PIE IX, PAPE
Il semble qu'après des témoignages aussi éloqtients et aussi autorisés, nous ne devions plus rien ajouter. Cependant, que Votre Excellence veuille bien nous permettre de donner encore une plus complète satisfaction à nos cœurs, en même temps qu'à la justice, en montrant le côté dominant de la vie et surtout de la carrière épiscopale de notre Evêque vénéré. Dans son mandement pour la prise de possession du siège épiscopal des Trois-Rivières, Mgr Laflèche écrivait : (
« ... N. T. C. F. démandons à ce Dieu Tout -puissant qu'il nous accorde la grâce de nous attacher toujours de plus en plus à la foi de Pierre, à ce roc inébranlable sur lequel il a bâti son Eglise, contre laquelle toutes les tempêtes soulevées par l'esprit du mal viendront laisser leur fureur impuissante, assurés que Nous sommes que jamais les portes de l'enfer ne prévaudront contre cette Eglise dont Pierre est toujours le fondement et le Pasteur Suprême jusqu'à la fin des temps dans la personne de ses successeurs »...
Cet entier dévouement au Saint-Siège, cet inébranlable attachement au roc de Pierre, et une constante fidélité à proclamer les enseignements venus de Rome; roilà quel est et quel a été le caractère dominant de la vie et de la carrière épiscopale de Mgr notre Evêque. « Tous les catholiques sans exception, disait-il dans son mandement à l'occasion du Concile du Vatican, sont tenus de rejeter toutes les doctrines et les opinions censurées, flétries et condamnées par le Saint- Siège, soit dans le Syllabus, soit dans les lettres encycliques ou autres documents émanés de cette autorité suprêtne. » ' ) i ■
Et avec quels accents enflammés il saluait, dans son mandement du 4 mars 1878, ravènement au Suprême Pontificat de Sa Sainteté, le Pape Léon XIII, glorieusement régnant :
« ... 0 Père Vénéré, s*écrie-t-il. Pontife Saint, Docteur Infaillible, Nous vous saluons avec bonheur! Prosterné à vos pieds, nous vous démandons cette bénédiction qui éclaire les esprits et Téchaulfe les cœurs. Nous reconnaissons en votre Personne Sacrée le Vicaire de Notre-Seigneur Jésus- Christ sur la terre, le siiecesseur légitime de saint Pierre, le Pasteur Suprême de tout le troupeau, chargé de conduire et de nourrir les agneaux et les brebis, les Fidèles «t les Pasteurs, dans les pâturages salutaires de la Vérité et de la Justice. Parlez, ô Père de nos âmes, proclamez la vérité, dissipez les erreurs qui affligent le monde, et toujours avec la grâce de Dieu, Vous trouverez en nous des enfants dévoués, respectueux, soumis, acceptant vos enseignements et vos ordres comme ceux de Dieu même dont vous êtes le Représentant et l'Interprète infaillible »....
Ce que Mgr Laf lèche a enseigné à son clergé et à ses diocésains par ses écrits et par ses éloquentes prédications, il l'a le premier mis en pratique, et s'est toujours montra d'un zèle et d'un dévouement inaltérables à tout ce qui se rattachait à la cause sacrée du Saint-Siège.
En 1868, il a été avec l'Illustre Archevêque de Martianapolis, alors évêque de Montréal, l'un des plus ardents promoteuro et des plus fidèles appuis de ce mouvement des zouaves, qui a traduit si éloquemment les sentiments religieux du Canada, et qui a étonné le monde entier. Sur les 232 zouaves envoyés alors de toutes les parties du pays, pour soutenir l'honneur et les droits du Saint-Siège, près de 40 étaient du diocèse des Trois-Rivières, et plus de $ 3.000 (15.000 francs) ont été fournies par le diocèse à cette fin.
L'œuvre du Denier de Saint-Pierre a toujours reçu également un grand encouragement parmi nous. $ 10.000 en-
viron (ôO.OOQ franco) ont été jusq.u'à ce jour, versées par le diocèse pour cette œuvre. Ces chiffres, ont leur éloquence.
Outre les nombreuses, et très utiles institutionis, dont il a été Ife fondateur ou le soutien, outre une foule d'ceWvreg de bienfaisance et de charité, à l'aide desquelles il répand partout dans son diocèse et ailleurs les immenses bienfaits de la vie chrétienne, Mgr Laflèche laissera à la postérité des écrits, qui perpétueront son nom et qui contribueront largement, comme ils l'ont déjà fait, à la gloire de Dieu et de l'Eglise et au bien de la société.. Ses « Quelquefi^ considérations sur les rapports de la Société Civile avec la religion et la patrie », qu'il a publiées quand il n était encore que Vicaire-Général, et qui ont été- si hautement appréciées par le public, ont reçu du premier Evêque des Trois -Rivières, feu Mgr Thiomas Cooke, une approbation trop élogieuse pour que nous ayons à y ajouter le moindre commientaire. « Nous nous empressons, disait ce Vénérable Prélat, de recommander à nos Diocésaias la lecture du présent recueil, écrit par l'Abbé L. Laflèche, l'un de Nos Vicaires- Généraux. Les, idées fausses, les. faux principes, les erreurs en tout genre qui inondent le monde rendent précieux tout ce qui peut contribuer à dissiper les nuages et à répandre la lumière », i
Son remarquable travail sur V « Influence Spirituelle Indue », publié ces dernières années, pour combattre les prétentions des libéraux, qui foulaient aux pieds les lois de l'Eglise sur les Immunités ecclésiastiques, lui a. valu des éloges mérités de la part de beaucoup de personnes, distinguées, et spécialement de ses vénérables collègues, dans L'Episcopat. Voici quelques -tmes de ces appréciations :,
Mgr Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe, à Mgr L. F. Laflèche, Evêque des T rois-Rivières.
Monseigneur, J'ai reçfu hier la lettre de Votre Grandeur du 21
coxirant, et la brochure dont elle a bien voulu l'accompagner. Merci à Votre Grandeur de cette bienveillante attention.
... Que le ciel vous récompense au centuple, vénéré Seigneur, de votre zèle si édifiant pour vos co-provinciaux et poUr tous les fidèles du Canada, à revendiquer avec une telle fermeté et sûreté de principes, les droits sacrés, inaliénables <de l'Eglise et les saintes immunités de ses ministres...
Mgr Antoine Racine, évêque de Sherbrooke, à Mgr L. F. Lafîèche, Evêque des Trois-Rivières.
Monseigneur, J'ai reçu un exemplaire de la brochure intitulée : « L'influence indue (spirituelle) devant la liberté religieuse et civile »; je vous prie d'agréer mes remerciements et mjes félicitations.
Vous avez magistralement démasqué les artifices au moyen desquels plusieurs catholiques, sous le prétexte séduisant de mieux servir l'Eglise, sont entraînés hors de la voie de la vérité catholique. Vous leur avez démontré, dans des articles pleins de vigueur, qu'il faut remonter jusqu'à la source de la vérité, et qu'il faut chercher la vérité là seulement où elle peut se trouver, c'està-dire dans renseignement de l'Eglise...
Mgr Dominique Racine,' évêque de Chicoutimi, à Mgr L. F. Laflèche, Evêque des T rois-Rivières.
Monseigneur, Veuillez agréer mes sincères remerciements polir l'envoi de la brochure « L'influence indue », et de la lettre qui l'accompagne.
J'ai lu avec le plus Vif intérêt les belles pages de cette jbrochure et je félicite bien cordialement celui qui les a écrites. Elles porteront, j'en ai l'espoir, les heureux fruits que vous en attendez...
Enfin, pour résu'mer en quelques mots ce témoignage consciencieux et strictement véridique qtie nous nous faisons un devoir, dans la circonstance présente, de rendre à notre évêque bien-aimé, nous dirons qu'il a mis au service de la vérité et du bien, et tout spécialement au service du Saint- Siège, une intelligence supérieure, un cœur d'apôtre, une parole dont l'éloquence l'a placé au rang des premiers ora-
teurs de notre pays, et une plume facile, qui fait jaillir avec éclat la lumière de la vérité.
A la force du talent il a joint la puissance de la vertu. Nous avons toujours admiré son humilité profonde, son désintéressement, son esprit de justice et d'impartialité, teon abnégation vraiment apostolique. Plus que tout autre, nous avons éprouvé la bonté de son cœur, sa charité et sa bienveillance. Aussi, les rapports qui existent entre le clergé et l'Evêque du diocèse des Trois-RiVières sont-ils des plus faciles et des plus affectueux; on sent qu'il y a d'un côté toute la bonté et toute l'affection du père, de l'autre, toute la confiance et tout rattachement des enfants. Suaviter et fortiter; voilà la règle, à laquelle il s'est toujours confoi'mé dans la gouverne de son diocèse.
Oh! fasse le Ciel que les années de la vieillesse de notre très digne Evêque s'écoulent lentement, afin que nous puissions jouir longtemt)S encore des avantages de sa paternelle direction, de son administration sage, éclairée et fructueuse, et de son zèle inaltérable, pour la gloire de Dieu et le bien des âmes.
Tels sont. Excellence, les sentiments de haute estime, de vénération profonde et d'attachement sincère pour notre Pasteur dévoué, dont nouls vous prions d'agréer aujourd'hui l'humble expression; et c'est une grande consolation pour nous de penser qu'en nous adressant ainsi au Représentant du Saint-Siège, nous sommes sûrs de trouver dans sa personne vénérée un écho fidèle, qui redise nos vœux et nos sentiments jusqu'aux pieds du Chef même de la Catholicité.
Votre Excellence nous reprocherait sans doute de ne pas saisir la première occasion, où nous avons l'honneur de nous entretenir avec Elle, pour lui exprimer notre sentiment sur la question de la division du diocèse, qu'Elle est appelée à régler, et qui est une question vitale pour nous. Nous nous bornerons à lui dire, cependant, que notre manière
de Voir feur ce projet de division a été fidèlement exprimé^ 1
dafns nos lettres à ce sujet, adressées à notre évêque au '\
moiS' d'avril dernier, et nous demandons que ces lettres 1
iS'Oienti dans l'oGcasion favorable, communiquées à Votre Excellence.
En foi desquels téftibignages, protestations et prières, nous avotila signé les préseîvte». j