‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 20 sur 90 · CHIENS · texte numérisé non relu

CHIENS

« ITavez-vous jamais vu du blé gâté, mes enfants ?» demanda en finissant la céleste Messagère. Dtles deux enfants de répondre : « Non, Madame. »

« Mais vaus^ mon enfant^ > dit-elle à Marimiiiy

vous devez bien en avoir vu une foisj vers la terre

du Coin ( hameau de la commune de Corps ), avec

votrepère. Le maUre delà pièce dit à votre père :

Venesf voir monlUégâté. Vous y êtes àUés tous les

^ deux. Eprit deux ou irais épis dans sa tnain^ et

K puis U les froissa, et tout tomba en poussière. Puis

<vousvousen êtes retournés, et quand vous étiez en-

*coreàune demi'heure de Corps, votre père vous a

« donné un fnorceau de pain et votis a dit: Tiens,

« ini(m enfant, mange encore du pain de cette année ;

*je^saispas qui en mangera Vannée prochaine, si

« le Ne continue encore comme cela. >*

< Oh ! oui| Madame, je m'en souviens h, présent, répondit Maximin, tout-à-rheure je ne m'en ressouvenais pas.»

Vm — La Sainte-Vierge termina son discours par 1^ paroles suivantes, prononcées en français : > eh

^ ^m ! MES ENFANTS, VOUS LE FEREZ PASSER A TOUT * Mon PEUPLE. »

^«quittant les deux bergers, elle traverse la Sézia. ^u milieu du lit du ruisseau était une pierre sur la- Me elle semble poser un instant les pieds. Elle leur ^P^te ensuite une deuxième fois, après avoir franchi kndsseau et sans se retourner vers eux, ces mêmes

P^es: c EH BIEN ! MES ENFANTST, VOUS LE FEREZ PASSER

* A TOUT MON PEUPLE; * et elle so dirige vers le haut du plateau. Ses pieds ne font aucun mouvement; elle glisse au-dessus de l'herbe sans la faire plier, et elle 1^6 projette aucune ombre. Entraînés par un charme

-ÎOO-

irrésistible, les enfants la suivent ; Mélanie la devance même un peu, tant elle tient à ne point la perdre de vue ; Maximin la suit à gauche, à deux ou trois pas en arrière. Après un parcours d'environ quarantr pas, la Sainte-Yierge, arrivée sur le plateau, commence il s^élever de terre, h, la hauteur d^un mètre et demi environ ; elle reste un instant suspendue dans l'espace et tourne ses regards alternativement vers le ciel et vers la terre, dans la direction du sud-est. En ce moment, ses yeux rencontrent ceux de Mélanie qui se troQYe toujours en face d'elle.

« Fuis, racontent les naïfs enfants, nous n'âivons plus vu la tête, plus vu les bras^ plus vu le reste du corps. Elle semblait se fondre. — Il resta, dit Maximin, une grande clarté que je voulais attraper avec la main, ainsi que les fleurs qu'elle avait aux pieds ; mais il n'y eut plus rien. Et Mélanie me dit : ce doit être ime grande sainte. Et je lui dis : si nous avions su que c'était une grande sainte, nous lui aurions bien dit de nous mener avec elle. »

« 4b ! si elle y était encore ! ajouta Mélanie. Nous regardions bien pour voir si nous ne la voyions plus et je dis : Elle ne veut pas se faire voir pour que nous ne voyions pas où elle va. — Après, nous étions bien contents, et nous avons parié de tout ce que nous avions^ vu. Ensuite, nous fûmes garder nos vaches. »

< Ces intéressants détails, dit le Père Berthier, sont extraits du récit même qu'en ont &it les petits p&tres, peu après le 19 septembre 1846. »

< Il viendra un temps, ajoute le Père Hugnet, et nous ne le croyons pas éloigné, où la vérité de cette

^^g^antion sera si bm prouvée et si constante qu'on

ïïA pourra comprendre qu'il y ait eu des incrédules, du

mûns^paimi les catholiques, à ce sujet ; car, pour les

impiâs, leur incrédulité ne saurait étonner. A nos

J60X, la dernière preuve sera Taccomplissement des

fUsax annoncés dans le secret confié par la Beine des

CSjBQxàdbacun des enfants. *

IS.— Yoici quelques détails intéressants sur ce doiible secr6t\

Les deux bergers avaient pendant longtemps refusé âele communiquer même au Pape. Cependant, sur le désitmatiifesté par le Saint-Père d'en recevoir conludssance, et sur les observations réitérées qu'on fit sortout kMélanie de l'obligation oil ils étaient de défeer aux volontés du Vicaire de Jésus- Christ, les enfeûts mû*ent leur secret par écrit et le cachetèrent &%t de s'en dessaisir. On remarqua que Mélanie avait âetnandé, pendant sa rédaction, ce que signifiait le ^^iinfaiUiblement^ ainsi que le mot souillé, ville souH- ^ et comment s'écrivait le mot Antéchrist ; elle a^t aussi fait ouvrir sa lettre parce qu'elle voulait <^<^er rineicactitude de date de deux faits devant 8*aceoniplir en temps différents et qu'elle avait rela- ^ ensemble. Plusieurs circonstances ont fait conjec- "tter que le secret de Mélanie renferme l'annonce de fWnds châtiments et calamités ; que celui au con- ''sire de Maximin promet grâce et pardon. On rap-

Voir Les secrets de la Salette, brochure en vente au bureau *^ journal la Terre-Sainte^ Grenoble, 1871, et cmnpUment des «ecrce« de la Salette, 1872. Ihid.

porte aussi que Mélanie, sur la demande qui lui aurait été faite à plusieurs reprises si sa lettre renfermait quelques détails spécialement douloureux pour le Pape, aurait répondu < qu^un Pape doit aimer la croix. »

CTest le 18 juillet 1851, dix-neuf ans, jour pour jour avant le 18 juillet 1870 ! que les deux députés de Mgr Févêque de Grenoble, admis à Taudience du Saint-Père, lui remirent le secret des enfants de la Salette. Après avoir pris connaissance de la lettre de Maximin : c Voilà bien, » dit le Pape, < tou4e la sin^ cérité et la candeur de V enfant. » La lettre de Méanie impressionna tout autrement le Saint-Père : Ce sont, dit Pie iX, des fléaux dont la France est menacée ; elle n'est pas seule coupable : VAttema^ gne^ V Italie, C Europe entière sont coupables et meritent des châtiments. Ce n'est p as sans raison que V Église est appelée militante ; et (se désignant lui' même de la main) vous en voyez ici le Capitaine. J'ai moins à craindre de ProtUlhon que de Vindif^ férence ou du respect humain. Vos soldats se mettent à genoux quand ils me voient, mais &est après avoir regardé auparavant de droite et de gauche s'ils ne sont pas vus '. » Sa Sainteté communiqua le contenu des deux lettres au cardinal Lambruschini, mais rien n'en transpira dans le public pour le moment.

On croit savoir toutefois que le secret de Maximin comprenait sept paragraphes. Pour celui de Mélanie,

' Les secrets de la Salette^ page 71.

aajoTird^hui religieuse, sous le nom de Sœur Marie-dela-Cioix, comme IP® du Brûlais lui demandait, en présence de sa supérieure, si elle se souvenait bien en quelle langue le secret fut confié par la Sainte-Vierge : « Je ne sais pour Maximin, répondit-elle, mais la Sûnte-Yierge m^a donné le mien en français. » — « Ainsi c'est en français que vous avez écrit votre secret quand vous l'avez livré au Pape ?» — « Mais om! sans cela le Pape ne Faurait pas compris ; le Pape ne sait pas le patois, je pense, dit-elle, en souriant, et j'ai écrit mon secret comme la Sainte- Vierge me Va <W. » — € Vous souveniez- vous très-bien de tout pendant que vous écriviez votre secret? » — < Oh! que cm, je me souvenais bien. » — c On m'a dit que votre secret couvrait au moins deux pages? » — « Deux pages !.. Je pense, » reprit-elle après avoir réfl&hi, c qu'il devait bien en couvrir peut-être trois... Je riai mis que les mots de la Sainte- Vierge, et il me semble qu'il n'y en avait pas un de trop '. »

X* — Mais s'il y a un temps de se taire, il y a aussi un temps de pa/rler ', dit l'Esprit-Saint. Ce temps est venu, ce semble, pour les bergers de la Salette, touchant le secret qui leur a été confié k chacun par la Beine des Cieux. Ainsi le comprend du moins Mélanie Mathieu, dont plusieurs lettres ont été récemment livrées au public et font mention de certaines

' Suite de VÉcho de la Sainte Montagne^ par MUe du brûlais.

* EccL, m. 7.

particularités de son secret. L'une de ces lettres, en date du 30 janvier 1870, avait jusqu'ici circulé en copies manuscrites ; nous ne croyons pas davantage aujourd'hui que le contenu doive en être reproduit tout au long, nos lecteurs n'y ayant pas un véritable intérêt. Nos citations seront néanmoins assez étendues pour qu'on ne nous accuse pas de retenir la vérité captive. Notre copie a été faite sur celle que le E. P. Semenenko, recteur du collège polonais h, Borne, a mise à la disposition de l'un de nos amis, M. l'abbé D..., comme nous pèlerin de Eome. La lettre même est datée du 30 janvier 1870 et adressée à M. l'abbé Bliard, à Nice. Elle présente comme im résumé des châtiments qui menacent le monde jusqu'aux derniers jours. Mélanie Mathieu fait ainsi parler la Sainte- Vierge dans cette lettre dont l'authenticité est aujourd'hui hors de doute *,

< Ce que je vais dire maintenant ne sera pas tou- « jours secret, vous pourrez le publier en l'année * 1858.

« Il n'y a plus d'âmes généreuses... Dieu va frap- « pcr d'une manière sans exemple. Malheur aux habi- « tants de la terre ! Dieu va épuiser sa colère et per- « sonne ne pourra se soustraire à tant de maux « réunis....

« La société est à la veille des fléaux les plus ter-

■ Nous avons, pour plus d'exactitude, collationné notre texte sur celui publié par M. Girard dans son livre des Secrets de la Salette au^iuel nous renvoyons les lecteurs curieux d'avoir tonte la lettre de Mélanie sous les yeux; le texte tel que M. Girard le donne, est le seul reconnu authentique par Mélanie.

> rïbles et âes plus grands érdMBunU; Ob 'doit 8*11- * tendre à être gouverné par nue TOtgQ da te et k < Mre le calice de la colère de -Dus.

• Que le Vicaire do mon Fila, le SoaTenin Poatife • Fie IX ne sorte plus defiaiie^)rfai Tanaée 18B0} ~' I qu'il soit ferme et gânâreai; qa^ «(oaibatte

je les armes de la foi et de ramour. Je serai avec L(}u'il se mé&e de N^apoUon;flODcaareBtdoaUe, md il voudra être ^ la &is pape et empnenr, t Dieu se retirera de InL B eit oet aig|le i^ai tnt toujours s'élever, tombera swrép4e dmt il it se servir pour obliger les peuples à le &ire

Httolie sera punie de Bm ambilioa en roBlant «SKdoer le joug du Seigneur des Seigneurs: anssî

• sera-t-elle livrée à la guerre ; le sang coulera de tous

• câtés; les églises seront fermées ou pro&aées; les

• ptêtres, les religieui seront chassés; on les tera.

■ menrir, et mourir d'uns mort cruelle ; plusieurs

• ibïnâoimeront la foi, et le nombre des prêtres et

■ des Mgieux qui se sépareront de la vraie religion

• Kiï grand ; parmi ces personnes il Se tronrera

• même plusieurs évéquea '.*„

< Flnsieurs maisons religieuses perdront enti^^- < ment la foi et perdront beaucoup de personnes. Les

• mauvais li^Tes abonderont sur la terre, et les esprits

• N qM TAeqne tptMtat Oftjnlto, qsi annonçùt en 1860, an Mb de Mptembn, qu'il cëtëltrenât à Ssint-Kerre da Vatican Hiiwaire ds l'eniiée de fisribftldi à Naples, «t qoi monialt lÉîMiMMt A Util Apièi, le jimr même m il s'était |mipgitf dteéléhrai cet umiTersidie.

de ténèbres répandront sur elle un relâchement universel pour tout ce qui regarde le service de Dieu ; ils auront un très-grand pouvoir sur la nature ; il y aura des églises pour servir ces esprits '. Des personnes seront transportées d^un lieu k un autre par ces mauvais esprits, même des prêtres, parce qu'ils ne se seront pas conduits par le bon esprit de l^vangile, qui est un esprit dliumilité, de charité et de zèle pour la gloire de Dieu. On fera ressusciter des morts et des justes, soit encore les âmes des danmés ; ces âmes paraîtront conmie unies â leurs corps Ml y aura eh tous lieux des prodiges extraordinaires, parce que la vraie foi s*est éteinte et que la fausse lumière éclaire le monde, etc., etc.

< Le Vicaire de mon Fils aura beaucoup k souffirir, parce que pour un temps TÉglise sera livrée k de grandes persécutions ; ce sera le temps des ténèbres ; rÉglise aura une crise affreuse...

< La France, Tltalie, TEspagne et l'Angleterre seront en guerre ; le sang coulera dans les rues, le Français se battra avec le Français, l'Italien avec ritalien ; puis il y aura une guerre générale qui sera épouvantable *. Pour un temps. Dieu ne se souviendra plus de la France, ni de l'Italie, parce que l'Évangile de Jésus-Christ n'est plus connu...

« Le saint-Père souffrira beaucoup ; je serai avec

' Ce passage fait sans doate allusion au Spiritisme et aux mystères des Sociétés secrètes.

* Encore les pratiques du Spiritisme,

' Ne serait-on pas en ce moment à la veille art ce terrible onflit?

lui jusqu'à la fin pour recevoir son sacrifice. Les méchants attenteront plusieurs fois à sa vie '... < Ce sera pendant ce temps que naîtra rAntechrist... En naissant, il vomira des blasphèmes, il aura des dents, en un mot ce sera le diable incamé ; il poussera des cris effrayants, il fera des prodiges et ne se nourrira que d'impuretés. H aura des frères qui, quoiqu'ils ne soient pas comme lui des démons incarnés, seront des enfants du mal à douze ans ; ils se feront remarquer par les vaillantes victoires qu'ils remporteront ; bientôt ils seront à la tête des années...

« Paris sera brûlé et Marseille englouti ; plusieurs grandes villes seront ébranlées et englouties par les tremblements de terre, etc. « J'adresse un pressant appel à la terre^ j'appelle les vrais disciples du Dieu vivant et régnant dans les Gieux ;f appelle les vrais imitateurs du Christ fait homme, le seul vrai Sauveur des hommes ; f appelle mes enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras, ceux qui ont vécu de mon esprit ; enfin f appelle les Apôtres des derniers temps, les disciples de Jésus-Christ, qui ont vécu dans le mépris du monde et d'eux-mémss, dans la pauvreté et Phumilité, dans le mépris et le silence, dans V oraison et la mortification, dans la cliastcté et Vunion avec Dieu, dans la souffrance et inconnus

' Probablement à Texistence politique du Pape.

« ait monde ; Il est temps qu'ils sortent et vie)inent

< éclairer la terre *...

< AlleZjCt montree-vous comme mes enfants ché- « ris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre « foi soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours « de malheur j et que votre zèle vous rende comme des « affamas pour la gloire et l'honneur du Dieu TrèS"

< Haut. Combattez, enfants de lumière, vous, petit

< nombre qui y voyez, car voici le temps des temps, la « fin des fins,,,

« Il est temps, le soleil s'obscurcit,... Tabîme s'ou- « vre, voici le roi des rois des ténèbres, voici la bête « avec ses sujets »

« Mon très-révérend père, je livre entre vos mains cette partie du secret que j'ai reçu de la Sainte-Yierge le 19 septembre 1846, laquelle maintenant ne doit pins demeurer secrète.

« Vous en ferez ce que bon vous semblera devant Dieu et devant les hommes.

« Donné à Castellamare, ce 30 janvier 1870.

< MÉLANiE Mathieu, bergère de la Salette.

« A M. Tabbé Félicien Bliard. »

XI. — Plusieurs journaux catholiques de province, commeh Semaine Religieuse de Toulouse, in 11 février 1871 et, à leur suite, V Univers do Paris et le Jiien Public de Gand, dans leur n^ du 9 mars 1871,

• Ce passage rappelle d'une manière saisissante la prophétie de saint Vincent Ferrier sur les Apôtres des derniers temps. On la trouvera dans le Tome ii.

ont livré à la publicité deux autres lettres de Mélanie Mathieu. Elles sont adressées à sa mère, Funo en date du 10 septembre 1870, Tautre du 29 novembre suivant.

Dans la première, nous remarquons ce beau passage : « Je me rappelle avec bonheur, bien chère mère et bien-aimés habitants de mon cher pays, je aie rappelle ces ferventes processions que vous faisiez sur la montagne de la Salette, pour que le choléra n'atteignît pas votre pays; et la Sainte-Yierge entendit vos ardentes prières, vos pénitences, et tout ce que vous faisiez pourFamour de Dieu. Je pense, j'espère que maintenant encore plus, vous devez faire vos si belles processions pour le salut de la France, je veux dire, afin que la France se retourne vers le bon Dieu, car il n'attend que cela pour retirer la verge dont il se sert pour flageller son peuple rebelle. Prions donc beaucoup. Oui, prions; faites vos processions comme vous les faisiez en 1846 et 1847. Croyez que Dieu vous écoutera ; il écoute toujours les prières sincères des cœurs humbles. Prions ensemble, prions et prions toujours.

« Je n'ai jamais aimé Napoléon, parce que j'ai dans ma mémoire son histoire entière. Puisse le divin Sauveur du monde lui pardonner tout le mal qu'il a fait et qu'il fait encore!.... »

La seconde de ces lettres est trop intéressante pour que nous ne la reproduisions pas en entier ici; elle indique en peu de mots et la source du mal et le emède.

Castellamare (royaume de Naples), 29 novembre 1870.

« Ma bien chère mère,

« Que Jésus soit béni de tous les cœurs!

« J'ai reçu votre bonne lettre. Je suis très-peinée si le mari de Julie part pour la guerre. Que faire ? Il faut se soumettre à la volonté du divin Maître et faire tous les sacrifices qu'il nous impose en esprit d'expiation. Devant le bon Dieu nous sonmies coupables qui d'une manière, qui de l'autre.

< Vous me dites que je suis heureuse de savoir ce qui doit arriver à notre pauvre France. Béjonissezvous de ne rien savoir. Il y a vingt-quatre ans que je savais que cette guerre arriverait ; il y a vingt-deux ans que je disais que Napoléon était un fourbe, qu^il ruinait notre pauvre France ; mais, au dire des grands savants, j'étais une illusionnée, la France était une nation forte, Napoléon était... Aujourd'hui, qui est illusionné ? Où est la force de la France ? Quand le bon Dieu, pour la punir, s'est retiré d'elle, elle est dans l'aveuglement, elle est dans l'étourdissement, elle est dans la division. Mais le mal est-il arrivé tout d'un coup ? Non, chère mère. Mais ce n'est pas ici le lieu de dévoiler à des séculiers comment il est venu, ce mal. Je vous dirai seulement que si un étranger allait dans une famille et donnait aux enfants des lois contraires auxloisdu père qui en est le chef, si les enfants acceptaient ces lois et laissaient celles données parleur père, ces enfants feraient preuve de peu d'amour pour leur père et mériteraient un châtiment. C'est ce qui est arrivé en France. Un italien, un..., tout en se

disant catholique, anéantissait peu k peu la loi de Dieu, réformait les écoles à sa mode diabolique, faisait introduire de mauvais livres, et les faisait lire à la jeunesse, etc., etc.

< Ainsi le monde se corrompait et devenait mauvais, et ceux qui avaient des yeux ne voyaient pas, c^est-kdire ceux qui les premier^ auraient dû s'opposer à cela, laissaient faire. Malheur à ces personnes-là! Ce ne sont pas mes paroles, mais les paroles de la Vierge qui pleurait en annonçant les fléaux du monde. Je le redis, malheur! Malheur aux chefs du peuple de Dieu! Malheur à ceux à qui les âmes sont confiées et qui les laissaient perdre !

« Vous, peuple de nos montagnes, attachez-vous fortement à la loi de Dieu ; observez ses commandements jusqu'à la mort. Vivez dans l'union et la charité de Jésus-Christ. Aimez la Vierge Marie ; après Dieu, elle vous est tout. Faites vos processions avec l'esprit de foi, priez pour la France coupable ; priez pour notre Saint-Père le Pape Pie IX, notre Chef, le Vicaire de Jésus-Christ. Fuyez les personnes qui vous en parlent mal. Parler mal du Saint-Père, c'est parler mal de Jésus-Christ.

« Vous avez peut-être entendu parler de Garibaldi ; sachez que c'est un homme de mal. Il fait ce que le diable ferait s'il avait un corps. La France a commis un autre crime en l'appelant pour aide. Hélas ! Il aide au démon pour faire perdre la foi à ceux qui en ont encore un peu, et pour attirer entièrement les malédictions du bon Dieu sur le pauvre peuple.

« Enfin, la France reconnaîtra-t-elle la main de

Dieu, ou bien veut-elle être anéantie ? Prions, prions, prions beaucoup ; ne <^s6ons pas de pri^ et de demaiider miséricorde.

< Agréez Phommage du respect avec lequel je stdSy ma bien chère mère, Votre très-attachée fiHe,

< MABiE DE LA cBoix, victime de Jésus. »

« Uœil de Dieu veille sur moi.

Mon salut est dans la Croix.

Vive Notre-Dame de la Salette ! »

XII. — Nous pensons intéresser nos lecteurs et achever de caractériser la mission de Mélanie, eniyoutant les trois lettres suivantes à celles qu^on vient de lire ' :

10 Extrait d^une lettre de Mélanie h un missionnaire de la Salette.

Correnc, 16 mars 1854.

Je ne suis presque plus tourmentée par messieurs mes ouvriers (les démons) : il parait qu^ils se reposent ; mais je ne prends pas modèle sur eux. Je tâche de faire provision pour quand viendra la Révolution française. Mes ouvriers font comme les Prussiens. Ils veulent un terrain qui ne leîir appartient pas. 3e ferai comme les Français, j'appellerai les bourgeois du royaume du Ciel (les anges), et nous aurons la victoire.

< La manière dont je vous écris ne doit pas vous

1 Les Secrets de la Salette, etc. p. 91, d9 et 102.

&ire penser que je suis triste : je n'ai jamais été si heureuse que depuis que je suis ici. U me semble que c'est ici que le bon Dieu me veut *. Mais pourquoi TOUS a-t-on dit que je suis triste ? Je ne voulais pas vous parler de ma tristesse, de crainte d'augmenter vos ennuis, que je voudrais même faire disparaître en les prenant sur moi. N'est-il pas juste que la dernière des créatures, celle qui n'a commencé à prier Dieu qu'à l'âge de quinze ans ', souifre plus que les. autres et soit plus humiliée? Ce n'est pas sans raison que la Sainte- Vierge m'a donné les secrets les plus fâcheux au sujet de la politique. Tout cela est pour moi un continuel déchirement de cœur.

« Vous désirez savoir quelque chose de cela (des Secrets) ; mais je n'ai pas îe courage d'en écrire une seule ligne. D'ailleurs tout est effrayant. Je n'ai jamais pu penser à tout ce qui va fondre sur les peuples, surtout sur la France. Tout mon ennui vient du Secret; mais il me semble que je fais tout ce que je peux pour ne rien laisser paraître au dehors, de cette tristesse.

« Sœur Marie de la Croix, religieuse de Notre-Dame de la Salette '.

« L'œil de Dieu veille sur moi. »

* EUe était alors novice au couvent de la Providence.

• Ce ne fut guère qu'à partir du jour de l'Apparition qu'elle commença à prier; auparavant eUe ne savait point de prières par suite de Tabandon complet où eUe avait été laissée depuis sa plus tendre enfance ; mais elle était restée simple et candide.

' Elle n'était point religieuse de la Salette, mais alors elle désirait le devenir, quand il y aurait une communauté fondée sous ce titre. — Il n*y & eu que des essais ; et rien encore n'est vraiment fondé.

2o Extrait d'une lettre de Mélanie à une Religieuse de la Providence, 23 juin 1871.

> Ma bien chère Sœur, « Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

« Notre pauvre France est bien humiliée, ditesvous. Ah ! ma chère Sœur, elle aurait bien mieux fût de s'humilier sans attendre les coups de la juste colère du Très-Haut ; et elle ferait bien maintenant de se frapper la poitrine, de réveiller sa foi, etc., etc., si elle ne veut pas être entièrement * anéantie,

« Ah ! ma bonne Sœur, il y a de quoi pleurer jour et nuit, en voyant dans quel état est plongée la société !.... Ah ! malheur des malheurs! On est irrité contre Dieu même. On veut faire la guerre k Dieu!.... Je n'ai jamais dit que le Dauphiné serait protégé. Ah ! si l'on ne se dépêche pas de revenir sincèrement à Dieu, ce qui est arrivé n'^est encore rien, rietij rien! Je ne veux pas décourager. Vous, ma chère Sœur, vous connaissez mille fois mieux le bon Dieu que moi. Donc, si on le prie, il est toujours plein de miséricorde, et veut toujours pardonner quand on revient sincèrement à Lui.

« Selon quelques personnes, je ne suis qu\ine visionnaire, une illusionnée. Je m'abstiens donc de parler pour ne pas faire mépriser les paroles de vérité dont je ne suis que le bien faible et bien indigne canal. Pauvre France, elle a un voile sur les yeux, elle est comme paralysée pour la vérité ! Pauvre France ! malheureuse

' Ce mot est souligné deux fois dans l'origina], ainsi qne plus

bas SIEN, DÉNUÉES.

France!.... Ah! ma chère Sœur, comme j'ai le cœur plein d'amertume de voir tomber ainsi une nation autrefois si pleine de religion ! Quand est-ce que Dieu, dans sa miséricorde, me donnera une poignée de ces âmes fortes, qui ne craignent pas les hommes, et, qui, DÉNUÉES de tout, prêcheront les vérités saintes et se sacrifieront pour la gloire de Jésus-Christ !

« Si le bon Dieu me faisait rentrer en France, je Ten remercierais de tout mon cœur. Je ne demande pas de rentrer dans un couvent : je demanderais seulement d'être dans un petit village pour faire une petite école. Si la personne à qui je demanderai cette faveur était en France, et f&t ce qu'elle sera, je lui aurai déjà écrit pour cela.

« La statue de Voltaire est toujours debout à Paris. Il me semble que la première chose qu'aurait dû faire M. Thiers aurait été de faire briser ce monstre de statue; mais je le comprends. Voltaire est le Dieu de la France. J'ai écrit à M. Thiers. Tant pis pour lui et pour la France, s'il n'agit pas en chrétien. J'ai fait mon devoir. Quand il s'agit delà gloire de Dieu, je ne crains ni la mort ni la prison. — Et ce qui en partie a perdu la France, c'est que le clergé a plus craint l'homme que Dieu. Ah! si je m'étendais sur ce chapitre!.... Pauvre clergé! Pauvre clergé!.... Mais non, je me trompe. Selon le clergé, je suis une illusionnée. Le clergé est bon, le clergé est désintéressé, le clergé est plain de zèle, plein de charité pour les pauvres : c'est le troupeau qui est mauvais ! ! !....

« Vous me dites, ma chère Sœur, que Maximin est sar la sainte Montagne. Il y plus de douze ans que

nous ne nous sommes pas écrit. Je me propose de lui écrire, et, soyez^n sûre, sll a de quoi vivre sans faire le marchand (de liqueur), je ne lui donnerai pas du sucre. J'ai Thabitude de dire les choees ckiremeaty ou bien s^ ftut &ire de passe-passe, alors je h6 dis rien, plutôt que de ne pas parler clairement

< Prions, prions ! et agréez Fhommage du respect avec lequel je suis, ma bien chère Sœur,

< Votre très-reconnaissante, indigne Soeur,

< Marie de la Croix, Victime de Jésus. « Mon salut est dans la croix! »

30 Lettre du 15 août 1871, à M. C. R. Girard. « Monsieur,

« Que Jésus soit aimé de tous les cœurs!

« Voyant votre zèle et votre grande dévotion envers Notre-Dame de la Salette, je me fais un plaisir de vous écrire quoique j'en sois indigne.

< 11 semble incroyable que les honmies aient la ttte si dure, faudrait-il donc qu'ils soient écrasés par les fléaux de la justice de Dieu irrité, pour leur fidre ouvrir les yeux et changer leur cœur, '^^ngt-cinq ans vont sonner depuis que la bonne, la douce Vierge Marie, la Mère de Dieu, vint pleurer sur notre Montagne. Elle pleurait, et pourquoi ? et pour qui ? c'est que son peuple s'était àévié du chemin de la vertm^ H se précipitait à grands pas dans la voie de la perûir tion. Pauvre peuple ! Pauvre France I Tu ne sais pas que tu peux être broyée comme le grain sous la meule des vengeances de Dieu...

< n est inutile à l'heure quil est de parler aux hommes ; VaveugUnmnt est à son canMe ; il faut que Dieuleur parle et il leur parlera; mais Us ne peuvent sHtnaginer comment,.. U faut une purge à la terre.

< Vous désireriez^ Monsieur, avoir connaissance de la lettre que j'ai écrite à M. Thiers. «Técris toujours une seule fois mes lettres ; je ne saurais donc tous dire ce que j'ai écrit. Je me rappelle seulement lui avoir dit à^enlever la statue de FoUaire, à Paris, et tout cequi n'est pas de Dieu ou pour Dieu ; il me semble aussi lui avoir dit que si le gouvernement ne reveÊtaitpas à Dieu, et ne faisait pas observer ses commandements 9 les éhâtiments qui sont arrivés ne sontencore rien. Je ne lui donnais pas mon adresse, et la lettre h sa destination fut mise à la poste de Marseille \

« Quand le bon Dieu voudra que je retourne dans ma pauvre France coupable, il m'en donnera les facilités. Je sais que j'en ai été, pour ainsi dire, chassée... Lorsque sera venu le moment d'écrire à ***^ je le ferai volontiers. Dans ce moment, la France n'est pas digne de^ Prions, prions beaucoup pour notre Saint-Père le Pape. Oh Ique c'est triste de voir, d'entendre des personnes qui font profession de servir Jésus-Christ, parler contre le Saint-Père. Je voudrais pouvoir donner ma vie pour Lui et pour l'Église. Prions beaucoup. Veuillez, Monsieur, avoir la bonté de prier pour moi,

*- Une antre^ lettre: de Mélanie révèle M. Thiers par an seul mot, et elle dit ce qu*il sera pour la France Catholique si elle l'aeeepte pour Chef.

et agréez l'hommage du respect avec lequel je suis votre très-humble et très-respectueuse,

« Sœur Marie de la Oiroix, Victime de Jésus.

« L'œil de Dieu veille sur moi !

« Mon salut est dans la Croix I

< Vive Notre-Dame de la Salette !

Voici enfin quelques lignes extraites des dernières lettres de Mélanie. Ces lettres sont reproduites tout au long dans le Complément des secrets de la Saiette et semblent être comme l'écho lointain mais fidèle des confidences que Marie aurait fidtes à lliumble bergère.

< Pauvre France ! tu as voulu la liberté de tes actions et tu es devenue comme l'esclave d'tin non eof tholique qui est la petite verge de Dieu. Tu empêchais la discipline dans les écoles, tu en as subi le premier châtiment : le désordre s'est mis dans tes régiments de soldats... Que nos prières soient continuelles; sincm, nous n'avons vu que le commencement Que nos prières ne cessent pas ; sinon je me perds en voyant arracher jusqu'aux racines des grandes villes. Que nos prières soient pleines de la contrition la plus amère et de l'humilité la plus sincère, sinon l'Europe, l^Eorope sera!... » (L. du 16 septembre 1870, à M. Tabbé Bliard, p. 84-87).

«... Comment les méchants onvrindeni-ib Iw jeox, puisque les bons eux-mêmes ne voient rien ? Cest un fiéau que l'on ne voit pas, je veux dire, le fiéau des ténèbres. Nous avons la tête dure. Il y a un quelque chose dans l'air que l'on respire comme une

contre Dieu. C'est épouvantable. Il nous faut des châtiments, et de très-grands châtiments.

«... Du fond de ma solitude, le cœur brisé de la douleur la plus amère, je ne cesse de dire : pauvre France ! pauvre France! si tu savais ce qui t'est réservé!... et aux prêtres : malheur à vous !... Pauvre France ! pauvre Europe !... si je ne connaissais pas la bonté, la miséricorde et la puissance du bon Dieu, je me laisserais aller à croire que totU estperdu^ que Dieu veut entièrement r exterminer. Mais Dieu peut faire un miracle et changer entièrement la face de l'Europe... Souffrons et offirons-nous, supplions, conjurons, promettons et immolons-nous ; pensons que quand une âme se perd, elle est perdue pour toujours... » (L. au même, du 21 juin 1871.)

«...Prionsbeaucoup pour notre pauvre France, afin qu'elle ouvre les yeux de la foi et voie clairement que ht cause de ses malheurs est son oubli pour Dieu. Pauvre France! pauvre France ! et elle sera réellement pauvre France si elle ne revient pas de ses égarements.. EUe n'a vu que le commencement de ses fléaux si elle ne retourne pas sincèrement à son Dieu. Oh ! Parisiens, que vous avez la tête dure, que vous êtes faibles en la foi! Yous souffrez la statue d'un Voltaire au sein de votre ville. Si le gouvernement d'aujourd'hui est encore (sous un autre nom) le gouvernement de Napoléon le fourbe, le voleur et l'idolâtre, vous direz à votre dieu Voltaire de vous sauver au temps du danger... Prions beaucoup pour la misérable Italie. Si le bon Dieu aiguise son épée... pauvre Italie... les chiens se désaltéreront de ton sang , pauvre Italie ! ! ! (L. h, sa mère,dul5juiU6tl871.)

« ... J'ai reçu votre bonne lettre ainsi que le livre Les secrets de la Scdette. Quoique très-occupée, j'ai parcouru votre ouvrage et les choses les plus importantes, comme cette psuiie de l'entretien secret de la Sainte Vierge, que j'ai donné à M. l'abbé Bliard ; vous l'avez reproduite exactement et surtout complètement. » — (Il est sans doute question ici du texte du secret, tel qu'il est donné dans la 2® édition des Secrets de la Salette et que nous avons suivi pour nos extraits). — < n y a plus de quatre ans, poursuit Mélanie, que je suis exilée en Italie. Une digne personne, par amour de la Très-Sainte Vierge, a voulu partager avec moi cette nouvelle épreuve ; mais elle ne l'a pas fait sans avoir bien prié et bien consulté. En arrivant ici, nous trouvâmes dans le vénérable évêque un ange proteeteur ; vous serez content de savoir que sa Grandeur, dès le principe, parla de nous à notre Saint-Père le Pape et tout fut arrangé... » (L. h M. Girard, du 15 septembre 1871).

< ... Ma mission n'est pas finie ; et j'en pleure, j'en gémis... Si nous avions un saint curé d'Ars, qu'auraitil fait après la lecture de cette partie du Secret? U se serait mis à pleurer; il aurait frappé sa poitrine en disant : « C'est bien vrai, nous ne sonmies pas ce que nous devrions être » et il n'aurait pas &it attention kla pauvre personne, au pauvre canal. » (Au même, L. du 24 septembre 1871.)

«... C'est de tout cœur que je m'unis à votre Association pour soufirir au lieu de notre Saint-Père le Pape. Il y a bien des années que je comprends ce devoir, et que je m'ofire en victime pour le vicaire de

Jésns-Chriât et pour la Sainte Église. «Tétais à Corenc quand je me sentis pressée de faire cette offrande au Très-Haut. Efforcez-vous de propager cette Association; elle rentre parfaitement dans le plan de la Salette. Oui, pleurons avec Marie ; souffrons et prions avec le Pape ; compatissons avec TÉglise. Hélas ! elle n'a pas fini de souffrir ! nous ne sommes pas encore tels que nous devrions être ; nous avons grand besoin que la Vierge Marie nous assiste et combatte avec nous, surtout au moment terrible de la débâcle des méchants ÇLchamés contre VEglise... > (L. au même, du 25 janvier 1872.)

Nous devons nous borner. Ces extraits suffiront ^ tout lecteur impartial et lui permettront déjuger la Bergère de la Salette à qui, ce nous semble, une grande mission est confiée par TEsprit de Dieu.

Xni. — Si le secret de Mélanie est en partie connu aujourd'hui, sans qu'on puisse toutefois affirmer que ce soit dans la teneur du texte transmis au Souverain- Pontife, celui de Maximin est plus lent à. se produire dans la publicité, avec les garanties d'authenticité désirables.

Un recueil de prédictions, publié en 1870, à Gand, chez Van der Schelden, en langue flamande, sous le titre de De Toékomst (l'Avenir), a le premier mis en circulation la pièce que l'on désigne sous le nom de Secret de Maximin Giraud. Nous la trouvons aussi en français dans le Supplément à V Avenir dévoilé^ page 62, telle du reste qu'elle nous a été communiquée d'après le manuscrit même du E. P. Eymard, de pieuse

nLémcîre, qiiL jorsit-iL cc^rnsLissait ee prétendu secret depiQâ loi^ltempâ.

Ttoid ce teilB :

« l«Lntn»q[avtsdeIaFnuieepcidroiiitlafoifet « ]aqlBtxîèmepnlie,qpilJleQnserf«^^lJlpI«tiq1lera

« 2*Lapux ne aen dmiiée sa monde qae loiaque « les h^HDmes 88 seront eonteitis.

« 3^ Une nation ^«testante dn Noid se oonYOrtiia « à la foi et, par le moyen de cette nation, les autres « nations reTiendront k la fcn.

« 40 Le Pape qui Tiendra ajffès celui-ci ne sera pas « romain.

< 5** Et quand les hommes se seront conyertis, Dieu « domierala paix au m(Mide.

€ 60 Puis cette paix sera troublée par le monstre.

« 70 Et le monstre viendra à la fin du dix-neuvième « siècle ou, le plus tard, au commencement du ving- < tième. »

« Voilà tout ce que la Dame m^a dit. »

Nous ne nous arrêterons pas à discuter ce qu'il en est de Tauthenticité de ce secret, ni de toutes les antres révélations qu^on prête à Maximin. Le mieux est d'attendre.

XIV. — Notre-Dame de la Salette n'a déjà que trop prédit dans son discours aux deux bergers les grands malheurs qui n'ont cessé de fondre sur nous depuis vingt-cinq ans. Mais son cœur maternel veille toujours au salut de ses enfants; elle se plait même & reparaître parmi nous, sous ces mêmes traits de la Salette^

PMT relmr noB ftmes abattues et noiu tracer la vde

dn repentir et de Tespérance.

Ainsi nous connaissons de sooree certaine et tenons te témoins mêmes dn fait Tapperition suivante qui a enlienlemeicredi, 9 novembre 1870, dans nne grande ville de notre chère Lorraine, alors déjà an pouvoir des ]^ns8iens.Ii était environ six heures dn soir. Un pienx fio&nt, âgé de huit ans et demi, qui appartient k une iKmbreuse fiunille aussi recommandable pour sa pro- ^ que pour ses sentiments d'inviolable dévouement i la Sainte Église, se trouvait tout seul dans une Salarie fiûblement éclairée de la maison paternelle. ^ost à coup il entendit une voix très-douce articuler ^ jaroles:

< Une &ut pas désespérer: la France sera sauvée * parmi miracle. >

L Want, tout surpris, leva aussitôt les yeux et aperçut à trois pas devant lui Notre-Dame de la Salette, telle qn^elle est représentée dans les statues de ce vo- <^Me. Pendant qu^il avait porté ses regards sur TAppa* ^tion, il crut aussi comprendre qu^elle lui recomman- ^t de ne point parler de ce fait k tout le monde et de ^^n rien dire aux méchants.

Heureux au delk de toute expression à cette nouvelle d'une délivrance certaine, le jeune enfant monte ^ la diambre.où se trouvait sa mère avec ses trois petites sœurs et la domestique, et raconte tout naï- ^^ment ce qui vient de lui arriver. La mère ne peut ^aîfcriser son émotion et se hâte d'appeler son mari, ^elni^ arrive par la galerie où avait, eu lieu l'Appa- 'ïtioxi. € Mais, dit-il vivement, qu'est-ce que cette

odeur si fine dont la galerie est toute parfumée ? Qui est-ce qui a passé par là ? > C'est comme un goût d'encens, allait-il ajouter, quand, entraîné dans la chambre cil était réunie la famille, il entendit l^eureux en&nt lui raconter tout ému, comme à sa mère, les paroles consolantes et la vision de Notre-Dame de la Salette. Un miracle peut en effet seul parer aux périls derÉglise et de la Patrie....

Ce n'est pas ici le lieu de nous arrêter plus longtemps sur cette preuve si touchante de l'amour de la Mère de miséricorde envers ceux qui souffirent Disons seulement que nous avons appris le fait de la bouche même de l'enfant et de celle de ses parents. Nous partageons, ainsi que plusieurs de nos confrères, la conviction des parents, que cet enfant n'a dit que la vérité. On comprendra toutefois la réserve qui nous est imposée ici.

XV. — Mais en même temps que Notre-Dame de la Salette nous apporte ses divines consolations, elle ne laisse pas d'insister sur l'esprit de réparation si nécessaire en ces moments d'expiation suprême. Ainsi, le 19 décembre 1870, aune pieuse personne qui, transportée en esprit sur la montagne de la Salette, lui demandait si les maux de la France finiraient bientôt, elle répondit :

< Pas encore 1 II y a vingt-quatre ans, j'ai fait en-

< tendre mes avertissements à la France, elle ne m'a

< point écoutée ; elle s'est engloutie de plus en plus

< dans le crime. Pourquoi se montre-t-elle si rebelle ? « Est-ce parce qu'elle a été plus favorisée que les au-

* ^ nations f Est-ce parce que j*ai en la bonté de « Tavertir? Veut-elle abuser de toutes les grftces ?

< Que Ta devenir cette France que j^ai tant aimée ?..••

< Les crimes des hommes sont comme nne mer qui «déborde sur toute la terre. Considère, 6 ma fille!

< rafflietion de ta Mère. Ah! si du moins, promenant « imrogard sur le monde, je trouvais assez d'âmes qui « Toolussent s'unir à moi pour prier, et souffiir et « conjurer mon Fils d'arrêter sa juste colère ! Mais je « n'en trouve qu'un trop petit nombre !...•

A la même personne, le 19 janvier 1871 : < Je suis

< plongée, dit-elle, dans un océan d'amertume : le mal

< nKmte sans cesse vers mon Fils, pour provoquer sa

* colère, n y a déjà eu de grandes calamités & Rome

* et en France ; il y en aura encore de plus grandes et

* de pins terribles pendant quelque temps. Cependant,

* tout n'est pas perdu : ceux qui prient deviennentplus

* Dombreux. n faut que ce nombre s'accroisse encore.

* Ce MOBfENT EST CELUI DU TRIOifPHE DES SOCIÉTÉS SK-

* CBÈTES, mais leurs desseins seront renversés... Ma-

* nifeste ces choses à ton confesseur, afin qu'il en fasse

* part à qui il jugera h propos, sans souci de ce qui

* ponrrait en résulter pour lui. Qu'il encourage les

* âmes à prier et à souffrir pour me consoler. ' »

XVI. — Que les pieux fidèles nous permettent un dernier mot pour rassurer sur le fait de la Salette cer- '^es âmes peu disposées d'habitude à admettre d'autres miracles et d'autres prophéties que celles des

Communiqué par la R» Mère X***, reb'gieuse Dominicaine.

Livres-Saints. L'apparition de la Sainte- Vierge aux deux petite bergers a pour elle tous les genres de preuves possibles. Outre le jugement qu^en a porté, après un examen long et sérieux, Mgr l'Evâque de Grenoble, nous voyons Tautorité infaillible de Pie IX encourager constamment ToBUvre de la Sainte-Montagne, où il autorise notanlment Térection d'un sanctuaire et rétablissement des missionnaires de Notre-Dame de la Salette. Bien plus : notre Saint-Père le Pape a donné l'approbation la plus flatteuse et la plus authentique à la Dévotion h Notre-Dame de la Salette, lo en lui accordant de nombreuses indulgences et jnviléges ; 2r en faisant examiner les livres de M. Tabbé Bousselot, vicaire général de Grenoble, sur la Salette, et en déclarant qu'ils contiennent tous les caractères de la vérité; 9^ en permettant l'insertion, dans le Journal de Bome^ des Mandements de l'Évêque de Grenoble au sujet de la Salette; 4^ en autorisant le supérieur des Missionnaires de la Salette à donner la bénédiction papale aux pèlerins accourussur la Sainte- Montagne ; 5* en témoignant le plus vif intérêt à ce que renferment les secrets des deux bei^ers ; &> enfin, en félicitant les personnes de Grenoble du bonheur qu'elles ont d'appartenir à un diocèse aussi privil^é de Marie. — Sa Sainteté vient enfin d'ériger la confrérie de Notre-Dame de la Salette à Rome même, dans la chapelle du Saint-Enfant Jésus.

Que dire encore de la propagation merveilleuse dans le monde entier de la Dévotion à Notre-Dame de la Salette ; du nombre immense de miracles opérés nonseulement par son invocation, mais encore en confir-

mation de la vérité de l'Apparition ; du concours inexplicable et inouï de pèlerins dont le flot se renouvelle sans cesse sur la Sainte-Montagne?

XVn.— Une autre preuve, une preuve palpable, à la portée des plus incrédules, c'est la vertu admirable de Teau de la Salette, de cette source autrefois intermittente, mais qui n'a cessé de couler depuis l'Apparition et sur le commandement de la Beine des Cieux, à l'endroit béni où Celle-ci a versé des larmes de compassion pour les pauvres pécheurs.

Au témoignage des personnes les plus dignes de foi cette eau, aussi utile pour la guérison des maladies de l'âme que pour celles du corps, loin de tarir comme le ruisseau du ravin, donne normalement environ trois litres par minute, avec cette circonstance souvent remarquée que le volume d'eau augmente notablement avec l'affluence des pèlerins et diminue avec leur disparition. « De plus, » dit M. Sémilien, professeur de mathématiques à l'École des arts et métiers d'Angers, dont nous venons déjà de citer le témoignage ^ « j'ai conservé, en vase clos et en vase ouvert, depuis quatre années consécutives, de l'eau de la Salette recueillie jar moi-même, et je puis dire qu'après ce laps de liemps, elle n'a subi aucune altération et qu'elle est "toujours fort bonne à boire. On sait que l'eau exposée à l'air libre s'évapore entièrement; dans celle-ci je n'ai remarqué qu'une évaporation peu sensible. De plus, au bout de quelques mois, la plupart des eaux

' Pèlerinage à la SaJette.

qui restent à l'état stagnant dans un flacon débouché, finissent par se troubler ; on y voit apparaître une sorte de végétation verdâtre où le microscope découvre des animalcules qui ont la propriété de décomposer Facide carbonique en dissolution, en fixant son carbone et en dégageant son oxygène. Je n^ai observé ce phénomène dans aucune des bouteilles contenant de Teau de la Salette. »

XVIII.— Mais revenons à la Prophétie de la Sainte- Vierge. Marie se plaint de la pensanteur du bras de son Fils prêt à nous châtier avec la dernière rigueur, principalement h cause de la profanation du Dimanche et des . blasphèmes. Que le Dimanche soit profané en France plus qu'ailleurs, et à Paris plus qu'en tout autre lieu de la France, ce n'est un mystère pour personne. Nous avons, par exemple, appris par la voix des journaux que, cette année même 1872, le Dimanche de la Fête-Dieu, h, Versailles, les travaux de construction se poursuivaient à l'Hôtel-de- Ville, presque sur le passage de la procession du Très-Saint Sacrement

Mais le blasphème, pour qui ne réfléchit pas, semble moins répandu et moins conmiun. Hélas ! lorsqu'on parle de blasphème, plusieurs ne comprennent plus rétendue de ce mot ni la grandeur du mal qu'il révèle.On peut dire que la France en particulier est inondée de blasphèmes. « Ouvrez la plupart des livres qui se publient de nos jours, dit le père Huguet ', lisez les journaux les plus répandus : k cha-

i Notre-Dame de la Salette mieux connue.

que page vous trouverez la négation de nos dogmes et de nos mystères, le mépris de nos croyances. Dans les romans, vous verrez la glorification de tous les vices les plus exécrables et lacondanmation de toutes les lois que Dieu nous a imposées. Et cela est-il autre chose que des blasphèmes horribles, faits de sangfroid par les hommes les plus instruits et avec toutes les circonjstances qui peuvent rendre ce péché plus grave et plus épouvantable ? > Et la France d^applaudir, sinon toujours en paroles, du moins en actions à ce débordement de la parole satanique !

La nation ne se glorifie-t-elle pas, en effet, de cette liberté de la Presse comme de Tune des plus glorieuses conquêtes de Tâge moderne? Liberté de la Presse ! disons libertinage de la Presse, pour parlef juste. Voici ce qu'en pensait dès 1817 une sainte âme, favorisée elle-même, paraît-il, de l'esprit de prophétie :

« Ce monstre de la Presse, écrit-elle au moment même où les instances imprudentes de Chateaubriand arrachaient au pouvoir cette concession fatale, ce monstre sera si affreux, qu'il n'y en a jamais eu de semblable depuis le commencement du monde. Son souffle empoisonné et fameux répandra une telle odeur infecte, qu'on'en serait renversé (moralement parlant) sans une protection spéciale de Dieu '. » Aussi les Souverains-Pontifes et les Évêques n'ont-ils cessé d'avertir les fidèles de se tenir en garde contre cette doctrine de l'émancipation absolue de la pensée, véri-

' Lettre du 20 juillet 1817, citée par le P. Huguet. Ibid. p. 110.

table arbre de la science du bien et du mal au XTYe siècle.

XIX. *- Maintenant les châtiments annoncés sontils arrivés en partie, le' reste est-il & craindre et le bras de Dieu tombera-t-il de tout «on poids sur les prévaricateurs P Chacun sait les fléaux qui n'ont cessé de régner depuis 1846. Les fruits de la terre ont été frappés dans leurs productions les plus nteessaires à la vie de Thomme ; la maladie des pommes de terre et de la vigne a été & peu près générale, et aigonrdliui notamment encore, Ton n^est pas rassuré k ce sujet. Les animaux domestiques, si utiles k tontes les classes de la Société, n*ont pas été plus épargnés ; du ver à soie jusqu'au porc et au bœuf, tons (mt été on sont encore sous le fléau de Tépizootie. Plusieurs années de cherté se sont succédé : la statistique a établi qu'en France, plus de 70,000 personnes sont mortes en 1854, et 80,000 en 1855, par suite de la médiocrité de la récolte, malgré tous les efforts de Tassistance publique et de la charité privée contre le fléau ! Puis sont venus les épidémies, le choléra, les inondatioiis, la guerre civile et les campagnes de Grimée, d'ItaUe, de Chine et du Mexique, qui n'étaient en quelque sorte que le prélude de la guerre affreuse où viennent de s'épuiser et la France vaincue et rAIlemagne victorieuse, pendant que la Révolution se déchaîne de plus en plus sur l'Italie et l'Espagne en particulier, et menace de mettre toute l'Europe en sang et en flanmies. La ruine de la première cité du monde moderne, de

Paris ', la ville enchanteresse dont Tor, le feste et les plaisirs délirants ont dépassé de bien loin la maudite Babylone des anciens jours ; cette mine semblait, il y a quelques années à peine, une chimère de pessimiste; à l'heure qu'il est, cette ruine a eu, comme autrefois céQe de Jérusalem, son sinistre prélude dans la guerre étrangère et la guerre civile dont nous ne sommes pas surs'd'être bien délivrés. Si Dieu ne vient pas au secours de la ville coupable qui a osé élever au comble la montagne de ses abominations, de ses impiétés et de ses "blasphèmes, en faisant trôner sur Tune de ses places publiques ' la statue de Voltaire, cet inâme avant-coureur de rAntechrist, que Sodome même eût banni ' : ah ! c'en sera bientôt fait de la grande prostituée des temps modernes. La ruine totale de Paris, tel est probablement, hélas ! le dernier mot de l'un des secrets de la Salette. Et encore ce ne sera que l'un des terribles châtiments suspendus en ce moment sur le monde dévoyé.

1 Je ne désirerais me voir en possession de quelque force politique, que pour l'employer à ruiner en tous sens Tinfluence de Paris. Cette ville est à mes yeux le cancer de la France et le scandale du monde, une de ces Babylones dont ,il est dit aux làwtea saints qu*il leur sera redemandé tout le sang innocent, qui est versé sur la terre.

(Lettre de L. Yeuillot, du 2 fév. 1871, Bien Public de Gand, du 17 février 1871.)

* On a remarqué que le dernier ministre de l'Intérieur du second Empire, M. Chevreau, qui a inauguré provisoirement, le 14 août 1872, la statue de Voltaire à Paris, éconduisait définitivement le 4 septembre suivant, de Paris et de la France, r impératrice-régente Eugénie.

' Paroles du conte de Maistre, Soirée, 4e Entretien.

Répétons donc à la suite de la sœur Marie- de -la- Croix : Prions ensemble^ prions et prions toujours.

Nous supprimons, k la suite de ce chapitre, le récit de Fapparition de la Sainte-Yierge à Obermauerbach, en Bavière, que nous avions rapporté dans les éditions précédentes : ce fait n^a point, après vingt-quatre années d'épreuves, reçu Tapprobation de TOrdinaire ; sans oser Timprouver, nous le trouvons peu probable.

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