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CHAPITRE 1er

principes de Stratégie , et livrer selon les règles de la Tactique.

Quelquefois cet art indique ou développe des avantages stratégiques qui n entraient pas dans les vues du premier plan. Par exemple , quand on est décidé à forcer un point, et qu’on aperçoit la possibilité de conduire cette opération de manière à se rendre maître de la ligne de retraite stratégique de l'ennemi : dans ces sortes de cas , les règles de la Tactique éprouvent aussi des modifications fondées sur des avantages majeurs provenant de la Stratégie. Quand bien même le point par lequel on pourrait entamer la ligne de retraite de l'ennemi ne serait pas le plus avantageux , sous le rapport de la Tactique, il faudrait néanmoins le préférer à tout autre, s'il ne détruisait pas le premier but stratégique qu’on s'était proposé ( lequel , dans l’exemple cité , n’est autre que de forcer un point donné ) , et s’il réunissait en outre la probabilité de procurer le second avantage stratégique.

L’ascendant que l’on acquiert, par l’emploi des lignes stratégiques , sur un adversaire qui les néglige et les juge mal , se conserve aussi long-temps que l’on peut opérer sur elles. Un général qui a gagné une marche sur son ennemi , reste en possession de cet avantage

jusqu’à ce qu’un grand obstacle, par exemple, lui Ueuve, une montagne impraticable, une forteresse, etc., le retardent autant de temps qu il en faut à celui-ci pour regagner la marche perdue , ou se rendre maître de nouveau , par un détour, de la ligne stratégique. Dans aucun temps , les avantages stratégiques n’eurent des avantages plus grands et plus décisifs , que dans les guerres qui marquèrent la fin du dix-huitième siècle et le commencement du dix - neuvième. Les progrès faits dans cette science durant la révolution française , ont rendu plus faciles et plus rapides qu’autrefois , les mouvemens des grandes masses. La facilité de réparer les pertes stratégiques a disparu : l’assaillant a acquis, sur celui qui se défendait, un ascendant marqué , et la Tactique a été plus que jamais subordonnée à la Stratégie. Delà vint , que des campagnes de quelques semaines produisirent des résultats que de longues guerres n'auraient pas amenés autrefois ; et que des points stratégiques non fortifiés , résistèrent aux plus rudes chocs , tandis que des places fortes , établies sur des points non stratégiques , ne furent d'aucune utilité.

Les principes de la Stratégie renferment l'esprit du système de guerre en général , c'est

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