‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 44 sur 90 · IS OBDB CE SAINTE JEAXNÈ-FRANÇ018E DE CHIKTAL PLEIN DE VIE EN · texte numérisé non relu

IS OBDB CE SAINTE JEAXNÈ-FRANÇ018E DE CHIKTAL PLEIN DE VIE EN

ï Prodiges dn eaint cœur de 1789 à 1793. — II. Ce qui lai arrive de lè^k lâ3). — 111. Son ëtat de 1858 à ISH.

T. — Fien de nos lecteurs connùsBenl l'admiiïblè Vie âe sainte Chafiial par M. l'abbé Bougand r&emmèntnom'mé ^ l'ËvSché d'Autttn. Nous y lisons, toiicbant lé éœur dé sainte Chantai, l'indication snî- Vaâte ' : < Ce ccèur qui a tant aimé et qui a tant

*T<HB. ft,cii.S*,p.s6e,»Bdit.

sQufferly (jfÀ 9t battfi pour ie si gri^nd^^ chosea^ et qui a été msé jflxie^i grandes douleurs : le cœur de cette f^mme si forte et si tendre se goufle parfois comme im cœur qui souffire^ et ou Ta vu ^ la veille des gran-< des cdses qui ont désolé l'Église, s'enfler et grossir ^ 1^ maaière d'uu cœur qui va éclater en sanglots. » fvi» j dans une note du plus haut intérêt ' pour uov9| riUuatre auteur cite plusieurs pièces justifica-* tiyfs qui établissent cet état miraculeux et prophétique du cœur de sainte Chantai. Nous allons les résu-* mer ici pour la consolation de nos lecteurs*

Ayant la révolution de 1793, la relique du cœur de sainte Jeanne^Françoise de Chantai était conservée dans le monastère de la Visitation de Moulins en Bourbonnais, oti la Sainte était morte en 1641. Ha«> dame }a duchesse de Montmorency qui avait reçu le dernier soupir de son incomparable amie, et avait envoyé son précieux corps, préalablement embaumé, h Annecy où il devait reposer à côté de celui de saint François de Sales, avait retenu néanmoins le cœur de la bienheureuse fondatrice pour le monastère de Moulins, et après l'embaumement l'avait fait ench&sser dans un grand reliquaire d'argent, enrichi de pierreries, soutenu par des anges \ Le cœur lui-même était ren&rmé dans un petit reliquaire de vermeil, 2i doublescristaux,}L travers lesquels on pouvait facilement le voir.Qr depuis très-longtemps les religieuses s'étaient aperçues que cette relique, vénérée dans la chambre même où était morte leur sainte Mère, était

Note m, tom u, p. 583 et suiv.

Ibid. Ch. 34, tom. u, p. 526.

ifJitîe, arui en

! fia oœnr et semblût

e If 13 décembre 1789,

^ÊÔemL tn^as de 1a Sainte,

in 4e ladie qodqnes hom-

r afin d'îD-

I d'afflic-

tMB,k b t— ntfw ée mb Ordre et d'obtenir ses frihv fÊm ri^Sm ti TÈULDe ^'tjvA sossîtdt fait les ifi^Ma, éa itii|,i iiiinfri meireUleia dirent MJÙdû», le«ir,fc«s Fftrt de ïi précîease relique, k la snadt jdi^aSM de la ecnuaiœaaU. Le oœar toBchâteBeenHieitdBhiBteBbKS les deoiextrénôtés dn RtNpooR, tnffis qi^^apararait il ; avùt mnde Mtaldedus le faut Les oreillettes s'étaient flatgÎK: par le bu, la pcânte était Ktounée comme si ell« ?tait eomprimée : le cœcr s'était gonflé et avait repris la forme et la couleur d'ua cœar embaoïné qn'il n'avait presque plos. En tm mot il ëtait de toute hcatitf', selon le t^oignage du confesseur qni n'avait pu en détonmer les yeai, le matin ^ la messe où il avait été le premier ^ constater le prodige.

Le 24 mars suivant la sainte relique était toujours dana le même état de beauté et de dilatation, et on habile chirurgien anat»miste, après l'avoir bien examinée, constatait que la grosseur et la conBîstsnce qu'elle avait ainsi acquise ne pouvait être qu'un effet Bumaturel, l'eipérience démontrant que les corps embaumés ou desséchés depuis un certain temps, ne reprennent jamais d'eux-mêmes de consistance, d'exension et de dilatstion.Enfin, i. la date du 3 juin 17^3,

la dernière supérieure de Moulins attestait que le saint MBor était toujours dans le même état de beauté, titadle mystique de la Visitation en ces années de tempfites sanglantes, Tadmirable relique présageait de meilleures destinées li TÉglise et en particulier aux penses filles de sainte Chantai.

IL — Comme beaucoup d'autres communautés, le monastère de la Visitation de Moulins se reconstitua in effet après la tourmente ;ses religieuses se réunirent /iUwrd à la Charité-sur-Loire, emportant avec elles ^beœur de leur bienheureuse Mère, et de là elles vin- ^Tent définitivement se fixer à Nevers, toujours en jfoesession de leur précieux trésor.

l Elles étaient encore à la Charité-sur-Loire le .4 mai 1831, jour oii le vicaire général de Nevers vint dans leur monastère les divers changements renus dans le cœur de sainte Chantai depuis la fin juillet 1828. On se rappelle les fameuses Ordon- Liinces de 1828 contre les Jésuites et les établissejnumts ecclésiastiques dont le pouvoir civil prétendait dter le nombre des élèves, dans le Royaume très- ^(^irâien : c'était le début de la révolution de juillet, ij. Or les religieuses de la Visitation de la CharitéiOr-Loire ont toutes unanimement afiirmé : P qu'elles «viient remarqué vers les derniers jours du mois de piiIletl828quelec<Bur de sainte Chantai avait dimi- Inié d'un peu plus d'un tiers; de telle sorte qu'il ne touchait plus d'aucun côté aux bords intérieurs du leUquaire fait en forme de cœur ; 2^ que n'ayant plus considéré cette précieuse relique depuis lors, elles 16 se sont aperçues positivement d'un changement

ftotabk dans ee saint cœur que le 2 juin 1829, et que depuis ce jour, elles Font vu prendre un développement remarqnaUe, surtout au commencement d'oc» tolm 1830. A cette époque la partie supérieure et la partie inférieure du saint eœur touchaient d'une manière bien visible les deux eitrémités du reliquaire; 30 que le 4 mai 1831 , jour de Tenquête, elles remarqui^ent que la partie supérieure du saint cœur avait subi un aplatissement notable, perdu quelque chose de sa largeur et que la partie supérieure ë'étt^t gonflée et étendue des deux côtés, surtout du côté gauche du eŒnir,.de manière i^ se presser contre le bord intérieur du reliquaire* f Quant à la cause de ces changement!, conclut le vicaire général de Nevers, noua croyona qu'ellia appartient b Tordre surnaturel : ce qui doit ranima notre foi et soutenir notre espérance, dana les temps difSciles oii nous vivons ;... car Dim n'a poa coutume d'opérer de telles merveilles en faveur de eeux qu^U est décide' à abandonner en punUAon de leurs crimes. •

in. — Depuis longtemps les Yisitandines de Moulina ont quitté leur refuge de la Charité-sur-Loire, pour venir se fixer à Nevers. Quels signes le saint cœur de leur fondatrice leur a-t-il donné depuis ? Voici, Il ce sujet, la réponse que nous avons reçue le 16 août 1872 des pieuses Yisitandines de Nevers :

« Le saint cœur est en ce moment dans toute sa beautéy comme il a toujours été depuis 1858, époque ii laquelle il fut couvert de gouttelettes liquides d'une couleur rôussâtre. En 1789... il prit du développement

En 1829 et 1830 il grossit encore ; mais depuis 1858 il est demeuré dans le même état : il semble toujours plein dévie et fait l'admiration des nombreux pèlerins qui le vénèrent. Il faut bien vous avouer que nous le considérons souvent pour essayer de saisir quelques pronostics, mais nous pensons avec vérité que nous ne sommes pas dignes de voir ce miracle. »

Mais cette année 1858 où il redevient plein de vie^ est Tannée où Notre-Dame de Lourdes criait par trois fois Pénitence; où Napoléon III et Cavour complotaient ii Plombières Tasservissement de TÉglise si habilement conduit jusque nos jours! Et pendant cette période le cœur de sainte Chantai conserve toute sa beauté^ il se montre plein de vie / Ah ! ne vient-il pas nous redire par là ces paroles du divin Maître rassurant ses Apôtres avant Tobscurcissement momentané de sa Passion : « Ayejs confiance^ enfants de V Eglise persécutée; vous avez le monde entier contre vous^ mais vous avez les Anges et les Saints du ciel devant Dieu pour vous; suez le sang de la pénitence^ pendant que le monde se réjouit déjà de votre ruine^ et c'est vous qui vaincrez bientôt le monde par nous et avec nous. • Amen !

CHAPITBE IX.

APPâBITIONS PBOFHÉTIQUBS d'une âme du PUB6ÂT0ISE DANS UN MONASTÈRE DE MALINES EN BELGIQUE.

L Une jeune française, religieuse dans un monastère de Belgique, voit en Purgatoire Tâine de son père récemment décédé. -— II. Grandeur des peines du Purgatoire surtout pour les personnes consacrées à Dieu. — III. Particularités du jugement du défunt. — IV. Différentes questions de la religieuse et réponses du père. — V. Les Prédictions de la Salette se réalisent contre la France ; principales causes delà chute de celle-ci. — VI. L*âme est délivrée, après trois mois, le jour de Noël 1870. — VII. La religieuse meurt pour FEglise et la France, le 23 juin

I. — Vers le milieu du mois de septembre 1870, une jeune professe du monastère des religieuses Eédemptoristines de Malines, en Belgique ', ressentit tout il coup une peine indicible au plus intime de son âme. Ne sachant il quelle cause attribuer cette tristesse qui ne la quittait plus et qu'elle n'avait jamais éprouvée auparavant, elle s'efforça, mais en vain, de la surmonter ou du

» Voir la brochure que nous avons publiée %\iX(tQ^ Apparitions jyrophétiqiieSy d'après les notes qui nous ont été fournies par le monastère de la Sœur Marier Séraphine, Nous comptons publier prochainement sa Vie avec le détail le plus complet de ces Apparitions.

moins de s'en distraire. La Sœur Marie-Séraphine du Sacré-Cœur de Jésus, pour ne la désigner ici que par son nom de Eeligion, était devenue, pour elle-même comme pour ses compagnes, une véritable: énigme ; elle, jusque-là si gaie, si ouverte, si joyeuse, si française enfin par le caractère comme par la naissancei elle se demandait h, elle-même d'où pouvait se faire que, dès sa première année de profession, la douleur et les larmes devinssent ainsi son partage.

Enfin, le 29 septembre, lui arriva de Chateaurouxune lettre en retard de deux semaines, par suite des catastrophes lamentables que tout le monde connaît : elle annonçait le décès du père de la Sœur Marie-Séraphinei mort le 17 de ce même mois. Tout s'expliquait ainsi.

A partir de ce jour, la pauvre Sœur dont les angoisses ne devenaient que plus vives, entendit souvent des gémissements qui lui rappelaient les exclamations entrecoupées de son père lorsqu'il était dans la peine. Une voix bien distincte lui criait sans relâche : < Ma chère fUle, aie pitié de moi ! aie pitié de moi ! »

Le 4 octobre suivant, de nouveaux tourments commencèrent pour la Sœur; elle devint fort souffrante. Ses douleurs se portèrent principalement à la tête où elles étaient presque intolérables et durèrent, avec cette intensité, jusqu'au milieu du mois.

Le 14 au soir, conmie la Sœur, de plus en plus malade, venait de se coucher, elle vit tout à coup venir à elle, entre son lit et la muraille, son pauvre père tout environné de flammes et en proie à une extrême tristesse. A cet aspect, elle fut saisie d'une telle compassion, qu'elle poussa des cris plaintifs sans même s'a-

percevoir qu'elle rompait le silence. Il lui semblait en même temps être à son tour brûlée par ces flammes. Le lendemain, 15, vers la même heure, au moment où elle récitait, au pied de son lit, le ScUve Begina de règle, elle vit de nouveau son père ^ la même place que la veille, an milieu des flanmies. C'est à ce même moment qu'elle le verra désormais, pendant les fréquentes apparitions qu'il fera jusqu'à sa délivrance. Cette fois, la Sœur se demandait intérieurement s'il avait peut-être commis quelque injustice dans ses affaires. Mais son père, répondant à sa pensée, lui dit: « Non, je n*ai commis aucune injustice ; mais je souffre pour mes impatiences continuelles et pour éCatUres fautes qu'U ne m'est pas permis de te dire. »

n. — Le 17, la Sœur revit son père plongé dans la tristesse, mais non dans les flammes. Il se plaignait d'avoir été soulagé moins que la veille dans ses tourments.

« Pauvre père, lui dit sa fille, tu ne sais donc pas que les Sœurs ne peuvent prier toute la journée : nous avons notre Bègle, nos occupations, des emplois divers ik remplir. »

« Je ne demande pas^ reprit-il alors, qu'on soit toujours en prière^ mais qu'on m'appliqua des intentions^ des indulgences.

« Si Von ne vient à ton secours, tu seras tourmentée sans relâche : le Bon Dieu m'a permis de m'en prendre à toi. Oh ! ma chère fille, souviens-toique tu t'es offerte en victime, le jour de ton oblation : tu dois en subir les conséquences.

« Begarde^ regarde cette citerne de feu où je suis plongé! Nous sommes id plusieurs centaines. Oh ! si Von savait ce que c^est que UiPurgatoire, on souffrirait tout pour V éviter et powr venir en aide aux pauvres âmes qui y sont prisonnières. Tu dois devenir une sainte religieuse et observer fidèlement les plu^ petits points de la Eègle.

« Le Purgatoire des religieux est quelque chose de terrible ! •

La Sœur vit en effet cette citerne enflammée d'où sortaient d'épais nuages d'une noire fumée : « L'impression qu'elle fit sur moi, disait la Sœur, ne s'effacera plus de ma mémoire. »

Comme le père disparaissait et se replongeait dans la citerne, il s'écria, à. plusieurs reprises, en montrant sa langue desséchée et brûlante :

« J'ai soif! J'ai soif ! >

IIL — A partir de ces jours, la Sœur continua de voir régulièrement chaque soir son père, à. peu près dans le même état de souffrance et de désolation. Il n'était plus, il est vrai, environné de fl;immes conmie le premier jour de l'Apparition, mais il disparaissait chaque fois dans la citerne en s'écriant: « J'ai soif! J'ai soif ! »

Une fois il dit h, sa fille \<Ily a bien longtemps que je ne suis venu te voir ! >

« Pauvre père ! lui répondit la Sœur, mais tu es venu hier au soir ! >

« OA.' répartit alors celui-ci, 5ij6 dois rester en Purgatoire durant trois mois^ c'est wne éternité!..

« J^élais condamné^ dit-il encore, à plusieurs années de Purga^ire; mais je dois à la Très-Sainte Vierge Marie^ qui a intercédé pour moi^ de n^ avoir que qudques mais. »

Cette grâce de pouvoir venir implorer du secours, racontait la Sœur, était la récompense des bonnes œuvres de son père. Ainsi, il avait, été très-dévot ^ la Sainte- Vierge en l'honneur de laquelle, dans les dernières années,il s'approchait des sacrements, à chacune de ses fêtes ; il professait une grande miséricorde pour les malheureux et ne se ménageait aucune peine pour les œuvres de charité, ^ tel point qu'il avait été même quêter de maison en maison pour venir en aide à la fondation d'une maison de Petites-Sœurs des pauvres dans sa ville natale, etc.

IV. — La Sœur fit, à différentes fois, diverses autres demandes à. son père; mais il ne fut pas toujours permis à celui-ci de satisfaire à chacune d'elles.

« Les âmes du Purgatoire, lui demanda-t-elle un jour, connaissent-elles ceux qui prient pour elles et peuvent-elles prier pour les fidèles de ce monde? » La réponse fut affirmative,

« Ces âmes, ajouta la Sœur, souffrent-elles en pensant aux péchés qui se commettent journellement ici bas, surtout dans leur famille ?

« Owt, répartit le père ; c'est même un de leurs châtiments. »

Vers la fin de novembre, le 23, la Sœur vit son père comme d'habitude, mais il semblait plus près d'elle qu'à l'ordinaire ; ce qui lui causa des souffrances ex-

trêmement aiguës. Elle croyait être toute de feu, tant elle était devenue brûlante, surtout aux oreilles.

Le père l'informa alors que si la communauté continuait à. prier pour lui, il serait délivré aux fêtes de Noël. Il est à. remarquer que les œuvres les plus secrètes que Ton offrait à Dieu à son intention, le soulagaient aussitôt, en même temps qu'il en avait la pleine connaissance. Ainsi vit-il tout ce qu'une religieuse, occupée des exercices d'une retraite particulière et toute dévouée à sa délivrance, lui avait mérité d'adoucissement par sa grande ferveur et son héroïque charité.

La Sœur, continuant sur ces entrefaites à interroger son père, lui demanda, toujours guidée par sa supérieure ou son confesseur, si cette doctrine était véridique, à savoir : que tous les tourments des martyrs sont au-dessous des souffrances du Purgatoire. Il répondit que c'était bien vrai.

Elle demanda ensuite si toutes les personnes qui sont dans la confrérie de Notre-Dame du Mont-Carnàel et portent comme telles le saint Scapulaire, sont délivrées du Purgatoire, le premier samedi après leur mort. « Oui, si elles ont fidèlement rempli leurs obli^ gâtions à cet effet, fut la réponse. >

A cette demande : y a-t-il réellement des âmes qui restent cinquante ans en purgatoire, le défunt répondit : « Ouij et même il y en a qui sont condamnées à expier leurs péchés jusqu'à la fin du monde : ce sont des âmes bien coupables et bien délaissées. >

V. — Le 3 décembre, son père, quoique toujours triste, lui apparut déjà resplendissant.

Elle lui demanda ce jour-là, par obéissance, 1** si la Très-Sainte- Vierge s'était réellement montrée sur la montagne de la Salette : r^on^a a/^rma^ive ; 2^ si c'étaient l^s prédictions de la Salette qui se réalisaient alors contre la France : nouvelle réponse affirmative ; 30 enfin si la France se relèverait de cette ruine lamentable :

« La France^ répondit le père, est bien humiliée^ mais aussi elle est bien coupable ; eUe a fait une lourde chute dont elle ne se rélèvera qu'en redevenant chrétienne.

« La France est cou/pable, surtout par la violation du repos du dimanche, par un vice a/fret^ qui y est devenu si commun^ et surtout par le blasphème, oh ! les blasphèmes ! ajouta-t-il, ils y sont horribles et at^ tirent la colère de Dieu. Voilà les trois choses qu^éUe doit principalement éviter.

« Oui, la France se relèvera^ mais il ne ni est pas permis de fen dire le moment »

Ces trois grands crimes dont la Beine des nations s'est depuis de longues années rendue coupable à la face du monde comme devant Dieu, nous les trouvons également signalés par la bouche des Pasteurs des peuples, les Évêques ; l'un des plus éloquents d'entre eux, Mgr Dechamps, archevêque de Malines, stigmatisait encore dans son mandement de Carême, du 2 février 1871, ces trois péchés nationaux avec ime sévérité toute apostolique.

« Le sanctuaire de la famille est souillé, dit-il, et cette souillure, érigée en système, est devenue le thème favori de la littérature et des théâtres... Mais il

est une autre profanation qui montre encore plus d'audace, puisqu'elle s'érige en juge de ceux qui ne l'imitent pas. Oubliant que toute paternité vient de Dieu : Ex quo annis paternitas nominatur\, elle veut être elle-même sa providence et déterminer à son gré le nombre des âmes qui lui sont confiées. C'est là l'un des plus grands péchés d'un grand peuple, non de lui seul, sans doute, mais de lui surtout : la profanation des sources de la vie.

«... Qui n'a été témoin, dans une grande partie de la grande nation dont je vous parle, de l'oubli public de Dieu ? Parcourez ses villes et ses campagnes, et, dans une foule de localités, vous y trouverez ses temples déserts, les jours consacrés au Dieu vivant...

« L'orgueil donc et un orgueil insensé; la corruption et une corruption effrontée ; l'oubli de Dieu, le mépris de la loi divine, les blasphèmes contre la Eédemption répandus par la presse comme les eaux d'un torrent, mais surtout par la presse de la grande ville, de la capitale du monde moderne ; la voilà, telle que nous la voyons, l'apostasie qui force la justice divine à frapper le monde '. »

VI. — Depuis ce jour, 3 décembre, les entretiens de la Sœur avec son père cessèrent jusqu'à la nuit de Noël ; elle ne le revit même plus, dans l'intervalle, à partir du 14, où l'âme lui sembla de plus en plus resplendissante.

i Ephes. m, 15.

* Mandement de Carême 1871, p. 449-452.

Oependant, la veille de Noël, la pauvre Sœur était si souffrante qu'il lui sembla presque impossible de pouvoir se traîner jusqu'à la chapelle. ËUe vint nâmmoins assister à la messe de minuit, sans doute par la secrète assistance de son père qui devait en cette heureuse nuit lui annoncer sa délivrance suprême.

n lui apparut, en effet, entre les deux élévations de la jHremière messe, brillant comme le soleil.

« J*ai achevé mon temps d'expiation^ lui dit-il, tout rayonnant de béatitude. Je viens te remercier ^ toi^ ma chère fiUey et ta communauté qui a tant prié pour moL A mon tour maintenant je prierai pour vous toutes. »

La Sœur rentrée dans sa chambre revit une dernière fois son père. Tout heureuse de le contempler dans la gloire, elle le conjura en même temps de demander pour elle, avec sa guérison, les forces nécessaires pour bien observer sa sainte Bègle.

« Je demanderai pour toi, reprit-il aussitôt, une soumission parfaite à la sainte volonté de Dieu et la grâce d'entrer au ciel sans passer par le Purgatoire. •

Et il disparut sans retour. Le défunt était, dans cette dernière vision, si resplendissant que sa fille ne put qu'entrevoir son visage, d'un éclat éblouissant, et assez seulement pour bien reconnaître les traits de son père ; tout le reste de sa personne était comme perdu dans la lumière.

A partir de ce moment, la joie et le bonheur de la Sœur Marie-Séraphine furent à leur comble: elle ressentit désormais en son âme une paix ineffable jointe à une certitude invincible de n'avoir pas été en butte

à rillusion des sens ni aux tromperies du démon, comme elle l'avait tant redouté*

Vn. — Cependant une nouvelle maladie, maladie hélas ! trop inconnue de la génération présente, s'était emparée de la Sœur, la maladie du cid^ tant était enflammé son désir d'aller s'unir à son Dieu conmie venait de le faire son père bien-aimé. Elle s'était d'ailleurs offerte en victime. Ce double désir d'union et de sacrifice fut bientôt exaucé.

En ce jour même de Noël où la Sœur Marie-Séraphine avait recouvré toute la joie des anciens jours, elle se sentit déjà atteinte des premiers germes de la maladie de poitrine qui devait, six mois plus tard, mettre le comble à. ses vœux. Ses souffrances furent longues et cruelles, mais elle les endura avec une patience de martyr. La nuit de sa mort angélique, qui arriva le vendredi 23 juin, fin de l'octave du Sacré- Cœur dont elle portait en religion le nom sacré, s'appelant Sœur Marie-Séraphine du Sacré-Cœur de Jésus, cette nuit-là même, peu d'instants avant de partir pour les demeures éternelles, elle redisait encore les cantiques des jours sans nuages de son noviciat et de sa profession.

Pourrions-nous oublier que, jusqu'à ses derniers moments, elle répétait en soupirant, chrétienne avant tout, mais toujours firançaise :*0h! ma chère France^ que tu es à plaindre d'avoir perdu la foi! Puisses-tu cesser de provoquer la colère de Dieu, et redevenir chrétienne ! »

La Sœur Marie-Séraphine du Sacré-Cœur de Jésus

décédée le 23 juin 1871, dans sa quatrième année de Eeligion, était née le 2 octobre 1843, et avait reçu sur les fonts baptismaux un nom de piFédestinée Marie" Angèle !

Espérons que les apparitions prophétiques qui mirent le comble à ses mérites ici bas, ne seront pas perdues pour tant de frères attiédis ou égarés qui viendraient à en prendre connaissance ainsi que les âmes pieuses à qui elles sont spécialement dédiées.

0 France, ô patrie bien-aimée, ô Beine du monde dans rhumiliation comme dans la grandeur, renais au bonheur en renaissant à Dieu !

APPENDICE

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