‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 26 sur 90 · DANS LA SAINTE ÉGLISE · texte numérisé non relu

DANS LA SAINTE ÉGLISE

I. — Relations intimea du culte de Notre^DotM-des-AngeB avec lesnëcesBÎtés actaelles de TEglise. — II. Noti%4)amedes- Anges de la Portioncule, en Italie. — III. Célèbre lih* dalgence obtenue par Saint-François d* Assise. — IV. Restituration de cette Dévotion à notre époque. — V. Guérîson du Père d^'Bray. — VI. Institution de TArchiconfrérie de Notre-Dame-des-Anges à FouYourville, près Toulouse. — VIL Apparition du Père de Bray à une agonisante. — VIII. La prière Auguste Reine des deux.

l. — Bien des indices nous prouvent, eu dehors des prophéties modernes, que Satan est en ce moment déchaîné, avec ses légions de démons, contre FÉglise militante. Sans parler des erreurs sans nombre qui obscurcissent les intelligences et du relâchement inouï qui s'est emparé de toutes les classes de la société et y a compromis les bonnes mœurs et avili les caractères, h ne parler que des abominations des tables tournantes et du spiritisme, et à ne considérer que le travail de démolition occulte des sociétés secrètes de haut et bas étage contre la plupart des institutions du monde religieux,sans que les gouvernements y veuillent prendre

garde, si encore ils n*en sont pas complices : tout cet ensemble de faits néfiuites porte évidemment Tempreinte de Faction directe des esprits infernaux pour quiconque a des yeux pour yoir et des oreilles pour entendre.

L'Église serait donc bien en péril si TAuguste Vierge Marie ne veillait sans cesse sur elle et n'accourait h: son secours, au plus fort du danger, avec ses invincibles légions d'anges. Il est vrai que la prière doit faire appel à sa miséricorde ; mais la Mère de Dieu 7 a encore pourvu, en ranimant de nos jours parmi les fidèles l'admirable dévotion à Notre<!-Damedes-Ânges. Cette dévotion répond si bien aux nécessités présentes, qu'il n'est pas hors de propos d'en entretenir les lecteurs des Voix PropMiques. -

IL— Qui n'a entendu parler ' des merveilleux sanctuaires d'Assise ? Après Rome et Lorette, l'Italie ne possède rien de comparable à ce berceau de Tordre séraphiquo. Mais telle est cependant l'action destructive du temps et des révolutions, que le monument le plus sacré d'Assise, l'admirable chapelle de Notre-Damedes- Anges, enclose comme sous un dais sublime dans l'immense église de la Portioncule, ne réveillait plus de nos jours qu'un vague souvenir des prodiges auxquels ce sanctuaire doit son impérissable renommée^

' Voir pour plus de détails les articles publiés par le

Eosier de Marie, depuis U 24 février 1872 jusqu*au mois de

juillet suivant, — et Notice historiqiu sur la Dévotion de Notre-Dame-dei-Anges par M. DeviUe, de Toulouse.

lorsqu'il plut à Marie de nous rappeler par de récents miracles combien il nous serait salutaire de l'invoquer de préférence sous ce glorieux titre de Eeine des Anges qui est le vocable séculaire de son autel privilégié de la Portioncule.

Mais éclairons d'abord les merveilles du présent par quelques mots de l'histoire des origines de ce sanctuaire de Notre-Dame-des- Anges. .

La tradition rapporte que dès le quatorzième siècle, où cette chapelle avait été élevée par des pèlerins de Terre-Sainte et dédiée à l'Assomption de la Très- Sainte-Vierge, bien des fois les voyageurs et les personnes du voisinage y avaient remarqué des lumières célestes, accompagnées de concerts angéliques en l'honneur de la Eeine du Ciel.

Saint Bonaventure parle de ces apparitions des Anges et de la Sainte- Vierge comme d'un fait notoire et indubitable. Saint François d'Assise en fut luimême informé par un prêtre, son compatriote, lorsqu'il vint se fixer auprès de. cette chapelle sans autre intention d'abord que de la restaurer; ce prêtre lui racontaqu'ilavaitété plusieurs fois témoin deces prodiges dont l'avait aussi entretenu un laboureur des environs. François apprit du reste bientôt, par sa propre expérience, combien Marie et les Anges se plaisaient en ce lieu.

L'église appartenait alors aux Bénédictins du mont Subazio, non loin de là. Ils possédaient de plus autour de l'humble sanctuaire un petit enclos qu'ils appelaient leur petite parcelle de terre, leur portioncule^ d'oïl l'église avait elle-même pris le nom de Portion-

cule. Oep«ndani le peuple rappelait 0u8 eomoMtoé^ inent Notare-Dame-deB-Anges, la Madami^ âegUAa^ gid% ik oause des fréquentes "appaiitîQiie qn^y ftisaife la Sainte- Vieige arec les esprits bienhemeni.

Après avoiF lestanié. cette ^lise, Fran^» qui Yoyait son erdre k peine fende, déjà li Fétrôit autour de lui, demanda aux BÀiédictins du Mont Subaàîo ee sanctuaire avec le terrain y attenaniL'Abbé lui en ftt graeieuseinént la concession, à la seule condition que si son ordre se dé?eloppait| la Poridoneule serait tou« jours regardée comme le berceau dti nouvel institiit. Heureux d'acquiescer li cette cmidition, ïrançois tint le mime jour arec un de ses religieux piendre posées* sion de Kotre-^ame-des-Ânges.

Or, la nuit suivante, pendant qu'il y était en erai-» son, il vit sur Tautel, li la &veur d'une éclatante lumière, Notre Seigneur Jésus-Christ, sa très-sainte Mère et une multitude d'anges qui le regardaient avec beaucoup de douceur : « Je suis venu avec ma Mère,' « lui dit Notre Seigneur, pour vous établir, vous et < les vôtres, dans ce lieu qui nous est fort cher. »

Le lendemain François convoqua tous ses religieux et leur communiqua cette vision afin de leur inspirer un grand respect pour le sanctuaire qui devenait ainsi le berceau définitif de son ordre. Ce ftat là, en effet, que le saint passa les seize dernières années de sa vie ; là qu'il pria, qu'il souffrit, qu'il fut favorisé bien des fois encore des visions les plus merveilleuses de la Beine des Anges et de son divin Fils ; à côté de là enfin qu'il rendit son dernier soupir, couché sur la terre nue, en achevant le Psaume 141 et disant : « Les w'U» m'attendent avec votre récompense. »

Avint de mourir, il avait une dernière fois recominaDdé à se» firères d'avoir toujours la plus grande yénération pour le sanctuaire de Notre-Dame-des-> Ang^ parce que la Sainte-Yierge lui avait révélé qifelle aimait singulièrement cette église entre toutes cdlesqoi lui ont été dédiées. < Gardez-vous bien, Bieg edÎEmta, leur dit-il, de jamais abandonner ce lieu; ^ si (m vous en chasse par un côté, rentrez-y par l'Entre, car il est saint, c'est la demeure de Jésusdffist et de la Sainte-Yierge Marie sa Mère. »

OL — Saint François avait d'ailleurs grandement contribué à rendre vénérable le sanctuaire de Notre- I)&m6 des Anges par la célèbre indulgence dite de la f ortioncule qu'il obtiut de Notre-Seigneur lui-même, ittg les circonstances suivantes. Une nuit qu'il priait ta» le voisinage pour la conversion des pécheurs tot le malheureux état l'attristait profondément, il fotaTerti par un Ange d'aller à l'église où il trouverait N«tre Seigneur Jésus-Christ et sa très-sainte Mère ^mpagnés d'une multitude d'esprits célestes. Plein i*«lW^esse, il s'y rendit aussitôt et se prosterna ^Brant l'Apparition pour offrir ses hommages à la %8té du Fils de Dieu.

« François, lui dit alors Notre-Seigneur, le zèle

* îue vous et les vôtres avez pour le salut des âmes, < m'engage à vous permettre de demander pour elles

• quelque faveur, à la gloire de mon nom. » Ravi de *ttt de bonté, le saint fit alors cette prière : < Notre Kre très-saint, je vous supplie, quoique je ne sois qu'on misérable pécheur, d'avoir la bonté de nous

^CGorder que tous ceux qui visiteroDt cette église reçoi* yent ime indulgence pléniëre de tous leatirs péchés, 9près s^eA êtare confessés au prêtre, et je prie la Bienheureuse Vierge votre Mère et Tayocate de tous les hommes, d'intercéder pour me fiûré obtenir cette giÂce. » Et8urllnterces8iondeMarie,Notre-Seigneur accéda à la prière de son serviteur : € François, lui < dit-il, vous demandez une gr^de faveur, et je vous « en accorderai, encore de plus grandes. Je vous « accorde dès maintenant celle-cL Je veux néanmoins € que vous alliez trouvez mon Vicaire h qui f ai do%né € le pouvoir délia: et de délier, et que vous luideman-. € diez la même indulgence. »

Les compagnons du saint entendirent ce dialogue de leurs cellules ; ils virent aussi la lumière céleste qui resplendissait dans Téglise et les troupes d'anges qui accompagnaient Notre-Seigneur et sa Bienheureuse Mère, mais une frayeur respectueuse les retint h l'écart.

Le Pape Honorius était alors non loin de Iti, & Pérouse avec la cour romaine. Il fit bon accueil à François et lui accorda cette indulgence à perpétuité, mais seulement pour un jour par an, de la veille au soir, au soir du lendemain. Dans une autre apparition, Notre-Seigneur, sur la prière de François, détermina queTépoque de Tindulgence fût depuis le soir du jour oii TApôtre saint Pierre se trouva délivré de ses liens jusqu'au soir du lendemain, c'est-à-dire du premier au deux août Ce qui fut encore confirmé par le Souverain Pontife qui chargea sept évêques de se rendre à Assise, le premier jour du mois d'août suivant, pour promul-

gnerson décret Les sept prélats consacrèrent en même tnq» la merveUleose église de Notre-Dame-des- Anges à laquelle on n^a plus touché depuis. La piété te Souverains Pontifes et des princes catholiques Ta coioQrée d'une autre église, vaste et magnifique; mais, c^esttoujoursik la petite chapelle placée directement WQ8 le dôme de cette basilique, que les fidèles vont fiûre leurs dévotions.

Le Pape Innocent XII, par vénération pour ce lieu ttintet pour accomplir h, la lettre le vœu de saint ^(ois, étendit, par sa'SuUe du 18 août 1695, & tous Jm jours de Tannée l'indulgence plénière de la Portioneule. Et c'est ainsi qu'à notre retour du tombeau teApStres nous avons, les 15 et 16 février 1870, eu la consolation de jouir à plusieurs reprisés de ces divi- ^ &veurs. Le gouvernement italien a supprimé, il ^ vrai, le couvent des Pères Franciscains attenant ^ relise de Notre-Dame-des- Anges, mais ses décrets n*ont force de loi ni au ciel ni dans les cœurs des fidèles, et jamais Soi d'Italie ni quelque autre Nabuchodonosor que ce soit ne verront se presser autour de leur trtne les mtiltitudesque Ton voit surtout le deuxaoûtde chaque année accourir à l'humble mais béni sanctuaire de la Portioncule.

IV. On sait que cette indulgence a été, depuis deux siècles, étendue, mais pour le deux août seulement, et à certaines conditions, à toutes les églises franciscaines du monde catholique, et aussi à certaines églises et chapelles qui en font la demande à Bome. Mais la

fia de cette iodii^QiGe, le oulfe 4e NobrerDime-de»- Aiy^s piême étùtvMpiqa imi>b4-daiHi-V^Up«a|t)*

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avec amour parles Gdèles.

Dèsl852 une personne pieuse, comme nous le savons par une de ses lettres datée de Bennes, le 11 août 1871, . avait ressenti une souffrance inouïe qui dura qnatpft' jours, c'est-i-dire tout le temps qu'elle passa i Assi» pour y attendra la fête du 2 août, et Notre-Seijfueur luiavaitfait comprendre par un rayon intérieur,qu'elte son&ait pour l'ingratitude des hommes qui laistiaieut tomber en désuétude la si grande grâce que sa Mbtt. leur avait obtenue ; puis une seconde illumination plil| distincte que la première, avait indiqué U cette par-' sonne que, pour arriver U restaurer dans le mow entier le culte de Notre-Dame-des- Anges, elle devi^ faire célébrer de nombreuses messes an tombant même de saint François d'Assise. Ce qui nt Um^ Fuis, deux ans après, la mSme personnese rotronva^ dans la grande église de la Fortioncule, Ii l'wdii^ même où saint François avait rendu sa bell^ ItaM k Dieu, Notre-Seigneur lui avait montré întârieoMMBt qu'il iallait faire dire des nou vaines de messMa'Miifc i'nnçois, au cœur de laTrès-SaatS'Vira^-akiVaH Sacré Oceor pour obtenir le raioUTCUeiiuatidalKOft* votion ^ IJjatrâ-Dame-des- Anges; il lui KT^iMiltMl comprendre qu'il fallait demander par «s iiiwilliiM i» messes et d'antres encore à l'sntel .de la cb^tflt

-âïô-

miiacolense, un ou plusieurs miracles en fiiveùr de cette restauration. Les mesçes fîirei^t acquittées, cette personne pria beaucoup, des âmes ferventes s^unirent à elle k la même intention ; mais la faveur à obtenir était grande et deux ans se passèrent encore avant qu'eût lieu la guérison miraculeuse de H.deBray, aujourd'hui TApÔtre privilégié de la Dévotion il Notre-Dame-des-Anges.

. y. — Depuis trente ans, M. Marie-Frédéric de Bray

fils d'un ancien receveur général des finances, soùs la Bestaiiration, était atteint d'une très-grave maladie qui s'était compliquée depuis environ deux ans de trois, autres également mortelles. Tous les moyens ordinaires et extraordinaires avaient été tentés; les plus illustres médecins de Paris, de Montpellier, de Turin et de Florence avaient été consultés ; la science avait déclaré son impuissance, et Dieu lui-même semblait sourd à toutes les prières. Le saint priDCe de Hobenlobe' avait aussi prié pour lui sur la demande que lui en avaient faite Son Eminence le cardinal de Clermont-Tonnerre, archevêque de Toulouse, et Leurs Excellences les cousins du malade, le comte de Bray, mort ambassadeur de Bavière à la cour de Vienne, et père du comte actuel de Bray, ancien ministre des affaires étrangères du royaume de Bavière, ainsi que le comte de Mathezanco, mort ambassadeur de Prusse auprès de la cour de Vienne ; mais les prières du thaumaturge allemand n'avaient non plus obtenu aucun résultat.

Le malade était sans espoir et condamné U mourir ; il était encore dans la force de l'âge (trente-six ans), et il n'avait jamais goûté aucune douceur de la vie, par suite du constant état de souffrance où il était depuis l'âge de six ans.

Il était très-pieuï et ayait une immense dévotion à la Sainte-Vierge. Un jour, il entendit la voix de cette divine Mère qui lui disait : ■ Fais le vœû d'aller en pèlerinage h Notre-Dame-des-Anges, îi Assise, et je te guérirai. >

Quelques jours après, les médecins étant venus, déclarèrent qu'à, huit heures du soir il aurait cessé d'exister, « II n'a plus de poula, l'agonie va cesser, et il s'éteindra sans qu'on s'en aperçoive, » dirent-ils îi téus les paysans qui étaient descendus du village pour avoir des nouvelles du malade (c'était le 22 juillet 185G).

Tout ik coup, au moment oti l'horloge du ch&teaa de Bellevne, propriété de la famille de Bniy, souiaît minuit, et ot le mourant exhalait son dernier soalâr, il recueillit ce qui lui restait de forces pour dire, de sa voix défaillante, & la Reine des Anges qui l'asaistait : < Je f^s mon vœu. > A l'istant même il fut guéri, le ma^ disparut et la vie revint. > Je suis guéri > s'écria-t-il; et & 1^ stupéfaction de sa mère et de ses parents, il se leva, en effet, radicalement guéri.

Le lendemain, le médecin qui le soignait depuis plus de trente ans et qui croyait bien ne plus le retrouver en vie, ne put s'empêcher de s'écrit en le voyant debout : < C'est an véritable miracle. > En affet, c'en

^tait un, et tout à fait digne de la puissance et de la bo&té de Marie.

Quelques jours après, appelé par Sa Grandeur Hàiseigneur Mioland, archevêque de Toulouse, qui désirait connaître les détails de cette guérison, le doeteor Portes confirma au pieux prélat les faits déjit connus, en lui disant : « Monseigneur, s'il le &Qt, je Tattesterai et le signerai de mon sang. »

On comprend qu'après un tel bienfait, Theureux enfant de Marie n'eut rien de plus pressé que de lui témoigner sa reconnaissance. Accompagné d'un ami de sa famille, Monseigneur d'Estrade, camérier du SaintrPère, il partit pour Rome, où il se reposa quelques jours, et de là il se rendit à Assise pour faire le pèlerinage qu'il avait promis dars son vœu.

là, aux pieds de l'auguste Yieige, dans le sanctuaire de Notre-Dame-des-Anges, il eut une vision dont tous les détails furent comminiqués au Bévéwnd Père de Villefort, très-versé dans la connais- ^ce des choses deDieu et dans la conduite des âmes, w très-Eévérend Père Beckx, géiéral de la Compagnie de Jésus, et enfin au Souvenin-Pontife Pie EX.

A la suite de cette vision, il commença à. Bome ses %de8 théologiques. Deux ans apiès, en 1858, il fut ^onné prêtre par Monseigneur Pie, évêque de Poi- '^^rs, que la Providence avait anené à Bome tout ^rès dans ce but ; et le même jour, le Bévérend Père K^ûéral l'admit dans la Compagnie de Jésus, où, comme lui avait dit la Très-Saint-Vierge, « il devait apprendre l'obéissance. »

VI. ~ Le pramier pas était fait dans la voie des miracles. La Très-Sainte- Vierge ne devait pas s'arrêter. Cependant plusieurs années se passèrent encore avant que sa volonté fût clairement manifestée.

En reconnaissance da bienfait qu'il avait reçu, le Révérend Père de Bray fit demander an Sonvermn- Pontife Pie IX| par l'entremise de Monseigneur d'Estrade, la faveur insigne de l'indulgence de la Portioncule, poui la paroisse qui avait été le théâtre du miracle de sa ^uérison.

PouvourviUe, dans la circonscription duquel se trouve le château de Bellevue, est un gracieux petit village situé sur m coteau, i. une heure de Toulouse environ, sur la route de Montpellier. On croit que la dévotion de la Ptrtioncule y existait autrefdis, maiâ le souvenir s'en était complètement effacé et personne n'en soupçonnait plus l'existence (Voyez quelques détails, ice sujet, dans une petite Notice historique sur Notre-Dame-des-Anges, composée par un pieux pèlerin en 18G7, d imprimée chez Barhou frères, à Limoges, 1869).

Lorsque l'auguste Pie IX, dont on connaît la dévotion i la Très-Saiite- Vierge, eut entendu le récit de la guérison miracileuse du Père de Bray, il accorda sur-le-champ, et arec un bonheur indicible, la faveur qui lui était demandée.

Les habitants de PouvourviUe accueillirent avec la plus grande joie Iheureuse nouvelle. Dès lors ils résolurent de célébffir cette fête comme une des plus solennelles de l'amée. ■ L'on vit en ce jour cesser dans cette paroisse et à plusieurs milles t la ronde,

to les travaux des champs : vieillards, femmes et ^te rividisàrent de zèlaponr timoigiier à Marie ^ bv filiale dévotion. Depuis lors^ leurs sentiments s'oBt pas changé. Le 2 août, la même fête ramène chez toxles mfinofaes manifBstations de foi et d^amour. Au monÎQit où nous écrivons ces lignes, un pèlerin de Koho-Dame-des-Anges nous raconte que le 2 août desttnées 1865, 66, 67, 70, 71,une multitudede pieux ttàleg étaient v^us de tous les diocèses voisins; on €<^ptait même des habitants de Paris et de la Bretagne, de ritalie et de TAngleterre, et même de la malkenreose Pologne. >

■ Désormais, l'antique dévotion de Pouvourville à Notre-Dame-des-Anges était manifestement rétablie. lAohapelle de l'égliseparoissiale, dédiée à la Sainte- ^eige, fiât désignée par Monseigneur Desprez, arche- ^ue de Toulouse, pour être le sanctuaire provisoire ^6 Notre-Dame-des-Anges, en attendant que les auniônes des pieux fidèles permettent d'élever à la Reine dnciel une église qui soit digne d'elle et de son divin Ris.

VII. — La reconnaissance du Révérend Père de ^fayiie devait pas s'arrêter là. La faveur particulière î^^ avait obtenue pour Pouvourville n'était qu'une première satisfaction accordée à la foi expensive de ses compatriotes. L'auguste Vierge lui fit bientôt connaî- ^ qu'elle voulait autre chose de lui.

D lui tardait de voir enfin le monde apprécier l'immense bienfait qu'elle lui avait obtenu danslacon- ^sion.de la Portioncule, et elle inspira à son humble

serviteur la pensée de fonder, dans le lieu même oîi il avait été miraculeusement guéri, une association de prières qui aurait pour bot de laremercier de ce grand bienfait et de l'honorer spécialement sous le titre de Notre-Dame-dcs-Ajiges. Cette association, en s'éteadant à toutes les partiea de l'univers, devait ouvrir à toutes les âmes un accès facile aui grâces que la Beine du ciel répandait avec tant d'abondance sur ceux qui avaient déjkmis en elle leur confiance et imploré Bon secours.

Fonder une association de prières qui embrassât le monde entier était une pensée ambitieuse, si elle ne fût venue de la Très-Sainte-Viergo elle-même. Le Père, craignant une illusion, hésita longtemps avant de céder & cette inspiration. Maïs l'auguste Vierge lui apparut environnée de mille millions d'anges, et avec une bonté de mère renouvela sa demande, etleRévélend Père de Bray se mit enfin en devoir de lui obéir.

VIII. — Dy a des volumes entiers à lire aujourd'hui sur les miracles opérés depuis ces dernières années par rinvocation de Notre-Dame-des-Aages, miracles de guérison, miracles de conversion snrt^mt, au récit desquels r&me fidèle ne peut que se répandre enactionsde grâces devant Jésus et llârie, avec bon espoir pour ravenir. Obligé de nous borner, nous nous en tiendrons à l'on des plus récents ot il y a double prodige, le Père de Bray y apparaissant par bilocation.

Cwi la mère de l'enfant miraculée, lady M. Murray qui écrit elle-même, eo dat« du 14 jmn 1872, ^ TA.

Deville, secrétaire de Tœuyre de Itotre-Dame-des- Anges i Toulouse ' :

« Yoici,Monsieiir,le motif pour leqiBl je m^adresse h vous. J'ai eu six enfants, j'en ai perdu cinq, qui, j'espère, jouissent aujourdliui de la vMon de Dieu. La seule enfant qui me reste est une jeine fille de dixneuf ans, bonne et pure conmie un ange ; atteinte depuis deux ans de la même maladie qui a emporté ses frères et sœurs, elle était à toute àtrémité, mercjedi dernier 12, pendant que nous (tiens h Agen, venant de Bordeaux, et comptant nous rendre à petites journées \ Lourdes. Et tandis que nois récitions les . prières des agonisants (j'oubliais de vois dire que ma fille venait de recevoir les derniers sac*ements), pendant donc que nous récitions les prières tes agonisants dans les larmes et au milieu des sangloW de ma mère, de ma sœur et de mon mari, nous vîmes la porte de la .chambre qui s'ouvrit : c'était un prêtre 'qui entrait. S'approchant de nous, il nous dit avec )onté : < Mes enfants, pourquoi pleurez-vous? »

— Pourquoi ! dis-je avec une frénésie de douleur, ne voyez-vous donc pas que ma fille se neurt, si déj^ elle n'est morte ! . . .

— Mais non, ne pleurez pas, nous ditîl, ayez confiance. »

Prenant alors la main de ma iSille, quine donnait plus aucun signe de vie, il leva les yeux ve*£i le ciel et, après quelques moments de prières, lui dii: «Ma fille, au nom du Seigneur Jésus, au nom de ILnma Beine des Anges, levez- vous et marchez. »

* Voir le JRosier ds Marie, no du 20 juillet 1872 nairo i

Aa même insiant, ma fille ouvrit les yeux, s'assit auÏBori'éôarit ett'un seol bond se précipite dans mes bras.

Tous dire mîjoie passe toute idée!-.. Quant au prêtre, il avait disparu, personne daua la maison lie l'âvàit vu ni enfrerni sortir; et quand je revins auprès db ma fiile et è ma famille dans la joie, disant : J'ai liiten'Ogé les Jitrsonnes de la maison, personne ne l'a Tu'hi entrer ti sortir, i Et comment vouiez-vous, maiilan, me dif Isabelle, notre miracnlée, comitient vooléz-vous qifon l'ait vu! c'est le PèredeBray!', '.. ' — Il est dore & Agen?dit mon mari.

— Eli noti ! Dapa, il est k Toolouàe.

— "Mais conmerit veux-tu, ma fille, qu'il soit à Toulouse en nême temps qu'il est à Agen?

^"— Ah! lûor père, c'est le secret de Dieui •

X'à-dessus, non mari sortit pour faire demander par le télégraphe à Toulouse, si le Père de Bray y était. Vers le soir, m apporta la réponse qui nous annonçait que le P6rc dt Bray n'avait pas quitté Toulonso depuis plusieurs mas.

— Mais, osait mon mari à ma fille pendant le dîner, comment sais-tu, Isabelle, que c'était le Père de Bray?

'' — W l'ai sn, papa, aa moment ot j'allftis rendre mon demiei soupir. La Sainte-Vierge m'est app&rne, et elW m'a fit : « Ma fillfe, aie confianfte, voilà que je t^énV6ie I0 (irecteilr d^'mon Archiconfrérie de Notrb- Dttme^âes-inges, il te Htppellera ii la vie. >

'ïiâinédiàleiâèiit je revins h la vie, et quand j'ouvris les yeux, je via 66 Père, et les Beuleit pnoles qae j'ai

sortir de sa bouche ont été celles-ci : « Je M^Mroyé de Netre*Dame-des- Anges, son ambasttMtrirar la terre ; je suis le Père de Bray. > ' 'Voflltj-MonsieHr, pourquoi je tenais tant à vous voir, { wpmwk Yoirle Père de Bray ; et, si je ne lui ai point nro^ cette relation h lui-mSme, c^est que Ton m'a dit fieionte c(qrre8pondattce directe était arrêtée.

Tenillez, Monsieur^ présenter au Père de Bray mes n^ed^ l'ionàmage de ma profonde reconnaissance.

Agrfez vens-même, Monsieur, Tassurânce de mes seoiments les plus distingués. Lady M. Murrat.

IX. — À ceux qui désireraient une formule spéciale de iffière à la Beine des Âiiges^ nous conseillerons )Bitièidîèr«nient' celle que la Sainte-Vierge enseigna de^mameyCOBime tout porte à.Iecroire, à une Beli- RMine de • la Congr^tion des FUles de Marie^ dans Vu Apparition qui eut lieu, en>avril 1866, au menasttn de Notre-Dame-du-Biefage, à Ânglet, diocèse de Bifoime;

«Xes prédictions de la Sàlette vont s^dCcompUr^ hà atinonça-t-eUe : dites qulon prie heoMcowp pour ofaiser la colère de Dieu. »

- Illuminée d'un rayon <le la clarté divine, cette âme pieuse vit, en effet, en esprit, les démons répandus sur h terre où ils exerçaient d'affreux ravages. Élevant alors, dans sa vision, sesregards alarmés vers Marie pour réclamer sa protection toute puissante, elle entendit cette bonne Mère lui dire que les démons étaient bien réellement déchaînés dans le monde, mais que l'heure était venue de Tinvoquer comme Eeine des

Anges et de lui demander d'envoyer ses légions d'eaprits bienhenrem pour combattre les esprits infemanx et les refouler dans l'abîme. • Mais, ma Mère, > lui répondit la Religieuse avec ime candeur toute filiale, « vous qui êtes si puissante et si bonne, ne pourriez- « voas pas nous envoyer vos anges de vous-même et ■ sans que nous vous le demandions ? »

« No», dit la Tr63'Sainte-Vierg8;ïa prière es(««e condition imposée par Dieu lui-même poiir Vobtention de la grâce. »

« Eh bien ! ma Mère, » reprit la pieuse fille de Ma- « rie, « voudriez-voua du moins me faire connaître « comment il faut vous invoquer ? »

La Mère de Dieu se rendit au désir de cette sainte &me et lui communiqua alors la prière suivante, connue sans doute de plus d'un de nos lecteurs, mais que nous donnons ici, afin d'aider encore, à la dernière heure, i sa plus grande propagation.

PBiÈ^x. Auguste Reine des Vieux, souveraine Maitresse des At^es, vous qui, dés le commencement, avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan; nous vous le demandons humblement, envoyée vos Liions saintes, pour que, sous vos ordres et par votre puissance, dles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans Ve^me.

Heureuse d'avoir été exaucée par sa Mère du ciel, l'humble Beligieuse, afin d'échapper à tout« illusion, 8'en ouvrit au vénérable abbé Cestac, directeur de la communauté de Notre-Dame-dn-Befiige, d'Ânglet. Devenu dépositaire de cette prière, le Son Père que

la mort a enlevé depuis ixois ans tt la Congr^tion des Filles de Marie dont il était le fondateur, crut avant tout de son devoir de soumettre cette belle formde an jugement préalable de Mgr Lacroix, Evêque cto fiayonne, qui Fapprouva, telle que nous venons de la donner. M. Tabbé Cestac la fit aussitôt imprimer k cinq cent mille exemplaires pour la répandre au loin. Des traductions en ont popularisé les paroles dans presque toutes les langues de TEurope, sous le patronage de plusieurs archevêques et évêques.

Dans la communauté même de Notre-Dame du Befhge elle se récite plusieurs fois le jour, et tout le monde y est persuadé qu'elle attire d'abondantes grâces sur la Congrégation vouée d'ailleurs d'une manière tente particulière à la Sainte- Vierge.

Après tant d'exemples et de sollicitations venus de tons côtés, nous imiterons les millions de fidèles qui <>îitd^k donné leur nom et leur cœur à. la Dévotion de Notre-Dame-des-Anges. Les douleurs toujours plus poignantes du présent suscitent d'ailleurs chaque jour de nouvelles adhésions à ce culte si consolant de la B«ûe des milices célestes. Ainsi l'Allemagne catholi- 9f^^ vient encore d'en entendre célébrer les avantages VI Tnn de ses plus savants prélats. Mgr l'Evêque de f «derbom, dans une Lettre pastorale du 8 juillet der- ^®r»oîiil constate la décadence toujours croissante de ïios temps, considère l'égide de Marie comme l'abri ^8 lequel l'Église trouvera un refuge assuré contre ^^persécutions. En même temps il glorifie essentiellementlaMère du Sauveur sous le titre de Notre-Damedes-Anges, ces mêmes Anges vainqueurs des forces

sataniques au commencement du monde, et marchant depuis de triomphe en triomphe sous les regards de celle qui est terrible comme une armée rangée en bataille.

Vive Notrc-Bame-dcs-Anges !

Vivent les saints Anges de Notre-Dame !

. CHAPITRE Vra.

APPABITION DE LA SAINTE-VIERGE A PHILIPPSPORF,

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