‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 23 sur 90 · A LOURDES · texte numérisé non relu

A LOURDES

(Du 11 février aa 16 juiUet 1858).

I. La Grotte cU LourdM. — U. Bemadetté SbabîroaiL *m. I¥eiiiière Apparition dô laSaiiite-Yierg«à Bernadette. — IV. Seconde Apparition. — Y. A la troitiène Apparition la Sainte- Viarge demande à Bernadette an pèlerinage de quinze jours de suite à la Grotte. — VI. Le cierge des Apparitions. — VIL II faut prier p(mr les pécheurs. — yUI. Secret confié à Bernadette ; une chapelle à ériger. — lyL Pénitence! Pénitence! Pénitence! —X. Œuvres satisflBictoires. — > XI. Source miraculeuse. — XII. Je s%is VlnmncnUe Conceptian.-^l^ll. Adieux de Marie à Bernadette. — XIV. Entrée de Bernadette en religion.

L —Nous continuons le récit des Apparitions prophétiques de la Sainte- Vierge par une esquisse des merveilles qui se sont passées k Lourdes, au pied de nos Pyrénées, du 11 février au 16 juillet 1858. Notre attention se portera de préférence, entre les dix-huit A.]^paritions de la Vierge Immaculée à Bernadette Souhirous, dans la grotte de Lourdes, sur celles qui ont quelque rapport avec les manifestations de la Salette ^t de Ceretto, auxquelles elles font évidemment Écho*.

* Voir ^o^rc-Dame de Lourdes^ par Henri Lasskrre, 1 vol. ûi-12, chez V. Palmé ; Annales de Notre-Dame de Lourdes^ P^UiéoB par les BB. PP. Missionnaires de Lourdes ; Les Mer- ^^ de LawrdeSy par Mgr de Ségjor, 1 yoL in»18, cheaLHaton.

La petite ville de Lourdes, située dans le département des Hautes-Pyrénées et le diocèse de Tarbes, ne manque pas d^importance, en raison de sa position au débouché des sept vallées du Lavedan, entre la plaine et la montagne : la clef des Pyrénées avant Tinvention de Tartillerie, elle Test encore axgourdliui comme carrefour des eaux thermales du Midi et, depuis de longues années, elle est constamment sillonnée par les baigneurs et les touristes venus de tous les coins de TEurope ; son chemin de fer n'a fait qu^activer ce mouvement incessant.

Cependant, jusqu'en 1858, rien n'avait troublé, non loin de cette petite ville si vivante, la solitude des roches Massabielle, au pied desquelles coule le Gave, qu'y venait à cette époque rejoindre le canal d'an moulin ; personne ne s'était non plus jusque-là préoccupé d'une grotte d'environ douze pieds de haut et d'une égale profondeur, percée à la base de ces abrupts rochers, et formant trois excavations ouvertes au dehors et superposées entre elles comme les trous d'une gigantesque éponge.

IL - Or, le 11 février 1858, le jeudi-gras de cette année, par un temps froid et couvert, mais très-calme, h V Angélus de midi, une innocente jeune fille de quatorze ans, Bernadette Soubirous, l'aînée des quatre enfants d'un pauvre meunier, était venue, avec sa sœur et une autre compagne, chercher du bois mort aux environs de la grotte de Massabielle. Au moment de franchir le canal pour rejoindre les deux autres jeunes filles, elle entend tout ii coup autour d'elle comme le

bruit d'an coup de vent soufflant de la i»*airie avec une violence irrésistible. Cependant, k sa grande surprise, les peupliers qui bordent le Oave demeurent dans une complète immobilité. Elle est tirée de son étonnement par un second roulement impétueux de ce souffle mystérieux, suivi, en face d'elle, d'une apparition inouïe, devant laquelle la jeune fille, hors d'ellemême et comme anéantie, s'affaise et tombe i, deux genoux.

m. — Au-dessus de la grotte non loin de laquelle les deux compagnes de Bernadette étaient toujours Occupées h, ramasser du bois mort, dans une niche rustique, haute d'environ six pieds, formée par l'une des trois excavations du roc, se tenait debout, au sein d'une clarté céleste, une Dame d'une incomparable splendeur. L'auréole qui flottait autour d'elle, plus brillante, mais plus douce^que les rayons du soleil, attirait le regard, qui venait s'y reposer avec délices. La Dame elle-même était de taille moyenne, ravissante de jeunesse, belle de tous les attraits des quatre âges de la vie : c'était l'innocente candeur de l'enfance, l'incomparable pudeur de la virginité, la gravité tendre de la plus noble maternité, la sagesse consommée d'une vieillesse toujours verte qui respiraient dans ce merveilleux visage déjeune fille aux yeux plus transparents et plus suaves que l'azur des cieux.

Les vêtements, d'une éto£fe inconnue à la terre, étaient aussi blancs que la neige ; la robe, longue et traînante, laissait ressortir les pieds sans chaussure.

qiii reposaient sur le roc et foulaient légèrement la branche d*un églantier épanoui dans une anfractuosité du rocher; une rose dorée comme les premiers feux de Taurore, s^épanouissait sur chacun des pieds de la Dame. Une ceinture, couleur d'azur, retenait la robe et pendait en deux longues bandes presque jusqu^aux pieds. En arrière, enveloppant dans un pli les épaules et le haut du bras, un Toile blanc, fixé autour de la tête, tombait jusqu'au bas de la robetLe seul joyau que portât l'Apparition, était unchapelet à chidne d'or, dont les grains, étincelantsltenîlftligJiéttr, gEssaient entre les mains jointes de la Dame. Toutefois lësTSvres de la Itéînê'des Vierges demeuraient immoK biles. Chaque grain qu'elle touchait était sans doute un Amen de bénédictions données en retour des supplications qui lui arrivaient des lèvres des ftmes ferventes.

Sous les regards de Marie, Bernadette avait instinctivement pris son chapelet i, la main. D'un geste grave et doux, la Vierge incomparable fit alors le signe de la croix, et la jeune fille rassurée se signa i, son tour pour réciter son chapelet. Au dernier Oloria Patri^ la Beine des Cieux, sans avoir dit un mot, disparut tout & coup pour regagner les demeures étemelles.

Bernadette se releva pour aller de son côté rejoindre ses compagnes ; après s'être déchaussée, elle traversa sans peine le canal dont l'eau glacée s'attiédit soudainement sous ses pas. Chose étonnante : « c'était, disaitelle, comme de l'eau chauffée pour la vaisselle. >

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