‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 47 sur 90 · LA SOEUR ESPÉRANCE-DE-JÉSUS, RELIGIEUSE, AU CANADA · texte numérisé non relu

LA SOEUR ESPÉRANCE-DE-JÉSUS, RELIGIEUSE, AU CANADA

I. Esquisse de la stigmatisée du Canada. — II. Ses premières aunées et sa grande innocence. — 111. Ses stigmates. — IV. Ses relations avec les âmes du Purgatoire. — ' V. Autres dons merveilleux.

I. — Deux lettres, venues récemment du Canada, nous ont révélé l'existence, au delà des mers, de la pieuse stigmatisée, connue dans le diocèse de Québec sous le nom de sœur Espérance de Jésus.

La première de ces lettres, adressée à ime Religieuse de notre voisinage, en date du 18 mars 1872, nous a été communiquée avec la plus gracieuse bienveillance. Nous y lisons le passage suivant qui trace une esquisse rapide de la stigmatisée.

« Je vous envoie la photographie' d'une Religieuse du nom de Sœur Espérance-de- Jésus. La photographie n'est pas très-réussie. Elle vous montre néanmoins bien distinctement deux plaies sur les mains de la Sœur. La stigmatisée a les mêmes plaies aux pieds et au cœur, et cela depuis huit ans. Telle que la photographie la représente, elle est en extase.

< La Sœur Espérance-de-Jésus est une enfant gâtée de la Providence. Son innocence est angélique. Sa vie est une vie de souffrances continuelles, on pourrait dire

1 Photographie tirée évidemment à l'insu de la Sœur, alors qu^elle était en extase.

de torture, surtout chaque vendredi. Depuis qu'elle ei ici, je ne peuse pas qu'elle ait mangé plus de trois fois et encore elle n'a pu retenir ce qu'elle avait pria. J'ai défendu de lui donner autre chose qu'un peu d'eau froide. Quelquefois aussi elle prend le jus d'une orange ou d'un morceau de pomme. Avec ce régime et ces souffrances, elle a toutes les apparences d'une parfaite santé.

« Elle est la consolation et, on peut dire, l'ange de de ses Sceurs, auxquelles elle donne les conseils les plus nets et les plus solides, quoique, huniaiDemeiit ■ parlant, elle ne sache rien. »

II. — La lettre suivante, datée du 17 juin 1872, nous a été adressée à nous-méme par le même prêtre, en réponse à celle que nous venions de lui écrire pour obtenir de plus amples renseignements au sujet de l'angéli que Sœur,

' A mon retour d'une mission de quelques semaines, y lisons-nous, je trouve votre lettre à laquelle je me hâte de répondre. Il n'y a rien eu de publié jusqu'ici dans les journaui sur notre stigmatisée.

« Vitaline Gagnon naquit, il j a vingt-cinq ans, de parents pauvres, du diocèse de Québec, Elle donna dea marques de piété dès sa plus tendre enfance. Toute jeune, elle éprouvait déjà un grand bonheur h réciter des Ave Maria sur les tombes du cimetière où elle aimait à passer de longues heures, surtout aprèa la tombée du jour. Elle a. toujours été conservée dana l'ignorance de tout ce qui répugne h la modec

ainsi elle raconte encore aujourd'hui avec une naïveté admirable et en toute bonne foi, comlnent, Dieu l'ayant créée et mise au monde, elle fut trouvée dans une souche.

« Vers l'âge de treize ans, elle entra au noviciat des Sœurs hospitalières de Québec. Mais elle en .«ortit, sur l'avis du médecin qui déclarait ce genre de vie incompatible avec sa santé. Jusque-là il n'y a eu rien de frappant ou au mçins de bien prononcé dans son état surnaturel.

« Quelque temps après, elle se présenta chez les Sœurs Grises, à Ottawa, et fut admièe, après avoir été instantanément guérie d'un toux que l'on croyait incurable : menacée en effet d'être de nouveau renvoyée du couvent, à cause de sa faible santé et de son manque d'instruction, elle était allée se prosterner aux pieds de l'image de la Sainte-Vierge, pour se relever à jamais guérie de sa toux. »

III. — « Deux ans après soa admission, elle fit profession et reçut, le même jour, les stigmates. Il y a huit ans de cela, et depuis lors les stigmates n'ont cessé de saigner tous les vendredis et toutes les fois qu'elle offre ses souffrances pour obtenir une grâce pour lés personnes recommandées à ses prières. En cet état, elle a passé deux ans sans prendre aucune nourriture solide : quelques gouttes de vin lui suffisaient, quoiqu'elle souffrît presque continuellement toutes sortes de touiments, comme la flagellation de Notre-Seigneur, le supplice du crucifiement, à tel point que tout son corps n'était plus qu'une plaie. Cependant extérieure-

ment elle portait tous les indices d'ime parfaite sant^

jusqu'à avoir de rembonpoint. La flagellation se faisait sentir aux personnes placées auprès d'elle ; il leur semblait en entendre les coups, pendant que la pauvre Sœur était soulevée par la violence et la force d'un bras invisible. De ses plaies sort une eau toujours parfumée, esbalant tantôt l'odeur de'la rose, tantôt celle dn lys, etc. Il sullit de rester quelques minutes dans la pièce oii elle se trouve, pour être tout imprégné da parfums qui persistent assez longtemps. "^

rïi^

IV.— • La Sœuroffre toutes ses souffrances, pour âmes du Purgatoire qui viennent souvent la trouver et lui laissent d'ordinaire quelque marque de leur

0 II y a ^ peine six mois, je fus appelé pendant la nuit auprès d'un malade que certainement elle ne connaissait pas. Le lendemain elle me dit : ■ Votre malade va mourir, il faut le préparer. • Les médecins prétendaient tout te contraire- Or, quelques jours après, mon malade mourait dans les meilleurs sentiments. Peu de semaines auparavant elle m'avait annoncé qu'elle aurait bientôt la visite d'une âme du Purgatoire. Et, en effet, huit jours après la mort de ce malade, elle me montra au-dessus de sou pied une empreinte de* maiu comme aurait pu en produire une mfLtn incandescente. C'était, me dit-elie, mon pauvre patient qui était mort. En huit mois de temps, elle a reçu sis ou sept marques de ce genre. Pendant Ips sept années précédentes, elle éprouva ^ peu près hs mêmes choses, mais je n'étais pas alors dans la con-

fidence de son intérieur. Je ne parle que de ce que j'ai vu et connu. »

V'.— « Ses extases sont de tous les jours. Elle voit, dit-elle, les âmes de nos amis et connaissances. En parlant des ces âmes qu'elle n'a pas connues, la plupart du temps, lelle ne s'écarte jamais de ce que les autres en peuvent savoir.

« Un jour, pendant son action de grâces, elle aper^ çut un oiseau sur un arbre, non loin de la fenêtre entr'ouverte de la chapelle : aussitôt elle l'appelle, et l'oiseau de se rendre à son invitation et de venir se percher sur le tabernacle, en chantant les louanges du Seigneur.

« Quant aux prophéties, je crois qu'elle en a faites, mais je n'en connais aucune qu'il soit à propos de relater ici.

« Enjfin ses conseils se sont toujours fait remarquer par leur justesse. Quand on la consulte pour quelque bien spirituel ou même temporel, il est impossible de ne pas remarquer en elle une sorte d'intuition qui fait dire qu'elle lit au fond de l'âme les intentions les plus cachées.

« Voilà à peu près tout ce que je puis vous dire pour le moment. Plus tard il me sera permis de vous satisfaire davantage et de revenir plus au long sur cet intéressant sujet. » Nous y comptons.

CHAPITEE V.

MABGUEfilTB BATS, LA STIGMATISÉB DB LA PIEfiSB,

EN SUISSE

L Marguerite Bajs demeurée inconnae jusqa^ici. — II. Sa vie édifiante. — III. Sa gaérison miraculeuse, le 8 décembre 1854, suivie de stigmates. — IV. Ses souffrances mystérieuses. — y. Antres dons. — VI. Communion admirable. — VII. Relations avec les âmes du Purgatoire.

L — Nous voici dans la patrie de Goillamne-Tell et du Renhenreux Nicolas de Fine, profitant de quelques jours de vacances pour voler, sur les ailes de la vapeur, de TAlsace à la Vendée en passant par la Suisse, dans le dessein dé visiter dans leur solitude quelques âmes privilégiées, aussi peu connues du monde que largement prévenues des faveurs du Père céleste. Le soir du 16 octobre 1872, jour où la Suisse catholique fêtait saint Gal,run de ses premiers apôtres, nous descendions, entre Fribourg et Lausanne, à la station de Siviriez, en quête du hameau de La Pierre, Tune des nombreuses annexes de cette paroisse. Nous voulions voir de nos yeux et entendre de nos oreilles Thumble stigmatisée Marguerite Bays, dont la vie et les souffrances nous avaient déjà grandement édifié, d'après les lettres de quelques uns de nos correspondants. Le digne curé de Siviriez eut l'obligeance de nous accompagner dans notre visite, comme il nous ménagea, le lendemain, la douce joie de donner la sainte commu-

nion à la stigmatisée. C'est donc autant d'après nos propres souvenirs et nos impressions personnelles que d'après les notes bien authentiques, mises à. notre disposition par plusieurs personnes honorées de la confiance de Marguerite Bays, que nous allons tracer ce chapitre, complètement inédit jusqu'à ce jour.

IL — Le hameau de La Pierre, vulgairement appelé La Fier r a dans le pays, est situé à une demi-lieue de Siviriez, dans le riant vallon de la Glane, l'un des affluents de la Sarine,en amont de Pribourg. Les chaumières en sont dispersées, comme dans presque toutes les campagnes environnantes, entre jardins, sillons et prairies; elles sont construites en l)ois et, avec leur simple rez-de-chaùssée, couronné d'un large avanttoit, elles font au loin l'effet de vastes ruches, abritées sous de splendides bouquets de verdure. Tel est en particulier Taspect de la maison rustique où continue de demeurer, depuis^la mort de ses pareiits, avec ses frères, une belle-sœur et ses nièces, Marguerite Bays, ou Gothon Bays, comme on dit dans la paroisse.

L'humble fille est aujourd'hui âgée d'environ cinquante-cinq ans. Couturière autrefois, elle partage maintenant les soins du ménage de ses frères et les assiste, selon ses forcés, dans l'exploitation de la ferme qui les fait vivre à la sueur de leur front. La part de Martho n'absorbe pas cependant celle de Marie chez la stigmatisée qui est considérée, dans ce paisible et laborieux intérieur, plutôt comme une mère que comme une sœur. Aussi, fidèle à accomplir scrupuleusement la règle du Tiers-Ordre de Saint-François

auquel elle appartient depuis longtemps, Marguerite se rend chaque jour de bonne heure à la paroisse pour y faire le chemin de la Croix et assister à la sainte Messe oîL elle communie plusieurs fois la semaine. Sa modestie est sans affectation, sa piété angélique,sa charité pour le prochain inépuisable. Elle est regardée conmie une sainte dans toute la paroisse, sans toutefois que personne paraisse y faire attention, tant est grande sa simplicité, tant elle fuit d'instinct le bruit et les occasions de paraître. Jusqu'ici la publicité ne s'est point occupée d'elle; puissent même ces lignes porter au loin la bonne odeur de ses vertus, sans lui amener jamais aucun visiteur importun ni aucun admirateur indiscret !

La dévotion de Marguerite la porte de préférence vers le culte de la Passion de Notre-Seigneur et de rimmaculée-Conception de la Sainte- Vierge. Cet amour pour Jésus-Christ en Croix lui vient de son père toujours fort affectionné aux souffrances du divin Sauveur. Quant à sa vénération pour llmmaculée- Conception, elle résulte peut-être de la grande faveur qui lui fut faite par la Sainte-Vierge, le 8 décembre 1854, le jour même où Pie IX proclamait le dogme de rimmaculée-Conception de la Mère de Dieu. C'est aussi le moment solennel de la vie de Marguerite Bays nous devons entrer dans quelque détail à ce sujet

ni. — Rien de particulier n'avait jusque-là signalé la pieuse fille à l'attention des fidèles. Tourmentée avant cette époque par un hoquet douloureux que les remèdes n'avaient fait qu'irriter, elle n'en fat délivrée

que pour subir une épreuve tout autrement csucifiante: un cancer se déclara à la poitrine et nécessita bientôt une opération dans le vif, qui lui mit presque les côtes k nu* Le cancer n'en reparut pas moins et la patiente se vit sur les bords de la tombe. Eecourant alors à. Marie-Immaculée, elle implora son assistance toute-puissante par une neuvaine qui, par une coïncidence providentielle, se terminait le 8 décembre 1854 En ce jour, solennel entre tous^delaFêtede Tlmmaculée-Con<îeption, la très-sainte Vierge daigna apparaître à* sa dévote servante et la guérit aussitôt.

« C'est grâce à ma protection, » lui dit Marie, « que « vous êtes guérie. Mais vous êtes appelée h d'autres « souffrances. La perversité du monde est si grande « que je ne puis retenir le bras de mon Fils, outragé < surtout par le blasphème, la profanation des saints « jours, l'impureté, Tabandon ou la n^ligence de la « prière et Toubli de Dieu. Pour tant de crimes et pour « m'aider h retenir le bras de mon Fils, vous souffrirea « un tourment tout particulier. » En disant cea mots, la Mère de Dieu remit à Marguerite une croix que celle-ci s'empressa de porter sur son cœur, pendant que des lèvres de la miraculée s'échappait, comme par inspiration, la prière suivante, h janaais gravée dans sa mémoire depuis lors :

« 0 Sainte Victime, attirez-moi après vous ; nous « marcherons ensemble. Que je souffre avec vous, cela « est juste; n'écoutez pas mes répugnances. Que j'ac- « complisse en ma chair ce qui manque h vos souf- « frances ! J'embrasse la croix, je veux mourir avec « vous. C'est dans la plaie de votre Sacré Cœur que je « désire rendre mon dernier soupir. »

IV. — A partir de ce moment Marguerite Bays, toujours désireuse jusque-là de pouvoir acquitter sa dette de reconnaissance envers la Pasion de Notre-Seigneur, se trouva surabondamment exaucée : elle se sentit frappée d'un mal mystérieux qui la ramenait sur son lit de douleur, chaque vendredi, pour augmenter d'intensité pendant le carême et se résoudre, le vendredi-saint, en d'atroces tortures : à ce jour sacré, on la voit, chaque année, réduite à l'agonie, de midi à trois heures du soir ; puis elle entre dans un état d'anéantissement et d'inanition voisin de la mort, et au bout seulement d*une heure et demie environ,la vie renjît par degrés. Eevenue entièrement à ellemême, la stigmatisée se trouve transfigurée, toute trace de douleur a disparu et sa physionomie est d^on rayonnement indescriptible.

La meilleure preuve de la cause surnaturelle de ses souffrances, c'est sa santé florissante en dehors des vendredis, et du carême. Pendant de longues années Marguerite avait même dû prendre des remèdes contre cette maladie mystérieuse du vendredi, mais au lieu dé lui apporter quelque soulagement, ils avaient produit l'effet contraire.

Les stigmates ne sont toutefois apparents chez elle que pendant la sainte Quarantaine où ils deviennent de plus en plus visibles et sanglants à mesure que le vendredi-saint approche ; ils disparaissent ensuite extérieurement, à partir de ce jour. En 1870 Marguerite, par une exception qu'on ne pourrait s'expliquer, n'eut pas les stigmates. Interrogée à ce sujet et forcée, au nom de l'obéissance, d'en découvrir la raison, elle

avoua en rougissant qu*elle avait redoublé de prières auprès de Notre-Seigneur pour ne point en recevoir ces marques, afin, disait-elle, de ne scandaliser personne. Mais elle n'a été exaucée que pour une fois. « Aujourd'hui-même, vendredi-saint, 27 mars 1872, nous écrit un de nos correspondants, devant plusieurs prêtres et religieux, accompagnés d'un docteur en médecine, la stigmatisée de La Pierre a subi, dans des circonstances admirables, et l'agonie de la passion et les douleurs de l'extase. Celle-ci commença vers trois heures. Pendant que le docteur constatait le sommeil extatique et que la science se livrait à ses investigations, le visage de la stigmatisée portait l'empreinte d'une douleur indicible. J'appris ensuite, à son réveil, par l'intermédiaire de son Directeur, qu'elle avait assisté au supplice de la Flagellation où elle venait de voir les bourreaux se rechanger à trois reprises, épuisant toutes les fureurs de l'enfer vaincu sur le corps adorable du Sauveur. >

V. — Le don des stigmates n'est pas la seule faveur dont Notre-Seigneur a daigné enrichir l'humble campagnarde. Il la guide habituellement par une voix surnaturelle qui lui parle, sans que personne ne paraisse, et qui lui intime les volontés du ciel, en la remettant d'ailleurs toujours aux décisions de son Directeur. La voix lui a défendu d'opposer des mais et des si aux ordres de celui-ci. ^

Le lundi-saint de cette année 1872, qui était le 25 mars, la stigmatisée, retenue chez elle par ses souffrances habituelles du carême, vit tout à coup

apparaître sons ses yeux rinscription suivante, tracée snr deux bandes :

« Prièee ! Pénitence ! »

C'était, en deux mots, la formule de Tunique remède ^ la situation désespérée du monde chrétien.

VI. — Une autre fois, comme elle était gravement malade, en un jour de fête, et que ses souffrances mystérieuses Tavaient mise dans Timpossibilité de se rendre à l^glise pour recevoir la communion, elle vit tout à coup une sainte hostie lui apparaître dans son étroite cellide, et se tenir k la hauteur de sa bouche conmie pour Tinviter à communier. Marguerite, trop humble pour se croire digne d'une telle faveur, craignit un piège du démon et n'ouvrit point la bouche pour recevoir l'hostie prodigieuse. Celle-ci s'approcha alors de ses lèvres et se ploya contre elles, en signe de la vérité de la présence réelle du corps de Notre-Seigneur. Convaincue par cette violence suave et par une attraction intérieure que le divin Maître la conviait au banquet eucharistique, elle l'adora et le reçut en son cœur, au milieu des transports de la plus vive gratitude.

Vn. — On ne sera pas étonné d'apprendre que Marguerite Bays est en relation avec les âmes du Purgatoire. Son père est venu lui-même réclamer l'assistance de ses suffrages. Comme elle lui demandait quelle était la cause de ses tourments, il lui répondit qu'il était retenu dans les flammes expia-

trices principalement pour s'être trop occupé de la pêche, le dimanche, bien qu'il n'eût pas pour cela négligé l'assistance aux ofBces.

Une autre fois, la stigmatisée fut chargée d'avertir une religieuse Bernardine, de sa connaissance, de bien prier pour la délivrance de son propre père, en purgatoire depuis plusieurs années. La religieuse venait de doter son couvent d'un chemin de la croix, sur l'observation que lui avait faite Marguerite du grand bien spirituel attaché à cette dévotion : elle fut ainsi la première récompensée de cette libéralité et de cet acte de soumission aux conseils de l'humble stigmatisée.

Nous nous bornons aujourd'hui à ces quelques lignes, sans toutefois cacher à nos lecteurs le bonheur que nous avons éprouvé de voir nos Voix Prophétiques parmi les livres de prédilection de Marguerite: elle a compris cet appel à la pénitence et à la Eéparation volontaire; sa prière en est devenue encore plus fervente, son immolation plus conaplète. Un tel suffrage nous console surabondamment de n'être point compris ni goûté de chacun.

CHAPITEE VI.

PALHA-HARU-ADDOI.OKATA UATABSEtU, D'OBIA, PBàS BSINDE8, EN ITAUB.

I. Etat de pauvreté de Palma. — II. Gomment elle a M comblée de grâces et a reça les stigmates. — III. Divem détails sarTétat de la stigmatisée. — IV. Ses autres souffrances. <- y. Dons mystiques ; communions prodigieuses. — VI. Enquête de Tautorité civile. — VII. Don de biiocation et de vue à distance. - VIII. Résumé de ses prédictions. — IX. Trois lettres qui rectifient la prédiction qui lui est attribuée au sujet des prochaines calamités.

I. — Les renseignements les plas précis nous ont été donnés, soit de vive voix, par des voyageurs revenus d'Oria, soit par écrit, par de nombreux témoins oculaires, au sujet de la stigmatisée d'Italie : nous Taurions ainsi nous-même vue et entendue, que nous ne pourrions en parler avec plus de détails que nous allons le faire ; néanmoins nous réservons, plus spécialement ici, le jugement des supérieurs ecclésiastiques, tant les faits d'Oria sont prodigieux et inouïs.

Commençons par dire que nous avons, dans l'édition précédente, donné Ë tort le nom de Signora à Palma. La pieuse femme n'est pas une Signora, c'està-dire une Dame, selon l'acception ordinaire de ce mot : elle appartient par sa naissance aux derniers rangs de la société ; elle a été mariée, de janvier 1844 à juillet 1850, avec un pauvre berger de qui elle a eu

plusieurs enfants, tous morts en bas-âge ; depuis, elle a été recueillie, avec sa vieille mère, dans une famille aisée d'Oria, où elle demeure désormais. L'indigence a donc été, de tout temps, son partage ; dans sa jeunesse, elle a gagné son pain à la sueur de son front, et aujourd'hui qu'elle appartient au Tiers-Ordre de Saint-François, auquel elle s'est affiliée, étant déjà veuve et sur l'ordre de la Sainte-Vierge, elle pratique par vertu et par vœu la pauvreté volontaire sans jamais retenir pour elle rien de ce qui lui est donné par la générosité des fidèles : elle ne sait que donner. Quelques autres inexactitudes de détail se sont encore glissées dans notre première notice sur Palma, nous nous empressons de les corriger plus loin.

IL — Palma-Maria-Addolorata Matarrelli est née à Oria, ville épiscopale de la province ecclésiastique de Tarente, au royaume de Naples, le jeudi-saint, 31 mars 1825. Elle fut baptisée le samedi-saint suivant, des mains mêmes de l'Évêque d'Oria, suivant l'antique usage, encore en vigueur en Italie, de ne conférer, le samedi-saint, le baptême qu'à la cathédrale, dans les résidences épiscopales. La stigmatisée est appelée d'ordinaire Palma, nom destiné à rappeler sans doute sa naissance dans la semaine du dimanche des Rameaux ou des Palmes; mais ne peut-on pasaussi voir dans ce nom une signification prophétique de la vie militante et réparatrice de la stigmatisée ?

Elle ne sait ni lire ni écrire ; mais, prévenue dès sa plus tendre jeunesse, de grâces extraordinaires, et admise comme dans Tintimité du divin Maître, elle

parle des mystères de notre sainte Beligion et des voies de la vie spirituelle avec une sûreté de doctrine admirable.

Elle n'a reçu les stigmates qu'en 1857, alors que se tramaient dans Fombre les desseins sataniques que la révolution a depuis produits au grand jour et qui ne tendent à rien moins qxùk la ruine de la Sainte ^lise. C'était le 3 mai, fête de Tlnvention de la Sainte-Croix ; Palma se trouvait en prière devant un crucifix, dans réglise de Saint-François d'Assise, à Oriav Elle vit alors des rayons partir de l'image de Jésus crucifié, et sentant qu'elle allait recevoir la grâce des stigmates : « Ah! Seigneur, qu'ils soient intérieurs et demeurent invisibles, » s'écria-t-elle du fond de son cœur. Elle n'avait en effet d'autre désir que de vivre cachée aux yeux du monde. < Oui, » lui répondit le Seigneur, < les stigmates resteront intérieurs ; mais je les ouvrirai et je les fermerai selon mon bon plaisir.»

III. — Et c'est ainsi que les stigmates sont portés par Palma. La seule couronne d'épines est toujours prête à paraître, soit pour l'édification des pieux visiteurs, soit pour la confusion des incrédules, selon qu'il plaît à Dieu de consoler les uns et d'humilier les autres : les blessures de cette couronne s'ouvrent alors tout à coup, le sang en découle, parfois en grande abondance et alors la stigmatisée semble un autre Ecce HomOy puis les plaies se referment.

Quant aux stigmates des mains et des pieds, ils ne donnent de sang que les vendredis de carême, aux

fêtes de la Sainte-Croix et le jour de Saint-François d'Assise. Voici ce que raconte à. ce sujet un pèlerin qui a vu la sainte veuve en avril 1872 : « Palma n'fi plus actuellement les stigmates d'une façon régulière. Pendant le dernier carême, elles les a eus, puis la stigmatisation (sanglante) a cessé, mais maintenant elle revient, pour et selon ses visiteurs. Elle avait le front très-net, dans mes deux premières visites; puis, après son action de grâces nous avons vu, mes compagnons et moi, de quatre points du milieu du front sortir quatre filets de sang aussi larges que le petit doigt, qui ont arrosé le visage et les mains de la patiente. Un linge blanc lui a été donné pour s'essuyer, ce qui a produit sur le linge non pas des taches, mais des emblèmes très-nets, figurant des cœurs enflammés, des clous, des glaives. Cela est prodigieux et je l'ai vu de mes propres yeux. > Ces derniers détails nous sont confirmés par un missionnaire qui a récemment visité Palma, pendant que la stigmatisation était apparente. Ses mains, à. la différence des stigmates de Louise Lateau, par exemple, sont comme transpercées ; elles présentent une ouverture oblongue, visible des deux côtés, mais sans être perforées de part en part.

La plaie du côté est la plus active. < Le sang du cœur, nous écrit l'un des directeurs de Palma, le chanoine Vincent de Angelis, ne se montre pas seulement le vendredi, mais continuellement. Le cœur de Palma est un volcan: tantôt il donne du sang, tantôt de l'eau et du sang, tantôt c'esf un foyer d'incendie, et toujours il imprime des emblèmes par le feu ou par le sang. » Nous avons eu sous les yeux plusieurs lin^

ges provenant de Palma et portant différentes empreintes, comme le suivant, p ar exemple, que nous a fait voir le R. P: Séraphin, Passionniste, da couvent d'Ere, près de Toumay : ce linge de flanelle, qui avait été appliqué, il n'y a pas longtemps, sur la plaie du côté, donna pour empreinte Fimage de la Croix; et les gouttes de sang, au çombre de vingt à trente qui s'y étaient imprégnées, avaient brûlé l'étoffe et l'avaient percée à jour, en formede petites flammes, comme si ony avait passé obliquement des fers chauds.

Le vendredi, 27 octobre 1871, M. le D^ Imbert- Gourbeyre, avec qui nous avons l'honneur d'être en relation, constatait cet état de divin incendie : < J'ai vu, écriiril, pendant la demi-heure d'extase, toute une chemise blanche brûlée sur son corps et recevoir des impressions merveilleuses. J'ai senti, et fort, l'odeur du brûlé. On ne voit ni feu, ni flammes. Le thermomètre ne m'a rien accusé. > Nous savons que le célèbre professeur prépare un ouvrage du plus haut intérêt, sur Palma et sur Louise Lateau. Nous y renvoyons nos lecteurs.

IV. Le genre de vie de la stigmatisée d'Oria est en rapport avec cet état merveilleux. Ainsi, depuis le milieu de 1865, elle ne prend plus aucun aliment solide, mais elle se contente de loin en loin d'un peu de café ou d'autre liquide, et encore rejette-t-elle fréquemment le peu qu'elle en a pris. En retour de ce jeûne extraordinaire, il lui arrive, chaque jour dans l'aprèsmidi, une sorte de manne céleste qui se fond à Tinstant dans sa bouche.

Les souffrance» continuelles qu'elle endure, lui rendent le mouvement difficile et la marche très-pénible, < Elle est impotente, écrit le D^ Imbert-Gourbeyre, toujours assise sur un fauteuil ou sur son lit, toujours criblée de douleurs. > Son dos est labouré d'une large plaie sans cesse ouverte et saignante, qui lui fait ressentir les douleurs de la flagellation ; elle en a une autre pareille, à l'épaule. Son épine dorsale est déboîtée. Qoique son supplice dure toujours, il redouble néanmoins d'intensité et de violence dans les moments où la révolution éclate en fureurs, en impiétés et en blasphèmes contre l'Église et son Chef auguste. Ainsi le carême de 1871 lui a été particulièrement cruel, sans doute à cause des excès des communeux de Paris pour qui ni les personnes ni les choses les plus vénérables n'étaient plus sacrées; chaque vendredi, elle donnait de la couronne d'épines plus d'une livre de sang, comme une victime d'agréable odeur sur laquelle se déchargeait la colère du Ciel.

V. — En retour de ces souffrances qui tiennent du martyre, Notre-Seigneur console son héroïque servante par les plus grandes faveurs. Ainsi elle a souvent des extases pendant lesquelles elle parle d'une manière admirable et sans interruption, ou bien elle se met alors à improviser des cantiques, à l'exemple de sainte Marie-Madeleine de Pazzi; pu encore, elle répond^ dans le cours de l'extase, aux pieuses questions qui lui sont posées. Elle est aussi en relation avec les âmes du Purgatoire pour qui elle souffre continuellement.

On raconte encore bien des conversions de grands pécheurs ramenés ^ Dien par ses soins.

Mais, ce que plus d^un de nos lecteurs aura peine à croire, elle reçoit très-souvent, pendant Textase, la sainte Communion de la main même de Notre-Seigneur ou des saints, avec des hosties consacrées, prises invisiblement dans différentes églises; il lui arrive aussi parfois de recevoir cette communion somatarelie hors de l'état extatique, et k plusieurs reprises le même jour. Notre-Seigneur la soutient et la fortifie par ce secours tout divin dans ses horribles souffrances. Ces communions admirables ont souvent eu lieu sous les yeux des assistants qui voyaient la sainte Hostie venir se placer sur les lèvres de TÂddoliMrata et reposer sur sa langue; mais ils n'apercevaient jamais la main qui portait les espèces sacramentelles.

En certains moments, on a aussi remarqué qu'il s'exhalait de son corps soufïrant une odeur d'huile aromatique très-agréable et d'un parfum indéfinissable. Voilà pour les phénomènes extérieurs. Mais il ne nous a guère été donné de pénétrer les scènes bien plus merveilleuses qui se passent en son âme. Ses différents confesseurs et directeurs ont épuisé les épreuves sur elle, et sont demeurés individuellement convaincus du bon esprit qui l'anime, sans pouvoir constater rien de diabolique en ces faits. Borne connaît toutes ces choses étonnantes, mais vu les temps critiques que traverse le Saint-Siège, il n'a pas été possible jusqu'ici de soumettre Palma à toutes les formalités d'une enquête canonique : ce qui aura évidemment lieu plus tard, car il se passe dans sa personne

des phénomènes mystiques vraiment extraordinaires et presque incroyables.

VI. — En attendant cette épreuve décisive, le bras séculier a fait sans s'en douter les affaires de TÉglise . L'autorité italienne, qui du Piémont s'est répandue comme une lave sinistre sur toute la Péninsule, avait cru le bon ordre menacé par la sainte veuve et celle-ci fut soumise à une enquête qui ftit pour elle un vrai martyre. Comme elle est extatique en même temps que stigmatisée, l'inquisition porta principalement sur la réalité de Textase : or les examinateurs lui enfoncèrent, pendant le ravissement, une longue aiguille jusqu'aux os des mains, lui brûlèrent les membres et les flancs avec des lames chauffées jusqu'au rouge, et lui percèrent les doigts entre les ongles et les chairs. Ces cruelles expériences n'ont rencontré qu'une insensibilité complète pendant l'extase, mais ensuite la patiente, revenue à elle, ne s'aperçut que trop combien on l'avait mise à l'épreuve. Les membres de l'enquête ne purent s'empêcher en même temps de déclarer, à l'unanimité, que le fait de* l'extase, qui avait été divulgué entre autres, était bien ré^l; mais qu'il leur était impossible de l'expliquer par les données de la science. Ils la laissèrent donc en paix, vaincus sinon convaincus, et ils ne purent s'empêcher en la quittant de lui témoigner leur vénération. Après ces épreuves, l'extatique s'écria : < Que le Seigneur soit loué et remercié parce que nous sommes enfin arrivés au terme et que tout est fini ! »

VII. — Nous terminerons ces trop courts aperçus par quelques mots sur la vue prophétique de la stigmatisée d'Oria et les prédictions qu'on lui attribue. L'un de ses Directeurs écrivait, il y a peu de temps, i^ un religieux de notre connaissance qu'elle connsutsurnaturellement, depuis trois ans, Louise Lateao, la stigmatisée de Belgique et qu'elle l'a vue plusieurs fois dans ses extases, entre autres le vendredi-saint de 1870 où la sainte Veuve l'aperçut telle qu'elle se trouvait réellement dans la chaumière de Bois-d'Haine, devenue toute semblable au Crucifix, les lèvres enflées, le visage défait et livide, les plaies saignantes. Elle a aussi donné h, son confesseur l'assurance que tout ce que Louise Lateau éprouve d'extraordinaire, comme la stigmatisation et l'extase, est surnaturel et vient vraiment de Dieu. Elle connaît, par sa vue prophétique, d'autres âmes d'élite suscitées ç^ et là dans la chrétienté, jusqu'en Amérique et en Chine, comme des étoiles mystérieuses dont Dieu compte se servir pour ranimer la foi des peuples et les rendre attentifs aux mérites trop méconnus de la Passion de Notre-Seigneur. Palma veille sur ces âmes d'élite qui lui sont en quelque sorte confiées; elle les visite en esprit, les soutient de ses prières et fait quelquefois parvenir â leurs directeurs des avis surprenants par leur justesse et leur profondeur.

Nous avons reçu nous-même une réponse de Palma au sujet d'un fait mystique qui nous laissait quelque doute, réponse qui s'est trouvée d'accord avec la preuve manifeste qui nous a été faite d'ailleurs et en même temps, touchant l'erreur où nous avions été in-

duit sur ce fait. Il s'agit de la Prière au Béveilj imprimée à la suite de notre opuscule des Apparitions Prophétiques de 1870 : nous la donnions comme communiquée par la Sainte- Vierge, ainsi qu'on nous l'avait assuré de bonne foi ; mais nous avons appris, depuis, qu'un excellent curé alsacien l'avait composée, et Palma nous avait fait dire de son côté que cette formule n'était pas d'origine surnaturelle.

L'ensemble de nos données au sujet de cette prière nous fait croire qu'elle a servi d'instrument ^ un fait de mystique diàbolique.M.Bis il serait prématuré d'entrer ici dans aucun détail. En tout cas Satan aurait mal conduit ses affaires, car il n'aurait contribué qu'à propager au loin une excellente formule de bonne intention pour le moment du réveil.

Vin. — Voici le résumé des prédictions de Palma. Quoique les versions des Prophéties qu'on lui prête présentent quelques variantes, comme cela arrive toujours avec un texte oral transmis indéfiniment débouche en bouche, nou&avons néanmoins remarqué qu'elles concordent entre elles dans les points suivants: < l^La « Eépublique sera proclamée en France, en Espagne < et en Italie, et y sera suivie de la guerre civile ; « 2° ime mort violente menace Louis Napoléon, loin « des Tuileries ; 3° aux troubles de la Eévolution se « joindront d'autres châtiments, comme la peste et la « famine ; 4^ des signes extraordinaires paraîtront dans « le ciel; 5° Rome sera particulièrement éprouvée et « quelques dignitaires de l'Église y seront immolés « par les méchants ; 6^ mais au moment où les démo-

« crates voudront s'emparer de la Ville-Sainte, sans « doute après la chute du Boi-Larron, ils seront ar- « rêtés aux portes et fuiront épouvantés et broyés sous « les coups de l'Ange exterminateur, qui, du temps dei

< Juifs, immola les 185,000 hommes de l'armée de « Sennachérib ; 7^ enfin, après une guerre de très-courte

< durée, la vraie paix sera faite et le Pape de llmma- « culée-Conception verra encore le conmiencement du « triomphe de l'Église... » Puisse le Seigneur hâter ces heureux jours!

IX. Mais qu'en est-il au juste de la prédiction qu'on a attribuée à Palma touchant les grands châtiments qui devaient, selon elle, éclater au mois de juillet 1872, quoiqu'il n'en ait rien été? Nous avons sous les yeux des documents bien authentiques qui prouvent qu'on a exagéré la portée des expressions même de Palma. Bétablissons la vérité, car nous y voyons un inmiense intérêt.

D'abord il est certain que Palma a eu des visions sur l'avenir. Voici, k ce sujet, un passage-tl'une lettre d'un religieux français k ime personne de Metz de qui nous avons reçu cette communication, il y a environ six mois: < En 1867, écrit ce religieux, j'ai vu, à Lorette, le confesseur de la stigmatisée Palma, d'Oria, qui allait h, Bome faire plusieurs communications au Saint-Père. < Ce sera court, me disait-il ; la France « sera la première punie et la première relevée. Il ne

< faut pas espérer de joies pour le Saint-Père avant la « fin de 1873, et notre dernière crise, celle de la grande

« et efifrayante justice et de la grande miséricorde, ne

< tarderait pas beaucoup. La proclamation de laEépu-

< blique en Espagne serait le signal. »

Voici, d'autre part, ce que nous lisons dans une note du mois d'octobre 1872, d'une personne récemment revenue d'Oria après un séjour assez long dans cette ville, où elle a fréquemment vu et entendu Palma. Après avoir parlé des calamités annoncées parcelle-ci pour le mois, de juillet 1872, elle ajoute : < On était si sûr en Italie de voir éclater ces fléaux au temps déterminé, que les enfants mêmes s'écriaient dans les rues : « Oh ! nous allons bientôt mourir. Eien n'étant cependant arrivé, on en demanda l'explication b Palma. Elle répondit que Dieu avait pris en considération les ferventes prières des âmes pieuses et qu'il fallait continuer de prier, parce que la prière bien fervente saurait encore ainsi détourner une partie de la punition qui attend le monde.Elle a aussi affirmé que le triomphe de l'Église aurait lieu avant la fin de 1873. > — Nous ferons remarquer ici un détail piquant d'actualité h, nos lecteurs français. Comme cette personne, dont Palma ne connaissait extérieurement la nationalité en aucune façon, essuyait le front saignant de la stigmatisée:* Quefaites'vouslàfpetiteprussienne? » lui ditelle avec une petite pointe d'humeur, comme pour faire sentir à la visiteuse, native d!^ Cologne, que ses sympathies n'étaient pas pour la Prusse.

Enfin voici ce que nous écrivait, en date du 19 octobre 1872, la pieuse bergère de la Salette, Sœur Marie delà Croix, touchant une entrevue qu'elle venait d'avoir avec Palma, le mercredi, 2 octobre :

« Je parlais encore, quand elle s'écria : » Oui, oui, « ils sont là, les fléaux, nous y sommes, nous y tou-

< chons.... Il y aura quelque chose, et partout il y aura « au mal. » Après avoir parlé de différentes chQ?e8, je rappelai ma compagne et la sœur de charité. Nous parlâmes alors entre nous des ténèbres, et Palma disait « Nous y sommes, aux ténèbres, elles sont répandues

< sur la terre » — Oui, lui dis-je ; mais les antres ténèbres viendront-elles aussi? < Elles vienofflait « toujours plus obscures, » dit-elle. Alors je lui dis : Mais je veux dire les ténèbres extérieures.... — « Ah! « vous voulez dire quand les démons sortiront de Tenfer « et que Pair sera corrompu ? Mais ce n'est pas encore. > Je sais bien, lui ai-jerépondu, que ce n'est pas encore , et que ce ne sera qu'après les massacres, et les grands massacres. Ce sera la dernière plaie, et puis Dieu fera le grand miracle, le triomphe de l'Eglise. »

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