V. F rétendue division du clergé
Les pétitionnaires donnent pour cinquième raison de la division immédiate du diocèse des Trois-Rivières :
Des divergences d'opinions dans le clergé qui paralysent le him...
Il nous rép'ugne, disent-ils, de faire des commentaires sur ce sujet; nous devons constater 'un fait regrettable. (P. 3 de leur mém.).
C'est une accusation grave et tout à fait gratuite, que les pétitionnaires portent ici contre le clergé du diocèse. Non certes, le clergé n'est point, comme ils le représentent, divisé en deux camï)s, tse faisant une lutte scandaleuse, au point de paralyser le bien. Ces messieurs seraient fort en peine de signaler un seul cas, où la charité ait été blessée, et une bonne œuvre arrêtée par suite de ce 'prétendu désaccord. Le succès de la loterie en 1872, et celui de la contribution pour la construction de l'Evêché, en 1880-81, &ont des faits qui démontrent éloquemment la fausseté de cette accusation.
Ce qu'il y a do plus étonnant, c'est que, pour lancer un pareil trait contre l'honneur du clergé diocésain, qui s'est toujours distingué dans la province par son union véritablement fraternelle, les pétitionnaires ne s'appuient que sur une insinuation encore plus malveillante : « Il nous répugne, disent-ils, de faire ici des commentaires sur ce sujet; nous devons dontetater un fait regrettable ». Si ces messieurs, qui ont déjà donné tant de renseignements erronés pour le soutien de leur cause, avaient eu quelques faits à l'appui de cette accusation, ils n'auraient pas manqué de les citer.
La vérité est qu'il n'y a pas d'autre division dans le clergé que celle qu'ils ont créée eux-mêmes par leurs tentatives de démembrement du diocèse, non pas entre le clergé du Nord et celui du Sud, niais entre la masse du clergé d'un côté, et eux de l'autre, avec le petit nombre de leurs intimes. C'est ce que prouvent à l'évidence les extraits des lettres des curés sur ce sujet. (P. J., 22). Par ces extraits, il est démontré que les prêtres du séminaire de Nicolet et quelques-uns de leurs plus intimes amis, sont les seuls à dire qu'il y a division dans le clergé, tandis que les autres prêtres du diocèse déclarent le contraire, et disent qu'ils ont toa-
jours vu avec bonheur la concorde et Ttinion la plus parfaite régner entre eux.
Je le répète, le clergé du diocèse des Trois-Rivières n'est pas divisé» comme ils le disent, et la divergence d'opinion, qui a pu exister au stijet des deux séminaires, n'a point etopêché la bonne entente et l'union d'exister entre tous ses membres, comme avant la fondation du Séminaire des Trois-Rivières. Le calme et la paix, sur la qriestion môme de la division du diocèse, avec laquelle ils avaient réussi à faire quelque bruit en 1876, n'ont point cessé de régner depuis la décision du Cardinal-Préfet, en 1878.
Je dois cependant déclarer ici que M. l'abbé Marquis a réellement travaillé à créer cette division, entre le clergé du Nord, et celui du Sud, dès l'origine même du diocèse, mais surtout depuis 1875, où il s'est mis en tête de le faire diviser. J'ai la preuve de cet avancé dans plusieurs lettres de curés, qu'il a essayé de faire entrer dans ces vues. En voici quelques extraits :
Le meneur principal, M, Marquis, dit M. l'abbé Lo'uis Pothier, m'écrivit nne première fois, me demandant de vc^uloir bien signer le document ayant trait à ce projet, après m'avoir donné potir raisons que le clergé du Nord et celui du Sud du diocèse se mangent (ce sont ses propres expressions). Comme ces allégués m'ont paru et me paraissent encore dénués de toute apparence de vérité, ma, réponse fut négative, (p. j. 2).
Quant à la division q'ui pourrait exister entre le clergé du Nord et celui du Sud, dit M. l'abbé C. Bochet, je n'en ai Jamais entendu parler, je ne crois pas qlie telle division existe. (P. j. 3).
Je croyais à cette division dont on me parlait,, écrit à son tour M. l'abbé N. E. Ricard. J'ai reconnu plus tard que le clergé est parfaitement uni, qlie cette union entre le clergé et Votre Grandeur est plus forte que dans n'importe quel diocèse, et q;ue M. Marquis voulait faire de la division pour s'en prévaloir contre Votre Grandeur et en favelir de son plan. (P. j. 4).
Je vous avotie franchement, Monseigneur, écrit aussi M. l'abbé P. de Villers, qne je n'ai jamais Vu ni connu cette prétendue division, qu'on dit exister entre les membres du clergé du Nord et
celui du Sud de votre diocèse; au contraire, j'ai toujours admiré l'union intime, la sympathie profonde q;ui existe entre tous les membres du dit clergé, sans distinction de Nord et de Sud : j'en ai fait souvent la remarque à mes amis; je ne pense pas qu'il puisse y avoir en Canada Un diocèse, où cette union soit plus grande que celle (Jui existe entre tous les membres du clergé du diocèse des Trois-Rivières. (P. j. 5).
Mais ce qui m'étonne par-dessus tout, dit enfin M. l'abbé Ed. Laf lèche, et dont je veux m© plaindre à Votre Grandeur, c'est que l'on invoque, paraît-il, une prétendue division dans le clergé, comme une des raisons les plus fortes en faveur de la division projetée du diocèse des Trois-Rivières. Je ne vois pas sur quoi l'on peut appuyer une telle raison, et comment on peut faire une telle injure au clergé du diocèse.
C'est un fait constant q;ue les membres de ce clergé ont entre eux les rapports les plus sympathiques, les plus bienveillanls et les plus cordiaux. (P. j. 6).
Au demeurant, la preuve la plus forte peut-être que l'on puisse donner de l'union intime qui règne dans le clergé du diocèse, oe sont les efforts mêmes de M. l'abbé Marquis pour jeter le trouble dans ses rangs. Comment! voilà plus do huit années que ce prêtre turbulent cherche, par toutes sortes de moyens, à créer cette division et encore plus ^i y faire croire, et, après tant d'efforts, il obtient pour résultat définitif que sur un clergé de plus de 130 prêtres, une dizaine d'intéressés à peu près se rangent à son opinion ; et l'on ne voudrait pas conclure de là que le clergé du diocèse est étroitement uni? Comment donc aurait-il pu rési-,ter à tant de sollicitations, à tant d'intrigues et de supercheries» mises en jeu pour le diviser, si ses rangs n'avaient été vraiment serrés et compacts?
Voilà ce qu'il faut penser de cette prétendue division du clergé, que quelques-uns ont cru découvrir, et que M. Marquis a mensongèrement affirmée en toute occasion, auprès d'un certain nombre de ses confrères, auprès de l'Archevêque, et des Evêques de la province, et, sans doute aussi,
dans les documents présentés à la Sacrée Congrégation de la Propagande, l'hiver dernier.