VI.- VerslALîme
jointe à la quantité de neige, tombée dans le haut de la rivière, fil monter i'eau d'une manière considérable. En peu d'instants, toute la terre fut couverte autour de la maison; l'eau vint même toucher le pl-ancher sans pourtant passer par-dessus. La maison de M. Belcourt était hors de l'eau et formait, avec les autres, de petites îles dans ce vafite lac. Le dimanche, le perron de l'église servait de quai à ceux qui venaient à la messe en canot. Cette inondation ne fit presque point de tort, et après deux ou trois jours l'^au se retira bien honnêtement^. »
Les deux jeunes missionnaires demeurèrent auprès de M. Belcourt jusqu'en milieu de mai Ils revinrent alors à Saint-Boniface faire les derniers préparatifs du départ pour leur lointaine mission. Ils allaient partir en canot au commencement de iuin; mais le Gouverneur leur offrit un passage gratuit sur les barges de la Compagnie. Mgr Provencher accepta avec un empressement fort naturel; mais le départ en fut retardé d'environ un mois. « Nous partirons du Fort de Pierre, en petits bâtiments, écrivit Mgr Taché, dans sa lettre à son oncle du 25 juin, pour nous rendre à la Rivière aux Brochets, et là prendre les barges de l'Ile-à-la-Crosse qui devront nous conduire à ce poste pour le mois de septembre, assez tôt pour que nous puissions nous bâtir avant Thiver, non pas un palais, mais une maison à la façon des voyageurs ».
Or, pendant que nos jeunes missionnaires faisaient leurs préparatifs de voyage, raconte Dom Benoît 2, d'après la correspondance de Mgr Taché à sa mère, trois épidémies se suocédaient dans la colonie d'Assiniboïa. C'était d^abord une épidémie de grippe; elle atteignit un grand nombre d*habitants, mais presque personne ne mourut. Ce fut ensuite une épidémie de rougeole; tous ou presque toUs ein furent
1. Lettre du P. Taché à soa oncle, « Rivière-Rouge », 25 juin 1846.