APPARITIONS DE SIGNES BELLIQUEUX DANS LES A
I. Quelques souvenirs de ECènes pai'oilles dans la Bibl< l'HistoirB moderne. — 11. Miraye lajstérieui Weslphalie.le 22 janvier 1854. — 111. Bataille aériai en Pologne. — IV. Marche militaiie du Nord au Sud V.et du Suil BU Nord, dans le pays de Bade. ^VI. Au phénomènea, à Riaden. — Vfl, Mêmas ecénea obseri dans las airs, à Chéinecy, près Thionville.
I. — Avant de nous occuper des batailles aërienr signalées en si grand nombre, dansées derniers tem par les journaux de toute nuance, il n'est pas hors propos de mettre sous les yeux do nos lecteurs qu "quea prodiges de ce genre arrivés dans les sièc passés.
La plus célèbre comme la plus avérée de ces apt
ritions se lit au deuxième livre des Machabées ; elle se rapporte aux temps calamiteux des persécutions et des guerres d^Antiochus Epiphanes contre la Judée. < En « ce tjBmps-là*, raconte l'annaliste sacré, il arriva que « Ton vit, de tous les points de la ville de Jérusalem,
< pendant quarante jours, des hommes a cheval qui « couraient en Tair, habillés de drap d'or et armés de « lances à la façon des cohortes ; on remarquait des « escadrons qui couraient les uns contre les autres; « des combats d'homme à homme ; des luttes où s's^- « talent les boucliers; des multitudes de soldats ar-
< mes de casques et d'épées nues; on apercevait enfin
< des dards lancés, des armes d'or étincelantes et des « cuirasses de toutes formes. C'est pourquoi, ajoute le « narrateur, toute la ville faisait des vœux pour voir « tourner ces prodiges à l'avantage du peuple de Dieu : « Omnes rogabant in bonum monstra converti. » Ce qui eut lieu en effet, à la suite des victoires de Mathathias et de ses immortels fils, les Machabées.
« Ces prodiges, dit le savant commentateur Corneille de LaPienre % eurent lieu parle ministère des Anges qui, sur l'ordre de Dieu, simulèrent ces appareils guerriers et ces bataillons par le moyen des vapeurs atmosphériques, afin d'avertir les Juifs des persécutions sanglantes qu'allait leur faire endurer Antiochus Ephiphanes et des luttes qu'aurait k soutenir contre lui Judas Machabée et ses frères. »
Puis l'illustre jésuite rappelle d'autres signes et
' IL Mach., c. y, 14. v 1-4.
* In II librum Mach., c. v, tom. iv, p. 513, éd. Vive».
apparitions de ce genre, tels que ces armées immenses qui se montrèrent dans les airs, aux yeux des Juifs, peu de jours avant la prise de Jérusalem par Titos, comme le raconte Thistorien Josèphe'; tels encore que ces armées de feu dont parle saint Grégoire-le- Grand ^ en témoin oculaire, et qui parurent en Ftir peu de temps avant Tinvasion de Tltalie par les barbares, en sig^e, dit Tillustre Docteur de TÉglise, de ces flots de sang humain qui allaient inonder la tene. « J^ai moi-même souvenance, ajoute Corneille de Li Pierre, de signes aériens de ce genre que j'ai vu apparaître en Belgique, dans ma jeunesse, avant le début des guerres dont ce pays fut plus tard le thélbe, signes interprétés par de savants personnages, comme des avant-coureurs de ces événements. >
II. - Venons-en maintenant à un phénomène vnûment prophétique qui parut dans les airs en Westphalie, le 22 janvier 1854, et dont la nouvelle fit grande sensation dans toute l'Allemagne. Nous en traduisons le compte-rendu dans le No20, année 1854. du Saarbot, feuille protestante de Sarrebruck', ainsi quMl suit :
« Le 22 janvier on a observé près de Bûderich, village situé sur la grand' route, entre Unna et Werl, un imposant phénomène (mirage) que la foule a interprété comme un pronostic de la grande bataille du
iDeBelloj. l.vii,c. TA
2 Hom. I in Evang.
3 Dienstaff, 14 Februar 1854.
Bouleau dont il est question dans les traditions populaires.
« Pour en venir au fait, voici ce qu'un grand nombre de témoins oculaires ont affirmé avoir vu, le 22 janvier dernier, un peu avant le coucher du soleil, de la hauteur de Schlûckingen où est située une maison isolée : une immense armée se trouvait en marche vers la forêt de Schafhaus. Lorsqu'on se baissait jusqu'à terre, le regard s'étendait sans obstacle dessous le pied des chevaux, jusqu'à l'horizon, et l'on remarquait leurs mouvements en détail. On apercevait aussi des masses de fantassins en nombreux bataillons dont on voyait étinceler les mousquets. A leur suite arrivait un convoi de voitures qui s'étendait à perte de vue et fut enveloppé par la cavalerie en marche vers le village Ae Hemmerde, L'uniforme de la cavalerie était blanc. Lorsque l'infanterie fut arrivée dans la forêt de Schafhaus et que la cavalerie se trouva tout près de là, les arbres disparurent au milieu d'une épaisse fumée. Le coucher du soleil vint mettre fin à ce drame d'un si haut intérêt. »
Nous avons dit que ce prodige frappa vivement les esprits en Allemagne. L'autorité fit une enquête à ce sujet; de nombreux témoins furent entendus, et le phénomène fut soumis au jugement du savant M. de Humbold. .11 se prononça pour un mirage. Mais peut-être verrons-nous si c'était un mirage présent ou plutôt futur,
IIL — Nous allons maintenant assister à un véritable défilé de ces bataillons aériens, d'une date pos-
térieure à la guerre âranco-aUemande. (7est d'abori en Pologne que la scène se passe. « Le 2 février 1871, ainsi que le rapporte la Gdzette de PosBn dans 1*0 de ses numéros dudit mois, les habitants du viUige de Grolaze, district de Pétrikaw (Posen)', ont Ai témoins, pendant deux heures, d'une grande batailk que se livraient des troupes fantastiques sur leurte^ ritoire. La ligne de bataille se développait en zig-ag sur une très-grande étendue : cavalerie et inSeuiterie étaient en rang. On distinguait parfaitement les drapeaux et les casques des uhlans, ainsi que la ooope de leur uniforme, mais non la couleur ; les figorei étaient également distinctes, malgré un épais brouillard où elles se mouvaient.
« Linfanterie tourbillonnait en avant ; la cavalerie tombait sur elle ; des cavaliers se détachaient de li masse pour engager des escarmouches ; puis des colonnes entières se précipitèrent les unes sur les autres, s'élançant à Parme blanche, revenant sur elles-mêmes, se poursuivant sans relâche, avec des chances diverses. Un peu plus loin, des divisions de cavalerie se tenaient immobiles vis-à-vis les unes des autres. Devant chaque division on voyait un cavalier, également immobile, Tépée baissée et la mais. Soudain l'épée se lève, le cheval se précipite en avant avec une ardeur merveilleuse qui entraîne toute la division.
.< Sous les pas des chevaux la neige vole à obscurcir l'horizon; les colonnes ennemies s'engagent en même temps dans une mêlée indescriptible et présentent une masse noire, mobile, qui, à la fin, fait explosion
connue une mine, et part en éclats ; le champ de bataille en demeure jonché d'hommes et de chevaux. L'illusion était parfois telle, qu'on pouvait voir tomber les cavaliers en bas de leurs montures; les combattants couvraient le sol comme des flocons de neige ; on apercevait les chevaux abandonnés qui couraient çà et là en liberté.
< Des cris d'effroi s'élevèrent à cette vue parmi la foule des spectateurs ; femmes et enfants coururent affolés vers leurs maisons. Cependant ce jour là, le ciel était serein, excepté autour des combattants qu'enveloppait un brouillard très-intense. Mais la scène était si rapprochée, que les hommes apparaissaient de grandeur naturelle. Les plus savants parmi la foule reconnurent dans cette apparition un simple mirage. Il se trouva même deux curieux qui s'avancèrent vers ces troupes fantastiques ; on les vit, mais non sans émotioD, passer à travers ces masses serrées et fouler aux pieds les cadavres; mais eux-mêmes ne voyaient rien de tout cela. Eeveaus sur leurs pas, ils avaient comme précédemment le même spectacle sous les yeux. Le phénomène dura jusqu'à ce que le dernier rayon du soleil eut disparu à l'horizon. A mesure que l'astre du jour baissait, les masses de combattants devenaient plus distinctes. Enfin la bataille disparut par-dessus les cimes d'un bois voisin, dans un lointain obscur.»
Était-ce un piu* effet d'optique? était-ce, au lendemain de l'armistice, un pronostic pour l'avenir ? Nous abandonnons la réponse au lecteur.
IV. — Les deux journaux aUemands suivants, DeuAsche VdhsJUaU de Stuttgard, et le BadM Beobatkter^ du 6 août 1871, noua racontent une ajp| rition d'armée dans les airs qui a fait sensation suri bords du Bhin et en Suisse oti Texcellente feuille Saint-6all,le VcikshlaU en a donné le résumé smm dans sonn* du 19 août, rej^roduit par le Caunkr Bruxdies du 24 septembre dont voici le texte:
« Dix-huit personnes ont déclaré de la manièn plus formelle, prêtes, s'il le faut, à le' eonfirmer ] serment, que se trouvant le 22 juillet à "**** (à Steni dans le pays de Bade, d'après le JBadischer Beobadà vers les huit heures et demie du soir, devant Taiitei àeVAigk, Tune d'elles leva la tête vers le ciel et pou un cri de surprise. Toutes alors regardèrent oihi et virent distinctement une grande route, allant nord au sud. Sur cette route chevauchait, la couroi en tête, un grand et superbe cavalier, montant coursier magnifique. Après lui venaient des ofScie puis de rinfanteicie, les capitaines à cheval den leurs compagnies, puis la cavalerie, l'artillerie, ! chariots, etc. C'était, au dire d'un des spectaten soldat revenu du service, comme une armée nu chant h, la bataille. Lorsque le roi eut passé devant rocher, il parut alors comme un ofUcier ordinal mais sa tête éteit mutilée. Bientôt Tapparition s'éf nouit h rhorizoQ austral. »
V. — « Quelques jours plus tard, joute le Caurn de Bmxelles, des petites filles de sept à huit ans, i vepant chez elles le soir, vers sept heures, du cina
tière G..., virent dans le ciel une multitude de soldats marchant du sud au nord.
< Notre correspondant pressa ces enfants de questions et put se convaincre que ces petites filles naïves et innocentes disaient la pure vérité. »
VI. — Dans son numéro du 26 août, le San-GaHer VolksUatt^ dit le Courrier de Bruxelles, ajoute:
< On nous écrit d'un lieu tout voisin, de Eieden, que, le même jour et à la même heure, plusieurs personnes de cet endroit ont observé les mêmes apparitions.
< Jamais, dit-on, nous n'avons rien vu de plus beau. La magnifique rougeur du soir, les nuages brillants, ornés de fastueux chemins de fer, de soldats, de troupes de toute espèce et de toutes les armes, tout cela nous jeta dans un profond étonnement.Ce magnifique spectacle put être observé pendant une demiheure. »
VIL — Enfin, pour abréger ce chapitre, nous dirons en peu de mots, < que, vers le commencement de ce même mois de juillet 1871, quatre petits garçons, de douze à quinze ans, occupés à garder les vaches, à une demi-lieue du village de Chémery, dans l'arrondissement de Thionville, ont tout à coup aperçu dans les airs un grand nombre de soldats arrivant de deux directions différentes et faisant leur jonction ensemble pour s'avancer dans la direction du village. Les uns portaient l'uniforme français ordinaire, les autres étaient vêtus de blanc. Ces troupes composées de fan-
tassins et de cavaliers, arrivaient par détachem^ts. Le défilé dura environ une heure. »
Ces détails nous sont affirm<^s par une personne bien connue de ces quatre jeunes garçons qui lui ont £ût k récit de leur vision sans nulle contradiction de détails, ni aucune apparence de supercherie ou d'illusi(m.
Que voulut dire toutes ces scènes belliqueuses, après tant de sang versé? N'y a-t-il pas dans cette persistance des éléments k nous parler de guerref lue pressante invitation à la vigilance chrétienne, personie n'étant plus sûr de son lendemain !...