TOMB
f ait usage avec une foi vive en ont obtenu un soulagement dans leurs maux. »
V. — Odeur et mouvements de la sainte Image. Uabbé Bruni constate que cette odeur ne saurait êtxe définie, ni être comparée à aucune de celles qui nous sont connues ; et cette odeur si suave provenait soit de la crèche, soit des linges, ou même des objets qui avaient eu des impressions.
« Au mois de novembre 1 866, dit-il, en ouvrant la crèche, les témoins sentirent une odeur de roses, comme si on se trouvait au milieu d'un jardin qui en serait plein; d'autres fois cette odeur ressemblait à celle de la cannelle. En avril 1867, une des filles de la Charité qui sont à Bari, envoya un lis avec des impressions à une tante, en France, sans faire nullement mention d'odeur ; mais celle-ci, dans sa réponse, fit connaître que cette fleur ou image avait une odeur si agréable qu'il n'était pas possible de l'exprimer.
« Les-mouvements des yeux, dit la Belation, les changements de position et les diverses expressions du visage qui apparaît tantôt plein de vie, d'autres fois d'une grande pâleur, en un mot, tous les mouvements de cette Image ont été toujours fréquents, et ils n'ont jamais cessé. Le 20 mars 1866, le chanoine Maggi et l'abbé Bruni avaient placé,enprésence d'autres témoins, l'Enfant Jésus dans la crèche qui avait été munie de sceaux. Deux jours après, le Bambino était dans une position transversale qu'il n'avait pu prendre que de lui-même.
« Dans une visite en ce même jour, le prêtre Michel
Farchi observa que la position de TEnfluit-Jésus était différente de celle qu'il avait lorsqu'il était venu. Et en même temps les témoins voyaient couler une sueur abondante dans le petit plat sur lequel la sainte Image 8e trouvait
« Le 25 juillet 1866, le Bambino se dressa debout au fond de la crèche,et il changea souvent de position ; le 27 juillet, on vit dans sa main droite une oriflamme. Le 6 novembre, du fond de la crèche, il vint se placer au devant, debout, et dans la soirée il avait dans sa main gauche une croix, et il avait disjoint les doigts, afin de la tenir solidement
« Aucun des assistants n'avait mis là ni la petiteoriflamme, ni la petite croix, mais Tune et l'autre étaient couvertes de sang. Le Bambino resta debout sans aucun appui, jusqu'à la nuit du 6 décembre, et tous les visiteurs purent le voir ainsi. Dans la soirée du 12 avril 1867,un personnage constitué en dignité voulut le placer dans la position qu'il avait eue, mais ce fut en vain ; il y avait une impossibilité absolue, car la jambe gauche est plus retirée que la droite, et dans ce cas il ne pouvait reposer que sur un des orteils du pied droit. >
YI. -^ Impressions et figures symboliques communiquées par la sainte Lnage. Ces figures sont à la fois surnaturelles par la manière dont elles sont opérées et par la signification cachée sous le mystère des symbolea. Écoutons, sur le premier point l'abbé Bruni dans sa Belation.
€ Lorsque les sueurs du Bambino apparurent, le
prêtre Laurent Lapedota eut soin de placer au-des* sous des linges pour la recueillir ; ceux-ci se trouvaient plus ou moins tachéd des gouttes du sang qui ooulait de Tlmage. Dans la semaine-sainte, en isèo, il y eut sur un linge une croix placée sur un Ifiottt: A Ift fin du mois d'août, Fabbé Lapedota, plaçant des linges sous l^nfant Jésus, se sentii ins^^iré de désirer rim<pression de limage du Bambino, et lé !•' septeilibre, en retirant les linges, il se rit exaucé.
« Dès ce moment commencèrent les impressions des emblèmes de la Passion^ des SaciPés-Cœurs^ des monogrammes de Jésus-Christ et de Marie, celtii de saint Joseph) de TEsprit-Saint et autres emblèmes. Ces impressions, ensuite, eurent lieu sur des roses et des lis artificiels, sur deâ images en cire du saint Enfant Jésus, et sur des images en papier. Il fau^ drait au moins un Yolume pour raconter tous les pro^ diges de ce genre qui ont été opérés. Mais, à datet du joui* de saint Joseph, en 1868^ lés impressions ont eU lieu plus rarement.
« Un très-grand nombre de pei^KMineSj et M. TabbA Bruni en particulier, ont obtenu les impressions qu'elles avaient désirées. Bien mieux, Tarchidiacre Petrtnzelli envoya un petit Enfant Jésus dans une crèche ornée de fieurs, et fermée de manière à ne pas laisser pénétrer la poussière ; cette Image fut stigmatiséOi et elle avait aussi des sueurs.
€ Sa Grandeur Monseigneur F Archevêque, pour s^tostirer de la vérité de ce fait, le 23 mars 1867, envoya un linge placé dans une enveloppe double en papier,
ui u% munie de i4usieurs sceaux. Après qu'il eut été
1019 4993 h cràcbe, en observa qufi le Bamhmo s^éteit mM de«s[a9. Le lendemain, le prêtre chargé de ce m Fasporta M gu^il était, mouillé, ^t comme ail aTiîtété tren^pé dans une eau sanguinolente. En premier lieu, l'illustre prélat remarqua Todeur que le fiogerépa^dilit; ^iiQuitfe U reconnut que les sceaux de h pmîère envdoppe, ainsi que ceux de la seconde lUssA par&itempnt intacts.
« Sa Grandeur observa que le pli n'avait pas été trempé dans un liquide, car le papier était mouillé et avait des taches sur cestains points, mais il étsdt sec ^ b}ane fia divers fiutres endroits. Or, ]^ où le papier étaitmauilléetts^héau dehors, dans Tintérieur, au eoatraire, il était sec et blanc ; de même, 1^ où h, Tex- \tnm il ^t^ bl^nc et desséché, à Tintérieur le linge était mouillé et taché. Il était même difficile de compndre conunent les taches du linge n'avaient point atttwit 1^ papier. Sur le linge il y avait un arbre en fonpe de pin, et autour se voyaient deux serpents irrita l'p contre l'autre ; l'un d'eux avait la tête d'uu diagon, et une épée les traversait tous les deux.
< ÏÏQ autre personnage, le 9 mai 1867, envoya aussi W6 boite scellée dans laquelle il y avait un petit ^biiio en cire qui étpiit sur du coton. Le lendemain, Iftbpite avait au dehors des lettres, et la table se trouva mouillée de l'bumidité qui en provenait. Il fut rapport^ ^ celui à qui il appartenait, et, après la vérificatioD des sceaux, le Bambino de la boite fut vu uiarqué avec du sang, et Ih où il reposait et sur le poton il y avait un sang vif, frais et liquide.
« Au mois de novembre 1870, ajoute l'abbé Bruui,
j'avais laissé auprès de la crèche une Image de la Sainte- Vierge de Constantinople, afin d'obtenir une impression par le sang miraculeux. Dans ma visite du soir, je vis qu'il y avait sur une partie du sang vif et pour ainsi dire liquide. Je la remis en place, et, dans la soirée, l'abbé Lapedota y trouva d'autres imjHressions faites avec du sang qu'on aurait dit tiré des veines ; ces impressions n'y étaient pas un instant avant qu'il les vît. »
VII. — « Ce serait ici le lieu d'expliquer, dit le Bosier de Marie ', la signification des symboles sans nombre que le saint Enfant Jésus de Bari a écrit avec son sang ; mais si nous ne pouvons parler de tous, du moins nous ferons connaître le sens de quelques-uns de ceux dont il a été fait mention dans cet article.
« Ainsi, sur le linge envoyé par Sa Grandeur l'Mlustre Monseigneur Pedicini, nous avons vu un pin entouré par deux serpents pleins de rage l'un vers l'autre; l'on d'eux a une tête de dragon, et une épée les traverse de part en part tous les deux.
< Le symbole du pin signifie que l'autorité de l'Église, à laquelle participe la personne du pieux et savantarclievêque,ne saurait périr; elle a les promesses d'une durée perpétuelle. Il indique aussi que l'Église, au milieu des tribulations, est aussi verdoyante, c'està-dire forte, vigoureuse et pleine de vie, qu'au sein de la prospérité. Les deux serpents en fureur sont les convoitises et la cupidité humaines, qui veulent atta-
•IWef,p.679.
quer le principe d'autorité^ivinement institué, et aux passions des hommes conjurés contre l'Église viennent sHmir la rage de l'enfer et de ses suppôts.
« Le serpent k tête de dragon signifie les révolutionnaires que Satan dirige, inspire, et dont il conduit la main. Les serpents sont irrités l'un contre l'autre, parce que ceux qui, en Italie, s'attaquent à l'Église sont divisés en deux camps ; les uns se contenteraient de dépouiller l'Église de ses biens, de son influence, ce sont ceux qui sont indiqués par le premier serpent ; les autres voudraient l'anéantissement de l'Église, ils sont désignés par le serpent à tête de dragon. Mais les lins et les auixes sont traversés par l'épée, ce qui signifie la iriste fin qui attend ces malheureux.
< Nous avons vu aussi que le saint Enfant Jésus avait gravé avec du sang sur un corporal une croix et au-dessus une couronne d'épines ; aux pieds il y avait wne addoïorata, aux côtés un cœur surmonté d'une ^ix, et un cœur traversé d'un glaive ; le soleil et la ^^^e, et ça et là des taches de sang encore frais et vermeil »
* L'étendard sous lequel, nous tous chrétiens, nous devons combattre à l'heure présente, c'est la croix, ce VA signifie la souffrance. Mais en ce moment, qui n'est P^ dans la peine ? Les douleurs de l'Église ne sont- ®U^s pas à leur comble ? Au-dessus de la croix il y a 1* couronne d'épines ; l'orgueil de l'esprit a tellement P^ïverti le sens moral que les hommes commettent des crimes inouïs sans en avoir pour ainsi dire conscience. Nous le voyons dans le jugement des insurgés de Versailles. De là un accroissement d'expiation qui est nécessaire. A la croix s'ajoute la couronne d'épines.
« Heureusement pour nous, la céleste Mère des douleurs est là., elle pleure au pied de la croix sanglante, afin de fOus obtenir pardon et miséricorde» Il &ut nous unir à ses larmes, nous associer à ses douleurs, et k son imitation embrasser la croix.
< Les deux cœurs sont ceux de Jésus et de Marie ; ils nous annoncent Tespérance du pardon, parce qu^ils sont la source de la pitié, de Tamour, de la condescendance et de la compassion. Le soleil et la luAe signifient que les maux ne prendront fin que lorsque nous entrerons dans le règne de Marie et dans le règne de Jésus ; mais sachons bien que nous Terrons Texpiation par le sang, ce qui est indiqué par les taches d*an sang frais et liquide répandues ça et là sur le linge.
« Prions en union avec Tauguste Vierge Marie au pied de la croix, et par la prière ouvrons nos cœurs à Tespérance, car des jours de prospérité et de bonheur luiront pour nous. »
VIIL-— Nous pouvons donner nous-mème quelques détails des marques sanglantes laissées sur une des gravures exposées h côté de la statue miraculeuse. Cette gravure qui mesure trente centimètres de hauteur sur vingt de largeur, a été envoyée par une Sœur de charité à un pieux laïque de notre connaissance, chez qui nous Tavons examinée de près. L'image représente Notre-Seigneur en croix, avec Madeleine en larmes, à genoux au pied de la croix. La tête du Sauveur est entourée de traces sanglantes formant quatre rayons ; les mains, la poitrine et les pieds du Christ sont paiement couverts de sang ainsi que la croix.
Mais, chose frappante, le sang s'est arrêté au-dessus
iu bras dont Madeleine étreint la croix contre
UpeUe repose aussi sa tête ; pas une trace de sang
fnr){^P!éiiitente^ tandis ^uele san^ apparaît de nou-
tesQSorlebas de la croix jusque terre, ainsi que sur
le?88e d'albfttre posé k côté de la sainte et qui dispa-
ntt littéralement sous une couche sanglante. Le côté
dft Kofare-Seigfteiur est lai^iement marqué d'un demi-
wk sanglant, terminé d'un côté par trois branches ;
le ndeil, la lune et plus de cent points étoiles sont
iigiDéB autour du Sauveur en traits sanglants. Enfin le
titre mfinie de la gravure porte en sang le mono-
gnuome du Christ^' s^veç une croix sur la lettre du
miliep.
Npus ayon3 été tout saisi, en contemplant cette gi^Ture, qui tire de ces 3tiginates un cachet d'originalité 9iirhumaine. Ce sang n^ppçUe le sang de Jésus- Christ qui crie comme sur la croix, mais non plus à sou Père : Ah ! pourquoi Qi'abandonuez-vous, pauvres féobfivm ! pourquoi vou3 obstinez-vous à demander aux bourbiers de ce mcA^de l'eau vive que la croix seule peut vous donuer 2.,..
CHAPITEE VI.
APPARITION DE NOTRE-SEIGNEUR A UN GRAND NOMBRE DE MUSULMANS DE DAMAS QUI SE CONYERTISSBNT.
I. Travail intérieur de la grâce chez un certain nombre de musulmans de Damas, — II. Notre-Seigneur leur apparaît. — IIL Ils sont adressés mystérieusement à un Père franciscain. -^ IV. Condamnation portée en secret contre eux par les ulémas de la ville. — V. Plusieurs sont liTréa au bras séculier. — VI. Détails frappants qu'ils donnent en prison des Apparitions de Notre-Seigneur et de la Sainte- Vierge. — VII. L*un d'eux meurt martyr de la foi» douze autres sont emmenés au loin en captivité. — VIII. Les conversions n'en continuent pas moins. — IX. Dell* vrance miraculeuse d'un des néophytes. — X. Conclusion.
I. — Ce n^est pas Tan des moindres signes du temps que de voir des musulmans se convertir en grand nombre '. « Or, lisons-nous dans V Univers ^ il se passe en ce moment en Orient des choses fidtes pour exciter à un haut degré Tattention et IHntérèt des catholiques, et qui prouvent une fois de plus que, selon Texpression des livres saints, le bras de Dim n*est pas raccourci '. Chose qui ne s^était peut-être jamais vue , des musulmans se convertissent en foule au
(1) Nous empruntons ce chapitre à V Univers sémiquotid. du vendredi 3 novemhre 1871 et à la Correspondance de Idoine du 11 juin 1870, p. 288.
(2) Is. LIX. I.
christianisme, et cela h, Damas, Ton des foyers les plus actifs du fanatisme mahométan, dans la viUe qui a donné le signal derhorrible massacre des chrétiens en 1860. Nous donnons sur ce mouvement extraordinaire des détails empruntés au To&eJ, journal catholique anglais, dont Tautorité est grande parmi nos coreligionnaires de Tautre côté de la Manche et qui déclare les tenir d^une source qui lui inspire toute confiance. Le récit du correspondant du TcMet est trop long pour que nous puissions le reproduire tout entier, mais nous en donnons la plus grande partie et nous croyons ne rien omettre d'essentiel.
€ Après avoir raconté comment un groupe de musulmans, habitant le Maydan, faubourg méridional de Damas, fut affilié à un ordre ou confrérie de derviches, appelés Shadilis, par un certain Âbd-el-Earim Matar, simple villageois devenu cheik de ces derviches; après avoir expliqué ce que c'est que cette congrégation, à laquelle appartient du reste le célèbre émir Âbd-el-Eader, établi à Damas, depuis quelques années, il signale la conduite des Shadilis lors de Taffreux massacre de 1860.
« Grâce à l'influence exercée par eux, dit-il, aucun chrétien ne perdit la vie dans les quartiers qu'ils habitent : beaucoup furent cachés dans leurs maisons et envoyés secrètement hors de la ville, lorsque la fureur populaire se fut un peu ralentie. Notre-Seigneur, qui promet de récompenser jusqu'à un verre d'eau donné en son nom, n'oublia pas, comme on va le voir, ces actes de miséricorde envers les malheureux chrétiens. »
II. — « Ce ne fut qu'au bout de quelques années qxLQ la grâce commença k faire son œuvre.
« Abd-el-Earim Màtar et plusieurs de ses acolytes shadilis avaient lliabitude de se rassembler dans sa maison du faubourg Maydan pour leurs dévotions piprticulières, et ils passaient des jours et des nuits pour obtenir que Dieu les éclairât. Leur nombre yarûnt de soixante à soixante-dix: ils étaient même qaelqnefws davantage. Vers 1868| ils con^iençàrent à ê^are tourmentés de doutes sur la vérité de leurs croyances. Leur religion ne les satisfaisaitpas ;tlsen d&iraient une meilleure. Ils devinrent inquiets, incertains, perplexes, mais, craignant d'être trahis, ils n*(»aient pas révéler l'un h, l'autre les pensées qui les obsédaient. Deux ans se passèrent dans dans cet état d'angoisse et de souffrance, chacun d'eux se croyant le seul it ressentir ces tourments de conscience.
< A la fin, une vision leur donna l'assurance que la religion chrétienne était celle qu'ils cherchaient Un soir, quarante d'entre eux, ayant à leur tête Abd-el- Karim Matar, s'étaient réunis pour leurs prières habituelles, et, après avoir fait leurs exercices de dévotion, tous tombèrent endormis, et Nôtre-Seigneur daigna apparaître séparément à chacun d'eux. Ils s'éveillèrent tous à la fois, pleins de frayeur et d'émotion, et l'un d'entre eux, prenant courage, ayant raconté sa vision aux autres, chacun lui répondit: < Je Vai vu aussi. »
€ Le Christ les avait consolés, encouragés et exhortés h, embrasser sa religion, et ils étaient pleins d'une joie qu'ils n'avaient jamais connue, à ce point qu'ils
«^olaie^^'aborçl courir losrues en proclamaiit la divinité de Jésus-Christ; mais ils forent avertis d^n- Eant qu'ils n'aboutiraient qu'il se faire égorger, et
quils ftteraient à la ville tout espoir de suivre leur
eumple. »
m. r^ 5 Us avaient besoin d'un guide, d'un direciesur, d'an nom qui soutînt leurs pas chancelants sur Umtp nouvelle qu'ils avaient h suivre, et ils adresnient k Die^ de ferventes prières pour qu'il voulût Ip, dws sa miséricorde, leur envoyer ce qu'ils de- Wdiôfini Un soir, comme ils étaient réunis pour l«an exercices de dévotion, le sommeil s'empara encore d'eux, et ils se virent eux-mêmes dans une église ebfétienne oii un vieillard k longue barbe blanche, porbuit un vêtement de grosse serge brune et tenant un flambeau allumé, passa devant eux, et, leur sonnant avec bonté, leur répéta plusieurs fois : Que ceux Vioflthe$(nn de la vérité me suivent
«En se réveillant, ils se racontèrent mutuellement lenr songe et Us se disposèrent à chercher le person- 3^0 qni leur était apparu. Ils le cherchèrent en vain ^ la ville et ses environs pendant environ trois nuâ8;mais ils ne cessèrent pas de prier. H arriva qv^nn jour un des nouveaux convertis entra par hasard dans le couvent des Pères de Terre-Sainte, établissement espagnol placé sous la protection française. Quel ne fat pas son étonnement en reconnaissant dans le lupérieur, le Père Emmanuel Fomer, le pecsonnagf 0*il avait vu en songe.
< Ce saint religieux qui était le curé latii\ àfi Da-
mas, s'approcha et demanda au musulman ce qtf il voulait. Le néophyte répondit en racontant simplement son histoire et celle de ses compagnons et alla, en tonte hâte, informer ceux-ci, qui, le lendemain, accoururent en masse au couvent. Le père les reçut avec une bonté touchante, leur donna des livres où ils pourraient apprendre tout ce qu^enseigne TÉglise, et leur traça des règles quant aux prières et aux exercices de piété à. faire en commun. Enfin il distribua à chacun un crucifix, comme symbole de leur foi nouvelle. Ceci se passait au commencement du printemps de 1870. Le père Emmanuel mourut en paix environ trois mois après. »
IV. — < Les convertis, arrivés maintenant au nombre d'à peu près deux cent cinquante, se réunissaient régulièrement pour prier dans la maison de Tun d'entre eux, et ces réunions attirèrent Tattention de leurs voisins musulmans. Plus tard, un ou deux crucifix furent aperçus, et les soupçons devinrent des certitudes. Les autorités locales furent informées de ce qui se passait. Les ulémas (pasteurs qui forment comme le sacerdoce de l'islamisme) furent consternés. Ils eurent plusieurs réunions chez le cheik Dabyau, musulman connu par son fanatisme, qui habitait le faubourg Maydan. Enfin, une assemblée générale fut tenue dans la maison de ville de l'émir Abd-el-Kader, qui a touj ours été regardé à Damas comme un des défenseurs du Coran (Ici le narrateur donne le nom des ulémas qui composaient l'assemblée : c'étaient, en général, des hommes connus par leur haine contre les chrétiens, et
dont quelques-uns avaient pris une part très-active
aux massacres de 1860). Toutefois, il faut ôtre juste
onvers le président Abd-el-Eader. Il croyait remplir
im devoir religieux en siégeant pour juger des hommes
^ avaient apostasie sa foi, et il agissait suivant sa
eonsdence erronée ; mais,pendant le massacre de 1860,
il K?ait prot^é les chrétiens, et même il avait passé la
mnk eouché sur une natte, en travers du seuil de sa
(Qrte,pour empêcher que ses serviteurs algériens ne
ntasassent de donner asile h quelque malheureux
soj^liant
«L'assemblée, après une longue discussion, prononça la sentence de mort contre les convertis. Les senls qui firent exception furent Témir Abd-el-Eader ^ le cheik el-6iani-el-Maydan, lesquels déclarèrent M^*Qn homme en vie vaut toujours mieux qu^un homme mort. > Les cheiks Tantawi et el-Khani soutinrent « que tuer d^aussi grands criminels était un acte plus agréable à Allah que la prière du vendredi >
< S'Q y a une idée plus profondément enracinée qu^ancime autre dans le cerveau d^un musulman, c^est qoePhomme qui a apostasie Tlslam doit mourir. Tous les moyens sont bons pour lui ôter la vie : le parjure et Tassassinat sont des actes méritoires quand ils sont employés à cette fin. Le firman du 12 février 1856 garantit, il est vrai, la vie et la liberté à tous ceux V^ changent de religion, mais ce système de tolérance n'existe que sur le papier. On n'a jamais eu Tintention sérieuse de le mettre en pratique, et les autorités locales, dans tout Tempire ottoman, n'en tiennent pas
le moindre compte, obéissant, sans le moindre doute, à des instructions supérieure^ >
y. — < L^assemblée, toutefois, nk^ant pua mettve à exécution la sent^ce de mort, pronouça QU^ Ibb coupables devaient être exilés, leurs maispps détrwtes et leurs biens confisqués. On convoqua en secri^ le madjlis (tribunal), à Tinsu de ses membres chrétieiiSi et cette junte illégale envoya pendant la nuit des troupes chargées d^occuper les rues du faubourg Maydan. On savait qu^une cinquantaine de shadilis étaient réunis pour prier dans la maison d^un certûn A-boa- Ab|[)as. LorsquHls sortirent pour retourner ch^z eux, les soldats en saisirent quatorze qu'ils enuuenëreikt à leurs corps de garde oU ils les fouillèrent pour s'^emparer de leurs crucifix. Us furent ensuite conduits dans diverses prisons de la ville...
« Quelques jours après, ils furent amenés devant le grand tribunal secret que présidait en persoiwele wali, ou gouverneur général de Syrie, Mohanmied-BeoUd- Pacha. Ce haut fonctionnaire, protégé du grand-visir Aali-Pacha, a été chargé de gouverner la provinee de Syrie pendant un temps qui a dépassé cinq ans, oe qui est contraire à tous les usages, et la violence et lu rapacité dont lui et ses créatures ont fait preuve, ont certainement contribué pour quelque chose au mouvement vers le christianisme. Avec un vernis d'éducation parisienne, un fond sans religion aucune, mais décidé h empêcher les conversions, parce qu'elles pour* raient profiter h cette influence européenne qu'il s'est toiû^iu:* efforcé de combattre, Bechid-Pacba ne cacha
mais sa conviction que des traités et des firnums mcI|a^t un sqjet tel que des conyersions de mnsul- Wis Bpnt tout simplement une dépense inutile de ii|^, et U menace de faire périr tous ceux qui chaulât de religion, soit par un supplice l^al, soit par un iWHmat secret, menace qu'on sait n'être pas pro- EMe en ywu tol h froide cruauté qui caractérise cet hffm^ Et il emploie la persécution d'autant plus vdnitieT? qi^Hl yêut se rendre favorables les gens pieux ^onréljgioQ, lesquels sont grandement scandalisés de B^VJgligenee notoire à accomplir les devoirs de tout boainusuUiUHi, tels que le jeûne et la prière, et d'autrf« pfttiques qui ne peuvent être mentionnées ici. » Appès un interrogatoire où les nouveaux chrétiens répâdiient ayep une simplicité et une fermeté admi- QÙeSt^e gouverneur général les renvoya à leurs prisons. Us y restèrent trois mois, attendant en vain unç iitocession en leur &veur. L'affaire avait été conduite dai» leplus grand secret : longtemps après, elle était ttiGore ignorée de la plupart des Européens résidant Si Dumis. IjCS c(msuls des puissances chrétiennes n'en firirent connaissance que très-superficiellement et ne pmt ou ne voulurent pas s'en mêler. Les néophytes fonrèrent pourtant un avocat dans le P. Emmanuel îffmer, dont on a mentionné plus haut les rapports sree eux. H adressa, le 29 mars 1870, un touchant appd au général de son ordre, et sa lettre parut dans k Correspondance de Borne du 11 juin 1870. Mais nuTÎnt la guerre entre la France et la Prusse qui deiflt la préoccupation de tout le monde en Europe, et i lettre du P. Fomer passa inaperçue.
Citons le résumé qu'en donne le Tàblet :
VI. — « Le P. Emmanuel rapporte qu'un jour, visitant les néophytes avant leur emprisonnement (son humilité l'empêche d'indiquer la part importante qn*il a prise à leur conversion) , il leur demanda s'ils pouvaient répondre de leur constance, et voici ce qu'ils lui dirent: « Nous ne croyons pas seulement par suite de vos instructions et de la lecture des livres que vous nous avez donnés, mais nous croyons parce que le Seigneur Jésus-Christ a daigné nous visiter et nous éclairer lui-même, et parce que la Sainte-Vierge en a fait autant. > Et ils ajoutèrent: « Comment serionsnous si facilement devenus chrétiens sans un tel miracle ? Le digne prêtre ne voulut pas exprimer ses doutes, par crainte de scandaliser un de ces petits '. Il désirait vivement connaître les visions et les révélations dont ils avaient parlé, mais il ne négligea pas de prendre les précautions nécessaires. Ayant assemblé ses frères et présidant lui-même la réunion, il examina et questionna les convertis séparément. H les trouva unanimes à déclarer que, la première nuit où ils ftirent témoins d'une Apparition, ils avaient prié pendant plusieurs heures, et que le sommeil s'était emparé d'eux quand le Sauveur Jésus-Christ apparut à chacun d'eux en particulier.
« Ils furent éblouispar la lumière qui l'environnait, et leur effroi fut grand; mais l'un d'eux, prenant courage, dit : « Seigneur, piiis-je parler ?» Il lui fut répondu : « Parlez. » Il demanda : « Qui êtes-vous, Sei-
• Matth. XVra, 6.
priL uuuraga oiparia; lea iimres repunuireni, u excepter un seul : • Je l'ai vu aussi. » Dana utre occasion, la bienheureuse Vierge Marie se ita à eux avec l'enfant Jésus dans ses bras et, le ■ant dn doigt, répéta trois fois, d'une voix claire tincte: * Mon fils Jésus-Christ que vous voya vérité. » Il y a beaucoup d'autres révélations bilieuses dont la réalité me parait incontestable, 'ai quelque répugnance à les rapporter ii cause ;^^ules. J'ai gardé pour moi la moitié de ce que Éretje donne seulement le nécessaire. >
hi~- « Sur les quatorze chrétiens restés en prison, ine le Tablet, on en laissa sortir deux dont les ts et les amis gagnèrent les autorités par des pré- Abd-el-Karim Matar, qui avait été mis au secret le suspect d'être chrétien, tomba malade, et ses es, en offrant de l'argent et en donnant caution, rent de le ramener dans son village natal. Là, ^^ était forcé de garder le lit, les membres de , ê se rassemblèrent autour de lui et le som- ^
^étj
que le courageux Abd-él-Karim eûçpwa^pr^mief ifiort^r de la renaissance chrâimne.
f Dans la uuit du Banian* les douse restas en prison furent envoyés secrètement, (shai^ de fan, d'abord h Beyroutbi puis au donjon de la forteresse des Dardanelles. Liî, ils furent embarqués 8i|r w bftr timent si mauvais et si délabré^ quHls fir^t d9i|X foicf ni^ufrage, à Shodes et à Malte. Enfin, i}s prirent terre à Tripoli, de barbarie, puis fureut copfiaés h Mwtzouk, établissement turc fort éloigné de la r^ence. Leurs femmes et leurs enfants, a^ nombre ^ $oixant9deux, furent laissés à Damas, oii ils seraient moriff de misère sans Tassistance des autres convertis et des franciscains de Terre-Sainte. Bien n'est plus touchant que la conduite de ces pauvres convertis : ai Tun d'eux a quelque chose, il va aussitôt le vendre, et emploie l'argent au profit de la communauté, afin que tous ses frères puissent pourvoir un peu à leur Bpbi^P* tance. »
yill.— Le terrible exemple des familles des lis n'a pas arrêté le mouvement ; la perséoution ne la fait januiis, et le sang des martyrs est toiûours ^a» semence de chrétiens. Sanguis martffrum MipM christianorum, disait-on dans l'Église primitive, liais maintenant les convertis procèdent d'une manière plus secrète. Ils s'abstiennent de réunions publiques, qutt* qu'ils visitent dans l'occasion le Frère Dominique d'Avilet, père gardien du couvent de Terre-Sainte. Ds forment à présent une association organisée, avec des réunions privées, pour la prière en commun et les au-
ig^ j^écauii^is ^e doit ptenite une société secrète. Le liofBbM des e!»Mtertis s'est beaucoup accru. A la fin de 1869) il s'éléf ait ii i)amas k 500 personnes du sexe mascidià ; eii 1870^ il s'est élevé à 4,100, et en 1871, <m éà compte 4^900^ dont entiron 700 ont été baptisés sJsetfetemeiii »
Le mouyettMnt se propage d^aiileurs et d'antres eonvonriiMis de n&iisriinans de Syrie sont signalées.
IX. -^ Termiilons pdr le £ût miraculeux qui suit : il eet arrivé ' li un de oes mêmes néophytes^ jeune hon&Bé de vingt^teois ans, d'excellent caractère et appelé d'abord Âhtnad-Esahàn
« Ce jeune homme^ raconte le Père Emmanuel, était soldât de ligne, et il avait déjà vu le Seigneur et b Sainte-Vierge avec les autres néophytes. Se trouvant un jour dans la caserne avec les autres soldat^ il s'étadt mis en prière dans un coin, lorsque tout-à-coup le Seigneur lui apparut et lui dit : « Croyez-vous en nwi ? Je suis Jésus-Christ. » Le jeune homme répondit aussitôt comme Taveugle-né de l'Ëvangile : < Seigmfnr, dès la première fois que je vous ai vu j'ai toujours cru en vous^ » et ce disant, il l'adora. Le Seigneur syouta : € Vous ne resterez pas dans la milice^ mais fMM rettmmerez libre chee vous. » « Et comment pnis^ me délivrer? » reprit le jeune homme. « Cést
i^y pourvoirai » répondit le Seigneur, et la viâisparut Le jeune homme, qui se trouvait dans un état semblable à l'extase, revient bientôt à lui-
< Correspondance de Borne du 11 juin 1870, lettre do Père fiminââûel tôtnéu
même et commence à crier par la caserne : « Jésus- Christ est le vrai Dieu ; » et cela sans discontinuer. Les soldats accourant l'accablent de reproches, loi couvrent la bouche de leurs mains, d'autres y mettent de la terre, et lui ne cesse de prêcher que Jésus-Christ est Dieu. Les soldats rappellent fou et possédé; ils le lient avec une grosse chaîne au cou, aux bras et aux pieds. Tandis que, plein de tranquillité, le néophyte se trouvait en cet état, Jésus-Christ lui appandt de nouveau et lui dit : « Bompez la chaîne », — c Et comment puis-je la rompre, puisqu'elle est de fer ? » Mais le Seigneur lîii répète « Bompea-la. » Et il la brise aussitôt comme si elle eût été de cire.
« Les soldats le voyant libre et la chaîne rompue, en apportent une autre, et le prisonnier, sMtant lidssé lier, la brise aussitôt comme la première. — Les officiers étonnés disent la chose au colonel. Celui-ci &it comparaître le jeune honmie, l'accable de réprimandes, le menace, l'appelle fou et possédé. — Le jeune homme répond qu'il n'est point fou, mais chrétien. Après quoi le colonel conmiande qu'il soit enchaîné de nouveau, emprisonné et privé de nourriture. Mais le prisonnier brise une troisième chaîne, en brise une quatrième, et les soldats s'enfuient épouvantés. Les officiers supérieurs n'osent pas le molester davantage. Seulement, avant de le mettre en liberté, ils demandent des ordres à Constantinople, d'oti l'on répond que le jeune homme doit venir devant l'autorité supérieure. Le néophyte est donc bientôt envoyé sous escorte et de nouveau libre, mais avec des menottes en bais. Arrivé, la nuit, à Diurat, village ik trois heures de
Bamas, il voit ouvrir la porte de la chambre et entrer la Sainte-Yierge qni brise elle-même ses menottes et le laisse libre, de sorte qu'il retourne seul et tranquillement à Damas où il se présente à Tautorité. Celle-ci le renvoie à Constantinople, mais cette fois libre et accompagné seulement de quelques soldats. 11 arrive sans autre incident à Constantinople et il se présente au conseil militaire qui fait appeler des médecins. Or, sans qu^on sache pourquoi, on lui donne son congé absolu et, à cette heure, il vit libre chez lui. Voilà comment s'est accomplie la promesse ou la prédiction qui lui a été &ite par Jésus-Christ.
« Je répète que je ne vous ai pas donné connaissance tout d'abord de ces faits intéressants et consolants, parce que je craignais toujours de me tomper en les admettant. Mais maintenant que j'ai pris des informations en interrogeant séparément les compagnons dudit jeune homme, et que j'ai trouvé l'uniformité dans le récit des témoins, je n'ai plus de doute sur ce qui est arrivé. Du reste, l'histoire de ce jeune homme est connue par tout Damas et les Turcs disent : « Voilà le soldat qui a brisé quatre chaînes. > Il y a même un militaire, son ancien conmiandant, qui, toutes les fois qu'il le rencontre, s'incline avec respect et le salue à plusieurs reprises en l'appelant Sciehh Ahmad^ laquelle parole Scieich est un titre d'honneur parmi les Turcs, mais le jeimô homme y est insensible, il lui suffit d'être chrétien. >
X. •- Ces faits consolants, racontés avec une entière confiance en la bonne foi de leurs correspondantspar les journaux que nous avons cités , renferment probablement
quelques inexactitudes de détail, sur le chiifre des con- Tertis par exemple, comme il résulte des informations des Missions CatholiqueSj H^ du 22 décembre 1871 et 28 jtiin 1872. On comprend aussi que la divulgation de ces conversions inouïes a rendu la positim des néophytes et des chrétiens de TOrient de plusr en plus difficile au milieu du fanatisme musulman.
Prions donc afin que les miséricordieux desseins de Dieu sur ces contrées parviennent il rendre à la taunière de la foi cet antique berceau du Christianisme, sans que l^Occident, aujourd'hui si coupable, soit menaoéde tomber à son tour dans le chaos de rerreui* et de la barbarie.