‹ Voix canadiennes: Vers l'abîmeChapitre 33 sur 83 · Mgr Taché désigne ici M. l'abbé C. Marquis · texte numérisé non relu

Mgr Taché désigne ici M. l'abbé C. Marquis

connaître, dans 1© temps, les premiers exploits de cet hbmme.

Quelques années aprèjs, et j'étais déjà Evêque et à Rome avec Mgr Prince, le même personnage s'est signalé par ses efforts pour empêclier la créati;on du diocèse des Trois- R.ivières. C'est encore lui qui cauisait des déboires à Mgr Cooke, et portait rinsolence jusqu'à traiter ce vénérable prélat de « vieille vache » (sic!). C'est ce même homme que Mgr ConroY aVait assez bien connu pour le qualifier de « intrigant de bas étage. » De tout ceci, il est facile de donner des preuves, si Votre Grandeur désire en avoir.

Hélas! c'est ce mênie homme qui, depuis plusieurs années, s'acharne à pouijsuivre Mgr . Laflèche, comme le parasite dangereux s'acharne à la victime qu'il épuise. Doué d'énergie et d'audaide, ne manquant ni d'argent ni de temps, ce imalheureux a entrepris la ruine de Mgr Laflèche ; et, au grand scandale de trop de monde, il déploie dans cette œuvre mauvaise une activité digne d'une meilleure cause.

C'est la coanaissiance de tout ceci qui me fait voir dans Mgï Laflèche une victime, ou, pour me servir du mot de Votre Grandeur, un martyr. Je considérerai toujours comme martyr, dans ce sens, tout Evêque ou tout homme constitué en dignité, qui aura le mialheur de se trouver exposé aux attaques d'un homme comme celui dont je parle.

3° Monseigneur, autant les deux premières impressions qfue Vous m'avez indiquées, et que je viens d'examiner, sont vraies et justes, autant la troisième imt)ression signalée par Votre Grandeur m'anque de ces qualités.

Votre Grandeur dit que, suivant moi, les bourreaux (d9 Mgr Laflèche) seraient : 1^ La majorité des éVêques de la province; 2^ La S. C. de la Propagande; 5° Le Souverain- Pontife lui-même.

Voilà un langage bien .étonnant. Monseigneur, et permettez-moi de vous le dire, un langage que rien an monde ne justifie. Je n'ai jamais rien dit, écrit, insinué ou pensé,

qui puisse autoriser Votre Grandeur à me prêter de pareils sentiments. Cette injurieuse insinuation est toute gratuite de votre part, et je vous en laisse la responsabilité.

Il est vrai que j'ai parlé des limites des diocèses, mais j'ai pris la question précisément au point auquel Votre Grandeur l'a placée devant le public. Si je ne dénature pas vos paroles, et Dieu me garde de le faire, vous avez fait comprendre : 1*^ Que le Souverain-Pontife n'a pas Voulu fixer les limites du diocjèse de Nicolet; 2^ que la S. C. de la Propagande ne les a pas fixées non plus, mais a écrit que le Saint-Père désire que cette opération se fasse par l'Episcopat de la province ecclésiastique de Québec; S" que TEpiscopat n'a encore rien décidé, puisque la réunion à laquelle cette décision doit se prendre, est fixée au 22 mai.

Après que Votre Grandeur a donné ces informations par la voie des journaux, j'écris reispectueusement, ce me semble, et affectueusement, j'en ai la certitude, aux Evoques qui seuls sont chargés de prendre une décision, pour les informer de certaines choses qu'ils ignorent, je crois, et par suite desquelles j'éprouverais une grande peine si ces vénérables prélats, même à leur inisu, allaient prendre une décision conforme aux désirs de gens que je sais mal disposés. Je n'ai pas dit un mot ni du Pape, ni de la Sacrée Congrégation de la Propagande, ni contre les Evêques, et, malgré cela, Votre Grandeur affirme que ma lettre la met sous l'impression que je regarde et le Pape, et la Sacrée Congrégation de la Propagande, et la majorité des Evêques de votre province ciotame autant de bourreaux. Evidemment, Monseigneur, Votre Grandeur a pris ses impressions ailleurs que dans ma lettre, et pour vous en convaincre, }\ vous suffirait, de relire cette lettre sans prévention et sans parti pris. Dans tous les cas. Monseigneur, j'affirme hautement que votre impression est tout à fait erronée. Si Votre Grandeur avait déjà communiqué cette impression à quelqu'un,

je la crois tenue en conscience de se rétracter, et de réparer ainsi la. calomnie, dont Elle se ferait rendue coupable à mon égard. ' |

40 La quatrième impres&ion de Votre Grandeur est que ma lettre du 19 avril « ieza. indubitablement un^ fâcheuse impression » sur ses vénérables collègues, et Elle ne se sent pas le courage de. la leur communiqtier.

Moi, je crois que ma lettre, lue comme elle a été écrite, ne peut pas, produire cette fâcheuse iraï)ression. Où en sommes-nous rendus, si nous ne pou vous pas nous écrire entre Evêques, sans produire de fâcheux résultats, et cela alors même qu'on écrit, comme l'admet Votre Grandeur, sous l'inspiration d'un bon motif?

Je ne vois pas,, non plus, qu'il faille un grand cotiiage pour remettre à des Evêques réunis une lettre qu'un antre Evoque leur a écrite et adressée. Pour ma part, j'ai écrit avec une confiance entière; je n'hésiterais pals à montrer cette communication au Souverain-Pontife, si j'avais le bonheur de voir Sa Sainteté. Je voudrais, en paraissant au tribunal du Souverain Juge, n'avoir à être jugé que sur des choses semblables à cette lettre et sur cette lettre elle-même.

En écrivant cette communication, j'ai certainement suivi les conseils de la divine cJaarité : « Faites aux autres ce que vous voudriez qu'on vous fît à vous-^même. »

Dans toutes les. décisions importantes que je puis avoir à prendre avec mes collègues de la province ecclésiastique de Saint-Boniface, ie vous assure, Monseigneur, qu'une letti:e de Votre Grandeur, pour nous aider de ses lumières et de ses conseils, serait toujours bien accueillie. Je ne dis pas que nous ferions toujours ce que vous désireriez, mais je puis vous dire, sans hésitation, que nous vous respectons tous assez pour être toujours bien aises de connaître votre opinion,, quelle quelle puisse être. Ecrivez-noliS, Monseigneur, et soyez persuadé que je n'hésiterai jamais à transmettre

à mes Collègues oe que Votre Grandeur désirerait être porté à leur connaissance.

Agréez, Monseigneur, l'hommage du profond respect avec lequel, j'ai l'honneur d'être, de Votre Grandeur, le totit dévoué S'erviteur. '

(Signé) : t Alex., Arch. de Saint-Boniface, 0. M. I. Vraie copie.

F. X. Cloutier, prêtre, Secret, de Mgr des Trois-Rivières.

Tournonis la page pour laisser Taschereau savourer le morceau dans l'isolement.

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