juge à propos de recommander l'acceptation d'aucune de ces offres, il le fera en prenant l'entière responsabilité de cet acte...

Le montant offert pour le chemin, tel cj;ue publié en premier lieu, n'était q;ue $ 300.000 par an. Maintenant, on mentionne le chiffre de $ 400.000...

Mais comment se fait-il qlie la presse de l'opposition, q'ui est aujourd'hui si excitée, parce qu'on offre $ 400.000 pour notre ligne provinciale, ait été prête, sous le gouvernement Joly, à faire la même cession pour $ 300.000?

Dans le Journal de Québec du 13 avril 1881 : L'Honorable M. Chapleau, répondant à M. Champagne, dit : « Le gouvernement a déjà reçu des offres considérables potir l'affermage du chemin de fer Q. M. 0. et 0., et des propositions pour son achat... »

Le gouvernement, dans tous les cas, s'il croit devoir louer ou vendre le chemin, ne prendra aucune initiative avant d'ajvoir convoqué les Chambres poUr prendre leur avis sur cette question.

Dans le Journal des T rois-Rivières du 7 janvier 1881 : Les autorités du chemin de fer du Nord ont décidé d'augmenter considérablement le matériel roulant de cette ligne. On doit sortir des ateliers, à Hochelaga, detix magnifiqties « Pullman », qui auront soixante-quinze pieds de longueur et seront ni,tinis de toutes les améliorations connues sur les chemins de fer. Tous les matériaux qui ont servi à leur construction ont été achetés ::'■:. Canada et chacun de ces chars palais coûtera $ 15.000.

En conséqrience de l'a'ugmentation considérable des marchri'^dises à transporter, ordre a été donné de construire immédiatement 300 wagons. On espère en livrer 50 par mois. Ces wagons seront construits à Québec.

3*^ Le chemin de fer des Piles,; qui en 1875 n'était q'u'à l'état de projet, est construit et en pleine opération. Ce chemin, comme celui de la Rive Nord, va opérer toute une révolution dans le territoire qu'il traverse, stir un parcours d'environ 40 milles. Ce fait est tellement évident, que lors de l'ouverture de ce chemin, dans l'automne de 1880, Mgr Laflèche qui assistait à la fête organisée à cet effet, (c'était la fête de l'inauguration du chemin des

Vr. - Vers l'Abîme. ,,

Files, malgré qu'on la donne com?ne V inauguration du cJiemi/i du Lac Saint-Jean), n'a pu s'empêcher de s'exprimer dans ee sens d'une manière énergiq;ue et enthousiaste, ce que d'ailleurs Sa Grandeur a fait en plus d'une occasion.

Mgr Laflèche pour exprimer sa satisfaction et po'ur encourager la colonisation du territoire de Saint-Matirice, a désigné ce jour même le site d'une chapelle au Piles, sous l'invocation de Saint Jacques, en mémoire du Père Jacques Buteux, S. J., martyrisé par les Iroqfuois à cet endroit.

Voici le compte rendu de cette fête :

Extrait du Journal des Trois-Rivières du 4 octobre 18S0 : Inauguration DU CHEMIN DE FER DU LAC Saint-Jean. Jeudj dernier avait lieu, au milieu des forêts qui bordent le Saint-Maurice et en présence d'une foiule nombreuse amie de la colonisation, la bénédiction et l'inaug'uration de cette grande voie destinée à assurer à l'agriculture et au commerce la conquête du Royaume de Saguenay.

La démonstration a été un véritable succès, digne de la grande entreprise qu'elle était destinée à promouvoir, digne du grand intérêt que la ville et le district de Trois-Rivières portent à cette entreprise.

Par une sing'ulière coïncidence cette démonstration est tombée à la date même du second anniversaire de la grande démonstration que l'on faisait à Trois-Rivières en l'honneur de la victoire de 1878, Elle devait avoir le même succès qtioiqu'à un point de vue très différent et pe^ut-ôtre plus pratique puisqu'il s"' agit do la conquête d'un royaume.

Malgré un temps pl'uvîeux et désagréable, au-delà de 800 citoyens, "tant de cette ville que des principaux centres des comtés de Cham- *plain, Saint-Matirice et Maskinongé, se trotivaient réunis dans le train d'excursion q'ui laissait cette ville dans la matinée pour se rendre, par le chemin des Piles, jusqu'à l'endroit où la nouvelle voie se greffe à ce chemin, à 25 milles dans les forêts du nord, pc^ur pénétrer de là jusqu'au Lac Saint-Jean.

Parmi les personnes distinguées de la Province qui avaient bien voulu venir applaudir, par leur présence, à ce grand événement, on distinguait le premier PasteUr du Diocèse, Mgr des Trois-Rivières, les Rvds MM. Marcoux, cUré de Champlain, Prince, curé de Saint- Maurice, Proulx, curé de Saint-Tite, Rheault, curé des Trois-Rivières, "Proulx, du Séminaire de Nicolet, etc.

Le trajet se fit heureusement jusqu'au point de jonction du nouveau chemin où l'arrivée du train fut accueillie par les hourrahs

enthousiastes des paroissiens de Saint-Tite cfui, avec leur digne curé, attendaient les excursionnistes.

En mettant pied à terre, chacun put saluer avec bonheur l'inscription indiquant la nouvelle voie et admirer cette magnifique route taillée en pleine forêt n'attendant plus que les lisses pour livrer passage ^aux locomotives sur un parcours de quatre milles.

Une estrade avait été préparée pour la cérémonie de la bénédiction. Sa Grandeur y prit place avec le clergé, puis, en même temps, les joyeuses fanfares du corps de musique et les détonations puissantes du canon, répétées par les sauvages échos des Laurentides, annoncèrent l'ouverture de la cérémonie.

Mgr des Trois-Rivières fit précéder les prières de la bénédiction d'une des plus éloquentes allocutions que nous lui ayons jamais entendu prononcer. La grandeur du sujet, l'importance d,es travaux qu'il allait bénir et qui sont exclusivement le fruit du dévouement et des sueurs de braves et entreprenants colons et d'hommes amis de la colonisation; le pittoresque de la scène, l'enthousiasme de l'assistance, tout se prêtait merveilleusement à la grande éloquence. Aussi l'illustre orateur s'inspirant à ces sources fécondes, a été aussi élevé dans les idées que puissant dans le mouvement, et élégant dans la forme. Son discours est un chefd'œuvre oratoire.

Sa Grandeur parla de la stabilité du Saint-Siège, des nations rebelles à la vérité qui, comme des chars dévoyés, s'étaient brisées avec fracas à côté de la voie. Elle cita entre autres l'exemples de l'empire romain que l'écriture sainte représente sous la figure d'une bête d'un aspect terrible, et qui a été broyé par les peuples barbares parce qu'il n'avait pas voulu entrer dans la voie du Christ.

Elle termina en expliquant les prières que l'Eglise fait pour la bénédiction des chemins de fer, et en mettant le chemin du Lac Saint-Jean sous la protection de l'Archange Raphaël.

Après les derniers discours, les excursionnistes, se rendirent jusqu'aux Piles pour jeter un coup d'œil sur les rives pittoresque et accidentées du Saint-Maurice, puis le retour s'effectua heureusement, chacun rapportant les meilleurs souvenirs de la démonstration.

Mgr 4es Trois-Rivières profita en même temps de sa visite aux Piles, le jour de l'inauguration des travaux du chemin de fer du Lac Saint-.Tean pour choisir le nom de la nouvelle paroisse qui s'y établira. Sa Grandeur a bien voulu la nommer « Saint-Jacques

des Pile?; », en l'honneur du Père Jacques Buteux, missionnaire, qui fut. massacré en cet endroit par les sauvajges en 1652.

Dans le Journal du 24 février 1881 : M. Perreauit, l'entrepreaéur du chemin de fer des Basses-Laurentides au Lac Saint-Jean, fait construire en ce moment, en cette ville, Un petit remorqueur d'un faible tirant d'eati pour faire le service entre les Piles et la Tuq'ue pendant l'été.

La coque du bateau qui sera terminée datis quelques jours doit être transportée sur un char plate-forme aux Piles où elle sera pourvue d'un engin et des autres appareils nécessaires.

Les citoyens de Trois-Rivières s'occupent beaucoup de prolonger ce chemin jusqu'au Lac Saint-Jean; ce qui sera une nouvelle source de richesse pcmr la ville et le district de Trois-Ri- Tières.

Nous pensons utile de reproduire ici quelques extraits de documents qui concernent le territoire du Saint-Maurice, dont fait partie la section du diocèse de Trois-Rivières située au nord du fleuve Saint-Laurent. Ces documents démiontrent avec évidenoe la grande valeur de ce territoire :

071 lit dans Le Canadien du 22 juillet 1881 : NoUs sommes heureUx d'apprendre que le trafic augmente d'une manière sensible sur le chemin de fer des Piles. 11 se transporte Une très grande quantité de bois de bouleau pour le marché de Montréal.

Extrait de la brochure publiée par le Gouvernement de la Province de Québec sur l'Emigration Européenne, 1873 : vallée du Saint-Maurice. Le territoire arrosé par le Saint-Maurice et ses tributaires couvre une surface de 140.000 milles carrés. La partie inférieure de cette région, qUi comprend la ville de Trois-Rivières, et les célèbres forges de Saint-Maurice, comptait, lors du dernier recensement (1861) une population de 73.247 âmes, en grande partie établie dans les seigneuries q^ui longent le Saint-Laurent. Plusieurs cantons situés à l'intérieur ont été livrés à la colonisation depuis quelques années, grâce aux grandes routes que le gouvernement y a fait ouvrir, et de belles paroisses ont surgi de distance en distance. Le sol de cette région est en général montagneux, et peU propre à la culture sur les hauteurs; mais les nombreuses rivières qfui la sillonnent en tous sens offrent des vallées d'une grande fertilité. Ici encore, le commerce d© bois, et l'exploitation des inépuisables mines de fer qUi avoisinent le Saint-

Maurice, fournissent aux colons pauvres les moyens de pourvoir à leur subsistance pendant les premières années de leur établissement.

La navigation du Saint-Mafurice est interrompue par des chutes assez considérables, sur tm espace de 40 milles, à partir de son embouchure; de là jusqu'à une distance de 40 milles en remontant vers le nord, les plus lourds bateaux peuvent naviguer à l'aise. Depuis plusieurs années, il est question de construire un chemin de fer pour relier la ville de Trois-Rivières à la partie navigable du Saint-Maiurice ; ce projet ne saurait tarder à être mis en exécution ^.

Il y a actuellement dans les cantons du Saint-Maurice 441.000 acres disponibles, arpentés en lots de ferme et de facile accès, ali prix de 30 centins (1 franc 1/2) l'acre.

La rivière Mantawa, un des tributaires du haut Saint-Maurice, qui a sa sotirce sur le même plateau que les affluents de l'Ottawa, arrose sur tm parcours d'environ 75 milles une zone considérable de terre fertiles, au-delà des La'urentides. Des explorations récentes faites dans cette vallée, établissent à n'en pas douter l'invportanco de ce nouveati champ de colonisation. C'est par là que va se déverser avant peu le trop plein des comtés avoisinant Montréal du côté nord, tels q^ue ïerrebonne, l'Assomption, Mantcalm, Joliette et Berthier.

Deux grandes roiutes parallèles, la première partant de la ville de Joliette, et la seconde de Terrebonn©, à 12 lieues l'une de l'autre, sont déjà éba'uchées jusqu'à la Mantawa; et deux paroisses sont en voie de formation du côté de l'Est. A l'Ouest, un chemin de fer dont la ville de Montréal et les comtés environnants viennent d'entreprendre la construction, va relier, avant q'u'il soit peutêtre deux ans ^, l'extrémité nord des établissements de Terrebonne avec la métropole commerciale du pays, aiussi bien qu'avec Ottawa, la capitale fédérale, pour de là se diriger vers le chemin du Pacifique dont il sera "une des principales branches.

Extrait du rapport de V Honorable Commissaire des Terres de la Couronne de la Province de Québec pour Vannée 1875 : Pour donner une idée de l'importance de la Vallée du Saint-Maurice, et du vaste champ q^u'elle offre au commerce, à l'industrie et à la colonisation, il suffit de remarq'uer que l'étendue du territoire arrosé par le Saint-Maurice et ses tributaires, est de 17.020 milles

1. N. B. — Ce chemin de fer est en opération depuis une année.

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