‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 6 sur 90 · X. — Comment enfin interpréter sûrement les · texte numérisé non relu

X. — Comment enfin interpréter sûrement les

prophéties?

L'une des règles, b. cet égard, consiste à procéder sans parti pris, avec impartialité, en faisant parler la foi et la raison plus haut que le patriotisme. Hélas ! que nous étions aveuglés, au début de la dernière campagne ! Comme nous fermions les yeux sur les crimes de notre pauvre France, pour lui annoncer des triomphes qui eussent achevé d'éteindre en elle l'étincelle dernière de son antique soumission k la Sainte-Église et à Dieu !

C'estune autre erreurjCODtre laquelle nous ne saurions Ëtreassezengarde et dans laquelle donnent bien despersonnes, que d'assigner, d'une manière absolue, les mois et les années, pour ne pas d ire les semaines, k l'accomplissement de prophéties où d'ordinaire le temps n'est point fixé. Notre-Seigueur nous dit encore auj ourdlii^

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eomme à ses apôtres, alors qu'il allait monter aa oiel

et que ceux-ci Finterrogeaient trop curieusement sur

Y^^ue de la restauration d'Isradl : « Non eat vesàrum

« nas9e tempera vel momenta quœ PcUer poamit in

« mtapotestaie ', il ne vous revient pas de connaître

« lu tenq^ et les instants qui dépendent uniquement

« de la volonté de mon Père.» Bien des fidèles échouent

dans leur confiancct contre oe récif du temps : parce

que les prophéties ne se sont pas réalisées cette année-

[ ci, cette saison*^ elles ne méritent plus de créance ! ...

8ioh(nuhle bien^ pour Yoir clair dans les Prophéties

ilfimt se garder de poser à la miséricorde ou à la jus-

tbe de Dieu les lindtes dôs passions et des calculs

Immains. Dieu n'ira pas, pour répondre à notre im-

pati6Dce,deYancer rheure des réparations et des retours

sincères du Prodigue repentant.

Ici vient se placer tout naturellement sous notre plume une réflexion de la plus profonde justesse que &it un vénérable prêtre de notre époque, favorisé luiiQ^e du d(m de prophétie : « Il faut être extrêmementréservé dans les applications et surtout dans les fixations d'époques, écrivait, le 2 octobre 1869, M. le CurédeMalétable; je me suis moi-même plusiewrs /Wa trompé en jugeant des choses comme on juge ordimirement de la distance des ohjets que Von covsi-

Uet.Ap.Ch.l.

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dère àVhorieon. Si vous voyez, par exemple, plusieurs sommets de montagnes dans la même direction, voua pouvez peut-être évaluer à peu près la distance qui vous sépare du premier ; mais comme !es larges vallées, qui sont de l'autre côté, sont dérobées à votre vue, vous croyez facilement, quoique souvent à tort, que le second sommet est très-rapproché du premier et que peut-être même il repose sur la même base. Celui à qui le Seigneur daigne soulever un peu le voile de l'avenir, se trouve exposé à cette méprise, lorsque l'époque de certains faits subséquents lui demeure cachée : il juge ces derniers faits très-rapprochés des premiers, ce qui souvent n'a pas lieu. » Si le voyant peut ainsi se tromper, que dire du danger des myopes ? Nous avons constaté que bien des personnes se lassent ainsi d'attendre la réalisation des prophéties et que, les voyant trop tarder de s'accomplir à leur gré, bien qu'elles-mêmes tardent encore plus de se convertir et qu'elles posent en réalité le pi-incipal obstacle à un prompt retour de la paix et des jours prospères, elles rejettent ces oracles divins et n'en veulent plus entendre parler. Ces personnes pèchent-elles par cet acte d'incrédulité? L'acte d'incrédulité aux prophéties modernes est de soi chose indifférente, vu que l'acte de foi aux vérités révélées dans les Livres-Saints et la Tradition, est seul commandé sous peine de péché. Mai» lomme rien ne nous garantit absolument que

dans tel on tel cas particulier Finspiration soit venue de l'Esprit de Dieu, les prophéties modernes ne peuvent, en ce sens, prétendre qu'à un acte de foi purement humain de notre part et qu'il nous est loisible d'accorder ou de refuser. Néanmoins il faut se garder de rejeter en général et sans distinction aucune, toutes les prophéties autres que celles des Livres-Saints, car on s'exposerait ainsi à nier une vérité certaine, c'esirà-dire la permanence du don de prophétie dans l'Église.

Enfin nous interpréterons utilement les prophéties en les recevant comme un don de surérogation du Seigneur, en tant que surcroît de direction et comme encouragement à la ferveur ou à la conversion du moins. Certes, elles sont imprudentes et de tout point blâmables, les personnes qui mettent de côté les lois de la raison et les enseignements de la foi, pour s'attacher uniquement à, ce qu'elles s'imaginent voir et entendre dans telle et telle prophétie dont elles sont engouées. C'est négliger le principal et s'appuyer sur l'accessoire; c'est être infidèle à l'avis du divin Maître « de « ne pas être trop inquiet, et de se contenter de porter « la peine de chaque jour. »

XI. -- Mais dans quel esprit convient-il le mieux de lire les prophéties ? La raison dernière des prophéties, qu'on veuille bien le retenir, c'est la conversion du pé-

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