CHAPITRE XI
l'admirable 6UÉRI30N DE BABBARA CONRAD, DE WALSCHBRONN, AU PATS DE BITGHS.
(le 15 ^t 1871.)
I. — La gu^rison de Barbe Conri^d, A cansa 4e son symbolisme, est pleine d'enaeig^ements dans la criae actueUe. — II. patrie et fEtnuU^ de la miraculée. — III. L^ diff<ir rentes phases de sa maladie. -— IV. Les trois médejçins qui la soignent demeurent sans espoir de gaérison. — y. Le démon se rend visible, mais il est repoussé à plu* sieurs reprises par la Sainte- Vierge et saint Joseph. — VI. Confiance de la malade en Notre-Dame de Perpétuel- Secours. — VII. Première phase de sa guérison miraculeuse. — Vin. La patiente annonce les signes qui précèdent sa délivrance. — IX. Sa guérison admirable le jour de TAssomption, 1871. — X. Les dernières traces de malaise disparaissent à la suite de deux pèlerinages; une singularité. — XI. Induence salutaire de ce fait miracu* leux dans le pays. — XII. Portée religieuse et sociale de cette guérison.
I. — Le pays de Bitche, au diocèse de Metz, et toutes les localités avoisinantes de la L(Krraine, de r Alsace et du Falatinat sont encore sous Timpression d^une guérison à la fois miraculei^e et profondément symbolique, arrivée dans la paroisse de Walsohbronn et dont le coup décisif a eu lieu le jour même de TAs^omption, 15 août 1871,au retour de la procession
nationale de la Sainte-Vierge, pendant la bénédiction solennelle du TrÈs-Saint Sacrement.
Ici Boos ne sommes plus en présence d'une pécheresse convertie au lit de mort qui obtient, à son entrée dans réternité bLenheureuse, comme la pauvre juive de la Maison de Secours de Nancy, un signe d'éclatante miséricorde de la Vierge Immaculée; un spectacle non moins saisissant, mais d'une toute autre nature nous est offert par le divin Maître, aus confins de ce catholique pays de Bitehe où la foi aussi bien que le patriotisme est demeurée inébranlable : c'est une toute jeune fille, encore dans la candeur de l'innocence baptismale comme un tendre lis éclos sous un beau soleil, qu'il nous montre, i l'âge de huit i dix ans, mystérieusement aux prises, pendant plus de dix-huit mois, avec une maladie humainement inexplicable, parce que Satan en est l'agent invisible. Le nom reçu au baptême par la patiente que noua verrons aussi éprouvée que Job sur son fumier, ce nom a quelque chose de mystique dans sa signification litt^ raie : l'enfant s'appelle Barbe, Biirinira en latin et en allemand; dans sa maladie comme dans sa guérison, elle va nous présenter une image frappante de l'état de barbarie sans exemple où le démon compte réduire la société moderne sous le couvert d^une civilisation avancée et d'un pn^ës indéfini, et dont le Christ seul peut rompre le charme trompeur et guérir les plaies mortelles. Cette victime sans défense, ainsi liée et torturée par l'esprit malin, nous ramène en effet aui œuvres de miséricorde du divin Sauveur habitant parmi noos; dana les'guériaons qu'il a opérées, il y a
le plus souvent, selon la remarque des saints Pères, un Geignement pour les peuples aussi bien qu'une grâce pour les patients : ainsi le temps où s'est produit la longue et étrange maladie de la miraculée est exactement celui des luttes de la Sainte Église rassemblée en Concile au Vatican et des défaillances inouïes de It France, en proie au-dedans conmie au-dehors à tontes les horreurs de la guerre ; ainsi l'heure surtout oh éclatait la guérison de l'enfant était le moment où Marie recevait de notre patrie en deuil le tribut public de ses hommages séculaires. Mais pourquoi insister ^avance sur la partie prophétique de ce fait admirable? Que chacun de nos lecteurs veuille suivre notre ïfeit en toute simplicité d'esprit et de cœur et il admirera comme nous les enseignements merveilleux V^ nous y donne Notre-Seigneur par sa Mère toute- Poiasante.
Nos renseignements sont d'ailleurs puisés aux sour- ^ les plus authentiques : outre le récit communiqué ^ la Semaine Religieuse de la Lorraine, par un ecclésiastique de Metz des mieux informés, nous avons sous 1^ yeux plusieurs documents signés des parents mêmes de l'enfant guérie miraculeusement et une suite de ^s que nous avons recueillies de notre côté dans un vojage que nous avons fait à Walschbronn. Si l'autorité diocésaine n'a pas cru devoir provoquer ou du moins approuver une relation authentique de l'événenient, c'est qu'elle a été uniquement arrêtée par l'excessive timidité beaucoup plus que par le défaut de ^flwetion des hommes de l'art qui n'ont pu se résou- "^^ à donner par écrit les attestations qui leur étaient
demandées. ' Nous espérons néanmoins que cet obstacle ne sera pas toujours insurmontable et que nous aurons un jour la consolation de voir cette manifestation de la divine miséricorde revêtue de la sanction de la Sainte-Église.
II. — A douze kilomètres de l'imprenable rocher de Bitche, lorsqu'on suit le cours de la Horn, le loi^ de la frontière bavaroise, apparaît sur la droite, au milieu d'im charmant vallon, comme un riant oasis an sein de cette nature alpestre, le village de Walschbronn, bien recoonaissable à sa vieille tour en ruines qui domine d'antiques bains romains. La belle nature n'est cependant quelemoindre attrait de cette paroisse, de l'archiprêtré de Wolmunster: la foi y est demeurée forte, les mœurs y sont pures et les familles a'y glorifient de la fécondité florissante de la vigne et de l'olÎTier. Jean-Niotdu Goarad, le père de l'enfeat nintculée, résume par le trait suivant tout ce que nou {KHiiTions ajoi^er h. la louange de cette population d« douze oeBts&mea, administrée depuis 1826 par 1« mâme coré: • Jeeommenee au nom de Jésm, Marie et Joseph et je vais vous écrive ce tniracie. > Ainsi débute la BslatioD que le père a bien voulu, sur no^ draoande, noqs aàraeser de la gaérison d«. sa fille Barbe. Des neuf enfiuite que lui a donnés sa pieuse épouse Marie-Anne Conrad, deux sont morta eo bas &ge, encore rerStusde l'innocence baptismale; trois
■ Semaim BiJÊfinm dâlaLomùu, N* dn 8 ottobre 1871
garçons soiQit tes aîoés de Barbe 9^i lea 99Ît $Vi9c ^is antres atours plus jetmes qu'dle. On g'#p<^9f4t h première Tue, dans cette funille, que la religioit ^ ^ hoimeiir parmi tous ses membres et que le» pareiljtet 7 prêchent snrtotnt d'exemple à leurs en&nte. ]^ vÀv^, qui a ToBil à tout, sait néanmoins trouver du ^fpypis pour s'appnH^ber de la sainte CommunitHi wHw» pffildant la semaine. Le père, après ayoûr cpwnf jj^^d bomme, payé sa dette à la patrie, au 8» Cuirassim, est reveuu k la charme de ses ancêtres ; U sait également lire et écrire en français et en àUemand et ^ été maire de la commune avant l'apneiian pnwiennei fms que jamais lapins parfitite harmonie ait un insis^t cesséde r^er entre lui et son vieux curé qw Va baptisé, Ta admis h la première communi(m et a béni son mariage. Les rares libertins de la p«Mroi«fiie smt les seuls k se plaikidre de cette union des au^t^ ecclésiastique et civile dans rheureux vidlon de Walschbronn.
m. — Une croix bien pesante attendait cepeindwt cette famille qui vivait en paix avec Dieu et les hommes. A Tépoque où les Évêque? du monde caU^olique, fidèles k Fappel du SouveraiaFonti&, se metr taient en route pour le Saint Concile ^u y^tica|i« malgré tous les obstacles suscités par Satan, une maladie de langueur s'était tout k coup «po^wée de S|arbe Conrad, vers la Saint-Michel 1869. A P^^ &g^ de huit aas et demi, étant née le 17 mai 1861, elle devii^t languissante et chétive, au point de ne pouvoir pljijs firéqu^ter que de loin en iQin TécoilO' d^ la 8c^ yisti-
tutrice et l'église où, dès ses premières années, elle faisait ses délices de visiter les autels. Le 30 janvier 18701a vit pour la dernière fois dana le lieu saint; comme les KR. PP. Kédemptoristes da couvent de Téterchen prêchaient en ce momentle renouvellement de la mission h Walschbronn, Barbe Conrad voulut, malgré son jeune âge, recevoir de leurs mains le'saint Scapulaire et par un suprême effort elle parvint à se traîner jusqu'à l'église. Ainsi couvert* des livrées de la Beine des Anges, elle regagna la maison paternelle, d'oii elle ne devait plus sortir que le 16 août de l'année suivante. A partir du milieu du mois de février 1870, e\U se trouva clouée sur un lit de douleur sans pareil.
De semaine ea semaine le mal ne fit qu'empirer ; une étrange maladie l'envahit et paralysa successivement presque toutes les branches du système nerveux : le corps et l'âme allaient être enchaînés chez elle par une puissance invisible et néfaste, la même qui couvre en ce moment encore le monde entier d'un inextricable réseau. L'état de la malade devint lamentable : par suite de la contraction des nerfs, les jambes s'étaient repliées sur elles-mêmes et les pieds étaient remontra il la h&uteur des reins ; les bras avaient eu même temps subi neuf crises successives, les unes toujours plus longues que les autres, pendant lesquelles ilsavait été violemment ramenés en arrière, les poings croisés l'un par dessus l'autre et tellement fermés qull était impossible d'en séparer les doigts et moins encore d'ouvrir les mains; il n'y avait plus de mouvement possible ni des bras, ni des jambes.
Avant cet état de captivité des braa et des jambes
la malade avait eu des accès de convulsion si violents qu'il s'en était suivi une prostration complète de ses forces et que les parents demandèrent que les derniers sacrements lui fussent administrés ; ce qui eut lieu le dimanche de la Passion, 3 avril 1870, jour où elle reçut aussi la sainte Communion, h causé de son instruction et de sa piété, bien qu'elle n'eut .pas encore neuf ans.
Si la mort ne s'en suivit pas, l'anéantissement où la patiente allait être plongée devait n'en être que plus terrible ; elle fut prise jusqu'au mardi après Pâques, pendant neuf jours consécutifs, de saisissements violents qui l'empêchaient momentanément de parler, d*entendre et même intérieurement de réfléchiB et de penser. Puis survint une surdité complète accompagnée de mutisme, pendant plus d'un an de durée. Son âme était elle-même devenue comme inerte et semblait retombée à l'état d'enfance avec tout le corps. A la fin d'avril la paralysie s'étendit jusqu'à la langue, au point que celle-ci vint à pendre de toute sa longueur hors de la bouche, ne rentrant que rarement et étant ainsi restée une fois jusqu'à onze jours, sans qu'il fût possible de faire rien avaler à la malade.
La langue rentra dans la bouche après six semaines, vers le commencement de juin 1870. Mais les crises nerveuses et l'état violent de la malade continuaient toujours, sans qu'aucun remède humain y pût apporter de changement ni le moindre adoucissement.
IV. — Dès le début de la maladie, le médecin cantonnai de Wolmunster avait été consulté ; il était
mëme venli voir l'enfant, mais, après quelques mois
de traitement, il avait déclaré que ses soins étaient inutiles et que les remèdes étaient en pare perte, vu l'état désespéré de la patiente. On fit alors appel aui soins et à la science du médecin catholique de Pirmasens qui vint voir l'enfant le samedi-saint 1870, peu de jours après qu'elle s'était trouvée en danger de mort. C'est lui qui continua le plus longtemps ses remèdes et ses visites à l'infortunée. Mais, comme dans l'intervalle, il avait k deux reprises témoigné qu'il désespérait de la guérison, le père de l'enfant était allé jusqu'^ Strasbourg consulter l'im des médecins les plus réputés de la Faculté, Celui-ci avait prescrit les mêmes remèdes que son confrère de Firmasens, en ^joutant que Dieu seul pouvait venir en aide dans cette extrémité. La dernière visite du médecin bavarois eut lieu le lundi de la Pentecôte, 20 mai 1871, sans laisser plus d'espoir qu'auparavant k la famille désolée. Les honuoes de l'art s'étaient ^inai prononcés ea connaissance de cause sur la maladie de Barbe Coirad : selon eux, les moyens humains étaient impuissants. Nous ^lous voir combien, sans le saTOir, ils avaient raison de pensn ainsL
T. r-r Dès la première période de la maladie, alors que la patienta n'était torturée que par des crises nerveuses, Satan s'était plusieurs fois montré ^ elle. Il se tenait à la tête du lit de sa .victime, lui appuaissait sous des traits horribles et chercliait k la porter an mal par les ^os afreuses tentationB. L'enfant se I«e>taithautrâuirt ^ de telles attaques : elle demaa-
dait alors de Fean bâdte, s^m signait démtemoit et en aspergetit aussi Teadrat on se tenait le malin esprit. Ces pntiqnes ne manquaient jamais de lasoiila^r.
Le samedi sfant le dimandie des Bameanz, 9 avril 1870; dans la matinée, le tmtatenr revint notamment àlaifta^e, comme poor remporter . Bsriieen épronra tout d^alxM mie teUe firajeor qa^ fidlnt la retenir de forée dans toi fit. SDe ne eessait en mêmetenqisde reponssor le dénKm des gestes et de la voix, lemenaçant des bras^ eiadumttiir loi, le regardant d*im ceilde méjnris, et s^éeriant toot liant devant les peraonins qui rem^lissaientla dhamire : Fa4-ei», dbiei» ife Feii- ^fer^je n^airiet^ decamnmn aveetai^ tuet^asbiem <U8Msdan» Vablmêe^varUen! (Testamûid, auprès €dela Sahàe^Viêrgequt je veux aller. >
Après avoir réptnda de Tean bâdte devant elle, la malade tonrna tout à eonp la tête vers la muraille qoi était ornée, an^essus de son lit^ d^images saintes : ses traits devinrent alors souriants, ses yeux sonblaient e(«templer un êiare invinble qui ]^nait dans Yesfuce et de ses deux btas étoidus elle s WcM'çait d'attirer F Apparition à elle ; puis,e(mime sous le rayons nementd'une vive lumière, die porta la main an-dessus de ses yeux toujours fixés en Tair : « Cesi avec
< v(ni8quejeveuzalïer,s*émBrt-^liiB,e8i-eequev^ c viendreg hieniât me éhercher?... Je neigeux plus
< rester ici... Ah Iprenez-moi aveevaus. »
Le dimanche des Bameaux et le hmdi-saint, les mêmes sc^ies de frayeurs et de jdes serraiouvelèrait, toujours dans la m^inée. Mais à ees dan reprises
Barlie fit sur elle-même le signe de la Croix, aumoment de l'Apparition céleste, en disant : • Vous Vmes
• chassé! Vous Vavez chassé! » Et comme sa mère lui demandait, après que tout était rentré dans le calme, pourquoi elle s'était ainsi aignée : ■ Vous ne
l'avez donc pas vue, lé'pouAit l'enfant étonnée; ce n' était pas moi gui me signais, mais la Sainte- Vierge qui m'avait pris la main pour faire le signe deîa Croix. J'ai senti sa douce main tenir la mienne dans ce moment. > Sa mère lui ayant ensuite demandé comment était la Sainte- Vierge dans ces apparitions : * 0 maman,
• ri^pondit la malade, je ne puis dire combien elle
• était belle, ni combien elle m'a témoigné d'amour. » Elle avait sur la tête un voila blanc qui retombait « jusqu'aux coudes ; un manteau bleu de eîel l'enve- « loppait presqu 'entièrement et ne laissait qu'entre-
< voir sa robe rouge ; sa chaussure était couverte de
< âeors et rehaussée de boucles d'or. Une couronne
< brillante comme le soleil ornait sa tête d'où les che-
< reux retombaient sur ses épaules. Ses mains étaient « posées en croix l'une par dessus l'autre sur la poi-
• trine. L'Appariëon rayonnait de toutes parts et était
< environnée d'une splendide auréole. En me quittant
< la Sainte- Vielle me promit de revenir l'an prochain
< k ces trois mêmes jours. >
Cest ce qni eut lieu en effet,au retour de la Semaine- Sainte,les 1, 2 et 3 avril 1871. On se rappelle que saint Joseph venùt d'être proclamé par le Souverain-Pontife Protecteur de l'Église universelle et que sa fête B'était célébrée le IV* dimanche du carême avec jui
ficlat inaccoutumé. La pauvre mère de la patiente a^étût adressée, après cette solemiité, au saint Patriardie et rayait conjuré,neuf jours durant, de venir au se- Qours de son infortunée fille. Cette prière fut exaucée n-delii de toute attente. Le saint Époux de Marie . Ticoompagna en effet dans sa nouvelle Apparition à la Itavre en&nt. Sourde-muette et paralysée cette fois, éHeneput témoigner sa joie que par ses regards qui ' n dirigaient sur Timage de saint Joseph, seul moyen {ai loi restait de faire connaître la présence du Père 'aonmcier de Jésus auprès de son lit de douleur. Le llint, ainsi qu'elle le raconta plus tard, portait une longue robe rouge sur laquelle se détachait sa barbe grise; ses souliers étaient fleuris et rehaussés de boudes, d'or comme ceux de la Sainte- Vierge. Celle-ci ^dressa, comme l'année précédente, la parole à Barbe, ini reconmianda tout particulièrement de bien obéir, ime fois guérie, & son père et à sa mère, et prit congé l'aile en lui disant qu'elle ne reviendrait plus.
VL — Nous avons reproduit ces apparitions dans les bennes mêmes où elles nous ont été racontées de vive iroix et par écrit par Barbe Conrad et ses parents. C'est notre persuasion aussi bien que celle de MM. le Curé tt le Vicaire de Walschbronn, que l'intervention du Sémon n*est pas à révoquer en doute dans cette maladie mystérieuse, non plus que le secours de la Sainte- Vieige et de saint Joseph. Mais voyons l'effet des moyens surnaturels employés avec d'autant plus de toi et de persévérance contre le mal que les médecins ivaient déclaré sans détour qu'ils se sentaient hors VétsA de venir efficacement en aide h, la patiente.
La malade avait appris ^ v^n^rer et !i aimer la Sainte- Vielle dès ses plus tendres années; sa dévotion à la Mère de Dieu s'était développée principalement \i la suite de la Mission prêchée dans la paroisse, l'automne de 1868, par les RR. PP. Kédemptoristes de Téterchen qui y avaient propagé le culte de Notre-Dame de Perpétuel-Secours. Depuis lors, la jeune servante de Marie ne laisaajamais s'écouler un jour sans offrir son cœur & la Vierge de Perpétuel-Secours et sans réciter quelques prières i. cette intention. Ce fut principalement & elle que la malade aimait h demander assistance et consolation pendant les dii-huit mois qu'elle passa entre la vie et la mort. L'image de Notre- Dame de Perpétuel-Secours était suspendue ^ la muraille, au-dessus de son lit de douleur, au milîea d'une foule d'autres cadres pieux qui lui faisaient comme un céleste cortège. Et alors même que la patiente était réduite an seul sens de la vue, sei jeox se reportaient comme d'habitude vers sa madone de prtdilection qui, de son côté, ne fit jamais dé&ut & son enfant de douleurs.
Citms seulement, k cette occasion, un trait arrivé im jour du mots d'avril 1871. Barbe se trouvait ce jourlà en proie k l'une des plus atroces crises de sa maladie. Ses douleurs la torturaient principalement & la tSte,attx bras et aux jambes; parfois la respiratios vint i M &ire tout fc bit dé&ut, au point que sa rabre la crut an moment d'expirer, t&ma en ces extrémités, on vit la patiente porter comme d'habitnde les yeux vera l'image de Notre-Dame de Perpétuel-Secours pendant qa'nu ranrmore inintelligible agitait ses 1^
-vres défaillantes. Anssitôt son visage où se peignait tout il rhenre Fims^ de la mort, devient tout rayonnant de joie, le calme succède à l'agitation de la ftëvre, et tont symptôme douloureux disparaît. Lorsque plus tard l|usage de la parole lui fut rendu, sa mère loi demanda si peut-être la Sainte-Vierge lui était encore apparue alors : « JVbn, dit l'enfant, mais je Tai « invoquée et dk est aussitôt venue à num aide. Ah ! « {ue je Vaime de mon côté^ cette bonne et tendre « mère de Perpétud^Secours ! » Aussi cherchait-elle à ftiie partager autour d'elle sa confiance en sa Madone diéne. Sa mère raconte, par exemple, qu'il deux reprises, une fois au printemps et une autre fois pendant Pfté de 1871, elle se trouvait, auprès du lit de Barbe, snUèrement découragée et abattue de l'état désespéré d6 Bon enfant. Celle-ci, sans le moindre signe de sa nràre, reporta succes'sivement ses regards sur elle et toPimage vénérée de Notre-Dame de Perpétuel-Secours, faisant comprendre par les gesticulations de sa tête que de là viendraient aide et assistance, en temps opportun : « Mais quand donc ? > fit la mère par signes. — « Quand nous V aurons longtemps priée et' « moquée » répliqua des yeux et de la tête Tinnooente victime. Nous verrons que sa confiance ne fut pas trompée.
VII. — Dès l'été de 1870 un premier soulagement avait été apporté à tant de souffrances endurées, il fiiut le dire, sans nulle plainte et avec une égalité d'âme sans exemple. L'infaillibilité doctrinale du Pape venait d'être proclamée au Saint Concile du Vatican,
lorsqu'un Père Capucin, qui avait prêché une Première Messe aui emirons de Walschbronn, dans sa paroisae natale, se rendit auprès de la malade, le 25 juillet. Tout ce qu'il en avait entendu raconter, tout ce qu'il vit de ses propres yeux la convainquit de l'action de Satan dans cette maladie qui déroutait tous les calculs delà médecine. Le pieui disciple de saint Frau^/oia, sana faire d'éclat et d'une manière toute privée, eut recours aui prières de l'eiorcisme. A partir de ce moment, quoiqu'on l'ait peu remarqué d'abord, la maladie perdit de sa violence habituelle, et les souffrances se trouvèrent adoucies comme par enchantement.
Ce n'est pas d'ailleurs la seule fois que le ministère du prêtre fit sentir son efficacité surnaturelle à la malade. Nous avons déjà vu combien l'eau bénite lui apportait de soulagement, mais nous n'avions pas noté que lorsque le Vicaire de la paroisse faiaait lui-même les aspersionsautour de la patiente, au moment où elle voyait le démon, celui-ci reculait beaucoup plus, loin que si l'enfant ou nn laïque l'avait conjuré. De même encore les rameaux bénits le dimanche de la semainesainte, apportaient un tel soulagement à Barbe qu'elle nepouvaits'endessaisirpendantlongtempset qu'il fallut eu laisser au moins une branche attachée ^ son lit.
Survint la procession de la Fête-Dieu du dimanche ISjuin 1871. Des fenêtres de la malade on apercevait le reposoir élevé en face par la Sœur institutrice, devant son école. Lorsque le Saint Sacrement y fut arrivé, l'enfant demanda à être levée sur son lit au moment de la bénédiction. Et Jésus, qui passe encore aujourd'hui parmi nous en faisant le bien, apporta &
rinnocente victime une triple grâce de sa miséricorde : Barbe sentit alors ses facultés intellectuelles reprendre leur plénitude ; sa langue appesantie jusquelà commença li se délier : « Mon Dieu^jevous aime, * mormara-t-elle aussitôt à son Sauveur; enfin ses jambes se détendirent peu-à-peu pour reprendre, an bout de la semaine, leur position naturelle, mais sans <IQe la marche fût encore possible.
A quelques semaines de là, le dimanche, 9 juillet, la paroisse de Walschbroim célébrait sa fête patronale de Saint-Benoît. Cette solennité qui rappelle la translation des reliques du Bienheureux Patriarche, mentiimnée dans le martyrologe, au 11 de ce mois, fut comme la seconde phase de la guérison de la malade. Hle avait une grande confiance en saint Benoît, invoîtté spécialement, on le sait, contre le malin esprit : ^ jour-là, elle recommença à parler distinctement et elle fiit heureuse de faire connaître alors le changement survenu dans son intelligence et ses facultés intérieures lors de la procession du Saint Sacrement. Au bout de quelques jours sa langue se trouva parfaitement libre, après quinze mois de captivité. Poussée par un secret pressentiment : « Je pense bien, diteUe, que le jour de V Assomption la Sainte- Vierge viendra encore à mon secours pour compléter ma guérison. »
Vin. — Cependant les parents qui depuis longtemps redoublaient de confiance en Dieu pour obtenir le rétablissement de leur enfant, et n'avaient rien négligé dans ce but, s'étaient adressés, sur ces entrefaites, aux
Pères Bédemptoristes de Téterchen, lear exprimant le désir de faire recommander la malade aux prières publiques qui ont lieu chaque dimanche dans leur chapelle en l'honneur de Notre-Dame de Perpétuel- Secours: ce qui se fit à la fin de juillet. Ou s'intéressa aussi au sort de la jeune fille, dans ce même couvent, pendant lo triduo solennel du Doctorat de saint Alphonse et le jour de la fête du bienheureux Pontife, célébrés du dimanche 30 juillet au mercredi 2 août suivant. Or, ce dernier jour, la patiente entendit tout à coup dans le secret de son âme une voix intérieure lui donner l'assurance de sa guérison pour le 15 août suivant. Aussitôt elle se mit sur son séant et appelant sa mère ; * Maman, » s'écria-t-elle toute joyeuse, « je serai guérie à l'Assomption ; mes mains redevien-
* dront tout à fait libres, mes jambes raffermies pour-
* ront encore une fois me porter et je ne serai plua
< comme les petits enfants abondounée aux plus hu- « miliantes misères de la nature. * Sans oser assuret que cette Voix consolatrice était celle de la Sainte- Tierge, l'enfant ne conservait pas le moindre doute de sa guériaon prochaine ; elle en parlait k tout le monde comme d'un fait assuré et elle insistait auprès de sa mère afin que celle-ci lui fit préparer ses habits pour ce beau jour. La pauvre femme osait à peine en croire ses oreilles; mais se rendant enfin aux instances de l'enfant, elle lui demanda si on n'avait pas eu tort de ne plus appeler le médecin, puisque laguérisou était si probable. • Mais non ! dit Barbe, les médecins ■ n'; peuvent rien : cette maladie n'a rien de naturel.
< N^avez-vous donc pas remarqué que je suiâ une fois
* restée oiKze jours consécutifs sans prendre ni nourrî- « tirre, ni besoin d'ancnne sorte ? Cela est ici hnmai- * n^ent inexplicable. Soyez-en sûre, c'est la Sainte- « Vierge qui me guérira le jour de l'Assomption. »
Afin de mettre Notre-Dame de Perpétuel-Secours ^ quelque sorte en demeure d'accomplir son œuvre sans défilât, le saint sacrifice de la Messe fût offert à S08 atfhil privilégié, au couvent de Tétercben, le safl^ 12 août. Et dès l'aube du lendemain, la patiente r^ut unç connaissance très-circonstanciée de la''maûière dont elle allait être guérie : ses mains, assurait- ^De, devaient revenir neuf fois k leur état naturel au moment de l'élévation et de la bénédiction du Saint Sacrement, ainsi que pendant la procession du 15 août, pour reja-éndre encore huit fois leur étrange position *tt dos ; mais, h la bénédiction qui suivrait la procession, la délivrance serait enfin complète, sauf une cer- '^iixe faiblesse dans les jambes qui continuerait encore î^elque temps. Ce qui eut lieu h la lettre. A chaque ^évation et bénédiction, les mains rendues & elles- ^êmes permettaient à la malade de se signer et de se ^pper la poitrine pour adorer Notre-Seigneur dans ^ Sainte Eucharistie ; puis, après le dernier signe de Croix, elles retournaient sur le dos. On remarqua ^êmeque l'enfant avait la connaissance infuse de ces moments de grâce : il n'est pas en effet dans l'usage de tinter la cloche h l'élévation de la messe basse, et <ïoiiime la Sœur institutrice qui avait, en ces circonstances, pris ce soin sur elle, s'était k ime reprise trouvée en retard, au moment de l'élévation de la messe basse, l'enfant fit, à l'instant précis, son adora*
tion et elle avait fini de se frapper la poitrine et de se signer quand la cloche vint à tinter. Elle l'avait du reste déclaré à, \a. chère Sceur. « CeTui qui m'a dévoilé toutes ces circonstances, saura aussi m'en indiquer les moments. »
IX. — Le jour de l'Assomption arrivé, la paroisse de Walachhronn était dans une attente solennelle ; tout le inonde coonaissait la malade de longue date, on se redisait de l'un h l'autre les grâces qu'el1e.avait déjà obtenues, on savait qu'elle a\*ait annoncé à qui voulait l'entendre qu'elle viendrait à l'église témoigner publiquement sa reconnaissance îi la Sainte- Vierge, il l'issue des Vêpres ; aussi le doute n'était guère posfjible et la plupart des fidèles étaient désireuï de joindre leurs actions de grâces à celles de la miraculée.
Au moment ou la procession triomphala vint k passer. Barbe Conrad, portée entre les bras de sa mère à l'une des fenêtres de sa chambre, s'écria pleine de confiance, en voyant approcher la statue de la Sainto-Viei^e : *Bonne Mère, ô tendre Mère, rendeinioi aujourd'hui, en cette helle fête, l'usage de mes mains!* Et, en présence d'un grand nombre de personnes qui l'entouraient, ses mains revinrent, en ce moment, pour la huitième fois devant elle. La mère ne put alors retenir ses larmes. « Maman, il ne faut plus pleurer, ■ lui dit l'enfaot toujours plus confiante, * mes maias iront encore une fois se croiser sur le « dos, mais, pendant la bénédiction, elles reviendront < et demeureront enSn libres. > Ainsi il arriva : quel-
^ues instants plus tard, comme les cloches annonçaient le moment où les fidèles étaient prosternés en adoration devant le Saint Sacrement, Tenfant s'écria tout à coup qu'elle était guérie. Elle n'avait pas, en offet, achevé de parler, que ses bras et ses jambes avaient secoué leurs chaînes invisibles et définitive- Jûent repris leur liberté. La miraculée se précipita aussitôt Ik bas de son lit qu'elle n'avait plus quitté depuis fe-huit mois, s'habilla elle-même,et se mit li marcher devant les assistants qui rendaient gloire & Notre-Seignenret à sa sainte Mère. Elle voulut aller ii l'instant ^l'église où les fidèles récitaient, comme de coutume, le chapelet après Vêpres. Le père portait lui-même 4tti8 ses bras l'enfant encore trop faible pour faire rapidement ce trajet. Un saint frémissement parcourut la foule et chacun fut saisi d'admiration k la vue de la Bûraculée qui venait de quitter les bras de son père pour se rendre sans nul appui devant la statue triomphale de la Sainte-Vierge exposée au haut de la nef, et <îontinuer à haute voix les Litanies qui terminaient lecliapelet. A son retour à la maison, elle trouva les fidèles rangés sur deux lignes, ne pouvant assez la ^citer de sa merveilleuse guérison; presque tous avîtientles larmes aux yeux, tant l'émotion générale ^tait profonde.
1 — M^ais, nous l'avons dit en commençant, Barbe Conrad était l'image symbolique de la société actuelle captive sous le charme de la civilisation moderne qui 2'est autre chose que. le joug habilement dissimulé de latan ; sa guérison ne devait devenir parfaite que gra-
duellement, ainsi qu'il arrive de la conversion des nattons : celle-ci n'est pas l'œuvre d'un jour, ni d'une semaine, et elle ne saurait durer chez un peuple livre h l'ingratitude et à la tiédeur. Aussi la miraculée et sa famille comprirent toute la grandeur de leur dette de reconnaissance envers la Mère de Miséricorde. Dès le lendemain de l'Assomption, Bartie Conrad assistait k une messe solennelle d'actions de grâces k la suitede laquelle la pieuse enfant, aprÈs avoir récité publiquement le chapelet, laissa déborder tout haut de son cœur les sentiments d'amour efc de gratitude qui l'inondaient d'une sainte ivresse et qu'elle traduisit, devant toute l'assistance, en un langage charmant d'innocente simplicité. Le 8 septembre suivant , elle faisait le pèlerinage de Marienthal, avec son père, sa mère et ses aii frères et sœurs. En quittant ce sanctuaire si populaire en Alsace et en Lorraine, la jeune fille, qui supportait jusque-1^ dillîcilement la marche, se sentit assez forte pour se passer de tout appui et regagner toute seule l'auberge où la famille était descendue. Restait une dette de gratitude à payer au sanctuaire de Notre-Dame de Perpétuel-Secours de Téterchen. La jeune fille s'y rendit en voiture avec son père et sa mère, le dimanche 17 septembre suivant, jour oh se célébrait la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs. Elle clôtura son pèlerinage par une neuvaine k sa bien-aimée Madone de Perpétuel-Seconre et depuis lors les derniers malaisesde la marche ont disparu et avec eux tout« trace de l'afTreuse maladie.
Bem&rquons, en terminant, une singularité dans les
gotts de Barbe Conrad : elle ne peut endurer la vue d*Qne poupée. Ainsi dans la matinée mSme du jour de TÂssomption oii elle fut guérie, une de ses camarades dn voisinage étant venue la voir avec une poupée à la miin, la malade se sentit k Tinstant saisie d'angoisses AQssi étranges que douloureuses : mais un regard sup« I&t jeté vers l'image vénérée de Notre-Dame de ftapétael-Secours la délivra h Tinstant de ce malaise snbit, comme si une main invisible le lui avait enlevé. Le même fait se renouvela encore au retour du pèlenuage de Téterchen, non loin de Sarreguemines, où la vne d'une poupée aux mains d'une enfant secoua douknreusement les nerfs de la jeune fille. Ce ne fiit non lins que l'affaire d'une invocation à sa Madone bienaimée et le calme revint.
XI.— Cette guérison a été féconde en fruits de salut. Barbe Conrad, malgré son jeune âge, a retiré de cette longue épreuve une horreur de plus en plus vive du Péehé, une confiance sans borne en la Sainte-Vierge sa libératrice, et une réserve de caractère qui est d'un excellent présage pour l'avenir. En dehors de la maison paternelle elle ne se sent d'attrait que pour l'église et Pécole, uniquement^ désireuse qu'elle est de connaître le Seigneur et de lui appartenir sans retour. Le saint Bosaire, avec ses quinze dizaines consacrées aux principaux mystères de la religion, lui sert à acquitter shaque jour, au pied des autels, sa dette de reconnaisonce à Notre-Dame de Perpétuel -Secours.
Si elle devait un instant l'oublier, la voix publique e cesserait de lui en rappeler le souvenir : même un
gendarme protestant du canton lui disait, en effet, dès le lendemain de T Assomption, combien elle avait de grâces Prendre à Dieu. Cet homme, qui avait fin^ quenté k raison de sa charge la maison de Jean-Nieolas Conrad, précédemment maire de Walschbromi, et avait en une rencontre avoué à toute la famille qu*fl na croyait k rien, fut si frappé de la guérison de la pttiente dont il avait souvent vu Tétat lamentable, qnH ne craignit pas de proclamer publiquement, peu de jours après le miracle, sa foi et sa confiance en Marie en s^écriant tout haut : « Maintenant je crois en la Sainte^Vierge. »
Toute la paroisse et le pays tout entier partagent aussi de plus en plus la confiance de la miraculée et Notre-Seigneur présent comme Dieu et comme homiiil tout ensemble dans la Sainte Eucharistie où il réside, slmmole et se donne pour le salut du monde ; chacon a recours, avec elle, k la Mère toute-puissante da Christ pour trouver de la force et de la résignatioi dans les épreuves présentes comme aussi de Tespoir en un meilleur avenir. Le médecin, qui a suivi la maladie dans toutes ses phases, n'a pu se refuser k reconnaître que l'assurance de l'enfant k annoncer d'avance les principales circonstances de sa guérison le déroutait : tous les subterfuges de la science et de Tamourpropre tombent ainsi devant cet aveu indirect de Tin-, tervention d'En-Haut. D'ailleurs aucune trace de la maladie n'a reparu depuis un an, comme nous Va écrit le père de Barbe Conrad, en date du 4 août 1872,
XII. — Ce serait toutefois restreindre à des proportions trop étroites la portée de ce prodige, que de vouloir n'y reconnaître qu'une faveur privée.
Nous sommes persuadé,quant à nous,que cette enfant de la Sainte Église que Satan avait attachée et comme enchaînée pendant dix-huit mois, ainsi qu'il avait autrefois tenu courbée pendant dix-huit ans une fille d'Abraham : Ranc filiamAbràhtB quamàlligavU sor tanas, ecce decem et octo annis *, nous a été montrée tour k tour captive et délivrée, pour qu'en sa personne fussent manifestés et l'état de chute mystérieuse delà société moderne sous le joug perfide de l'esprit de ténèbres, et la possibilité d'une restauration religieuse et sociale uniquement par le Christ comme seule source de salut, et par la Mère du Christ à qui celui-ci a donné d'écraser en son nom la tête du serpent jusqu'à, la fin des siècles. Le temps et les circonstances ne nous permettent pas de développer ici toute notre pensée ; mais les faits parlent assez d'eux-mêmes dans cette courte notice : à chacun de voir, de juger le monde et de se juger lui-même pour n'être pas jugé et condamné avec le monde '.
' Luc. xxn, 16.
• 1 Cor. XI, 32.