CHAPITRE V
LBS VISR6BS MIRACULEUSES DE ROME ET D^ITALOL
I. Madones miraculeaBes de 1796, à St Nicolas des Lorrains à Rdme, à Ancône ; les Madones delV AreheUo^ à» la rue délie Muratte, de St André deUa Vaille et antres; quelques particularités de ces prodiges. — II. Madone de Riroini: commencement du prodige, le 11 mai 1850; révêque de Césène y vient notamment en pèlerinage; effets merveilleux de la Mère de la Miséricorde sor las croyants et sur les impies. — III. La Madone Anwiliwim Christianorum près de Spolète, en 1862. Mgr Amaldi, archevêque de Spolète, constate ce prodige et en rend compte dans plusieurs relations ; profond symbolisme que renferment diverses circonstances de ces événements. — lY. La Madone de Vicovaro: Advocata nostra; symptôme des calamités prochaines; lettre d'un prêtre lorrain sur son pèlerinage à Vicovaro : Beati çui ntm
* Annales de Notre-Dame de Lourdes,' n. du 20 avril IdOS^ p. i5. ^
rwU êtcrediderwti.'^Y. La Madone de Pie IX, à Rome: son origine; elle yene des larmes; motifs d'espérer amtre tonte espérance.
I. — Bien des lecteurs nous ont demande de les renseigner sur les Madones miraculeuses de Borne et d^Italie, si nombreuses dans ce siècle de sang et de boue que la Bévolution appelle le siècle des lumières.
La tâche nous sourit, les livres seuls nous font défont. Voici du moins quelques lignes empruntées i^ des sources sûres, en attendant de plus amples documents.
Disons d'abord quelques mots des Madones miraculenaes de la première Bévolution '. Ce n'est pas en elftt imegrftce réservée uniquemtfitk. notre temps que ces prodiges qui éclatent h, l'approche des calamités publiques et ont lieu de préférence sur les Images de la Sainte- Vierge à quelque vocable qu'elles appartiennent. Marie n'est-elle pas en effet, ainsi que saint Alphonse de Liguori se plaît h l'appeler, en s'appuyant sur saint Basile, n'est-elle pas comme un Hôpital public, PiMicumvaletudinarium ' ? Et comme aucun fléau plus que la Bévolution ne jette autant d'âmes malheureuses hors du sentier de la justice pour les abandonner demi-mourantes sur le grand chemin de l'infortune, il est digne de la miséricorde divine de nous manifester ainsi les trésors de pitié confiés au Cœur incomparable de la Mère du Christ.
' Voir la Cruirlande de Marie, nos de novembre 1869» et avxîl, mai, jnin 1870.
• Œuvres de saint Alphonse de Liguori, édit. Castenoaa tom i,p.d54
Bapprochement frappant entre Borne et la Lorraine !
C^est dans l'église Saint-Nicolas-des-Lorrains, San Nicolo dei Lorenesi, située dans le quartier de la place Navone, qu'eut lieu à Borne le premier prodige des Vierges miraculeuses, en 1796. L'Italie ébdt alors au début des guerres sacrilèges qui devaient envoyer fie YI mourir en exil et Fie VU languir en prison dans notre malheureuse France, alors et maintenant encore si oublieuse de ses devoirs de Fille aînée de l'Église ! Les prêtres de Saint-Nicolas-des-Lorrains avaient coutume de réciter en conmiun, tous les samedis, une heure avant le coucher du soleil, les Utanies de la Très-Sainte- Vierge devant le Maitare-Autel où était vénéré un tableau de la Madone dont un pieux jésuite s'était longtemps servi dans ses prédications. Or, au mois de juin 17^6, M. Binaldi, l'un d'eux, vit k plusieurs reprises, pendant cette récitation, la sainte Image ouvrir et fermer les yeux. H n'osa d'abord parler de cette vision; mais les faits merveilleux qui éclatèrent bientôt de tous côtés à Bome et dans d'autres villes d'Italie, le trouvèrent moins timide pour rendre gloire à Marie, et, le prodige ayant eu de nouveau lieu sous ses yeuxconmie sous ceux d'autres personnes, il ne craignit plus, nous le verrons plus loin, de confesser toute la vérité.
Dans ce même mois, le 25, on vit, à AncSne, une autre Image de la Sainte- Vierge, connue sous le nom de Vierge de San-Ciriaco, également ouvrir et fermer les yeux. Le prodige continua les jours suivants et semblait avoir pris un caractère permanent. Aussi, le 6 juillet suivant, le cardinal Banuzzi, sous les yeux
de qm ces choses se passaient^ ordonna d'imprimer et de publier mi récit de réyénement. Ces nouvelles produisirent une profonde sensation à Borne et n'étaient toutefois que le prélude des faits extraordinaires qui allaient fayoriser la Ville sainte elle-même.
Dès le 9 juillet 1796, à neuf heures du matin, près de la place des Saints-Apôtres, un passant vit tout à coup la Madone DdVArchetfo ouvrir et fermer les yeux comme celle de San-Ciriaco. Cette Image, qui subsiste encore aujourd'hui, si toutefois JRome^Lïbre le souffre, est un simple buste, peint à l'huile, tenant la tête légèrement inclinée sur l'épaule droite, et ayant les yeux ouverts. Franchissant la grille qui prot^eait l'Image de toute atteinte des passants, un des témoins du prodige approcha jusqu'en face d'elle. A son arrivée le tableau avait les yeux ouverts et les prunelles visibles comme d'habitude. Voilà qu'après une courte attente, l'orbite des yeux se voile, les paupières se rejoignent et les yeux sont miraculeusement fermés. Pas d'illusion possible. Un moment après, les paupières supérieures reprennent dans le tableau leur place naturelle. Les autres spectateurs avaient vu absolument tous ces mêmes détails du prodige.— Un autre témoin, M. de Cupis, avait trouvé, à son arrivée devant la Madone, le peuple calme, recueilli et récitant les Litanies de Lorette. Tout à coup, a-t-il raconté, la prière cesse, une immense acclamation se fait entendre et de toutes les bouches éclatent ces cris : Vive^ vive Marie ! La voici, la voici ! Voyez ! Voyez ! En cet instant, en effet, les sourcils se courbent en arc, les paupières supérieures
se relèvent et l'Image merveilleuse arrête sur le peuple un regard affectueux. Le témoin versait des larmes et ses pleurs redoublaient aux cris de la multitude dont l'enthousiasme attestait le renouvellement 'et la persistance du miracle.
A la nouvelle d'un fait si extraordinaire, le marquis delBufalo, l'un des personnages les plus considérables de Borne, était sorti de sa demeure, et se dirigeait vers le palais Gasali, afin de vérifier l'événement II rencontre en chemin la marquise Massini. La marquise lui dit: « Le palais Gasali est inabordable ; vous chercherez en vain à approcher ; au surplus, le m6me prodige a lieu dans la rue Délie Muratte; allez-y, la presse y est moindre. » Le prodige se renouvelait en effet dans la partie de la rue Délie Muratte qui'avoisine la fontaine de Trevi. Ici le tableau représentait Marie les mains jointes sur la poitrine, le regard dirigé vers le ciel. Dans le mouvement surnaturel des yeux, la prunelle s'élevait avec lenteur, et dispanôssait presque tout entière sous la paupière supérieure, puis redescendait à la position naturelle. Le marquis Del Bufalo a vu, dit-il, le miracle se renouveler un grand nombre de fois en un quart d'heure. Sur ce point, de même qu'au palais Casali, le peuple faisait retentir l'air de ses acclamations. Le miracle s'y est reproduit tous les jours durant plusieurs mois de suite. L'Image a quelquefois promené ses regards avec tendresse sur la foule, comme pour exprimer que Marie était sensible aux hommages du peuple.
Mais le miracle n'éclatait pas seulement sur les points dont nous venons de parler. Vers neuf heures et
demie du matin, toujours à la date du 9 juillet 17d6| une dame, passant devant Téglise de Saint-André Dette Vaïïe, voit, au-dessus de l'atelier d'un artiste qui travaillait la pierre, une Image de la Sainte-Vierge, une Mater JDolorosa ouvrir et fermer les yeoi. Elle appelle aussitôt l'individu h qui appartient l'atelier* C'était le sieur CatolL Lui-même avait peint l'image treize ans auparavant. Il sort; regarde le tableau, et suppose la dame frappée d'hallucination, car il n'aperçoit aucim mouvement; un sentiment de dévotion le porte toutetois à nettoyer l'image ternie par la poussière, n prend une échelle, monte, mais au même instant, il voit avec stupeur la prunelle de l'œil fuir et disparaître presque entièrement sous la paupière supérieure. Le fait s'ébruite, le peuple accourt, la foule grossit, et ici commence, pour se renouveler pendant plusieurs mois, une scène toute pareille h. celles que nous avons déj^ décrites. Le peuple ayant remarqué que le prodige se multipliait durant les litanies, en allongeait la récitation, afin de jouir plus longtemps de la vue du miracle»
Le phénomène se propageait d'heure en heure ; avant la fin de la journée, on le constatait dans presque tous les quartiers de Borne. Les ateliers se fermaient, les travaux étaient suspendus^ la foule se croisait dans toutes les directions. L'agitation se prolongea jusqu'à une heure fort avancée de la nuit. Le lendemain, 10 juillet, les rues furent de nouveau envahies. Ce jourlà et les jours suivants, le cercle du miracle s'agrandît encore. Une foule d'églises eurent leurs Madones miraculeuses. La nomenclature que nous avons sous
les yeux en signale plus de cent. Quelquefois^ la Vierge tutélaire du foyer domestique elle-même, rimage léguée par les aïeux, a daigné s^animer et jeter un regard consolatenr sur quelque famille éjAorée.
Mais revenons, pour conclure cette première série de prodiges, à Téglise Saint-Nicolas-des-Lorrains. Lorsque la Madone, qu'on y vénérait, avait Mt éclater sa vertu merveilleuse devant la foule dans ce concert de miracles dont retentissait maintenant toute la Ville sainte, le pauvre M. Binaldi, en punition de sa timidité sans doute, cessait de la voir en cet état surnaturel et il s'en prenait humblement à son indignité. Dira fut touché de sa douleur et dès le lendemain le pieux ecclésiastique put mêler ses acclamations k celles du peuple.
Remarquons, en effet, que les Madones miraculeuses ne sont pas toujours visibles à chaque spectateur. Ainsi, à Borne en 1796, un jeime chirurgien anglais, M. Pater, frappé d'un aveuglement pareil à celui de M. Binaldi, ne craignit pas d'avouer le fait dans sa déposition et il dit surtoutl'émotion profondequ'il éprouva lorsque, pour la première fois, le voile tomba de ses yeux et qu'il contempla avec la foule les impressions miraculeuses de la Madone. — Notons encore que ce n'étaient pas toujours les images en renom qui attiraient ainsi les regards : ainsi, dans un oratoire dépendant de l'église de la Nativité de Notre-Seigneur, c'est sur la plus humble, la plus antique, la plus dé* laissée des images de ce sanctuaire que le miracle se produit. Que ne pouvons-nous, en finissant, redire avec quelques autres particularités, les guérisons, les con-
versiims, les œayres pieuses dont ces manifestations forent la source? Ici, au milieu d*un groupe, c^est un jeune homme qui tombe à genoux et s'écrie devant la foule : « Grâces tous soient rendues Ô Marie ; un jour de plus, et mon âme était perdue pour Tétcnnité ! » lÀ, on vit reverdir, après quatre mois, et cela sous le soleil de Bome, trois branches de lis demeurées avec d'autres fleurs devant une de ces Madones, et se maintenir plusiem^ autres mois dans leur nouvelle fraîcheur. Ailleurs, sur quelques images, les traits de la figure seranimèrent*et s'embellirent encore,et les couleurs de quelques unes de ces Vierges sont restées, depxôs, plus brillantes et plus vivres. Une Madone, celle de la Gratta Pia^ prit durant le miracle une expression de profonde douleur et les témoins virent une larme coider de ses yeux. Ade rares exceptions près,le prodige a exclusivement eu lieu sur des images de la Saintevierge, soit peintes soit quelquefois sculptées.Un beau tableau de la Madone, dû au pinceau de Sasso Ferrato ^ placé dans une chapelle, est au nombre des chefsdWvre dont, k cette époque, la touche miraculeuse a achevé de consacrer la popularité \
Pendant que ces événements se passaient h, Bome, le même prodige déjà constaté h. Ancône, nous l'avons vu, avait lieu dans beaucoup d'autres villes des États- Pontificaux. Cette espèce d'ubiquité du miracle, ayant duré cinq ou six mois, les témoins s'en peuvent compter par centaines de mille, sans exagération, la population seule de Eome étant à. cette époque de cent
* Voir la GtUrlande de Manie, no de mai 1870.
quatre-vingt mille S.mes. Il ne Mlait rien moins que cette assistance visible de la Beine des Gieux, pour empêcher l'œuvre révolutionnaire et bonapartiste contre le Saint-Si^e de créer h la papauté une situation désespérée au sein de Tltalie.
n. — Déroutée mais non découragée, la conjuqition satanique, écrasée sous le talon de Celle qui est bénie entre toutes les fenmies, se remit à Tœuvre avec une persistance infernale et nous arrivons bientôt aux révolutions de 1830 et de 1848 dont le dernier acte se joue en ce moment. Entre tous les secours que le divin Maître prodigue h, la Sainte Église dans cette suprfime tempête, nous voyons de nouveau briller TÉtoile de la mer et, entre autres, les prodiges de ses images miraculeuses se renouveler à Bome, en Italie, en Lorraine et sans doute aussi en d^autres contrées du monde car tbolique. Redire ici les merveilles des sanctuaires de Rimini, Fossombronne, Spolète, Vicovaro, Trevi,Âfile, Subiaco, San-Gregorio, Tivoli, Monticelli, de tant d'autres lieux célèbres et de Home surtout, cela nous est impossible et par le défaut d'espace et par le manque de documents bien authentiques. Nous choisissons de préférence, en Italie, les manifestations de Bimini, Spolète, Yicovaro et Rome dont notre mémoire a conservé le doux souvenir.
Rimini est une ville épiscopale des États de TÉglise, d'environ quinze mille âmes, située dans les Bomagnes, sur les bords de la mer Adriatique, au milieu d'un paysage charmant. Déj^ célèbre dans l'histoire depuis les temps les plus reculés, sa Madone miracu-
lense Ta popularisée dans le monde entier. Évidemment cette Image était prédestinée àde grandes choses. Elle avait été peinte dans la célèbre année de 1796| sous rinfluence, très-probablement, des prodiges qui remuèrent alors si à fond le sens religieux des artistes aussi bien que du peuple. Haute d'environ soixantecinq centimètres sur quarante-cinq de large, la toile représente la Sainte-Vierge en buste, les mains superposées sur là poitrine, la tête légèrement penchée vers répaule droite, les yeux tournés au ciel et admirables d'expression comme la composition tout entière. A la mort du peintre, Joseph Soleri Brancoleoni, en 1810, sa famille offrit le précieux tableau h, Téglise du couvent voisin qui avait autrefois appartenu aux religieuses de Sainte-Claire et se trouve depuis 1824 en la possession des missionnaires du Précieux Sang. Ceux-ci (mt exposé la sainte Image à la vénération des fidèles dans une chapelle latérale de Téglise, sous le titre de Mère de la Miséricorde, Madré délia Misericordia. Or le 11 mai 1850, le samedi dans l'octave de l'Ascension *, une pieuse dame de la ville, venant à passer auprès de l'église de Sainte-Claire, en compagnie de sa fille adoptive et d'une autre enfant, se sentit intérieurement sollicitée à. y entrer ; ce qu'elle fit avec les deux enfants, et elles se rendirent ensemble dans la
' Noos tirons ces détails de deux ouvrages aUemands, l'un le Marianttm ou légendaire de la Sainte-Vierge, publie' à Ratisbonne chez Pustet, l'autre, une notice du Prodige de Bimini^ éditée à Aix-la-Chapelle et que nous a gracieusement communiquée un Yénérable Prélat, très-dévoué au culte de la Miracu» lense Madone.
chapelle de la Mère de la Miséricorde. « Récitons ici un Ave, » dit-ëlleà sa fille adoptive. Celle-ci n^a pas encore achevé la prière qu'elle appelle sa mère et lui fait remarquer que la Madone remue les yeux et la regarde. A peine la mère s'est-elle approchée de Tautel pour s'assurer du foit, que l'Image dirige sur celle-ci un regard plein de suavité, puis élève les yeux vers le ciel, au point que les prunelles disparaissent sous les paupières. Le doute n'était pas possible, car les deux enfants aussi bien que la Dame voyaient le prodige qui dura ainsi une demi-heure environ. Le lendemain dimanche, comme la Dame était indisposée, les deux enfants retournèrent seules devant la Madone, sans avoir dit un mot h, personne, ainsi qu'il le leur avait été recommandé. Précaution inutile, le prodige se renouvela devant elles et deux autres personnes en prière dans la chapelle, mais avec une telle évidence qu'elles ne purent s'empêcher de crier au miracle. En peu d'instants toute la ville leur fit écho et à l'heure de Vêpres l'église se trouva trop étroite pour contenir la foule des fidèles.
Le vicaire général du diocèse, en l'absence de l'Évêque, fut aussitôt saisi de l'affaire pour l'instruire canoniquement. Il se rendit de sa personne à l'église et, après avoir vénéré la sainte Image, il la sortit luimême de la chapelle pour l'exposer sur le maitreautel, aux regards et à la dévotion de la multitude, pendant que tout le monde fondait en larmes et que de toutes parts, au dehors comme dans le lieu saint, retentissaient ces acclamations : Vive Jésus ! Vive Marie IPlus dépêchés !Plus de blasphèf nés ICTéiàit le
plan de campagne de Notre-Dame de la Salette merveilleasement réalisé. Le prodige se prolongea ce jourlà bien avant dans la soirée, mais avec une expression si suppliante vers le ciel qu'on eût dit que miséricorde allait être Mte h, tous.
n se renouvela à différentes reprises chaque jour, et n'avait pas discontinué lorsque TÉvêque diocésain ordonna que la Madone Miraculeuse fût transférée, la veille de la Pentecôte, dans la grande église de Saint- Jean l'Évangéliste où les missionnaires du Précieux Sang commencèrent en même temps les exercices d'une mission. Le 19 mai, jour de la Pentecôte, Mgr Salvator Leziroli vint lui-même dans la soirée prier devant la sainte Image dont il avait sans peine constaté Tétat miraculeux. Les yeux de la Madone firent une telle impression sur lui par leurs mouvements merveilleux, qu'il trembla de tous ses membres, tomba presque sans connaissance et fondit en larmes. On ne saurait dire les miracles de grâce et de conversions opérés pendant la mission sur les milliers de visiteurs venus souvent de fort loin devant la Madré délia Misericordia, Aussi la clôture des saints exercices se termina-t-elle par une marche triomphale de la Vierge Miraculeuse k travers les principales rues de Bimini, sous la présidence de plusieurs évêques et d'un grand nombre de chanoines et d'ecclésiastiques du clergé tant séculier que régulier qui avaient peine à se frayer un chemin à travers la foule. Le prodige continua pendant de longues semaines encore. La vérité n'en fut que mieux démontrée. Pour les simples fidèles, ils n'avaient pas le moindre doute, l'Évëque
s^étant solennellement prononcé. Quant aux esprits légers, frondeurs ou impies, ils étaient eux-mêmes le plus souvent foudroyés par les regards souverains de la Sainte Image. Ces regards étaient ordinairement dirigés vers le ciel^conmie pour implorer miséricorde ; souvent aussi ils se portaient vers la foule ou se mouvaient k droite et k gauche, ou bien la pupille étincelait conmie un diamant. Limage elle-même revêtait une grâce, une beauté, une puissance d'attraction qui n'étaient point de la terre. Après avoir passé des heures en sa présence, on la quittait k regret et sans nulle fatigue, c'était comme une vision du cieL La mission se continuait par ces seuls regards qui terrassaient les pécheurs, effrayaient les âmes attiédies et portaient aux plus héroïques résolutions les cœurs embrasés de Tamour du Christ. Pendant le saint sacrifice de la Messe, bien des pèlerins ont aussi remarqué que les traits de la Madone, d'habitude empreints d'une tristesse profonde, changeaient de couleur k l'élévation et prenaient un air de joie qai portait la consolation dans les cœurs.
Parmi les pieux visiteurs de la Sainte Image, nous remarquons l'Évêque de Césène. Un de ses chanoines était venu et n'avait rien vu ; un second avait suivi celui-ci et avait été témoin du prodige. L'Évêque luimême n'ayant alors plus de doute, se rendit de>'ant la Madone et se mit en prières. « JUt cinq minutes durant^ a-t-il ensuite avoué, je contemplai les seid merveilles duparadis; mais mes yeux furent impuis^ sants à soutenir plus longtemps un tel spectacle. »
A la date du 28 juin suivant, on estimait k soixante*
lé nombre des pèlerins venus en procesaion aent devant la Madone. Parmi les sinipIpK lotons deux officiers autrichiens qui avaient ■er de loin les mouvements des yeui. Mais ncore croire à leurs propres impressions, ils irent îi l'^vêque de Bimini la permission de Le tableau daas leurs mains pour le considélir. Munis do cette autorisation, ils reçoivent u devant eux. Mais au même instant le regard ^lone devient si perçant qu'ils tombent b. genma foudroyés l'un et l'autre : après s'être ' leur émotion, ils détachent leurs décorations joitrine et les déposent sur l'autel en témoiî leur bienheureuse défaite.
vu le miracle, écrit un autre pèlerin; j'ai é attentivement la Merveilleuse Image 'a «t il. l'aide de lunettes ; je l'ai fixée de près et
k droite et à gauche comme en face; je sais t elle est et quelle impression elle a fait sur je devais cependant décrire ce que j'ai vu et
les mots me feraient défaut. Sous la toile inaîmblent vivre des yeux véritables qui se meusens divers comme le font nos propres yens ; i vus en action en plein jour comme la nuit, je
trouvé le lendemain tout seul à l'église, de-
ville est changée, renouvelée dans ses habitudes chrétiennes ; les marchands de poissons ont fait entre eux le pacte de se reprendre les uns les autres, s'ils venaient iiretomber parfois dans leur maudite coutume. Bien des malheureux aussi, qui s'étaient aflUîés aux sociétés secrètes, ont rompu avec elles, dût-il leur en coûter la vie. — Une conversion qui a encore &it bout sation est celle de plusieurs libres penseurs venus k Bimini en compagnie de certains peintres, se promettant entre eux de bien se divertir au compte de la foule. Ils s'étaient rendus k l'église devant la Madone Miraculeuse et pensaient bientôt tenir en mains les fils du complot. Mais à peine avaient-ils regardé en face la Sainte Image que cellen^i les fixa d^ csil sévère, pftlit aussitôt et laissa une larme s'échapper de l'œil droit. Atterrés les uns et les autres à ce spectacle d'En-Haut : Miséricorde ! Miséricorde s*écriërentils tous; Plus de vengeance! Plus de haine contre les prêtres ! Plus de péchés ! Et ce soir-lk même les confesseurs qui se trouvaient dans l'église durent les réconcilier avec Dieu.
Ces miracles de la grâce étaient symbolisés par beaucoup d'autres guérisons opérées sur les corps des malades et des affligés : les aveugles retrouvaient la vue, les paralytiques l'usage de leurs membres, les muets la parole, les incurables la plénitude de la santé, ainsi qu'en font foi les actes de la procédure ouverte par l'autorité ecclésiastique. — Demandera-t-on maintenant ce que pouvait signifier le Prodige de Bimini ? Les faits parlent par eux-mêmes. La Sainte-Vierge venait détruire par avance l'empire de Satan dans
nvre Italie tombée, it cauae de sa tiédeur, ^ à d'une secte vendue à l'enfer et préaidée re dans ses réunions occultes par Satan en e, Marie avait choisi pour premier théâtre de on ce pays des Romagoes par lequel la Kévo- Lllait commencer la spoliation du Saint-Siège era, espérons-le, le premier à secouer ce joug ;t sanglant, pour recueillir dans la joie ce que me a semé dans les larmes.
kons alloua maintenant redire les misérilariedans les États pouti&caui, après lee (tes spoliations dont l'It^e s'est rendue coul'égard du Saint-Siège, entre même de la Péninsule, sous le beau ciel ibrie, dans le diocèse de Spolète et la paroisse it-Lue, entre Castelrinaldi et Montefalco, ra- [grAmaldi, Archevêque de Spolète, «s'élève ie campagne, loin des habitations et des routes, laut d'un petit monticule, une ancienne image rès-Sainte-Vierge Marie, peinte k fresque dans he et qui représente la Mère de Dieu tenant se l'Enfant Jésus. A côté, on aperçoit quelques i d'autres figures de saints, entièrement décofcflevenues presque invisibles : c'est ce qui
du pouvoir temporel de Eome dont nous sommes aujourd'hui témoins ! — « Cette niche, continue Mgr Amaldi, occupe le chevet, unique vestige k peu près de Vantique édifice^ ainsi qu'il m'a été donné de le constater par les actes des visites pastorales, en date du 24 septembre 1713. On ignore, y lit-on, comment fiit fondée cette églisye ; elle est de grandeur moyenne, de forme oblongue, bien construite et bien couverte, avec deux portes, une sur le devant et l'autre de côté ; un seul autel en fait Tornement ; dans le mur est une niche où se trouvent peintes avec les images de la Bienheureuse Vierge Marie et de l'Enfant Jésus dans les bras de sa Mère, celles des saints Barthélémy, Sébastien, Biaise et Boch. Il subsiste encore on pan de mur, poursuit Mgr Arnaldi, k l'endroit où se trouvait anciennement l'entrée de l'église ; du reste, de mémoire d'homme et au-delà, ce lieu était totalement abandonné et ne servait plus de refuge qu'aux reptiles et surtout aux serpents. » — Nouvelle analogie avec les nouveaux maîtres de Bome.
< Depuis quelques mois, continue l'Archevêque, cette vénérable Image avait en quelque sorte réveillé son culte au moyen d'une voix qu'avait entendue plusieurs fois un enfant âgé de moins de cinq ans^ nonmié Henri, et qui l'avait appelé par son nom ; elle s'était même montrée à cet enfant d'une manière dont il n'a pas su rendre bien compte. Néanmoins, on n ei parla guère avant le 19 mars dernier. Un jeune villageois des environs, âgé de trente ans, successivement atteint de beaucoup de maladies devenues chroniquefl et abandonné des médecins, se sentit inspire' d*allcr
^dite Image. Il a raconté qu'après s'être re-
ié îi la Vielle en ce lien, il s'est senti k l'ins-
Brenàre ses forças peniues, et qu'en peu de
jia reconrir à aucun remède naturel, il a re-
Lne parfaite santé. D'autres personnes égale-
ms pouvoir expliquer comment ni pourquoi, se
bties poussées à aller vénérer cette esinte Image
îvenait déjà célèbre, et ont obtenu des grâces
lées.
■es événements rappelèrent ii la mémoire et dans ■ntretiens des habitants de la contrée cette voii Idne par l'enfant, dont on ne parlait plus, parce ■ naturellement on n'avait, comme on le devait, é à son récit ni crédit ni importance. Ce fut alors n apprit, quant à ce même enfant, qu'au moment [l'Apparition qu'il aurait eue, sa niÈre l'avait perdu nspouvoîrjusque là le retrouver, etle revit enfin prèa la chapelle en mines. On ae souvint aussi qu'une une de bonne vie, que Dieu avait éprouvée par de ms afflictions, et que l'esprit malin avait tourmen- ■ITsit, au moment de sa mort, arrivée depuis uq Snnoacé que la Très-Sainte- Vierge voulait receir dans ce lieu un nouveau culte et de nouveaux imenrs ; qu'on y coustruirait un temple, et que les èles y accourraient en grande foule.
• Il est vrai, de fait, qu'une affluence très-considéjlede peuple s'y rend non-seulement de mon dio- B tout entier, mais des autres diocèses voisins, tels ii, Pérouse, Folîgno, Wocera, Narni, Norcia, B concours s'accroît de jour en jour, surtout aui BfSte, jusqu'à cinq à six mille personnes. C'est
là le plus grand prodige, le prodige vraiment extraordinaire, car il ne se reproduit pas dans les autres découvertes merveilletises du même genre. La grande affluence des fidèles qui accourent de toutes parts, conmie conduits par une lumière et par une force célestes ; cette affluence spontanée, ce concours inexplicable et indescriptible est le miracle des miracles : les ennemis de TÉglise, les chrétiens qui chancellent dans leur foi, sont eux-mêmes contraints d'avouer qu'on ne saurait expliquer ce saint enthousiasme des populations ; car (disent-ils dans leur malice) tl est impossible de VcMr9mer à VhabUeté des prêtres. Beaucoup de malades se disent guéris, beaucoup de grâces singulières et prodigieuses ont été obtenues, et quoiqu'il soit nécessaire de procéder avec les plus grandes précautions pour bien discerner les bruits et les faits, il paraît indubitable qu'une fenune de funille honorable, atteinte d'une maladie mortelle, a été guérk par l'invocation de la Sainte Image. Un tout jeune homme du hameau de San-Giacomo, qui avait eu les pieds écrasés par les roues d'une voiture et ne pouvait se soutenir qu'en s'appuyant sur des béquilles, eut k peine visité la vénérable Image, qu'il éprouva une merveilleuse amélioration ^ laissant là ses béquilles il put retourner chez lui sans leur aide, et depuis il est parfaitement rétabli. On cite encore d'autres guérisons semblables. Il faut ajouter que plusieurs hommes, des plus corrompus et des plus incrédules, étant venus visiter la Sainte Image en s'en moquant comme d'une pacotille de prêtres , ont senti malgré eux, en arrivant là, le besoin de s'agenouiller et de prier, et en sont
partis a^ec des sentiments tout autres, en publiant hautement les prodiges de Marie : le changement opéré en ces personnes corrompues d'esprit et de cœur a produit une sainte impression sur les peuples.
« Cependant, dès que le curé dudit viUage m'eut informé de tout ce qui se passait, je lui prescrivis d'enregistrer minutieusement les faits et les circonstances qu'il croirait pouvoir contribuer à la gloire de la Très-Sainte-Yierge. Je voulus ensuite que deux des piincipanx habitants, personnes solvables, fussent dépositaires et gardiens des offrandes laissées par les fidèles, et fissent connaître chaque semaine le montant de leurs recettes. L'officier de police de Montefalco, dans le périmètre duquel se trouve le village, se transporta par un caprice arbitraire au Sanctuaire, le mois d'avril dernier, et prétendit forcer les dépositaires à lui rendre compte des offrandes qu'ils avaient recueillies, avec l'intention de se mêler d'une affaire religieuse tout & fait étrangère h, ses attributions. Je fis de justes représentations, je soutins mes droits, et quoique au temps actuel, et sous le despotisme tyrannique du Gouvernement, on se flatte toujours vainement d'obtenir justice, quand il s'agit des droits de l'Église et du clergé, mes représentations franches et nettes ont cette fois abouti ii un résultat ; d'ailleurs les fidèles étaient aussi résolus de faire valoir mes raisons par des actes ; voilà, pourquoi l'officier de police a battu en retraite.
« Le 8 du mois courant, je me rendis moi-même sur les lieux, accompagné de mon \icaire général et d'aukes ecclésiastiques, pour vénérer la Sainte Image et
aussi pour ne pas manquer de donner l'exemple, ainsi qu'il appartient au pasteur ; j'y trouvai plusieurs milliers de pèlerins et je pleurai de consolation et d'attendrissement. Je prescrivis la restauration de limage un peu endommagée entliverses parties ; et comme le montant des pieuses oflErandes qui avaient été recueillies s'élevait déj^ à la sonmie de 600 écas environ, j'ordonnai que, suivant un plan régulier, on jetftt m plus tôt les fondations d'une nouvelle église, afin que les fidèles vissent se réaliser l'emploi de leurs offinndes. En même temps on s'occupe h, préparer les matériaux, et dans peu de jours on décidera quel plan il convient de choisir parmi ceux qui ont été proposés.
« Afin de promouvoir plus activement la gloire de Marie et la dévotion des fidèles k une si auguste Min, j'ai fait également couvrir, d'une manière provisoire, mais décente, la niche dans laquelle on vénère l'Image thaumaturge, et j'ai voulu qu'on y érigeât un autel pour y célébrer la sainte messe. Ces dispositions ont procuré une consolation indicible aux fidèles, et le concours de toute sorte de personnes va croissant chaque jour, et déjà, l'on célèbre beaucoup de messes dans ce sanctuaire.
< Conmie la divine Image ne portait aucun vocable, j'ai cru bon de la nommer Auxilium christian&rumf nom qui, k tous les égards, parait lui mieux convenir, et le 24 du courant, jour consacré à Marie Se* cours des chrétiens, j'irai célébrer la messe k Tantel érigé d'après mes instructions. J'ai aussi pourvu h ce qu'il se trouve toujours un prêtre k la garde du sanctuaire, ou du moins quelque laïque d'une probité
reconnue, et j'ai ordonné qu^on y chante plusieurs fois par jour les Ûtanies de Lorette, et trois Ave et Gloria pour la conservation et le triomphe du Souverain- Pontife, notre Boi et Père bien-aimé.
c Je me suis ensuite empressé de faire reproduire à mon compte, sur cuivre, TefSgie de Tlmage miraculeuse, afin de pouvoir en tirer des gravures et les répandre gratuitement, pour augmenter la dévotion publique, et empêcher en même temps le trafic par lequel on avilit trop souvent le culte divin. Gomme il y a à Spolàte un honnête et habile graveur, c'est lui que j'ai changé de la reproduction sur cuivre, et j'espère qu'il nous fournira un ouvrage accompli.
« Au moment où j'écris, j'apprends une nouvelle grftce qui est encore plus merveilleuse que celles que j'ai rapportées ci-dessus. Une jeune fille d'Aquajura fiôsaitson noviciat au monastère de Sainte-Marieddla Stella, où elle devait prendre l'habit de converse. Elle fut atteinte d'une affection rhumatismale universelle, qui paralysa tous ses membres et la força de retourner dans sa famille. Ses parents, pleins de sollicitude, eurent beau employer tous les remèdes, ils ne purent jamais obtenir la guérison de la malade, et, depuis quatre ans, elle gisait toujours étendue sur son lit, en proie h, son mal chronique. Quand elle entendit parler des grâces accordées par l'Image thaumaturge, elle témoigna le désir d'y être conduite en chariot, et h peine se trouva-t-elle devant la vénérable Image qu'elle reconnut dans son état un mieux notable, et bientôt elle sentit ses membres s'assouplir de telle sortOi qu'elle regagna à. pied la maison paternelle.
On dit que d'autres grâces singulières ont été obtenues par des personnes de Foligno ; mais je ne sids pas à même d'en &ire une relation exacte.
< Quant II présent, tout ce que je puis ajouter, c'est que la dévotion envers Marie va toujours croissant d'une manière extrêmement consolante pour mon cœur. Que Dieu soit k jamais béni d'avoir daigné, dans sa miséricorde, ranimer la foi dans toute l'Ombrie par la manifestation prodigieuse de sa puissante Mère, Marie! Bénie soit la Vierge, qui, pour cette manifestatiim, a daigné choisir de préférence l'archevêché de Spolète! Bénis soient Jésus et Marie, qui, par cette manifestation miséricordieuse, ouvrent le cœur des catholiques à de plus vives espérances et leur permettent d'entrevoir le prochain triomphe de l'Église et de son aaguste Chef, et la conversion des pauvres pécheurs !
« Spolète, 17 mai 1862.
t Jean-Baptiste Arnaldi, Archevêque de Spolète, >
Ajoutons, d'après le Bosier de Marie \ que le concours des fidèles ne s'est pas sensiblement ralenti devant l'Image miraculeuse, pendant l'été de 1862. Ce concours a été et est encore, dit-il, accompagné des marques les plus touchantes de piété et de dévotion. Les prières des fidèles des pays les plus éloignés sont pleines de ferveur et de foi : leurs chants sont pieux, et grande est l'expression de leur confiance, en s'approchant de l'Image sacrée pour demander les grâces
> No da 19 juillet 1862, p. 313.
nt besoin. La vne de tant de fidèles acconrns • de Marie, leur foi, lenr dévotion présentont tcle admirable, qui a frappé mémo cmil qui, its en matiîire de foi, ne s'y sont rendus que t de cnrioaité. Tous les dimanches, on Toit le tous les pays circonvoisins de longues et ses processions précédées d'une bannit^re de la
ierge, en faisant retentir la vallée de cantiques leur de Marie. Le nombre decea processions .efois atteint le chiffre de vingt-et-un et plnenaient de contrées trës-éloignées, telles que
, d'Assise et des montagnes de l'Ombrie.
sainte voit k tontes les heures do la journée .es prosternés devant elle, et même pendant Les offrandes qui arrivent k rArchevGqne, k s bâtir une église anr les ruines de la petite 1, prouvent combien est générale la dévotion ;ette Image miraculeuse de la Sainte-Vierge. |à recueilli plus de 10,000 francs en argent, ne quantité d'objets précieux, de cierges et
choses semblables. Les travaux vont comincessamment; la dépense est évaluée à 40,000 mais on a la certitude que la piété dos fidèles i cette somme. Devant cette Image sacrée, à la laque messe, on récite habituellement la prière e :
Dstemés à vos pieds, ô Vierge Marie Imma- , Pille du Père étemel, Mère du Verbe incamé, se très-pure du Saint-Esprit, et notre Mère Lueuse, noua vous supplions d'agréer et d'exau-
c Vous êtes la Mère du salut, notre médiatrice, Tespérance des pécheurs, la consolation des affligés, le soutien de la foi des chrétiens, la destractrioe des hérésies, la terreur de Tenfer, le refuge des xnalhea* reuz et la dispensatrice de toutes les grâces. C'est pourquoi, contrits et humiliés, nous vous prions de nous obtenir ^ tous le salut de Tâme et du corps, d*apaiser la colère de Dieu, afin qu'il cesse de nous châtier, et de nous donner la vraie consolatioiif qui consiste h posséder la grâce. Vierge très-sainte, conservez par votre médiation tous les fidèles dans la persévérance, dans la foi, dans le respect dû h rÉglise. Prenez soin du Souverain Pontife Fie IX, des pasteurs, des prêtres et de tout le peuple chié* tien. Obtenez-nous la véritable paix, afin que tooi . les princes chrétiens et toutes les nations oatho* liques, faisant trêve aux hostilités, s'occupent k défendre la sainte religion de votre Fils Jésus-Christi à détruire rincrédulité, lliérésie et le schisme, et que tous les catholiques, multipliant les bonnes œuvres et persévérant en même temps dans le bien ja9qn% la fin, puissent recevoir au ciel la couronne de gloire. »
Nous rapporterons, pour terminer cette courte n(H tice, le miracle suivant publié par Mgr rArchevêqnt de Spolëte dans sa sixième Uélation sur rimage . Miraculeuse dite Auxilium christianorum. Apiès s'être justifié du retard qu*il semblait avoir mis h la publication de ce nouveau recueil des gloires de Marie, le saint prélat, dit le Rosier de Marie^ relate n(h tamment le prodige que voici :
« Thérè^ie, femme d'Ulysse Agosiâni, originaire de Soriaiio, proYince de Yiterbe, gisait depuis onze mois dans son lit par suite d'une attaque dliydropisie, ainsi que Font constaté MM. Moretti, médecin de Yiterbe, Lorenzetti, chirurgien de Capina, Boani, médecin do Yiterchiano, et le médecin même de Soriano. Tous ayaient unanimement ordonné Topération, présentée toutefois comme très-dangereuse par M. Moretti. Dans ces perplexités, la malade voyant qu'elle n'avait rien à attendre des secours de Tart médical, se tourna vers la Sainte-Yierge, vers Marie, l'ange tutélaire des chrétiens, Auxilium ckristianorum. Quoique épuisée de forces, car son corps ne pouvait recevoir ni garder aucun aliment, elle se détermina, au mois de juillet dernier, k entreprendre les soixante milles de distance cpd la séparaient du sanctuaire de la Mère de Dieu. Arrivée devant la sainte chapelle, elle sentit, en y entrant, pénétrer dans son cœur une douce espérance, ou, pour mieux dire, la certitude de sa guérison. Elle se jeta, pleine de ferveur, & genoux devant l'auguste Yieige, purifia son âme aux sources salutaires de la pénitence, se présenta à la Table où l'on distribue le pain des forts, et demanda à Marie, avec toute la vivacité de sa foi, la grâce sa guérison. Sa prière fut entendue : elle n'avait pas encore mis les pieds hors de la petite église, qu'elle sentit ses vêtements lui glisser le long du corps. « Ah ! ma pauvre Anne, s'écria-t-elle tout étonnée, en s'adressant à la femme qui l'avait accompagnée ; que signifie cela ? Il me semble que je perds tous mes vêtements I » La vérité, c'est que Marie avait commencé de l'exaucer. En effet,
f-n rTCT'TpHi* î. fomiù^^PiDcsit dispara dep î''=ïr— li. -V -it h^ni: ^ ot iD:*iii{i2t d'une sanl iiir:*- Ir I â-i'emir^ ôfiniflr, f-De est Tenue I rit? sL m-aniiaiâmiSf l Ir àyace Mère de Je rirait Q^ ^çjTHLÎf fLjf £ fsîi câéfaier une mesae ^''il:' q^ çrjiiri: ^ ôfitDs^ er £r vci^xine belle mé
Ttiljf -s?: r'tm^Tfissirm prctdmte dans tonte 1' lŒT I-tf rrL.'tf^ K j^ j«rvtâir€s sans nombre de h 1 SQni?tj?ii=^ tz :aT5 d* Sjtùlèie, qu'à notre pèlei Gf 1^7'' £i:x sLi:iaaii«s de Borne et de Tltal zizrL l* Prre Jf^isfi-Antoirie qne nous Tisitàme s& paiiTTr c^ll:i2r de capucin, an courent dd i à TziiiL r:i2i cSrit en sonvenir Tnne de ces p image; de Xorre-Dame Anxiliatrice que Mgr Ai a fait graver. Elle ne quitte pas notre Brériaiit exécution est admirable ; entre autres détails, TE Jésus tient dans ses mains une colombe qui ba ailes vers Marie : puissent Tltalie et toute la chréi retrouver la simplicité de la colombe !
IV. — De la Madone du pays de Spolète nous vous ÎKîolIe do. Vicovaro. « Sur toute la li^esi dos contins ]w>ntiticaux, écrit-on de Uome il la IS(i;J au IHm pttUiv de iJand ', àTrevi, Afih biaiv, Vii*o\an\ San-Urojrorio, Tivoli et Montici y a dos tuMoaux roprôsoutant la Sainie-Vienre ( \on\ \W l*iu»airo so nuMixont. Kst ci» un siinit* df ou lo iMO>;ïv;o di» nouvo-los i'prou\o< r » Les v
kt que trop répondu h. cette qnestion imr la OD de tant de prodiges. Â tant de larmes -Versons, il u'y a que Marie pour snprëme 6e.
Q est un bourg, de douze à treize cents âmes
tué sur la route de Rome k Subiaco, & mi-
^à, à l'époque de la Révolution, lors de la
ïccupation française, l'église de cette loca-
Ité du nombre des sanctuaires illustrés par
B Miraculeuses. La Madone qu'ony vénère
Ire i''Advocata nostra et qui est peinte sur
iùlors remué les yeux, ainsi qu'il est constata
locuments authentiques et que le racontent
ijonrd'hui les tieillards de l'endroit. Depuis
fait mémoire de cet événement par une fête
^ui a lieu le 22 juillet de chaque année. C'est
ite, le 22 juillet 1S63, que le miracle de la
mee Madone a recommencé. Après quarante
isi que l'atteste VOsservatore Eotnano', il
ajoura. « Voici, dit- il, le quarantième jour que
Leuse image de la Sainte-Vierge, vénérée sous
hocata twstra à Vicovaro, renouvelle quo-
.t le miracle, tantôt plus et tantôt a
ivant maintenant les regards vers le ciel,
fois les abaissant vers la terre, ou les pro-
loucement sur ses enfants prosternés, venus
is côtés pour former sa couronne, pour s'eni-
[loyale présence et pour la supplier, dans ces
[tables, pour eux-mêmes, pour l'Église et
k Marie, n. du 19 septembre 186^, p. iH.
pour son suprême Pasteur. Et de fait, e^est la croyance universelle des personnes innombrables venues à Vicovaro des pays voisins et éloignés, que ce mouvement admirable des yeux, et spécialement ce changement continuel de la coideur du visage sacré de Marie tantôt en nuance p&le et mélancolique» tantôt en nuance rubiconde et comme de suffocati<m, n'est pu sans relations avec les événements du jour. >
La population de Bome, en particulier, s'y portût en foule ; le 15 août de la même année, on y comptait près de dix mille personnes '. Tous les jours partaiert des caravanes à pied de la Ville sainte, chantant pendant le pèlerinage des cantiques et récitant de dévotes prières à la Sainte- Vierge'. Le prodige^n'était pas continuel, quoique se renouvelant chaque jour, à cette époque. Mais Teffet n'en était pas moins salutaire sur les pieux fidèles accourus vers leur Avocate des Gieu.
Un de nos prédécesseurs & Haute-Eontz, M. Tabbé Hoffmann, aujourd'hui Archiprêtre de Bohrbach» s rendu compte de son pèlerinage k Vicovaro, dans I0 Bosier de Marie '. Qu'il nous permette de lui céda ici la parole, afin de consoler par son exemple ceu qui visitent les Vierges Miraculeuses au temps d prodige sans qu'il leur soit néanmoins donné de ri^ voir que par les yeux de la foi.
« Arrivés il Vicovaro, le jeudi 8 septembre, v midi, écrit M. l'abbé Hoffmann, nous fûmes d'ab
' BoHer de Marie, n. da 5 septembre 186*\ * Ibid., n. du 5 octobre 1865.
' Ibid,, n. du U noyembro 1868.
I. Après avoir passé plus d'une heure devant Is ne, nous reprîmes notre route, nous réservant, k retour, d'y séjourner pluslon^mps dans l'ese voir le miracle. Le vendredi soir, nous étions our de Subiaco. Comme il n'y a pas d'auberge tt aro, nous dûmes descendre chez Viastituteur, qui iccueillit avec bonheur et fit de son mieux pour béberger : on voyait qu'il était tout fier d'avoir k ■ des prêtres français, et certes, nous ne lui ferons injure de dire qu'il y cherchait son intiSrêt. C'est le s'il nous a compté s>'s déboursée, et, quand au t il nous baisa respectueusement la main, nous ras que cet homme, pieus et instruit, voulait tout honorer et servir le prêtre. Nous lui en con- 118 bon souvenir.
ne fois casés, et nos ordres donnés pour le repas ir, nous nous hâtâmes d'aller passer une heure t la Vierge. Même foule de pèlerins, même .llement, même silence que la première fois. le souper nous y retournâmes jusqu'à dix heures.
ci : Les yeux de la Vierge sont, comme ceux de la colombe, des modèles de simplicité, de vérité et de miséricorde. On comprend à quels riches développements et à quelles applications peut prêter cette pensée si féconde. Il traita son sujet en maître, au milieu du recueillement le plus profond et le plus sympatique. « Vers la fin de son discours, il conclut par ces paroles : Ayons donc aussi comme la Vierge, la simplicité, la vérité et la miséricorde, non-seulement dans le regard, mais dans le cœur, sur la langue et dans nos actions. Puis il s^écria avec vivacité : Eiwiva Maria ! Son instruction était finie ; mais le peuple répondit aussitôt à ce cri : Evviva Maria ! Éwiva Maria!...,. Cela dura quelques instants; des milliers de voix, voix d^enfants et de vieillards, voix de femmes et de jeunes filles, voix indigènes et étrangères, toutes répétaient avec bonheur et sincérité cette glorieuse exclamation. C^était le cri de la foi, de Tespérance et de Tamour envers Marie. Nous admirions Texpression vive, recueillie, modeste et touchante de ce brave et pauvre peuple qui, depuis quarante jours, venait ainsi chaque soir prier aux pieds de la Madone, et dont la ferveur avait obtenu déjà deux guérisons miraculeuses, celle d'un paralytique et celle d'une femme affligée d'une fièvre opiniâtre et dangereuse. Nous avons interrogé cette femme, et certes, sa relation était empreints de tous les caractères de véracité que le plus incrédule puisse exiger.
c Le lendemain, samedi 5 septembre, dès cinq heures du matin, nous disions notre messe à Tautel même où est déposée la sainte Lnage. Un zouave ponti*
le enfant de Tourcoing (Nord), y communia ■otion achevée, il alla signer comme témoin il avait vu le miracle la veille.
attendions encore la même faveur ; d'impa- 3US allâmes en demander en quelque sorte ■es au curé, au vicaire etk l'instituteur de la On nous montrales registres où des milliers .ns de toutes les conditions avaient signé, .yant vu le mouvement des yeui, les larmes, ■ mortelle, le soulèvement de la poitrine et es étincelles sortir des mains de la Madone. jns discuté; noua avons fait parler ces téoua avons poussé notre eiamcn juaqu'k tourjr de l'autel, pour nous convaincre, par nos . n'était pas possible d'user de quelque atraour opérer ces phénomènes. Tout cela n'a feit Snter notre foi. Qu'on le saelie donc bien ; .ge est une peinture à l'huile, d'une main cert exercée ; elle est placée sur le m^tre-autel ; 3re, elle est toute dégagée, de manière k tre examinée de près; le miracle arrive ordit vers neuf ou dis heures du matin par un radieux soleil, devant une foule attentive et I de gens de foi et d'incrédules. Y a-t-il Ul
tromper ou d'être trompé P Pour nous, après îndu les témoins, examiné les lieux avec une sévère, nous étions tellement convaincus de iufait que nous n'avions plus même une forte Le voir de nos yeux; la vue n'eût plus rien notre foi. Aussi, pressés de rentrer à Roms imaache, nous quittâmes Vicovaro vers sept
heures du matin nous disant avec le Sauveur : « Bienheureui ceux qui croient sans avoir vu! » Nous syouterions volontiers : Ce n'est pas ainsi que rhomme invente ; ce n'est pas ainsi qu'il trompe ! »
y. — Nous terminerons ce chapitre par trop incomplet, nous le regrettons plus que personne, par quelques mots au sujet de la Madone miraculeuse dltaîie la plus récente, la Madonna dd Papa. Nous les empruntons ài la Correspondance de Genève, Tune des feuiUes du monde catholique les mieux informées '.
« Quelqu'un a dit cette profonde parole : < Jamais la rage de l'enfer n'est plus grande que lorsqu'il plaît a Dieu de se faire voir aux hommes. » Bien n'est pins vrai et plus souvent démontré par des exemples.
« On ne parle ici, depuis hier, que d'un miracle dont toute la ville de Bome est témoin. Il s'agit d'une image de laTrès-Sainte-Vierge, placée au-dessus delà porte du couvent de Saint-Chrysogone, au Transtévère, et qui, au témoignage d'une multitude qui stationne sur la place, remue les yeux.
c Une image de la Vierge qui se mêle de fiùre un miracle! Devinez, si vous le pouvez, les hurlements de fureur de la presse athée, ses ricanements et ses blasphèmes. Sa rage est d'autant plus grande que cette Image sainte, en faisant un miracle, ne proclame pas seulement la puissance et la miséricorde de la Très- Sainte-Vierge, mais célèbre du même coup la gldre de Pie IX, cet illustre glorificateur de Marie.
' Voir le Bim public de Gand, da 9 juin 1871 : Lettre d< Rome dn 27 mai précédent.
« Voiei commeni Personne n^ignore que le Saint- Père, si perséeaté par la perversité des hommes, est, en reranche, fiaiyorisé des grâces les plus insignes de Dieu. Dëjit, en plusieurs occasions, la Bonté divine lui a communiqué la vertu de guérir les malades condamnés par la science. Or Timage en question a été placée sur la porte d'entrée d'un hospice b&ti par la princesse Qdescalchi, en mémoire et en reconnaissance de sa guérison opérée instantanément, il y a six ans, par les I»ièreset la bénédiction de Pie IX. A côté de la Vierge il y a deux antres images, celle d'un saint Trinitaire que la Princesse avait invoqué, et celle de Pie IX dans l'attitude de la prière. Le peuple appelle communémoit cette image de la Yiei^e?^ Madonna dd Papa. VoiUi le second et plus violent motif de la frénésie dont la presse révolutionnaire s'est sentie transportée Wa nouvelle de ce miracle. Plus il est évident, plus il est attesté par la multitude qui, dès le matin, encom- Isre la place de Saint-Chrysogone et ses abords, plus s'exalte la fureur des journaux.
« Je me suis rendu sur le lieu du Prodige, et voici ce qui m'a été raconté par un très-grand nombre de Wmoins. Une pauvre mère, dont les brigands florentins ^ent enlevé le fils pour la conscription, était venue tout éplorée èi l'église des Pères Trinitaires pour y obercher quelque consolation et les forces dont elle *vait besoin pour supporter le coup cruel qui la frappait En sortant de l'église, elle jette les yeux sur la Madone et s'écrie : € 0 Mère toute-puissante ! quand donc nous délivrerez-vous de ces brigands qui nous ^^Rachent nos enfants pour les pervertir ?» Au même
instant elle tombe à genoux et pousse un grand cri. Les personnes qui, en ce moment, traversaient la place, s^arrêtent et se mettent & montrer, à tous ceux qui arrivaient, la sainte Image dont les yeux s'ouvraient et se fermaient tour à tour. Le peuple, & ce bruit, accourt de toute part, et, depuis lors, la place ne désemplit plus. On illumine la façade de Tédifice dans laquelle est enchâssée la sainte L[nage, et Ton entend de tous les côtés ce mot bien fait pour allumer le dépit et la rage de nos libérateurs : « la Madonna dél Papa ha fatto un miracdo ! »
< Plusieurs fois la police piémontaise a tâché de disperser la foule ; celle-ci s'obstine, et la place est pleine nuit et jour, et les cierges allumés, placés par le peuple tout autour de la Madone, sont sans cesse renouvelés, et le peuple, que la tyrannie de la liberté révolutionnaire a poussé h, bout, espère et dit à haute voix que ce miracle est le premier signal de la délivrance. Les hommes instniits partagent cette espérance des classes populaires. Tout le monde voit dans ce feit extraordinaire une nouvelle marque des grâces dont le Seigneur comble en tout temps son Église. C'est pour les Komains un motif particulier de joie que la Puissance divine ait cette fois-ci choisi, pour se manifester, l'image de la Vierge, auprès de laquelle se tient agenouillé et transfiguré pai- la prière le « vrai Pape de la Madone, »
< A cette occasion on se raconte tous les prodiges opérés par le Saint que Dieu a placé à la tête de son Eglise et, au milieu des tritessesqui accablent tous les cœurs, ces souvenirs font concevoir pour l'avenir les nlus consolantes espérances.
« Chacun se dit quil n'est pas possible que le saint Pape, comblé par le Ciel de tant de fayeurs et de gloires, n'ait pas été réservé pour assister au futur et prochain triomphe de TÉglise. Ne sommes-nous pas & la veille du 16 juin, de rachèrement de cette longue période <]ue le règne d'aucun Pape, depuis saint Pierre, n'a encore dépassée ! Cette circonstance inouïe ajoute encore ^ nos espérances et répand dans le camp des enfants de l'Église une animation joyeuse. Mais comme par une espèce de contre-coup de notre joie, la fureur des ennemis de Dieu s'exalte jusqu'à la démence. Hier la Capitale, ne pouvant nier l'enthousiasme du peuple qui croit au miracle, prétendait que ce n'est qu'une jonglerie des religieux Trinitaires. Ce seraient eux, d'après cette mauvaise feuille, qui accréditent ce prétendu Bûrale. Par malheur, afin de fermer la bouche à la dévolution ou, du moins, de lui ôter ce prétexte, ces religieux ont affecté de se tenir h l'écart, d'observer une attitude purement passive. Le peuple ayant voulu que leur Église fournisse des chandeliers et des tentures pour décorer l'Image Miraculeuse, ils s'y sont cons- '^^"^ent refusés et pas un ne s'est montré, depuis deux jours, sur la place qui est devant leur église. Nous tenons ces détails de la personne même qui a été envoyée sur les lieux par l'autorité ecclésiastique, pour vérifier le fait.
«Béveillons donc et notre courage et notre espérance. L'époque du Calvaire fut aussi celle des grands prodiges; après le Calvaire, la Résurrection. Un Pape prisonnier, qui souffre la passion et qui fait des miracles, est assuré du triomphe ; c'est dans la nature et dans la
— ao6~
force même des choses. Groupons-nous courageusement autour de M| et la victoire ne tardera pas & nous yenit«M*.. »
BèmâiqnonSi en terminant cet extrait, que la Madone de He IX est voisine de l'Église des Trinitaires de Saint-Chiysogône, oil repose aqourdliui la dépouille miraculeuse de I*un6.d0s grandes protectrices de fiome et du Saînt-Pàre, le corps conservé intact d'Anna- Haria-TàlgL
GHAPITBE YL
AFPABITION Dft U. SAIMTE-VIBBOB, AU VATICAN.
(«vrillSSO.)
I. Piremière Apparition à une Dame protestante, dans la chapeUe domestique de Pie IX. — II. Seconde Apparition, à Saint- Jean de Latran. — III. Troisième Appari* tion, à Tandience du Vatican.
I. — Nous venons de terminer Tesquisse rapide des berges Miraculeuses de Borne et dltalie par le trait de la Madone de Pie IX. Mais ce n'est là qu'une des nombreuses glorifications de l'illustre et saint Pontife par la fieine dés Cieux. lU'a exaltée dans sa jeunesse comme dans un ftge plus avancé et sur le trône pontifical ; Marie, de son côte, le comble de ses faveurs les plus signalées, depuis vingt-cinq ans qu'il est au gouvernail de la Sainte Église. Choisissons ici le magnifique exemple qu'elle nous a donné en 1850 de son maternel dévoûmentit Pie IX comme Souverain Pon-
tife : ilimporte de ne point passer sous silence cette démonstration vraiment prophétique pour notre temps si affireusement dérouté, faute de soumission, nous allions dire finte de dévotion au Pilote de la barque de Pierre : AMegà Pie JX, semble-t-elle nous dire, aïïes à lui tùmm tenant la place de Jésus^Christ^ si vou^ ne vouIe5 sombrer à jamais stir la perfide mer du mofhde moderne. Il s'agit d'ime triple Apparition de Marie urivée à Borne, au moment de la rentrée de Pie IX dans la Ville étemelle, it son retour de Gaête. Le récit en a été conmiuniqué aux journaux catholiques par un officier de Tarmée d'occupation, en mai 1850 ; voici le texte de sa lettre, tel que le Père Huguet le rapporte toles Faits surnaturels de la Vie de Pie IX \
< lia de nos ofSciers, M. G..., se promenait aux mitim du Vatican avec sa femme et ses deux enfants H^ l^un, de douze ans, Tautre, de dix. C'était quel^ qnes jours avant la rentrée du Saint-Père. Madame &". était protestante ; seulement il faut dire qu'au moins jusqu'alors elle s'était acquittée fidèlement de ^ devoirs, en toute bonne foi, selon sa croyance. Aussi disait-elle dans ce moment même h, son mari : * Je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus, si j'te catholique. » Soit curiosité, soit pressentiment ta&istible, M°ie G... témoigna ^ son mari le désir de voir les appartements du Pape. L'officier voulut la ffltisÊiire, et les portes leur furent ouvertes. En parcourant les principales pièces du palais, on arriva à la chapelle particulière du Pape. En y entrant, M»»©
' Un volume in-18, chez Josserand, à Lyon, 3^ édit., p. 24.
G... aperçut un prie-Dieu couvert d'un tapis de velours rouge ; pensant avec raison que c'était la place où Pie IX implorait chaque jour pour l'univers les bénédictions du Seigneur, elle s'y agenouilla, persuadée qu'elle y recueillerait du bonheur pour elle et pour les siens. La tête appuyée dans ses mains, elle pria avec ferveur quelques minutes, et, par une pieuse habitude, en opposition pourtant avec les principes de ses coreligionnaires, elle recommanda ses enfants à la Sainte- Vierge. Elle leva ensuite les yeux, et vit soudain audessus de l'autel une dame environnée d'une auréole éblouissante, qui tenait ses deux enfants par la main, et devant l'autel, le Pape tourné vers elle... Frappée et émue tout h, la fois d'un tel spectacle, sa tendresse maternelle se trouva surtout alarmée, et son premier mouvement fut de s'assurer si ses deux fils étaient encore à ses côtés. Son émotion était si visible, que M. G... en eut de l'inquiétude. Pour la dissiper, elle prétexta une petite indisposition, sans s'expliquer davantage ; mais l'empreinte de ce tableau était tellement gravée dans son esprit, qu'elle ne l'oubliait pas un instant. »
IL — « Quelques jours après, le 12 avril, à l'arrivée du Saint-Père, M™» G... se rendit, avec beaucoup d'autres dames, à la tribune qui leur était résen'ée dans la basilique de Saint-Jean de Latran. A peine eut-elle aperçu le Pape, que M°»o G... reconnut paiiaitcment tous les traits de Pie IX, tels qu'elle les avait vus dans la chapelle. Elle fut déjà vivement saisie ; mais lorsqu'elle aperçut au-dessus de lui, dans la
même position et avec le même éclat qu^au Vatican, rimage de la Très-Sainte- Vierge, elle ne fut plus maîtresse de son émotion, et Ton ciiit qu'elle allait se trouver mal. Ayant repris ses sens, elle dissimula la cause de son trouble et garda encore son secret. »
in. — « Un troisième assaut lui était réservé. Le jour fixé pour la réception des dames de nos ofSciers par Sa Sainteté, M™® G... se trouva des plus exactes au rendez-vous. Tout le monde était rangé sur deux lignes, au milieu desquelles le Saint-Père passait en donnant sa bénédiction k droite et à gauche. Arrivé devant M^e G... et se^ deux fils, le Vicaire de Jésus- Christ s'arrêta, comme pour le représenter plus vivement en caressant les enfants. Il s'informa avec bonté des noms de ceux qui étaient h, ses pieds, leur donna à chacun un chapelet, et semblait vouloir les gratifier d'une bénédiction particulière, en posant ses mains sacrées sur leurs deux têtes. L'heureuse mère était ivre de joie. Mais qu'éprouva-t-elle lorsqu'elle vit encore au-dessus du Souverain Pontife, et de la même manière que les deux fois précédentes, l'éclatante image de Celle que les catholiques appellent la Mère de Dieu /... M^ne G... s'était sentie, dès la première et la deuxième Apparition, pressée de quitter sa religion ; elle avait résisté, mais h, la troisième elle se rendit. Après avoir passé la nuit suivante dans les larmes, elle déclara k son mari qu'elle était résolue à abjurer le protestantisme. Celui-ci seconda sa résolution, et l'abjuration se fit, avec toutes les cérémonies prescrites, le vendredi 17 mai, dans une chapelle
întérieure de la Trinité-du-Mont ; et le jeudi suivant, Mme G.„ put s'asseoir k la sainte table avec son mari et ses deux enfants. Le cardinal-vicaire les communia et il confirma ensuite la nouvelle catholique.
* Au moment où le cardinal et sa suite allaient se retirer, le brave M, G... détacha de sa poitrine sa décoration et demanda à tracer quelques lignes dont voici à peu près le sens ; ■ Les grâces que j'ai reçues au- " jourd'hui, ainsi que ma famille, sont si grandes, que
< je ne saurais les reconnaître. Ma décoration est ce ■ que j'ai de plus précieux ; je la laisse sur l'autel de « la Sainte-Vierge comme un témoignage de ma re-
< connaissance. >
Puissent les âmes qui errent encore hors du bercail de l'Église catholique ou qui se sont laissées prendre jusqu'ici aux erreurs du Libéralisme si souvent déjà condamnées par Pie IX et ses prédécesseurs, puissentelles, i la lecture de ces lignes, comprendre l'appel Prophétique de la céleste Bergère et se jeter enfin dans les biras da Tim ttmmaia des fidèles comme dans les brae de Jâsua-Christ mSme 1
CHAPITEE VIL