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CHAPITRE 1er

temps et de troupes , qu’il n’en resterait plus assez pour poursuivre avec vigueur l’objet de l’opération. Dans le second cas , les lignes qui partent de l’extrémité de la base pour arriver jusqu’à la position de l’année , formeront un angle si aigu, que l'armée agissante, restreinte pour ainsi dire à une seule communication, serait exposée à être coupée de sa base , et à ne pouvoir manoeuvrer sans la découvrir , ou tout au moins les routes qui y aboutissent. C’est encore ici le cas d’éviter cet inconvénient, en formant une nouvelle base à mesure qu’on pénètre dans le pays. On aurait soin de l’établir là où le terrain prête un appui aux ailes , et présente une série de points liés par des communications avantageuses tant entre eux qu’avec l’ancienne base. 11 ne serait pas moins nécessaire que ces points fussent liés avec la ligne d opération adoptée , et que celui qui forme la clef du pays en arrière , fut comme le pivot des mouvemens ultérieurs.

Cette seconde base étant destinée à couvrir l’ancienne, il est clair qu’elle doit être également protégée par les positions et les mouvemens de l’armée, et qu elle est pour la nouvelle ligne d’opération , dans le même rapport que celle-ci était à l’égard de la base primitive.

Si la retraite de l'ennemi a lieu sur le pro-

longement de notre ligne d’opération , ou forme une parallèle avec elle, il n'y a pas d’inconvénient d’établir plusieurs bases d’opérations qui se succèdent dans une même direction et sur une même largeur; parce que le rapport de l'éloignement entre les deux armées , et par conséquent du pays en arrière , reste le même.

Mais s'il se retire vers les flancs de la ligne d'opération , l'armée victorieuse pourra choisir entre trois partis : l’un consisterait à donner une autre direction à la ligne d’opération, ce qui exigerait également un changement dans la base , afin de ne pas en exposer la partie la plus rapprochée de l'ennemi. Le second parti serait d'adopter une nouvelle ligne d'opération. Enfin , le troisième consisterait à forcer l’ennemi même à changer sa ligne de retraite , et à le repousser à une plus grande distance , avant qu’il ait eu le temps de se reconnaître.

Pour avoir autant de succès dans l’ofFensive que dans la défensive , il faudrait que chaque ligne de frontière d’un grand Etat, eût des places fortes à son centre et à ses extrémités (1). Cette ligne formant alors une bonne

(i) Celte manière de déterminer l’emplacement des foi

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