COÏNCIDENCES MYSTÉRIEUSES DE DATES NÉFASTES
I. Lettre du général Du Temple. — IL Accidents de chemins de fer arrivés surtout le dimanche. — III. Les dimanches néfastes de 1870 et 1871.
I. — Il faut prendre notre siècle paperassier par son faible : il prend note de tout ; il aime aussi de rappro- -cher le passé du présent,pour appuyer sa prétention au siècle des lumières. Eh bien! voyons ce rapprochement auquel a songé aussi l'Immortel Roi des siècles.
Citons d'abord la lettre désormais célèbre du général Du Temple au Figaro, en date de Versailles, 24 mars 1872.
< Monsieur le rédacteur, écrît-il, ne pouvant me faire entendre de l'Assemblée et par conséquent du pays, seriez-vous assez bon pour me permettre d'user de la grande publicité de votre journal pour faire connaître, le plus possible, certaines particularités relatives aux événements qui se sont passés récemment?
* Je ne m'adresse pas h, un journal religieux ; on ne le lirait pas, on ne le croirait pas ; pas plus qu'un prêtre ne serait cru s'il publiait ce qui suit :
^^— « un jour liir i« uHruier aumac qi vita-Vecchia, nous perdîmes do; bataille, Reischoffen.
« Le 4 septembre 1870, jour où napoléonienne, était le dixième septembre 1860,jour où Napoléon les bombes d'un nouvel Orsini que dans une rencontre avec Cavour, 1 la chute de la Papauté.
« Le jour oU les Italiens paraissa les Prussiens paraissaient devant I sèment complet des deux villes ai jour.
• Par contre, le jour oîi le Jour nait kla France que l'Assemblée na des prières publiques, une dépêche nonçait à la France qu'un inconna nom ne fut réellement connu que avait paru sur les murs de Paris et i
• Et huit jours après, pendant qi eielles avaient lieu !i Versailles, h. Vé
au ciel. Jamais Tarmée, pendant ces huit jours, ne s'était plus vaillamment comportée. Pas une faute commise^ pas un échec subi dans cette guerre si difficile des rues !
< L'ambassadeur est maintenant h Eome.
« Puissions-nous ne pas avoir & nous repentir d'avoir plus cru h l'humanité qu'à la puissance de Dieu !
« Veuillez agréer, Monsieur le rédacteur, l'expression de ma considération distinguée.
F. DU Temple, député d'Ille-et-Vilaine. »
Et combien d'autres coïncidences ne pourrait-on pas ajouter à. toutes ces dates mystérieuses, à. ne se borner qu'aux seuls règnes de Louis-Philippe et de Napoléon III. L'Écriture a dit : Œil pour œil^ dent pour dent Dieu, par la voix du temps, ajoute : Jour pour jour !
Qu'on nous permette d'insister sur deux rapprochements de dates, l'un relatif au Saint-Empire fiomain, l'autre concernant Napoléon III : c'est le 6 août, jour où l'Église fête la Transfiguration de Notre-Seigneur, que fut signé le traité de Verdun (6 août 843) d'où est sorti le Saint-Empire fiomain ; que ledit empire a conclu la paix de Westphalie (6 août 1648) par laquelle il ouvrait la porte à l'indifférence religieuse en politique ; que François I«r d'Autriche abdiqua comme dernier Empereur Eomain (6 août 1806).
Pour Napoléon III, il fut déclaré déchu du trône, le 4 septembre 1870 : or, le 4 septembre 1860, dans tout le prestige de sa puissance matérielle. Napoléon III
Que l'on recherche dans les archives des chemins de fer pendant ces vingt dernières années, et l'on verra si notre remarque est fautive. Nous ne parlons pas de la catastrophe de la Mouche sur la Saône, de l'écroulement du pont-viaduc de Perrache et bien d'autres accidents du dimanche, dont la nomenclature serait frappante si nous n'avions négligé de les enregistrer. Nous appelons sur ce point les investigations de ceux de nos lecteurs qui ont plus de loisirs et de patience que nous.
Depuis l'origine de la malheureuse guerre dont nous a gratifiés l'empire, n'a-t-on pas remarqué que les mauvaises nouvelles sont tombées sur nous comme des coups de foudre, presque toujours le dimanche.
m. — M. Ernest Hello, dans le Jour du Seigneur \ relève éloquemment ces coups de foudre du dimanche.
« La France, dit-il, depuis de trop nombreuses années, donne l'exemple scandaleux de la profanation du jour du dimanche^ et c'est le dimanche que Dieu a choisi pour lui infliger un éclatant avertissement.
< Ainsi, en relevant les principaux événements qui sont survenus en France depuis le conmiencement de la guerre avec la Prusse, nous avons constaté ces frappantes et incroyables coïncidences. *
« 1870. C est, en effet, le dimanche 7 août, que nous apprenons les défaites de Eeischoffen et de Forbach, et la proclamation de l'Impératrice adjurant tous les •bous citoyenS^ de maintenir l'ordre à Paris.
1 Un vol. in-18, chez V. Palmé, 50 cent.
c C'est le dimancht U août, ma» rEmperwr qutte Metz et llurmée, à laqudle il aâresie sa demiinpn^ clamationu
« C*eitle dinumdmà Mptembre, cm now a|pw nong la eaintiilatiœi de Sedan et la pcodamrtiM di k BépabUque»
Cestle âimaneke 18 septembxe, qu^eat institiiée la commission dês banicadea avec Boeheftrt ponrprtsidenti et qu'a lieu TentreTue de M. Jvlea FawB et de M. de Bismarck k Ferrières.
« C'est le dimimehe Z octobre» qii'<m noua la reddition de Strasbouig.
« Cest le dimankche 16 octobre, qn'aniv^ lation de Soissons*.
« C'est le dinumche 30 ^tobre, qne M. Thim donne la nouTelle certaine de la redditioQ de Meta et de la reprise dn Bonrget par les Fnusieiia.
« Cest le dima'nche 6 novembre, que le gouyemement de la Défense nationale annonce qu'il repousn Tarmistice proposé par les puissances.
« C'est le dimanche 27 novembre, qu'a liea la capitulation de la Fère.
< C'est le dimanche 4 décembre, que s'engage la bataille de Chevilly, et que le prince Frédéric-Ciiarles entre h Orléans.
« C'est le dimanche 18 décembre, qu'a lieu la bataille de Nuits.
1871. C'est le dimanche l^r janvier, que le gouvernement de la Défense nationale annonce qu'il persévère dans la résistance à outrance.
< Cest le dimanche 8 janvier, que le bombarde-
ment atteint Paris dans lés quartiers de la rive gauche.
'^ C'est le dimanche 22 janvier, que se fait une manifestation à l'Hôtel-de-Ville, à Paris.
C'est le dimanche 29 janvier, que les forts de Paris sont occupés par les Prussiens.
« C'est le dimanche 26 février, qu'on signe les préliminaires de paix à Versailles, et que le ministre annonce qu'une partie de l'armée prussienne entrera dans Paris.
« C'est le dimanche 29 mars, que le Comité central de la garde nationale s'empare de l'Hôtel-de-ViUe et que le gouvernement se retire à Versailles.
« C'est le dimanche 26 mars, que la Commune est élue à Paris.
« C'est le dim^inche 2 avril, qu'a lieu le premier engagement à Neuilly entre l'armée de Versailles et les troupes de la Commune.
< C'est le dimanche 21 mai, que l'armée de Versailles enfonce les portes de Paris.
« C'est le dimanche 4 juin, que s'ouvrent les conférences de Francfort entre les plénipotentiaires français et prussiens.
« Est-ce clair ? »
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