CHAPITRE II
d'engager l’action cru’en débouchant d’un seul point sur lui : dans l’un et l’autre cas , si I on vient à perdre une seconde bataille, c’est toujours vers Prague qu’il faut se replier.
Dans l’hypothèse que l’armée battue sur la rive gauche du Danube, près de Ratisbonne , fût encore en état de tenir la campagne , et qu’on n’eût pas de renforts à espérer de la Bohème , elle présenterait plus d’obstacles à l’ennemi en passant le Danube, et s’établissant sur la rive opposée, qu’en prenant des positions successives sur la ligue directe de retraite. L’adversaire ne saurait la laisser sur ce point et marcher sur la Bohême, sans s'exposer aux plus grands dangers; il devra donc chercher à la déposter de la rive droite ; or, il ne le peut qu’au moyen d’un détour, puisqu'il 11’y a pas d’espoir de forcer le passage au point défendu par l’armée entière : par ce moyen elle gagnera du temps et acquerra , en changeant à propos de rive , la possibilité de déjouer les entreprises formées contre elle. Elle pourrait même , en supposant qu’il arrivât des renforts de EAutriche ou de la Hongrie, opposer, du moins pour quelques jours , des obstacles à la marche de l’ennemi , en prenant des positions derrière User et l'Inn; de là, elle serait en mesure de profiter de ses fautes , ou de se replier à Linz
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l/\6 APPLICATION DE LA STRATEGIE.
sur les renforts attendus. Enfin en repassant le Danube, elle prendrait sur la rive gauche une positiotf qu'il serait aussi dangereux de laisser de côté que Ratisbonne même, et qui la rapprocheraitde Budweis , point central de sa base.
L'ennemi ne hasardera pas de pénétrer en Bohême par Ratisboune et Neumarkt, tant que l’Iser et l’Inn seront occupés par une armée en état de combattre et d’atteindre ses communications avant qu'il ail gagné Budweis. 11 sera donc forcé de suivre l'arm e de l est sur la rive droite du Danube , pour lui livrer un combat qui lui ôte les moyens d’opérer ultérieurement contre lui ; mais dès qu’il est arrivé à une certaine. hauteur dans cette direction, il ne dépend plus de lui de la prévenir sur Budweis, car à mesure qu elle se rapproche de la communication la plus courte par Linz à Budweis, il s éloigne de la ligne d opération la plus rapprochée par Straubing et Cham.
L’exécution d’un plan semblable demande, àla vérité, que l’armée de l'est se trouve encore dans une situation respectable , autrement B ennemi se dispenserait de la suivre dans ses mouvemens, et se contentant de la harceler avec un petit corps, il porterait en toute diligence le gros de ses forces suri objectif , où elle n aurait pas eu le temps de jeter des troupes, et en