‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 52 sur 90 · PRÈS DE METZ · texte numérisé non relu

PRÈS DE METZ

(Jeudi, 31 août 1871.)

I. Apparition d'un serpent nuageux dans les airs. — II. Trana formations qu'il subit. — III. Circonstances du début < de la fin du phénomène. - IV. Sa signification probabl<

I. — Les journaux du pays de Metz n'ont poic parlé, que nous sachions, d'un étrange météore qui paru dans les airs, en plein jour, le 31 août 1871, ai dessus de la vallée de l'Orne et de la région avoisi nante, entre Metz et Etain, dans la partie non annext de l'ancien département de la Moselle. Cependant h nombreux témoins du prodige ont été vivement fraj pés de divers traits du phénomène ainsi que de : durée, et l'impression générale a été que de grav< événements se préparaient encore, avant la paix un verselle si ardemment désirée de tous. C'est principj lement à Jarny, près de Conflans, que le météore

été observé, ainsi qu'il résulte de plusieurs relations qui nous ont été adressées à cette occasion. Nous allons reproduire les principaux passages de ces documents, assuré d'avance qu'ils intéresseront nos lecteurs.

« Jeudi, 31 août 1871, vers midi moins un quart, nous écrit la Supérieure des religieuses de Jarny, une dame vint nous dire qu'on voyait quelque chose d'extraordinaire dans le ciel. Nous sortons toutes immédiatement, et après avoir regardé, d'un cri unanime : CPest un serpent j disons-nous. Tel est aussi le sentiment de toutes les personnes qui ont vu le prodige, ici et ailleurs.

< Ce phénomène aparu d'une manière plus ou moins frappante, non-seulement à Jarny, mais dans plusieurs villages des environs, comme Priauville, Conflans, Jouaville et V^rnéville.

« Nous avons pris des renseignements auprès de la personne qui la première a vu le prodige et l'a fait remarquer aux autres. Elle nous a dit que, travaillant dans les champs, elle avait aperçu quelque chose d'extraordinaire qui paraissait sortir d'un nuage et que l'ayant considérée avec attention, elle avait distingué une forme de serpent énorme. La tête, grosse et allongée, était repliée, la gueule en bas ; et la queue, trèslongue, s'étendait vers la terre, en s'agitant avec force. Cette personne dit que pour un moment la queue était si près de la terre qu'elle semblait toucher le sol. Cela a duré assez longtemps. Elle dit aussi qu'il sortait de ce serpent une espèce de fumée accompagnée d'un sifflement semblable k celui delà vapeur s'échap-

pant d^ne locomotive. Ceci nous a aussi été dit par plusieurs autres personnes.

< Nous avons demandé de quelle couleur était ce serpent; on nous a répondu qu^est difficile de le dire au juste, mais que cela tirait sur le noir. Ce que nous pouvons affirmer, c^est qu'il était impossible d'y fixer longtemps les regards, tant la vue en était fatiguée.

« Le serpent se dessinait parfaitement sur Pazur des cieux. Son corps, nous semblait-il, était d'un giis trèsfoncé, {Mresque noir. 11 se trouvait entre deux nuages blanchâtres, sans s'y mêler cependant, étant plus bas que ceux-ci, et lorsqu'il s'agitait, on en distinguait parfaitement les formes qui se détachaient sur ces nuages. L'intérieur du corps paraissait se crisper o(mtinuellement, et de temps en temps il en sortait une espèce de fumée. La partie du corps qui rejurésentait la tête, était tournée dans la direction de Paris, et la queue vers Metz, ou vers la Prusse, si vous voulez.

« Ce serpent était énorme. Pour en donner une idée, je dirai qu'il occupait un espace semblable k celui qui est entre l'église Saint-Martin, de Metz, et l'Évêché, c*est-à-dire environ deux cents mètres.

« Quant h la forme de la tête, nous n'avons pu la distinguer nous-mêmes, parce qu'il y avait déjà au moins vingt minutes que le phénomène avait commencé, lorsqu'on nous a prévenues ; les formes alors n'en étaient plus aussi distinctes.

11. — < Une jeune personne de vingt ans, continue la religieuse, nous a donné les détails suivants, cou-

firmes par plusieurs personnes : le dernier jeudi du mois d'août, vers onze heures et demie, elle entendit crier au dehors : Que cela est drôle ! On n'a jamais vu chose semblable. Elle sortit aussitôt et vit distinctement, dans le ciel, un gros serpent très-long dont la tête, donnant sur un nuage, ressemblait à celle d'un chabot (poisson à grosse tête plate) ; le corps paraissait couvert d'écaillés et la queue qui se dessinait sur un ciel bleu, remuait continuellement : on eût dit une bête en peine. Le serpent était d'abord tout noir, puis il devint blanc, mais pour reprendre de nouveau la couleur noire. Il s'est alors divisé en deux, pendant sept à huit minutes ; après quoi les deux tronçons se sont réunis et ont formé de leurs replis la lettre M majuscule, le premier jambage s'agitant toujours vivement. — Ce dernier détail nous a aussi été donné par un jeune fermier revenant de voyage : il nous a dit avoirvu un bel M majeur, très-noir; mais il en était si impressionné, qu'il s'est hâté de rentrer chez lui pour prévenir ses parents de ce qui se passait.

« Un vieillard, fort brave homme, et plusieurs personnes occupées flans les champs, ont vu le serpent remuer et s'agiter si fort, qu'elles ont cru qu'il allait tomber sur elles ; il en sortait, à ce moment encore, une espèce de fumée. Une vieille femme, travaillante un kilomètre de sa maison, y est retournée en grande hdte, à. ce mouvement que fit le serpent vers la terre ; la frayeur avait rendu l'agilité de la jeunesse à la pauvre vieille.

< Des personnes d'un village voisin de Jarny, de Friau ville probablement, doivent encore avoir été té-

moins des faits suivants, mais il ne nous a pas éU possible de nous renseigner auprès d'elles sur ces circonstances qu'on ne peut ainsi communiquer que som toutes réserves : on aurait vu un bel S et un bel M mijuscules, puis un pied sur le serpent dont lattte d'abord tournée vers la terre, s'est vivement relevée vers le ciel, comme pour riposter à un voix d'En-Haat; ensuite il s'est débattu vivement, en descendant ven la terre, comme si quelqu'un l'avait foudroyé. C'esl l'impression des personnes témoins de ces mouvement! et ce qui les a portées h, prendre la fuite, pensani qu'il allait tomber sur la terre. »

m. — « Sur la fin du phénomène, ajoute la lelt gieuse, il y a eu un fort tourbillon qui a dispersé Yt voine répandue dans un champ où se trouvaient de travailleurs.

' « Une autre personne nous a dit que ce tourbilloi avait enlevé le regain auquel on était occupé, et qu i avait été tellement dispersé au loin qu'il a été impos sible de le recueillir.

« Un vieillard qui nous a confirmé différents détail déjà, rapportés plus haut et qui comparaît la tête d serpent à une énorme tête d'âne ou de mulet (san oreilles,) ce vieillard nous a dit que sa femme avai vu, au moment même oii paraissait le serpent, de vi ves lueurs rouges entre le nord et le couchant, pa conséquent dans la même direction que celle de 1 tête. Et ce même vieillard ajoutait : « Tout cela, i sont des signes, car je me rappelle, comme je travail

lais, il y a quarante-deux ans, dans les champs avec plusieurs personnes, que j'ai vu avec elles en plein midi des lueurs rouges, bleues, jaunes, toutes très-vives, du côté des Ardennes, et peu après est arrivée la révolution de 1830. Ce sera encore quelque chose comme cela qui nous arrivera. »

IV. Chaque témoin raisonnait h sa manière sur la signification de ce prodige que personne ne voulait néanmoins considérer comme un de ces mille agencements que prennent parfois les nuages. Le ciel est en effet serein et peu de nuages apparaissent dans l'espace, quand se fait tout à coup voir ce serpent vaporeux, à la couleur changeante, mais noir au début et k la fin du phénomène ; il est précédé de lueurs sinistres et suivi d'un tourbillon de vent qui disperse au loin l'avoine et le regain fraîchement fauchés. Une ou deux lettres mystérieuses sont formées de ses replis, un instant divisés. C'est un serpent qui vient dévorer la France, disaient les uns : la Sainte-Vierge, ajoutaient les autres, a écrasé le serpent, elle a mis son pied dessus, c'est elle qui le vaincra; d'autres enfin concluaient tout court que Marie sauvera la France.

Malgré nos informations que l'hiver ne nous a pas permis de pousser jusqu'au bout, nous sommes persuadé, par ces seuls détails, que ce phénomène a une signification providentielle.

Il apparaît à la fin du mois d'août, à un an de distance de la double défaite de la France au dehors et au dedans ; c'est en plein midi qu'il se passe et c'est

rsoiis la forme d'un serpent tour à tour noir et Via puis encore noir, qu'il se montre : n'est-ce pasTina (lu triomphe momentané de la Révolution, de « savante transformation de Satan, qu'il nous s devant les yenz ? Mais Satan, si démesurée que ! sa force, est refoulé aous le talon de la Vîei^e Inm culée; -il est obligé de confesser lui-même que Salut nous arrive fax Marie; il ne se rendra Ion fois qu'eu jetant la terreur autour de nous par i crise suprême qui finira dans d'épouvantables o viilaions pour le progi'ès moderne. Les événeBie

Page 1