‹ Voix canadiennes: Vers l'abîmeChapitre 27 sur 83 · Il est en opération depuis · texte numérisé non relu

Il est en opération depuis

assez importante, pour les missidms da territoire de Saint-Maurice. Il y a donc dans ce territoire des missions à faire, des âmes à sauver. Ce territoire est donc colonisafcle et important.

40 La dette de la Corporation Episcopale de Trois-Rivières, qui en 1875 était encore de 135.000 francs, est aujotird'hui réduite à 75,000 francs. Mgr Laf lèche possède en argent prêté, on placé dans des institutions financières, un montant suffisant pour payer cette balance de dette en entier, ou à peu près. Ceci n'est contesté par personne.

On voit dans les livres de la Ban(iue Union (fue la Corporation Episcopale de Trois-Rivières a des actions dans cette banque au montant de 5.000, (25.000 francs) et dans la Ba.nque Nationale, au montant du $ 400, (2.000 francs).

Voir pièces justificatives numéroS' 3 et 4.

Mgr Lâffôche prête de l'argent à 6 par cent, tandis qu'il ne paie que 4 par cent aux créanciers de la Corporation Episcopale; ce qui explique pourquoi sa dette n'est pas entièrement payée, les termes de paiement n'étant pas échus.

Mgr Laflèche a prêté à diverses époques des montants considérables à son Séminaire, 4 diverses fabriques, même à des particuliers, comme on le voit atix bureaux d'enregistrement.

C'est une opinion généralement admise qlie Sa Grandeur n'a plus qu'une dette apparente et non réelle.

5° En 1875, la cathédrale de Trois-Rivières n'était pas terminée. Actuellement, les ouvrages nécessaires pour la tenniner sont entrepris; les ouvriers sont à l'œuvre. Mgr Laflèche a en mains une certaine somme d'argent mise en réserve polir payer ces ouvrages, et peut compter en outre sur un certain montant d'argent souscrit par les citoyens de la ville de Trois-Rivières, pour cet objet.

Extrait du Journal des Trois-Rivières du 12 mai 1881 : Mgr des Trois-Rivières a invité dimanche la population de cette ville à lui donner son concours pour faire terminer l'extérieur de la cathédrale,

La somme que la ville aurait à souscrire ne serait que de $ 5.000. Sa Grandeur se charge de la balance qui s'élèverait à sept ou huit mille piastres.

La population satura répondre généreusement à la demande de Sa Grandeur, et mettre ainsi la main au couronnement de l'édifice qui est la gloire de la cité comme celle du diocèse.

Journal du 11 juillet 1881 : Mgr des Trois-Rivières a annoncé

hier que les travaux de construction de la cathédrale commenceront bientôt.

Journal du lé juillet 1881 : Le contrat pour l'achèvement de la tour de la cathédrale de cette ville a été donné lundi dernier à M. Dernier, entrepreneur, de Montréal, so'us la surveillance de J.-B. 'Bourgeois, Ecr., architecte. Les travaux doivent commencer immédiatement pour être terminés à l'automne si possible. La soumission de M. Bernier était de $ 1.000 plus basses que les autres.

Journal du 29 juillet 1881 : Les travaux de la tour de la cathédrale sont poussés avec tine grande vigueur. Un bon nombre d'employés y travaillent activement.

i6^ En 1875, Mgr l'Evêque de Trois-Rivières n'avait pas de Palais Episcopal; Sa Grandeur vient de prendre possession d'un superbe Palais, attenant à sa cathédrale.

Le 1^^ novembre 1879, Mgr Laflèche adressait une Lettre Pastorale au clergé et aux fidèles du diocèse de Trois-Rivières pour solliciter des secours en faveur de la construction d'un Palais Episcopal.

Le coût de l'édifice, dit Sa Grandeur, sera de $ 19.000 (95.000 francs).

A cela il faudra ajo^uter le prix des appareils de gaz, de l'eau, du chauffage, de l'ameublement, et des dépendances; c© qui portera la dépense totale à 25.000 (125.000 francs) à peu près...

Journal des Trois-Rivières du 14 juillet 1881 : Le nouveau palais episcopal est maintenant terminé. Comme nous avons eu déjà occasion de le dire, c'est un bel et spacie^ux édifice construit avec le plus grand soin; on n'a rien négligé poiur donner le confort et les commodités possibles aux hôtes distingués qu'il est destiné à recevoir. C'est M. l'entreprenetir Jolette, de cette ville, à qui revient l'honneur d'en avoir fair exécuter la construction.

On a commencé ces jours derniers à installer l'ametublement et les bureaux.

A son retour, Mgr des Trois-Rivières entrera dans son nouveau palais episcopal. M. le curé de la paroisse et les prêtres de la desserte ont pris possession de leurs appartements ces jours-ci.

Journal du 21 juillet 1881 : Sa Grandeur Mgr des Trois-Rivières est de retour de son voyage atix Etats-Unis, et a pris possession de son nouveau palais épisoopal.

7° En 1875, le Séminaire de Trois-Rivières n'avait pas de fondation de bourses en faveur des élèves pauvres; aujourd'hui plusieurs bolirses ont été fondées; et le nombre s'en accroît chaque année, au moyen de la société de Saint-François de Sales.

Dans VAnnuaire de V Apostolat de la prière dans le diocèse de Trais-Rivières pour Vannée 1879, on lit : L'association dont le succès avait causé une agréable surprise à la fin de l'année dernière, n'a pas été moins prospère durant l'année qui vient de finir; car malgré l'extrême rareté de l'argent, la recette de cette année a dépassé celle de l'année précédente. Et, si l'on tient un juste compte des circonstances, l'Association ne paraît pas avoir fait diminuer les recettes de la Propagation de la Foi, puisque la recette de cette œuvre dépasse aussi celle des deux années précédentes.

Les recettes de l'œuvre jusqu'à présent, ont été comme suit : Pendant l'année 1876 $ 147,422 ou 737 francs.

» » 1877 1 587.55 ou 7.837 »

» » 1878 1828.20 cm 9.141 »

La recette de 1878 a été appropriée comme suit :

Pour frais de la direction diocésaine : impressions, billets, livres, etc., etc., $ 115.20 ou 576 francs.

Accordé au Séminaire (de Trois-Rivières) po^ur chaires et bibliothèque du Grand Séminaire, et pension des Séminaristes, $ 800.00 ou 4.000 francs.

La balance de $ 713.00 ou 4.565 francs, réunie à celle de l'année précédente, a été mise en dépôt pour commencer la fondation des chaires et des pensions du Grand Séminaire.

Dans VAnnuaire publié en 1881, on voit q<ue les recettes de l'Association pour 1880 ont été de$ 1 912.00 ou 9.560. Cette somme a été appropriée comme suit :

Dépense pour billets et impressions $ 79.45 ou 397 fr.

Pour pension du Directeur du Grand Séminaire. 100.00 ou 500 » Pour honoraires des professeurs de dogme et de

morale 200.00 ou 1.000 »;

Pour la Bibliothèque du Grand Séminaire 50.00 où 250 »

Pension des Ecclésiastiques. 100.00 Ou 500 »

Aide au Séminaire pour payer ses dettes 350.00 ou 1.750'»

Déposé pour fondations 1033.00 o\\ 5.165»

N. B. — Il faiit observer ici que ces dons sont faits au Séminaire de Trois Rivières seul, bien que les contributions viennent également du diocèse de Nicolet et du diocèse de Trois-Rivières.

8° En 1875, la future cathédrale de Nicolet était chargée d'une dette de 40.000 francs, outre la somme déjà dépensée pour sa construction, de 225.000 francs. Aujourd'hui cette dette est complètement éteinte; et la cathédrale pourra compter sur un revenu

annuel de 16.000 francs. Dep'uis 1876 cette église a reçii des am-éliorâticms considérables. AtijoufdTitii eïîé est COïîsidéréê cdnîffiô une des pks bdles églises de là Province de Québec. Les décorations intérieures q'ui restent â faire ne tarderont pas à être exécutées; elles seront dignes en toUs points d'une future cathédrale.

Ô"^ Uilê source de dévéioppement Considérable pour la ville de Nicolet est le cretisenient de la rivière Nrcolêt, et là construction d'un Havre de refuge dans cette rivière, qui vont être exécutés par le Gouvernement Fédéral dti Canadai;.

Voici l'Avis Public officiel demandant des soumissions pour le contrat de ces travaux.

AVIS AUjX ENTREPRENEURS.

On recevra à ce bureau, jusqu'à jeudi, le vingt-cinquième^ jour d'août prochain, inclusivement, des soumissions cachetées, adressées au soussigné et portant la souscription « Soumission pour les travaux à l'embeUchure de la Rivière Nicolet, Québec », d'après les plans et le devis que l'on pourra voir en s'adressant à- Théophile Saint-Laurent, EcUier, Maire, Nicolet, ou au Ministère des Travaux Publics, Ottawa, où l'on pourra se procurer des formules de soumission.

Les soumissionnaires sont avertis que l'on ne prendra leurs soumissions en considération qu'en autant qu'elles seront faites sur les formules imprimées, fournies par lé Ministère, et qu'elles seront signées par les soumissionnaires eux-mêmes.

On devra envoyer avec la soumission un chèque de Banque, accepté, fait payable à l'ordre de l'honorable Ministre des Travaux Publics pour une somme de trois mille piastres. Ce chèque demeurera confisq'ué si le soumissionnaire refuse de signer le contrat sur demande de ce faire, ou s'il ne le remplit pas intégralement. Si la soumission n'est pas acceptée, le chèque sera remis au soumissionnaire.

Le Ministère ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions.

Par ordre, F. H. Ennis,

Secrétaire.

Ministère des Travaux Publics, Ottawa, 22 juin 1881.

10^ Mgr Laflèche a toujours repoussé l'idée de faire le diocèse de Nicolet, sous prétexte de pauvreté.

Dans une Lettre circulaire adressée au clergé le 31 janvier 1878, Mgr Laflèche dit ce qui suit :'

Le secours providentiel que l'Association de Saint-François de Sales m'apporte pour les œ'uvres diocésains me permet d'adopter une mesure que vous accueillerez volontiers, j'erï suis sûr; c'est le rappel du dixième du clergé pour le soutien de l'Evêcbé.

Je décharge donc par la présente tous Ie« prêtres du diocèse de l'obligation de payer pour le solitîen de TEvêché, le dixième de leurs revenus, telles qu'elle avait été imposée par Mgr Cooke et par moi-même; et la date où cette obligation cesse est celle an 1er octobre 1877.

Les finances de la Corporaiion Episcopalè de TroiS-RivièreS prenaient évidemment une meilleure tournure à cette époque.

Sa Grandeur, dans une circulaire adressée à son clefgé en date du 19 avril 1881, dit ce qtii suit :

... J'ai donné ordre au Procureur de l'Evêché de recevoir à l'aVenir des dépôts d'argent dans les mêmes conditions que les banques, c'est-à-dire, portant le même intérêt que celui donné par les banques de cette ville (Tr ois-Rivières), et remboursables de même à demande.

Les affaires de la Corporation Episcopalè offrent certainement aujourd'hui autant de garantie pour la sûreté de ces dépôts, que les banques elles-mêmes. Voilà pourquoi je me suis décidé à adopter cette importante mesure, qui offrira un avantage précieux à l'Evêché, sans être à charge à personne.

Ces paroles n'ont pas besoin de commentaire. Quand une corporation episcopalè est assez bien assise pour se convertir en banque, elle n'est pins admise à plaider pauvreté.

Ceci est péremptoire.

Ces nouvelles raisons ajoutées à celles que nous avons déjà alléguées en 1875 en faveur de l'érection du diocèse de Nicole!, nous semblent mériter une sérieuse attention. C'est pour cela que nous nous faisons un devoir de les porter h la connaissance du Saint-Siège.

m. — Nous croyons avoir bien démontré dans les deux sections précédentes que l'érection du diocèse de Nicolet est non seulement possible, mais encore facile ; nous allons main-

tenant tâcher -de faire voir qu' « il est urgent d'ériger le diocèse de Nicolet »; et cela pour les raisons suivantes :

Notis disions dans notre mémoire de 1875 :

Il y a dans le diocèse de Nicolet plusieurs anciens curés qui sont favorables ati démembrement; ils sont à la veille, ou de mourir, o^ de se retirer du ministère; et Sa Grandeur aura bien le soin de les remplacer par. de jeunes prêtres entièrement dévoués à sa personne, comrne Elle l'a fait po'ur la paroisse de Saint-Grégoire; et à une époqfue donnée, Elle pourra faire faire par ses amis du diocèse de Nicolet une contre requête pour détruire l'effet de la nôtre; ce qui est. bien impossible a'ujourd'hui, sera très possible dans cinq ou six ans. « Tâchons d^ enterrer les vieux, disent les intimes, ensuite on viendra bien à bout des jeunes ».

Ainsi que nous l'avions prévu et prédit on 1875, à mesure qu'un bénéfice devient vacant dans le diocèse de Nicolet, il est invariablement dévolu à un prêtre qui partage complètement les vues de Mgr Laf lèche, sur toutes les questions : et ainsi nous vivons aU milieu d'un mélange de curés divergents d'opinions, de pratique, et presque de mœurs; il en résulte un malaise indescriptible; il n'y a pas entre les prêtres cette confiance mutuelle qui rend les rapports agréables et utiles Le bien rie peut se faire à travers cet océan de préjugés.

Ceci s'est manifesté d'une manière très accentuée à l'occasion des nouvelles difficultés qui se sont élevées au sujet de l'Université Laval. Dans toute l'étendue du diocèse on n'a pu recueillir que 300 signatures, il est vrai : mais que d'angoisses ont dû subir les prêtres qui ont refusé de ssigner, sachant bien qu'en agissant ainsi, ils bravaient les foudres trifluviennes.

On a vu des curés refuser de signer les requêtes contre Laval, tandis que le vicaire signait la requête à l'insu du curé.

Parmi les quelques signataires du diocèse de Nicolet, les

uns avaient besoin d'exprimer quelque reconnaissance, et les autres avaient besoin de ménager un avenir.

Le 5 novembre 1880, Mgr Laflèche adressait à son clergé une circulaire dans laquelle Sa Grandeur expose un projet d'imposition de certaines contributions pour le soutien des curés.

Le IV^^ Concile de Québec, dit Sa Grandeur, dans son décret «le Decimis déclare qtie c'est à rEvê(îue à régler ce ^e les lidèJc^s doivent donner î>our le sc^atien du Curé, et qu'il peut au besoin punir par de. peines canoniq^ues ceux qUi refuseraient ou négligeraient par leur favite de se soumettre aux règlements qu'il aura.?! établis à cette fin. En conséquence, et pour plus d'efficacité dans le fonctionnement de celle mesure, j'y apposerais la sanction qnë voici :

1^ On "refuserait l'honneUr de la cloche au baptême des enfants, et la solennité de la sépulture (cloche et chant) aux funérailles des enfants de toutes les famillets qUi auraient négligé par leur faute de payer leur dîme o'u leur contribution, ou leur capitation.

2^ Le chef de ces familles, qui est teç5u'î>ersonnelloment à remplir ce devoir, ne pourrait être admis cidx sacrements tant qu'il persévérerait dans l'omission coupable de ce devoir.

Tel est le projet que je soUmets à votre considération.

Le clergé du comté de Nicolet, à peu d'exceptions près, a pria Mgr Laflèche de ne pas donner suite à oe projet qui aurait préparé les voies à l'enterrement civil.

Cette fois encore, il a fallu ne pas souscrire aux vues de Mgr Laflèche, ce qui est toujours une source de malaisée entre l'Evêque et S'CS prêtres.

- Un tel état de choses est intolérable à touis les points de vue. 1

2o Depuis 1875, Mgr Laflèche a juré la destruction d'un certain nombre de paroisses du sud, dans le but d'amoindrir les chances d'érection du diocèse de Nicolet. Pour le moment, c'est la paroisse de Saint-Samuel, danjs le comté de Nicolet, qui est la victime de cette œuvre de destruction; après la

paroisse de Saint-Samuel, viendra celle de Sainte-Perpétue, déjà désignée, et ainsi de suite. C'est ainsi qae l'on prétend encourager la colonisation de nos terres inculteis ! ! et s'opposer au fléau de l'émigration qui nous dévore ! !

Dire tout le scandale que ces procédés causent parmi nos pauvres colons, c'est chose impossible... On voit des gens qui ont abandonné de belles positions dans les anciennes paroisses, pour aller établir leurs enfants au sein de la forêt, sur l'invitation de Mgr Laf lèche et de ses curés, avec la promesse qu'ils se trouveraient là près d'une église dans les années de leur vieillesse; et au rnoment où ils commencent à jouir quelque peu du fruit de leurs énormes sacrifices, on leur signifie qu'ils ne doivent plus compter sur les anciennes promesses ! ! que de malédictions tombent de la bouche de ces pauvres gens que l'on a si indignement trompés!! mais aussi, de quels moyens ne s'est-on pas servi pour les dépouiller de leurs droits acquis.

30 Nous avons da^^s le diocèise de Nicolet une institution pour l'éducation des jeunes filles, connue sous le nom de « Congrégation des Sœurs de l'Assomption de la Sainte Vierge. » Le but principal de cette institution, c'est de donner l'éducation « aux enfants pauvres des villages et des campagnes. »

Voici ce qu'on lit dans leurs Co7istitutions qui ont été approuvées par Mgr Cooke, 'Evêque de Trois -Rivières, en 1865 :

Règles et Constitutions des religieuses de V Assomption de la B. Y. M.

Chapitre I. — De la fin de la congrégation. La fin principale de la Congrégation des Sœurs de l'Assomption, après celle de la sanctification de chacun de ses membres, est de travailler à l'instruction des jeunes personnes de leur sexe, et surtout des pauvres filles des boiurgs, des villages 3t des campagnes.

Cet établissement est exclusivement l'œuvre des habitants du diocèse de Nicolet : ceux du diocèse de Trois-Rivières n'y

ont pas çoîitrijbué, mémo poujc \m denier. Flii3 que cela, l'élablis&emeut û'a pas eu à m féliciter cLe rexkcouragement de rjEv-êque de Trois-Rivières, &n raaiixi'es occasions.

Depuis des années, les Sœnrs de i'Assofflption ont besoin d'une nouvelle maison, l'ancienne étant ^ bea^ucoup tfop petite; elles ont l'argent néoessaije pour bâtif. Mm^ pour ne pas encourir l'animadversion de Mgr Laflèciie, il faut qu'elles &e résignent à périr dans une maison qui est devenue pour elles un vrai tombeau : les maladies et la mortalité qui déciment les Sœurs 4e l'Assomption chaque année en sont la preuve palpable.

Pourquoi Mgr Laflèche s'oppose-t-il à ce que les Sœurs de l'Assomption se oonistruisent une nouvelle maison? Pour deux raisons : 1° Pour enlever cette institution au diocèse de Nicolet, au profit de la ville des Trois-Rivières ; 2» Pour diminuer par là les chances d'érection du diocèse de Nioolet, en diminuant ses institutions.

Depuis quelque temps, Mgr Laflèche a conçu l'idée de transporter dans sa ville épiscopale une colonie des Soeurs de l'Assomption, pour y fonder avec leur poncours, une .Ëcole Normale indépendante en opposition aux Ecoles Normales du gouvernement. (Remarquons en passanit que c'est Là Ja source d'un conflit inévitable entre le gouvernement civil et l'Ëvêque de Trois-Rivières).

L'établissement d'une maison des Sœurs de l'Assomptioiî dans la ville des Trois-Rivières, aura pour inconvénient grave celui de porter atteinte au but de leur fondation, qui est principalement de donner l'éducation aux « enfants pauvres des villages et des cam*pagnes », et non aux enfants des grandes villes.

Mais ce n'est pas tout; c'est une chose bien connue dans le diocèse que Mgr Laflèche, non seulement veut avoir une colonie des Sœurs de l'Assomption dans sa ville épiscopale, mais qu'il veut ^y transporter la maison-mère dans un avenir assez prochain.

Inuiilo de dire que les diocésains de Nicolet ne verront pas d'un œil indifférent qu'on leur enlève une institution qui est essentiellettiient leur œuvre, et une œUyre qui leur est tout à la fois si utile ot si chère.

Cette manie d^ bouleverser nos institutions est un bien triste exemple à donner au peuple.

Da reste, Un certain nombre de citoyens de la ville de Trois-Rivières semblent voir ce projet d'un mauvais œil, comme on peut le voir dans les deux articles suivants reproduits de La Concorde, journal publié dans la ville de Trois- Rivières, le 18 et le 22 juillet dernier :

Le vieux presbytère : Monsieur le Curé Rheault annonçait hier, à la cathédrale, que le personnel de la cure venait de se transporter à l'évêché dont Monsieur TentrepreneUr Jollet vient de terminer si heureusement la construction. On se demande ce qu'on va faire du vieUx presbytère. Le vieux presbytère selon le désir du clergé de cette ville, sera habité prochainement par des Sœurs de l'Assomption de Nicolet, qui y ouvriront des classes le premier septembre. Nous savons cependant qUe c'eût été le désir d'un grand nombre de citoyens d'y voir s'y installer les R. P. Jésuites; la sclenca sûre, profonde et tolérante des membres de cette compagnie les 7oeom:n an fiant,; comme partout, dans le diocèse de Trois- Rivières. 11 y a des Jésuites à Montréal, il y en a à Québec, et Trois-Rivières doit jalouser d'en avoir.

Quant à l'installation des SœUrs de Nicolet si près des Dames Ursulines, le presbytère n'étant q^u'à deux arpents à peu près du monastère, nous trouvons la chose pour le moins inconvenante, et il serait difficile de ne pas faire de remarques sUr le voisinage aussi rapproché de deux communautés enseignantes d'ordres différents; tout homme de bon sens en conviendra.

D'ailleurs, les SœUrs de Nicolet ayant un grand nombre de missions qui se multiplient chaque année à la campagne, ne serait-il pas tout juste de laisser la ville à nos Dames Ursulines dont l'enseignement donne complète satisfaction? (Communiqué).

Les ECOLES normales. Sous ce titre, le Journal d'hier publiait un long article discutable sur quelques points.

D'ailleurs ce n'est ni l'opportunité ni l'inopportunité de l'établis-

sèment d'une école normale que nous voulons contester ici, mais nous voulons tenir les lecteurs de La Concorde en garde contre rinjtïsticc et le népotisme.

A qnellc commtinauté religieuse confiera-t-on le soin de cette école normale de filles? Il y a de nombreuses commlmautés religieuses enseignantes dans le pays, mais le'urs méthodes d'enseignement ne sont pas toutes également appréciées. Nous aimons à croire que, si les $ 4,000 d'allocation annuelle sont accordées, on voudra bien, auparavant examiner à qui on les donne. C'est le grand désir du clergé de cette ville de voir la maison-mère des Sœurs de l'Assomption de Nicolet transférée à Trois-Rivières et de lui voir prendre la direction de l'école normale projetée. Sa Grandeur Mgr Lallèche particulièrement tient en grande estime cette naissante congrégation dont les fondatrices sont encore jeunes, quoique des personnes compétentes et autorisées n'approuvent guère leur manière d'enseigner. Une de ces personnes nous disait il n'y a pas longtemps : « Ne parlez pas des Institutrices qui sortent de chez les Sœurs de l'Assomption; toUt se borne dans leurs écoles, aux leçons apprises par cœtur, et les enfants ne comprennent rien, »

On aura beau nous dire : « C'est avec de petits moyens qu'on fait souvent de grandes choses », et nous rapporter ces paroles, que disaient les Juifs de Notre-Seigneur : « Que peut-il venir de bon de Nazareth? » en dépit de tout le respect que nous devons à Sa Grandeur, noUs nous permettons de l'avouer, ce ne sont pas les Sœurs de l'Assomption qu'il nous faut ici; et il serait au plus haut point convenable que le choix des directrices de notre école normale fût laissé à des arbitres plus désintéressés. NcUs espérons qu'avant de faire Une allocution quelconque, nos gouvernants voudront bien prendre nos remarcfues en considération.

Nous disions dans notre article « Le vieux Presbytère » que les Sœurs de l'Assomption venaient s'y installer cet automne. On veut hâter les choses et fonder là sans retard l'école normale avec ou sans allocation du gouvernement. Nous nous demandons ce que vaudrait une école normale qui ne serait pas approuvée par la législature... A ce compte-là, que d'écoles normales ne peuton j)as établir 1... /

Petit Jean.

4*^ Chaque année Mgr Laf lèche soutire une somme considérable du diocèse d'e Nicolet. sons forme de componendea,

contributions pour la Propagation de la Foi, la Société de Saint-François de Saies, etc., etc. La plus grande partie de ces sommes est employée au profit des œuvres du diocèse de Trois-Rivières, au détriment de celles du diocèse de Nicolet; no serait-il pas temps de penser un peu à ce dernier?

Nous prenons la liberté de nous en référer à ce que nous avons dit ci-dessus de l'emploi qui est fait de l'argent de la Société de Saint-François de Sales, qui va à peu près en entier au Séminaire de Trois-Rivières.

Et quel emploi fait-on des quatre ou cinq mille' piastres provenant annuellement des componendes pour dispense de mariage?

Cet argent, comme celui de l'Association de Saint-François de Sales, vient autant et plus du diocèse de Nicolet que de celui de Trois-Rivières.

50 Mgr Laflèche, comme il est dit ci-dessus, se propose d'établir une espèce de Banque Episcopale.

Personne n'ignore que le clergé n'a pas mission pour des affaires de ce genre.

Puisque la Corporation Episcopale de Trois-Rivières se trouve dans des circonstances financières si favorables, nouspensons que l'occasion pst on ne peut plus propice pour demander de nous en séparer.

C'est, pourquoi nous demandons avec les plus vives instances que le Saint-Siège veuille bien nous permettre de laisser à Mgr Laflèche toutes les chances (et aussi tous les risques) d'un genre de commerce dont nous suspectons infiniment l'à-propos et l'issue favorable.

Advenant une seconde banqueroute de la Corporation Episcopale de Trois-Rivières (la première saigne encore), il faudrait de nouveau rançonner le diocèse pour combler l'abîme.

Les exemples tous récents, donnés par l'Archevêque de Cincinnati et de Saint-Louis, aux Etat-Unis d'Amérique, nous fournissent un enseignement salutaire qu'il est bon de ne pas perdre de vue.

IV. — Avant de terminer la présente supplique nous croyons devoir attirer l'attention de votre Eminence sur un fait qui se rattache intimement à la présente question; le voici :

Lorsqu en 1877 Mgr Conroy, Délégué Apostolique, est vç-nu au Canada, il était fortement question de l'érection du diocèse de Nicolet Comme on peut le voir dans les Archives de la Propagande, Mgr Taschefeau, Archevêque de Québec, et quelques-uns^ de ses suffragants s'étai^at prononcés en faveur de ce projet. Mgr Conroy lui-même paraissait le goûter.

Mais il y avait dans la mission de Mgr Conroy un point extrêmement difficile à gagner; c'était d'aniener Mgr L^lècjae à signer certains documents a^xqiiels Sa Grand^vir q^ voulait pas apposer ,sa signature; l'un regardait la succto sale de l'Université Laval à Montré^].

Mgr Conroy crut que pour obtenir le conBentement de Mgr Laflèche, il fallait sacrifier le diocèse de Nicolet; dans Topinjon de Sa Grandeur, le consentement de Mgr Laf lèche était plus important que l'érection du diocèse de Nicolet. Mgr La flèche eut à choisir entre signer leis documents présentés par Mgr Conroy, ou voir son diocèse divisé. Ainsi presséi, Sa Grandeur se rendit aux désirs de Mgr le Délégué Apostolique; mais à regret et malgré lui; Mgr Laflèche s'en est exprimé bien clairement dans ce sens, autant de fois crue l'occasion s'en est présentée; et II dit encore aujourd'hui à qui veut l'entendre que si c'était à recommencer II ne signerait pas.

La conduite qu'a tenue Mgr Laflèche vis-à-vis de l'Université Laval et de sa succursale à Montréal, depuis cette époque, et surtout depuis un an, démiontre avec évidence qu'il a signé malgré lui, sans changer d'opinion sur ces questions, uniquement pour empêcher l'éreclion du diocèse de Nicolet,

11 ressort également des faits sus-cités que Mgr Conroy a été la dupe des faits et gestes de Mgr Laflèche; qfue la

soumission Me Sa Grandeur n'a été qu'apparente; que le diocèse de Nicolet a été sacrifié à pure perte, ainsi que ses promoteurs, qui ont eu beaucoup à souffrir.

Il serait, pénible de rapporter ici quels procédés extraordinaires (pour ne rien dire de plus) ont été employés ^dana l'automne de l'année 1877, pour effrayer les prêtres qui avaient signé la requête adressée au Saint-Siège en 1874 demandant l'érection du diocèse de Nicolet, ainsi que pour forcer les jeunes prêtres à déclarer qu'ils s'opposaient à l'érection de ce diocèse.

Nous avions jugé à propois de ne pas demander les signatures de ces jeunes prêtrels, parce que nous savions q;ue toute démarche de leur part en faveur du diocèse de Nicolet, se^ rait de nature à leur faire un mauvais parti auprès de Mgr Laflèche, et à compromettre gravement leur avenir.

Nous pensions qu'une semblable réserve serait mise en pratique de l'autre côté, mais nous étions dans l'erreur. On a exercé auprès de ces jeunes prêtres une influence indue, une pression immorale dont on ne peut se faire une idée.

Les archives de la Propagande contiennent des documents concernant cette matière qu'il sera peut-être utile de consulter.

V. Conclusion. — Les raisons que nous avons alléguées en 1875 en faveur de l'érection du diocèse de Nicolet, existent encore aujourd'hui dans toute leur valeur;

Depuis 1875 de nouveaux arguments d'une grande valeur sont venus s'ajouter aux autres en faveur de notre demande;

Evidemment, il devient de plus en plus urgent d'ériger le diocèse de Nicolet;

Pour ces considérations, nous supplions Votre Eminence de vouloir bien déposer aux pieds du Saint-Père cette nouvelle instance que nous osons faire en faveur de l'érection du diocèse de Nicolet;

Et nous protestons de tout cœur que la réponse qu'il plaira

au Saint-Siège do faire à notre présente demancle sera reçue avec tout .le respect et la soumigision convenables;

En terminant nous croyons devoir faire observer à Votre Eminence que les mauvais traitements qu'ont subis les pétitionnaires au Saint-Siège de 1875, pourraient recommencer en 1881, avec un surcroît d'intensité, si Mgr Laf lèche était mis au fait de cette nouvelle instance que nous faisons en faveur de l'érection du diocèse de Nicolet;

Vu que l'opinion de Mgr l'Archevêque de Québec et celle de ses suffragants pn 1876, s'ont consignées dans le rapport de Mgr Taschereau du mois d'avril de cette année, et que ce rapport est actuellement déposé dans les archives de la Propagande; — vu qu'il est très facile de connaître l'opinion (le Sa Grandeur Mgr Dominiqli 3 Racine, Evéque de Chicoutimi, suffragant du Siège Métropolitain do Québec depuis l'année 1878, et qui est parfaitem^ent aU fait de la question;

Nous prions très respectueusement Votre Eminence de faire en sortie que notre présente instance soit jugée de telle manière que nous n'ayons pas à subir de nouveau les scènes de 1877-1878. S'il fallait les voir se renouveler, mieux vaudrait pour nous, ce nous semble, que la question fût ajournée à des temps meilleurs.

J'ai l'honneur d'être.

De Votre Eminence, Le très respectueux et très obéissant serviteur,

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