LE PRODIGE DBS SAINTES HOSTIES HÉ LABCHÉ| AU DIOCÈSE DÉ TULLE
I. Nombreuses manifestations de Notre-Seigneur daaa le Saint Sacrement, à Larcbe. — II. Particularité dot cinq premières. — III. Le 7 septembre 1871, la Sainte âoatle apparaît comme une chair vitanie. — IV. ImpreéaioBa laissées par le prodige.
I. — Gomme aux jours les {Aus solennels de lliistoire de TÉglise, les signes prophétiques se multiplient autour de nous avec une profusion et une éTideDcecà-
Mes d'ouvrir les yeux de ceux même qui ne veulent nnt voir. H est touchant surtout d'apprendre que Noie-Seigneur continue de nous avertir par des prodiges ans la sainte Eucharistie. Nous pourrions citer ici itosieurs manifestations de ce genre arrivées tout récemment; mais les renseignements nous manquent brop sur quelques unes et nous devons pour le moment nous borner au prodige des saintes Hosties qui s'est ieiumyelé un grand nombre de fois dans l'église palÔBSîale de la petite ville de Larche, au diocèse de Trille, depuis le mois d'août 1871 jusqu'au mois d'avril dernier.
< Les événements extraordinaires qui ont eu lieu dans mon église, nous écrit M. l'abbé Loubignac, curé de Larche, m'ont tellement stupéfié que j'ai été constamment malade depuis lors, et j'en demeure encore tout étourdi. Aussi je suis absolument incapable d'en rédiger convenablement les détails circonstanciés que vons me demandez. Mais un de mes plus intimes amis M.rabbéM...a écrit une lettre qui renferme les faits les pins essentiels racontés très-fidèlement. Cette lettre 6st,je crois, datée du 23 octobre 1871. Pour compléter le récit que fait cette lettre des événements en question, il me semble qu'il sufiira d'ajouter qvCils se sont *wottrefe5 depuis octobre 1871, selon Vaffirmation i^plmeurs de mes bons paroissiens qui en ont été fe« témoins, au moins une dizaine de fois^ tantôt à V&ntrée de la nuit à la bénédiction du soir, tantôt à y^es, au grand jour. — Mais il y a déjà deux mois qu'il n'y a plus eu aucune apparition de ce genre. Mon émotion et mon épouvante, dont probablement je ne
serai jamais délivré, m'ont empêché de prendre note soit du nombre de fois que les nouvelles appaiîtions ont eu lieu depuis octobre 1871, soit de leur date... Il vous suffira de demander la copie exacte de la lettre de M. M... pour qu^elle vous soit envoyée immédiatement...»
n. La lettre du 23 octobre 1871 à laquelle nous renvoie le vénérable curé de Larche, nous avait déjà été discrètement conmiuniquée par son auteur en une copie autographiée. Nous allons aonc en extraire textuellement les principaux passages.
€ Cinq manifestations ou apparitions ont eu lieu, jusqu'à ce jour, dans Thumble église de la petite ville de Larche (chef-lieu de canton de la Corrèze) : la première, le jeudi, 17 août dernier ; la deuxième, le jeudi, 31 août ; la troisième, le dimanche, 3 septembre ; la quatrième, le jeudi, 7 septembre, veille de la Nativité ; la cinquième, le dimanche, l^^^ octobre : lesqnatre premières entre Notre-Dame. d'août et Notre-Dame de septembre, la cinquième, le dimanche du Saint-Bosaire. Les trois premières et la cinquième ont été semblables entre elles et bien différentes de la quatrième; les nnes,celles du dimanche,se sont produites en plein jour; les antres, celles du jeudi, à l'entrée de la nuit.
« La première a eu lieu à la bénédiction du Saint- Sacrement qui se donne tous les jeudis, voici comment: M. le Curé monte à l'autel et sort du tabernacle l'ostensoir avec le Saint-Sacrement. A sa grande surprise, l'Hostie lui parait comme transparente et d'une telle iiversité de nuances qu'il conçoit de prime-abord la
crainte que les saintes espèces niaient pas étë renouTelées & temps et se soient altérées. Sous Tempire de cette préoccupation, il descend et encense ; mais, Yue de la première marche de Tautel, THostie le frappe de plus en plus : sa couleur est ravissante, indéfinissable, ou plutôt ce n^est pas une couleur ; Taurore et le lever du soleil, selon l'expression de M. le Curé, peuvent seuls en donner quelque idée : THostie brille d*iin merveilleux éclat et rayonne, avec des rayons toutefois moins prolongés que ceux de Tostensoir.
« N'en voulant pas croire ses yeux et craignant d^être le jouet d'une illusion, M. le Curé dit tout bas, en le touchant du coude, h l'en&nt de chœur qui était à sa droite et lui présentait l'encensoir : « Regardez THostie. > L'enfant regarde et,au même instant, levant et agitant les mains, il s'écrie tout enthousiasmé : « Eh !... Que c'est joli !... > Son émotion se communique conmie l'étincelle aux sept ou huit enfants de chœur qui assistent l'officiant, au point que celui*ci croit devoir les rappeler au calme et au silence. Au second encensement, avant la strophe Genitori geni* toquBj le même enfant, encore hors de lui-même, dit vivement au sacristain qui présente la chape : « Regardez, regardez... » Ce dernier, attribuant l'agitation des enfants à leur légèreté et la prenant pour de la dissipation, regarde à peine et trop haut, et ne remarque rien. Mais les deux Sœurs de l'école et un certain nombre d'autres personnes voient.
« Rentrés à la sacristie, les enfants de chœur entourent M. le Curé, lui disant : « M. le Curé, c'est un miracle! c'est un miracle I... > Us n'eurent de lui qu9
cette réponse : « Ne vous préoccupez pas de ce que vous « croyez avoir vu;... il n'y a pas lieu d'en parler... « Taisez-vous. >
« Les deuxième, troisième et cinquième manifestations furent, comme je Tai déjà dit, semblables en tout à la première. Les enfants voient comme M. le Curé ; même agitation de leur part, quoique moins bruyante. A chaque apparition nouvelle, le premier qui la remarque, avertit les autres en disant :« Ça y est » Malgré les recommandations de M. le Curé, ils n'ont pu s'empêcher de publier ce qu'ils ont vu, et, à chaque fois, un plus grand nombre de personnes voient, s'émeuvent et contribuent à répandre la nouvelle dans les environs et au loin. De Brive, de Terrasson, de Périgueux même on arrive aux bénédictions de Larche. On s'informe de toutes parts ; on veut savoir à quoi s'en tenir ; M. le curé reçoit plus de deux cents lettres.
« Notons, avant d'aller plus loin, une particularité qui s'est invariablement produite à toutes les manifestations, à la quatrième, dont nous parlerons bientôt, conmie aux autres. Sur l'Hostie, regardée de près, se voit l'empreinte du crucifix qui en mesure de haut en en bas tout le diamètre (63 millim.). Ce crucifix n'a joué qu'unjrole effacé dans ces manifestations: il se confondait, h distance, par la teinte et les autres apparences extraordinaires, avec la partie principale de l'Hostie. Mais, à partir de la hauteur des genoux et s'appuyant sur eux, se dessinait jusqu'au pied de la croix, sous la blancheur et la physionomie habituelle du paind'autel,conmie la silhouette du corps de la Sainte- Yierge debout (on croyait du moins que c'était elle)
et enveloppée d^un manteau qui recouvrait le corps et
EL — « La quatrième et principale manifestation, qui s'est produite le 7 septembre, est celle qui a eu le pins de publicité et de retentissement. M. le Curé, en eq)osant le Saint-Sacrement, a été tout abasourdi et #aye^ ce sont ses expressions, de voir THostie rouge de sang ou plutôt de chair et, cette fois, d^une teinte mate et sans rayonnement. Malgré son extrême émotion, 3 a pu descendre et encenser. Mais V 0 Salutaris chanté, ne se possédant plus et craignant toujours qnelque illusion, il est remonté à Tautel et s'adressent aux fidèles : « Mes frères, leur a-t-il dit, je n'y « tiens plus... Voilà la quatrième fois que je crois
* voir des choses extraordinaires dans l'Hostie. Sont- « cernes yeux qui me trompent?.. Je vous prie, mes-
* sienrs (il s'était tourné vers les cinq ou six bourgeois
* qiii étaient au banc d'œuvre), de venir voir par vous- « mêmes ce qui en est. Si quelqu'un de vous ne voit
* pas absolument ce que je vois, je croirai que je me
* trompe ». — Là-dessus non seulement ces cinq ou six messieurs, mais tous ceux de l'assistance qui voutoent, c'est-à-dire au moins deux à trois cents personnes sur cinq cents que pouvait contenir l'Église, îti était entièrement pleine, purent s'approcher et ^Dstater de très-près ce qui d'ailleurs se distinguait parfaitement de toutes les parties de l'Église, à savoir : ^Bostie ressemblant à de la chair mince et vivante, ^t les deux faces étaient rosées comme la joue d'un ^fant de trois ans, ou mieux toujours selon la pensée
ou l'expression de M. le Curé, la Sainte Hostie ayant l'apparence d'un être vivant sous la forme cTune hostie.
€ Ce mouvement de va-et-vient dans l'Église se fit sans désordre réel ; seulement, la foule, sensiblement émue mais dominée par le respect, pleurait et sanglotait ; M. le Curé pleurait aussi et se soutenait k peine. Il s'était mis i la discrétion du public qui en usa largement pour examiner, durant plus d'une heure, l'ostensoir et l'Hostie sous tous les aspects. La bénédiction donnée, trois ou quatre des messieurs restèrent, afin de poursuivre plus minutieusement encore leur examen avec M. le Curé qui se prêtait k tout. Ils passèrent d'abord un quart-d'heure à la sacristie à considérer des hosties non consacrées, pour s'assurer qu'elles ne renfermaient aucun principe de coloration. Puis, les cierges éteints excepté un, l'ostensoir fut placé dans le fond du tabernacle et successivement des deux faces, devant et derrière la lumière et dans toutes sortes de positions, et le phénomène se continuait toujours le même. Enfin la confrontation, sous tous les aspects et dans les mêmes positions, d'une hostie non consacrée avec celle de l'ostensoir, acheva de convaincre ces messieurs que le phénomène était inexplicable naturellement. Sept ou huit dames et demoiselles qui se présentèrent plus tard, purent obtenir qu'on leur rouvrît l'église et le tabernacle et constater les mêmes choses.
« Remarquez que les cinq manifestations ou apparitions ont eu lieu sur trois Hosties différentes : une seulement sur la première qui fut consommée trois
lOuis après, le 20 août; les trois suivantes sur la leunème qui, après quelques hésitations de M. le Curé, fut consommée vers le 15 septembre ; et la dermère sur la troisième. »
IV « — Je dois vous parler encore des impressions dellL le Curé de Larche pendant et k la suite de ces éyénements. Il passa tour à tour par Tétonnement, Vadmiration, la crainte, Tespérance. Mais le sentiment qui, dès le début et jusqu'à la fin, a dominé les autres, a été un sentiment de crainte, d'efiroi : de là la pensée dont il ne peut se défendre, que nous sommes menacés de terribles épreuves,., la privation du sommeil pendant un mois,., ses vives et continuelles appréhensions, surtout quand il ouvre le tabernacle... n suppose qu'il y aura d'autres apparitions et semble tout à la fois les redouter et les désirer.
« Quant aux faits en eux-mêmes et à leurs circonstances tels que je viens de les relater, il les regarde comme incontestables... « Pour ce qui est de la qualification h, donner h, ces faits si extraordinaires, M. le Curé dit ne pas connaître assez les lois de la physique, en particulier la théorie de la lumière, pour juger que ce qui s'est passé n'est pas selon ces lois. Ne peut-on P2^ croire, se demande-t-il, que la réverbération, la réfraction, la concentration, l'absorption de la lumière ont pu produire, d'après les lois de la physique, ces effets quelque étranges qu'ils paraissent ?... Cependant ^ est facile de comprendre, k l'émotion extrême qu'il éprouve Torsqu'on lui en parle, qu'il croit au miracle, n n'affirme pas, il ne prononce pas i ne juge pas, mais
il croit simplement, sans donner sa croyance comme une certitude.
€ Vous verrez là, comme moi, je pense, la prudence peut-être excessive du bon prêtre, qui craint de devancer les jugements de TÉglise, aux prises avec son intime et visible conviction. >
Puissions-nous obtenir de M. le Curé de Larche, malgré la profonde émotion qui pèse toujours sur lui, quelques nouveaux renseignements, relatif aux dernières manifestations du prodige ! Nous les relaterons à la fin de Touvrage pour la plus grande édification de nos lecteurs. Nous ne pouvons que répéter ici l'exclamation de ce vénérable prêtre, après avoir assuré son ami, le 4 novembre 1871, de l'exactitude de son récit : < Mon Dieu ! Mon Dieu ! Ayez pitié de nous ! »