SECTION PREMIERE
Aspect général du théâtre d’ opérations donné (i).
C^üelque simples cpie soient les principes do la science militaire , l’application en est pointant très-variée; elle consiste dans l’art infiniment plus difficile de ue s'écarter , sous aucun
(i) Nous avons balancé si nous ne supprimerions pas celte section , dont les détails sont superflus pour la classe de lecteurs à qui cet ouvrage est destiné. Les militaires capables d’étudier l’Archiduc, n’ont qu'à prendre à la inain une bonne carte d’Allemagne, pour savoir tout ce que cette section renferme; mais comme nous avons annoncé une traduction , nous n’avons pu nous permettre celte licence.
rapport des règles fondamentales , et de prendre des mesures analogues aux différentes circonstances. A la guerre , les cas ne se ressemblent jamais (1): il est donc impossible de tracer des règles lixes de Y application des principes; on ne peut donner que des exemples cjui mettent à même de voir et de juger, par analogie, la manière d’atteindre le but proposé.
La Stratégie caractérise les points décisifs d’un théâtre de guerre , et indique la manière de baser et de mener à leur fin les opérations militaires. L’exemple à choisir pour faire l’application des principes de cette science , devait donc représenter ces points sur le terrain donné , et développer les moyens les plus elficaces de s’en rendre maître et de les conserver. Pour s’en former l idée , nous ne pouvions mieux faire que de prendre un des théâtres
(i) L’auteur ne trouvera pas mauvais que nous émettions ici une opinion contraire à la sienne.
La même manœuvre, employée en différentes occasions contre une même position ennemie , aura presque dans tous les temps un résultat uniforme, indépendamment de la différence des localités et des circonstances secondaires. Les affaires de Montenotte, de Castiglione, de Ratisbonne , ont prouvé, comme mille autres , cettevérité.
Si la même manière d’employer les masses produit donc un résultat égal , et si l’art n’offre qu’un petit nombre de combinaisons au choix d’un général, il est impossible que beaucoup de batailles et de combats n’aient entre
les plus connus de la dernière guerre ; c’està-dire , 1 espace renfermé entre le lac de Constance, le Rhin, le Mein , l’Eger , l'Elbe , la Moldaw , l'Enns et les montagnes septentrionales du Tyrol et de 1 état de Salzburg : attendu qu'il convient de fixer des bornes, et d établir des points sûrs de départ, nous supposerons donc :
i° Que la Suisse et le Tyrol sont neutres;
2° Qu’il ne se trouve aucune forteresse dans cette étendue, excepté Cassel près deMayence, Kehl , Prague et Theresienstadt ;
3° Que chacune des puissances belligérantes n’a qu’une armée ; que la première a pris le Rhin pour base de ses opérations , et que l’autre a établi la sienne sur l’Enns et la Moldaw.
Les crêtes principales des montagnes dessinent la figure du terrain et le cours des
eux une ressemblance parfaite, avec la seule différence dans les noms des lieux. Mais ce n’est pas aux manœuvres seules qu’on peut appliquer cette vérité; il est certain encore que les divers accidens du terrain ont par-tout la même influence sur les événemens : un fleuve ou une rivière inguéable , un pont coupé, un défilé difficile à forcer, un bois, ont toujours produit à peu près un effet semblable dans toutes les campagnes, même dans celles des temps les plus reculés.
Et s’il était vrai qu’aucune circonstance ne se ressemblât à la guerre , à quoi serviraient donc les exemples de l'histoire, et les leçons que l'auteur prétend avec raison en tirer pour former un général ?