‹ Voix canadiennes: Vers l'abîmeChapitre 5 sur 83 · C. A. Mardis, Vicaire Général · texte numérisé non relu

C. A. Mardis, Vicaire Général

Mgr Marois ignorait encore que la complaisante grippe de son archevêque lui ménagerait le réel plaisir d'assister à ce jubilé et d'y dire au vieil évêque, q;ue le Saint-Siège élevait à cette occasion à la dignité enviable de prélat assistant au trône pontifical et de comte romain, ses sentiments de sincère admiration; il le fit en la compagnie de l'abbé Benjamin Paquet, alors Supérieur du Grand Séminaire de Québec.

Certes, ces deux témoins du cardinal Taschereau n'eurent qu'à se laisser gagner par l'affectueux enthousiasme du peuple des Tr ois-Rivières, pour trouver de leur côté des paroles émues, et pour être portés à les renouveler comme, du reste, Mgr Marois s'y prit très cordialement en ces termes, s'adressant encore au chancelier de l'évêché des Trois-Rivières :

Archevêché de Québec, 28 février 1892.

Cher Monsieur le Chancelier, — Je profite de mon premier loisir, depuis mon retour à Québec, pour vous exprimer le bonheur que j'ai éprouvé pendant mon séjour dans la ville Episco-

paie des Trois-Rivières, sous le toit si cordialement hospitalier de l'Evêché, et vous dire les douces et profondes impressions que j'en ai emportées dans mon coaur! Quelles fêtes bénies, quelles démonstrations touchantes ont signalé le jubilé épisoopal de notre Vénérable évêque Mgr Laflèche, et les Noces d'or sacerdotales de son digne Grand Vicaire Mgr Caron! J'en garderai et tous, j'en suis sûr, en garderont le plus doux et le plus constant souvenir 1

Quelle suavité, quelle grâce charmante dans la réception si cordiale chez les bonnes Sœ,urs de la Providence!

Quelle délicatesse de sentiments, qtielle élégance dans la démonstration des Dames Ursulines? Pouvait-on unir un tact plus exquis à une plus grande perfection de manières et à une plus pai-faite éducation? Tout y a été grand, noble, simple et naturel à la fois. Le cœ.ur animait tout cet ensemble et les bonnes Religieuses avec leurs chères élèves se sont montrées, une fois de plus les dignes filles du grand Evêque qu'elles ont voulu célébrer.

Le Séminaire a aussi ravi mon admiration! J'y ai vu des jeunes gens vraiment bien formés, qui ont admirablement donné la mesure de leurs talents comme aussi ils ont re^ndu un parfait témoignage à la compétence, au zèle et au dévouement de leurs professeurs, dans leur pièce si bien rendue du « Fils de Gannelon » et par leurs adresses présentées et lues avec tant de grâce, d'élégance, de naturel et de bon goût.

Ajoutons à cela les solennités grandioses de la cathédrale, au milieu d'un si grand déploiement de pompe et de grandeur, avec les sermons éloquents qu'on y a entendus, les magnifiques banquets auxquels nous avons assisté et dites si nous n'avions pas mille fois raison d'être ravis!

Au milieu de tout cela, le vénérable Mgr Laflèche attirait toujours vers lui et toutes les pensées et tous les coeurs! Il y a eu du sublime dans vos fêtes, et c'est lui qui l'a inspiré par les actions de sa vie, ou qui nous y a élevés par sa parole chaleureuse, entraînante et convaincue comme celle d'un apôtre! Enfin, cher Monsieur, je veux que vous compreniez bien que je suis revenu enchanté de vos fêtes, touché de votre généreuse hospitalité, et ravi de l'organisation parfaite de tout cet ensemble qui a fait des Noces épiscopales et sacerdotales une réunion comme on n'en rencontre Jbien peu ici-bas.

J'ai regretté bien des fois que Son Em. notre Vénéré Cardinal- Archevêque de Québec n'ait pu être le témoin de toutes ces touchantes démonstrations! Son grand âge et la faiblesse de sa santé l'ont privé de bien des jouissances.

]\Iais je lui ai dit toute la part que vous lui aviez donnée dans les détails de vos programmes, dans les inscriptions qui décoraient les murs de vos institutions religieuses et dans les discours qui ont été prononcés. J'ai essayé de lui donner une idée du succès de vos fôtes et de tout ce que vous avez fait, prêtres et laïques, pour honorer votre illustre évêque!

Soyez donc remercié mille fois, cher Monsieur le Chancelier, de tout le bonheur que nous avons goûté et veuillez communiquer à tous ceux qui se sont multipliés avec vous pour le succès 4e ces fêtes, l'expression de nos sincères félicitations et de toute notre reconnaissance.

Veuillez déposer aux pieds de Sa Grandeur Mgr Laflèche l'hommage respectueux de mon profond dévouement et de toute ma vénération, et agréer pour vous-même l'expression de mon sincère attachement.

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