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SECTION III

Des Points stratégiques.

Un point est réputé stratégique , quand sa possession présente un avantage majeur pour les opérations. Cette possession n’est décisive, qu’autant qu’elle assure la communication qui y conduit , quelle est liée à la probabilité de s’y maintenir, que l’ennemi ne peut impunément le dépasser; et enfin, que de ce point, on a la faculté de se porter dans différentes directions.

Sont réciproquement stratégiques, dans l’offensive , les points qui doivent être gagnés ; et dans la défensive, ceux qui doivent être maintenus. Mais la nature et la configuration du théâtre de la guerre peuvent seuls les déterminer.

D'ans les pays ouverts , qui sont par-tout praticables , et dans lesquels l’ennemi peut se mouvoir sans obstacle sur toutes les directions , il n’y a pas , ou il n’y a que peu de points stratégiques. Au contraire , on en rencontre un grand nombre dans les pays c oupés , où la nature a tracé irrévocablement les chemins qu’il faut prendre.

ÎO PRINCIPES DE STRATÉCIE.

Si l'on en excepte les pays couverts de trèshaules montagnes, les contrées les moins praticables en apparence présentent néanmoins toujours plusieurs communications dans la même direction, et l’ennemi est rarement restreint à une seule. Dans ce cas , le point stratégique est nécessairement où les communications se réunissent par les accidens du terrain: tels , par exemple , que des rivières navigables, des vallées qui se croisent dans les montagnes , etc. Lorsqu il y a plusieurs communications parallèles, le point stratégique ne peut être qu’où elles sont plus rapprochées entre elles, et liées par une ligne transversale.

Les hautes montagnes dans lesquelles les communications sont rares, de même que les grands fleuves sur lesquels il y a peu de passages, ne présentent pas beaucoup de points stratégiques (i). Il en est de même dans les pays

(i) Il nous semble que cette phrase offre quelque contradiction avec ce qui a été avancé uu peu plus haut. Le texte de l’auteur dit, que dans les pays ouverts, comme dans les hautes montagnes, il y a peu de points stratégiques. Ces deux idées paraissent difficiles à accorder; on pourrait toutefois les expliquer de la manière suivante :

• Dans les pays de plaines remplis de communications, l'oc- 'Cu'pation d’un point est moins importante, puisqu’il reste

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