VI. ^ Après la consécration de la Chapelle, li
roisse de Notre-Dame de TAquila d'où Ceretto dépend, fut transférée dans le nouveau sanctuaire^ qui fat bientôt favorisé d'un prodige déjà arrivé à la Salette et à Lourdes et qui devait rester la preuve permanente de TapparitioQ de Marie en ces lieux : une floorce miraculeuse sortit de terre au pied du mur qui sépare l'église du presbytère, et depuis elle n^a jamais tari, hormis dans la circonstance suivante, où elle demeura k sec pendant deux mois. C'était vers le milieu du printemps de 1864 ; une multitude de pèlerins étaient arrivés : le gardien de la source,dans la crainte bien vaine que l'eau n'y vînt à manquer k cause de la fimle, versa dans le bassin une certaine quantité d'eau puisée à une autre fontaine voisine :k l'instant,la source ndracoleuse se trouva à, sec. Lorsqu'elle reparut,la confiance des fidèles augmenta encore et avec elle les grftces et les prodiges de toute sorte obtenus par l'intercession de Notre-Dame des Sept-douleurs de TAquila.
Vn. — La plus fidèle servante de Marie des Sept- Donleurs, celle qui n'oublia jamais les larmes de compassion versées sur les péchés du monde par la Mère de Miséricorde, ce fut l'heureuse Véronique. Dès ses , plus tendres années, elle avait été l'enfant de bénédiction de la nombreuse famille d'Antoine Nucci. Admise kir- à fEÛre sa première communion k Tâge de dix ans, elle .-^ avait aussitôt contracté la pieuse habitude de s'ap- ^. prêcher des sacrements tous les quinze jours^ ou au -- plus tard toutes les trois semaines, lorsque les tra- Taoz de la campagne étaient trop pressants. Aussi,
un an k peine après FApparition, elle était entrée bonheur, sous les auspices du saint Évêque d' Aqua dente, au couvent des sœurs du Tiers-Ordre de Si François, à, Ischia, dans les États-Pontiflcanx, oii fit profession le jour de la Fête du Patronage de & Joseph, le 15 mai 1859, sous le nom de Sœwr T nique de Notre-^Dame des Sept-Douleurs.
Désormais sa vie angélique ne fut plus qu'une loureuse expiation des. iniquités sans nombre qu laient inonder Tltalie en particulier. A la suite i campagne dltalie (avril-juillet 1859), les souvei légitimes furent, en effet, dépossédés de leurs ronnes, ime bonne partie des Etats-Pontificaux 1 bait au pouvoir du Roi-Larron après le guet-^Kpei Gastelfidardo (18 sept.); le reste était laissé auzmo moraux que Ton sait. Notre-Se^eur, la 8ai Vierge, son Ange Gardien, plusieurs saints fày sèrent Véronique de leurs apparitions, pour soûl sa ferveur dans le martyre volontaire qu'elle seul en esprit de réparation.
VIII. — Citons quelques-unes de ces demièrea paritions ; elles feront mieux comprendre la direc que la Providence veut nous imprimer en nos te calamiteux, temps d'expiation, parce qu'ils soi des temps de grande prévarication.
Un jour, la Sœur Véronique s'était dirigée vei petit oratoire dédié k sainte Véronique Giuliani, des gloires de l'Ordre séraphique, auquel la vo; appartenait par ses vœux de religion. A peine é elle parvenue en £Ace de la petite chapelle, qn
Sainte lui ai^Mirat tout k conp ; elle lui montra les stigmates sacrés de ses pieds et de ses mains, qui en faiaaiMit un portrait vivant d^ Jésus crucilié. Ensuite elle lui dit « de prier beaucoup, parce que le Seigneur était extrêmement irrité à cause des iniquités qui ne cessent pas d^onder le monde. Priez aussi, ajouta-telle, pour la Sainte Église qui a régné jusqu'à ce jour et régnera à jamais ; priez encore, afin que les bouleversements qui agitent la terre cessent bientôt. »
IX. — Bans le courant du printemps de 1862, la Sœur Véronique, alors sacristine, était venue au jardin cueillir des fleurs pour orner Téglise du couvent. Se trouvant dans Tallée de la grande Croix, comme elle était arrivée enface du signe de notre Rédemption, I9 Sauveur lui apparut tout couvert de sanglantes blessures. A cette vue déchirante, elle se sentit toute hors d'elle-même de compassion et s'écria :
«Ah! Seigneur, c'est vous! pardonnez-moi, c'est moi, qui vous offense ! »
Notoe-Seigneur lui répondit : « Je suis si indigne-
• ment offensé ! Prieg, priez beaucoup. Tenez-votis
• retirée dans votre cellule; vivez dans la paix et « dans la joie intérieure. Ayez toujours votre esprit «nwf à JDieu; allez aussi au jardin cueillir des ^ fleurs t Cette vision passa aussi rapidement que Pédair.
X. — L'angélique Sœur eut une autre Apparition \ Aon moins remarquable, à peu près au même endroit.
La Sainte-Vierge s'offrit tout à coup à ses regards,
sous le même costume que la première fois, a la Cwsetta. Elle l'aperçut au pied de la Croix, au moment où elle venait d'entrer dans l'allée qui y conduit. A la vue de la fieine du Ciel, elle resta pénétrée de respect, et n'osa pas approcher davantage ; mais la Sainte- Vierge l'appela et lui dit de venir auprès d'elle.
« Friez^ lui dit-elle, priez nu>n divin Fils ; il est « fatigm de supporter les prévariccUions des homtnes: « eUes sont plus nombreuses que les flocons de neige « quand celle-ci to^nbe en abondaiice. » Elle ajouta : « Friez pcfwr la sainte Mère V Eglise catJiolique^ afin « que les tribulations du monde aient un terme. »
Elle lui recommanda ensuite de continuer le genre de vie qu'elle avait embrassé, et dire sept AvK et un Credo à son divin Fils. La Sœur se mit aussitôt à réciter ces prières, et, au moment où elle les terminait, la vision disparut.
Dix jours environ après cette vision, Marie lui apparut de nouveau dans le jardin du couvent, à l'oratoire de Notre-Dame-du-Lis. La Sœur y vit la Mère de Dieu, tenant son adorable Fils dans ses bras. L'humble religieuse se recommanda à l'Enfant Jésus et elle supplia la Mère de Miséricorde de lui être propice, la conjurant surtout de lui obtenir le pardon de ses péchés : « Ce sont mes grands péchés, » loi disait-elle en soupirant, qui offensent tant votre divin Fils. »
A ces paroles, la Mère de Dieu sourit avec une gr&ce et une bonté inexprimables à l'angélique Sœur qui, jamais durant sa vie, n'avait perdu l'innocence baptis- ' maie, et elle lui dit avec une voix pleine d'onction et
de douceur : « Non Véronique^ cda n*e$t pas ; contU « nuM à agir comme vous le faites, continuez à prier ^ pour les pécheurs. Vives d^ms la joie de Vâme, et « ailejf encore dans le jardin, chantant avec bonheur c et allégresse le cantique de Notre^Dame-du-Lis. »
XL — On ne saura que dans Tétemité toutes les inventions de la Sœur Véronique pour expier en son âme et en son corps les péchés du monde que Jésus et Marie Tinvitaient ainsi à layer dans les larmes de la pénitence. C'est que Notre-Seigneur, à mesure qu'il écoutait ses désirs de partager le calice de la Passion, lui enseignait en même temps à le boire, le sourire sur les lèvres. « Pour que ses pénitences lui fussent tout à fait agréables, > lui avait-il dit, deux ans avant qu'elle mourût, un jour qu'il avait bien voulu lui promettre que plus tard il la ferait souffrir beaucoup, die ne devait pas s'abandonner à la tristcsse,parce que cdle-ci ahat Vesprit et enlève le courage, ni chercher avec empressement le moyen d'adoucir la souffrance. Il fallait sentir la douleur au fond du cœur, parce qu'ïl n'est pas possible, sdonla nature, qu^U en soit autrement, mais die devait s'appliquer à montrer un visage content et à avoir le sourire sur les lèvres. »
Elle pratiqua ce divin précepte surtout dans la longue maladie qui la conduisit aux noces étemelles, peu de jours avant d'avoir accompli sa vingt-et-unième année. Mais, prudente et charitable pour autrui, jusque dans ses derniers moments, elle avoua à la Sœur qui remplissait i, son chevet l'office d'ange consolateur,
que les douleurs, qui depuis huit mois achevaient de la consumer, étaient inexprimables: « Gardez-vous bien, » ajouta-t-elle, « ma Sœur, de demander àa bon Dieu des souffrances. Le proverbe en usage dans le couvent est vrai : < Le Seigneur a les mains larges. »
Xn. — - Ainsi que cette même Sœur le lui avait assuré par une lumière prophétique, le Ciel entier sembla s'incliner vers la terre, afin de cueillir pour le Paradis ce chaste fruit de la pénitence volontaire zYéranique fut en effet assistée à Theure de la mort par TArchange saint Michel, ses Anges Gardiens, les saj&ts Apôtres et par ceux qu'on aime surtout h invoqiifij^ k Tagonie, par Jésus, Marie et Joseph. Elle prit son vol vers les demeures étemelles, le 9 novembre 1862|^k peine âgée de vingt ans.
A la suite de plusieurs guérisons obtenues par son intercession, peu de temps après sa mort, on ouvrit son tombeau trente-cinq jours après la sépulture, pour placer ses reliques en un lieu plus décent : au grand étonnement de tout le monde, pendant que Thumidité avait attaqué ses vêtements, le lis odorant que la vénérable défunte avait reçu au moment de la sépulture et qu^elle tenait encore à, la main, avait conservé toute sa blancheur et son parfum. Le procès de béatification est introduit. Puisse l'exemple et Tintercession de l'Angélique Sœur nous venir surtout maintenant en aide devant la justice divine et nous obtenir pardon et miséricorde !
CHAPITBE IV.
APPASmOK DE l'immaculée CONCEPTION