LIVRE CINQUIÈME
SIGNES FB0PHÉTIQUS3 DANS LUS âLllMBNTS ET LES RÉVOLUTIONS DE OE MONDE.
La Bévolution a tellement pénétré dans les idées et les mœurs contemporaines, que les masses se sont habituées à reléguer bien loin du gouvernement de ce monde la main paternelle mais juste du Tout-Puissant. « Que la Divinité se mêle encore des affaires des hommes, cela n^est plus de notre temps, » nous disait tout récemment un habile généalogiste de Paris, que ni les Prussiens ni les Communeux n'avaient encore désillusionné. La plupart de nos lettrés et même de nos illettrés déraisonnent de même.
Pour nous, quand les Livres saints et la Tradition ne nous en auraient pas instruits par renseignement de l'Église, nous serions pleinement convaincus du gouvernement suprême de la Providence par la seule vue de ce qui se passe sous nos yeux depuis 1830. Après comme avant Jésus-Christ, Dieu a son peuple de prédilection, chargé de frayer, le chemin dans le monde à sa vérité et à sa loi, et l'Église comme la synagogue doit avoir son peuple choisi, libre après tout de lui venir en aide, de la négliger ou même de l'abandonner
et de la persécuter. M^is alors que la France a le maiheur d'en venir à cet extrême oubli de sa yocatioD et d'y entraîner les autres peuples chrétiens à sa suite, nous sommes témoins des mêmes châtiments qu'adura autrefois Israël, pour ses prévarications.
De concert avec les avertissements des prophètei, les signes, avant-coureurs de la colère divine, éditent alors dans les éléments, comme il arrivait da temps des Juifs, selon cette parole de Jo61 ' : « Je
< ferai aussi paraître des prodiges dans le oie!, et sur
< la terre du sang, du feu et des tourbillons de AimJe;
< le soleil deviendra ténébreux, la lune sera de sing,
< avant qu'éclate le grand, l'horrible jomr du 8d-
< gï^eixr. » Ces signes nous sont prodigués, sons k règne de la loi de grâce qui est surtout une loi d'amour: Notre Seigneur fait marcher de firent ces précnneiiis de sa justice irritée, 2f^ec les Apparitions des saints et les Prophéties des voyants : il veut rendre ainsi moins cruels pour les justes les fléaux de la colère divine et ramener plus efiScacement par-là les pécheurs qui rentrent d'ordinaire en eux-mêmes moins pir amour que par crainte.
Nous ne voulons citer, à l'appui de notre apprécution des signes actuels, que le sentiment du Chef de h catholicité, de l'immortel et invincible Pie IX. Voici ce qu'il écrivait en tête de son Bref aux Membres de l'œuvre du Vœu National pour la délivrance du Sonverain-Pontife et le salut de la France ; œuvre avint pour but la construction d'une église au Sacré-Ccrar
1 Joël, n, 30 et 31.
de Jésus en esprit de réparation publique des crimes de la société contemporaine : < Chers Fils, salut et Bénédiction Apostolique. Ta^dis que les signes de la main vengeresse de Dieu se manifestent si visible^ ment dans les calamités qui affligent les nations et font craindre des maux encore plus grands, nous avons appris que vous aviez formé l'excellent dessein d'élever dans votre noble et illustre cité un monument destiné à exciter l'esprit de religion et à enflammer la charité... Certes nous donnons notre entière approbation à votre zèle et à votre piété, etc. »
Ainsi les signes se manifestent visiblement, selon Pie IX, dans les calamités présentes et font craindre des maux encore plus grands, si les peuples n'écoutent pas les derniers avertissements d'En-Haut.
Choisissons donc les plus frappants de ces signes contemporains qu'il est bon de remettre en mémoire et de grouper comme les dix plaies d'Egypte, afin de réveiller, si c'es\ possible, ceux qui ne demandent qu'à dormir, et de rendre les fidèles encore plus soucieux de leur salut et de celui des pécheurs.
Nous voyons tous les éléments comme émus du danger suprême de l'univers : l'air, l'eau, le feu, la terre vont élever la voix à leur manière. Le concours des événements a lui-même son éloquence et jusqu'à certains nombres mystérieux nous avertissent de l'imminence des catastrophes.
CHAPITBE I.