‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 27 sur 90 · ES BOHÈME · texte numérisé non relu

ES BOHÈME

I. Maladiâ déBeapérée de Marie 'Madeleine Kadë, de Philippidorfj'-II. Ut SaiaU-Vi«rgamppara!t it la mouraJite, la 13 janvier 1860. — III. Sa gudruon iiutanUiije. — IV. Commeacameut du nouveau Pèlerinage.

I. — Si chères que soient l'Italie et la France au cœur de la Reine des Cieox, celle-ci' se plaît & répandre BUT toute la chrétienté l'abondanoe de ses faveurs, comme Hère de g^e et de miséricorde. De lii, tant de prodiges et d'apparitions de sa part dans les denx hémisphiares, de I&, au nord et an midi tant de nonveaux sanctuaires suscités par elle à c3té des anciens, aân qae justes et pécheurs, dans cette fatale tiédeur oU languit la société moderne, sachent clairement d'où il fout attendre le salut

L^pire d^Àutriche, par un contraste frappant, sehttt'ttnsi la douce main de Marie lui venir en aide te que, dans cette triste guerre de 1866, ses hommes <l*ftàii et ses guerriers, livrés aux sophistes, laissèrent re&nends'avâncertrioiaphant jusque sous les murs de Vienne, à la corruption des mœurs et ii l'inconsistance i^miK^ôiïa^e Secours des ch^étiensYeimt donner ffl spectacle la candeur ahgéliqùe et Tinmcible confitteè d^è humble fille des champs dont elle voulut lÀen gufrir les horribles plaies, symboles vivants des plaies morales de sa patrie '.

Comme h, La Salette et à. Lourdes, le lieu de la nou- ^e Apparition est admirablement choisi pour attirer ^ Hen loin Tatlention sur les desseins miséricordieux ^ Marie. Philippsdorf, ob lu »cène va se passer est un village tout catholique, d'environ mille ftmes, de la T^isse'de Gteorgswald, situé en Bohême, au diocèse ^ Leitmeritz, non loin des frontières de la Saxe et de ^ Prasse. La miraculée est une jeune personne du nom ^Uarie-Madeleiùe Eadé, née le 5 juin 1835, mainte- ^t orpheline de père et de mère, et retirée dans la ^lie de Joseph Kadé, son frère unique qui exerce la P^feesion de tisserand. Ame simple et modeste, d'une vertu sincère et ^sms ostentation, menant une vie toute ^yni^ation sous l'œil maternel de la Beine des vierge8,Marie-Madeleine avait été passée au creuset de la ôoiiffirance depuis sa dix-neuvième année. Eécem-

' KoQs avons puisé les détails qui suivent dans l'ouvrage ■Oeiûaûd intitulé : Maria, das Heil der Kranken, von P. Franz .^ici, in-18,Leitmeritz 1867.— Voir aussi le Bosier de Marie, ^ ^n 10 mars 1866 et du 30 mars 1867.

ment encore, elle avait fait une grave maladie dont elle guérit, il est vrai, mais dont le germe lui resta néanmoins et dégénéra bientôt en plaies purulentes qui lui couvrirent tout le c6té gauche, jusque exiger un douUe pansement par jour. L'infection en étsât presque insupportable. Cependant la malade, animée d'une patience admirable et d'une sainte résignation, avait reçu les derniers sacrements et, condamnée par la médecine qui ne voyait plus de remède possible, elle s^était tout abandonnée au bon plaisir de Dieu.

IL— La journée dul2janvi'er 186S venait de se passa dans un redoublement de douleurs tellement violentes qu'elles avaient fait frémir tous les assistants. Vers minuit, Marie-Madeleine pria son frère qui venait encore de lui donner ses soins, d'aller se reposer ; il ne resta pour la veiller qu'une de ses amies d'enfimce du nom de Véronique Kindermann. Vers deux heures du matin, la patiente pria celle-ci de l'asperger d'eau bénite et de vouloir bien réciter avec elle le MemO' rare. Fuis elle lui dit d'une voix éteinte qu'elle avait pleine confiance que le bon Dieu ne lui donnerait pas plus à. souffrir qu'elle ne pourrait supporter et qu'an plus fort de la peine, l'assistance de Dieu n'en serait que plus assurée ; et elle l'engagea à prendre elle-même quelque repos. Ce que fit Véronique qui s'endormit bientôt, la tête appuyée contre le chevet de son amie. Marie-Madeleine, toujours en proie aux plus vives souffrances et sans aucun sommeil, trouvait sa consolation h élever souvent ses regards vers une image de Notre-Dame-des-Douleurs, suspendue à la muraille auprès d^ son lit.

Tout à coup, ce samedi, 13 janvier, vers quatre leures du matin, une clarté éblouissante se répandit lans la chambre à peine éclairée par la lueur d'une lampe de nuit ; le lit en fut environné comme s'il )ût été exposé en plein soleil : « Béveille-toi, dit aussitôt Ifiâie-Madeleine & Véronique ; vois comme il bit clair icL » En même temps, la malade aperçoit il dimte du lit, à ses pieds, une Dame, pleine de majesté, resplendissante de lumière, recouverte d'un manteau dHme éblouissante blancheur. Son visage avait Téclat du soleil; une couronne radieuse, comme Tor, reposait BorBatête, tandis que l'ampleur des vêtements recourt les mains et les pieds de l'Apparition. Une profonde émotion avait saisi la malade que Véronique, ttDs se douter de rien, s'efforçait en vain de calmer. < A genoux donc, lui dit Madeleine, ne la vois-tu in devant nous ?» Et elle se couvrait les yeux de la inain, tant était éblouissant l'aspect de Celle qu'elle •'ait reconnue pour la Très-Sainte- Vierge. Sa gardeiBalade, persuadée qu'elle délirait, se saisit de ses iDttns sans rencontrer toutefois de résistance, car Ibiie-Madeleine était toujours dans le même saisis- Kinent. Cependant, elle avait joint les mains et sans ^préoccupation que celle de rendre hommage à. la ^des Cieux, ^le se mit à réciter le Magnificat : *Xmâme, s'écria-t-elle,gfZm/îe le Seigneur et mon %à est ravi dé joie en Dieu mon Sauveur. > L'in- ^parable Beine des Anges l'arrêtant à ces derniers ^ts, d'une voix douce et suave au-delk de toute ^9^on : « Mon enfant, lui dit-elle, de ce moment ^ êtes sauve. » — En allemand, le mot Heil signi-

fie également salut, sauveur, comme en ce passage, in DeosalutarimeOj et être sauve ou gtiéri^ comme dans la réponse de Marie, von jetztan heilt es. — En même temps ' la Tîslon disparut let avec elle la Bpkndeiir céleste qui avait illuminé la chambre. -

m. — Marie-Madeleine acheva le cantique d*actioD de grâces toujours tremblante d*émotion mais en plan repos d'esprit et de cœur : elle se sentait radicalement guérie. A peine remise de ses transports, elle fit appé« 1er son frère et sa belle-sœur qu'elle accueillit par ce cri d'allégresse : « Je suis guérie, je suis guérie^ c'art Elle qui me Va dit » Ils crurent d'abord ii mi accès de fièvre ; mais en la voyant dans toute la plénitole de ses facultés leur raconter toutes les circonstances de rApparition, se mouvoir librement et passer fortement sa main, sans éprouver de douleur, snr tout la côté qui la veille encore n'était qu'une affreuse plaie; en entendant sa voix tout-it-rheure encore mounnte et maintenant forte et sonore, en considérant son cMé qu'elle débarrassa sous leurs yeux de toutes les coo* presses et qu'ils reconnurent parfûtement sain et recouvert d'une nouvelle peau, comme du reste le médecin s'en assura lui-même peu après, il fallut Mes tt rendre à l'évidence et proclamer le miracle. Tons Oh semble, ravis d'admiration, unirent leur voix en M conmiune prière d'action de grâces. Après quoi Marie* Madeleine se leva sans aucun secours, plus agile it mieux portante qu'elle ne l'avait jamais été. Dans 11 maison logeaient six braves ouvriers de finbriqne qn connaissaient bien tout ce que la maladie avait de M- i

tspéré. Quel ne fat pas leur étonnement quand, h tut lever, ils virent en pleine santé celle quHls royurât voir morte d'un jour ii Tautre! A la nonelle de ce qui venait de se passer dans la cliaumière ifl tcmibàrent tous à genoux et prièrent longtemps, au aa&âi des bimes â*une joie céleste, avec tous les issDt&nts.

le lendemain, fSte du très-saint Nom de Jésus, Ibrie-Madelèine désirait aller, sans pins de retard, à. r^gfise paroissiale qui est ànne demi-lieue de là, pour 7 rendre grftceË au Seigneur et à son Auguste Mère. lUs, par suite du mauvais temps d^hiver et sur les iMances de "son frère, elle retarda sa sortie jusqu'au iniiedi iraivani -où elle voulut s'approcher publiquement des sacrements. L'église paroissiale ne pouvait «ôtenîr la foule accourue de toutes parts pour s'uiir 8Ù actions de grâces de la miraculée. Cette guéàon, Juridiquement constatée depuis, a été le point ikdé^ des plus abondants fruits de salut dans toute • facoitrée.

Vf. — L'année ne s'était point écoulée sans que de

WttVelles faveurs eussent clairement manifesté la vo-

fenlé de Marie de voir un sanctuaire s'élever sur Tem-

tficement de la chaumière bénie. La guérison subite

i^e pauvre fille en proie depuis onze ans à. la para-

IjHiè et sujette h, des crises effrayantes, guérison arrivée

fi 9 jailvier 1867, dans la chambre de Marie-Made-

Ifline Eadé, avait principalement contribué à. enthou-

ibtbier les fidèles. « Il faut, dirent-ils tous d'une voix,

célébrer l'anniveraire de l'Apparition du 13 janvier

dernier avec toute la solennité possible. » Or voici ce qu'un pieux ecclésiastique du Tyrol, Tabbé Von der MuMe écrivait le 10 mars 1867, au Bosier de Marie^ au sujet de ce premier anniversaire *.

< Le 14 janvier 1867, on a célébré le premier amiiversaire de Tapparition de la Sainte-Vierge et de la guérison de Madeleine £[adé, à. Fhilippsdorf. La cérémonie devait avoir le lieu le 13, jour du miracle ; mais pour ne point troubler Tordre des ofBces divins de ce dimanche/ on Tavait rBmise au lundi. CTest le peuple lui-même qui a conçu et organisé cette ISte, comme par enchantement ; le programme convenn, OA alla simplement demander Tassentiment et la participation du clergé et des autorités, qui s'y prêtèrent de bon cœur. Il fut d'abord décidé qu'une illmnination générale aurait lieu le dimanche soir. Et, en effet, fc l'entrée de la nuit, rien de plus touchant que de voir la pauvre petite maison de la famille Kadé, tonte scintillante de plusieurs centaines de lampions. La modeste chambre de Madeleine, où Tlmmaculée Vkn de Jésus daigna venir elle-même la guérir, et où tt trouve maintenant un beau petit autel surmonté d« l'image de cette bonne Mère, était toute transfonnA en paradis : partout des fleurs et des guirlandes, dei cierges et des bougies, des transparents avec les inicriptions les plus pieuses. Non contents d'avoir contribué à cette décoration, tous les habitants du village illuminèrent leur propre maison, les plus aisés veniBt en aide aux plus pauvres. Il régnait un tel élan panm

' Voir Eosier de Marie, no du samedi 30 mars 1867.

«tte population, qu^on éleva à la hâte plasieurs arcs Le triomphe avec transparents et inscriptions, tout )rillant8 de lumières surtout dans les rues qui conluisent à la maison du miracle.

< Mais ce fut le lendemain que la grande fête surpassa tonte attente. Le clergé de Georswald avait accepté defidreun office solennel dans Téglise paroissiale. Dès le grand matin, tout était en mouvement dans la contrée; un enthousiasme extraordinaire s'emparait des &mes ; tout le monde voulait être de la fête. La finie arrivait de tous côtés et par tous les chemins ; les membres des diverses congrégations pieuses s'étaient réunis en corps avec leurs insignes et leurs lumières. Plusieurs corps de pompiers et de vétérans, trec leur musique, cédèrent à. Tentrain du peuple, ttBsi que les autorités locales elles-mêmes. Tout était ttsemblé pour la grand'messe de neuf heures, en »rte que Téglise se trouva beaucoup trop petite. Après l'office, une immense procession, d'au moins dix mille taies, s'organisa pour se rendre de Georswald à Phi- Bppsdorf, bannières déployées , et entremêlant les diants, la musique et le chapelet récité à. haute voix. Qosiid on arriva au village, la surprise et les émotions ^ firent qu'augmenter à. la vue de plusieurs autres DûUiers de personnes qui s'y trouvaient déjà et accouraient encore.

« La foule était tellement compacte que le clergé et les autorités ne purent arriver à la maison bénie îtt'avec peine, et en se faisant frayer un passage par les pompiers et les vétérans. Le curé de Georgswald prit alors la parole et improvisa un chaleureux discours. En voici quelques pensées;

« Avant d'offrir ici an Seigneur et îi sa divine More HOa vives prières d'actions de grâces, je ne puis m'enpècher de vous adresser quelques paroles. Ce u'eat point on discours médité, i;e ne sont que quelques pensées, quelques effusions échappées du cœur. C'est, en vérité, un événement aussi consolant que mémorable, que de nous voir aujourd'hui assemblés en si grand nombre autour de cette chétïvo maison, H y a on an, ce n'était que la simple habitation d'une pauvre famille de tisserand, complètement inconnue du moude ; et cette chambre était la demeure d'une pauvre malade, abandonnée sur sa couche de douleur sans espoir de guéiîson. Qui eût alors pensé îi venir ici en pèlerinage, à y venir prier, h. y chercher la paiï et la consolation, un remède à, tous les maut de rUme et du corps? Qui eût pensé qu'ici est une source de la grâce, un lieu privilégié, oîi l'âme trouve un facile accès jusqu'ït Dieu par l'intermédiaire de l'Immaculée Vierge Marie?... Et cependant, voyez comme le Seigneur est admirable dans ses œuvres ; rien ne lui est impossible ; en un moment il a réalisé cette merveille!... Ni vous, chrétiens, ni nous, prêtres, n'y sommes pour rien : la main du Tout-Puissant a tout fait. A lui seul reconnaissance, amour et gloire !...

■ Je ne vous parlerai point de l'événement prodigieui dont nous célébrons l'anniversaire, ni du concours du peuple ici qui va croissant, ni des grâces nombreuses qui ont déjà été obtenues, ni de cette gnérison subite, il y a huit joura, nouvelle confinnation éclatante de toutes les autres favenrs déjà accordées par notre bonne et tendre Mère du ciel Tous

Krez tout cela aussi bien que moi. Mais quand je vois site multitude à perte do vue, et que je me demande : 'ourquoi somjues-nous donc tous ici assemblés?... M mon cœur et tos cœurs donnent la même réponse : Test la reconnaissance... Oui, c'est bien la reconnaisnoce, comme un instinct irrésistible, ou, mieux, comme un âan spontané d'ardente piété filiale ; c'est b reccmnaissance vivement sentie et débordant des eoBors, qui nous a tous poussés et conduits en ce lieu béni

« Quand fut célébré le premier anniversaire de Tap- Ittiion de la Sainte- Vierge à la Salette, en France, àfouite mille personnes se trouvèrent présentes. Il yi&eBemble que nous aurions eu aujourd'hui le même ^tipectade, si cette fête fût tombée en été, puisque, Bdgré la rude saison de l'hiver et la difficulté des dumios, nous voilii tant de milliers accourus ici de loîneomme de près. Je le répète, ce n'est point le désir de &ire une démonstration, ni aucun autre motif bmain, qui nous a réunis; car personne n'y avait Wmgé, personne n'y avait donné occasion. Ce n'est que It reconnaissance, la foi, la confiance et l'amour à Marie-Immaculée, notre divine Mère. Et nous avons l'espoir bien fondé qu'elle continuera ici à. exercer, dW manière sensible, sa bonté et sa miséricorde. Oui, mes frères, ne pouvons-nous pas dès à. présent, exprimer le désir et l'espérance de voir bientôt, à la place ie cette pauvre maison, s'élever un magnifique sanc* naire, digne de Celle que le Seigneur a établie comme a Mère de toutes grâces, et où des milliers d'âmes lendront sans cesse l'honorer et l'invoquer sous ses

-at-

titrés si efficaces de Santé des infinnes, Befiige àm péGlieiir%.€(msolatiicedes affligés, Seisoan.de tras Itf . ebrétiens. Iffiais, pour cela, ne devaiiçons pas les dAisions des antor^ snpérienres, et attendons ayeeooiH fiance les bénédictions dn deL Dans ce dooz et consolant espoir, donnons maintenant à nos sentiments lenr yéritàble expression, en adressant nos actions de grftces et nos prières^ Tangoste Mariot notre bttme et paissante médiatrice près dn Cœnr de son divin Fils Jésus. >

€ Ces paioles du cœnr émnrent vivement tons les assistants, et il est bcUe de se figmier avec quels tians* ports on cWtades bynunes d'actions de gite6B,et avec quelle fervenr cm récita des prières, telles qne les litir • nies de la Sainte-Tierge. Le souvenir de cette jaqmé^ restera ineiffaçable dans tonte la contrée, et fixe aiari|^^ d'une manière bien éclatante, rouverture d^m nouveau pèlerinage, qui, on ne peut en douter, va devenir célèbre pour la gloire de Dieu, l'honneur de Marie-Immaculée, et la consolation des âmes fidèles. Cest ainsi que le Seigneur est toujours admirable dans ses œuvres, et qu'il choisit ce qu'il y a de petit et d'obscur en ce monde pour opérer de grandes choses et manifester ses desseins de miséricorde. »

Un splendide sanctuaire remplace aujourd'hui en effet la pauvre chaumière de Fhilippsdorf. Ce n'est pas l'une des moindres places fortes opposées par le ciel, dans la catholique Autriche, à l'invasion de l'erreur impudente, de la corruption officielle et de la force brutale : puissent de ce côté encore les portes de l'enfer ne pas prévaloir contre la Sainte-%lise !

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