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L’ENFER, CHANT XXXIV

vorable où les ailes s’en Couvrirent pour se hisser aux flancs velus de l’archange Ditéen.

De flocon en flocon, il descendit entre sa toison épaisse et les glaces amoncelées. Parvenus à la hauteur de ses hanches difformes, mon guide, avec angoisse et fatigue, se tourna en sens contraire.

Au poil hérissé du rebelle, il s’accrocha comme pour monter. Je crus que nous nous replongions dans la vallée du deuil.

« Tiens-toi bien, me recommanda le maître haletant de lassitude, c’est, par de semblables échelons qu’il faut sortir de la région maudite. »

Il s’échappa ensuite par la fente d’un rocher, me lit asseoir sur le bord, puis avec prudence il se plaça près de moi.

Je ramenai mes yeux sur Lucifer, me persuadant le retrouver comme je l’avais laissé ; je le vis, les jambes en haut

Que les humains grossiers, dont l’œil ne connaît pas le point par lequel j’étais passé, imaginent mon effroi.

Et le maître : « Debout! poursuivons notre longue et pénible route : déjà le soleil s’achemine vers la huitième heure du jour.»

Bien différente de la pompeuse avenue d’un palais, notre voie lugubre, vraie caverne au sol rocailleux, à la lueur douteuse!

(( Avant de quitter l’abîme, dis-je à mon guide quand je fus levé, tire-moi d’erreur.

» Où est l’étang de glace ? Comment Lucifer est-il renversé ? Comment en si peu d’heures le soleil a-t-il achevé sa course du matin au soir ? »

Et le sage : «Tu penses toujours être au delà du centre où je m’attachais au poil du reptile misérable qui traverse le monde.

» Depuis que je cesse de descendre, et que j’ai changé de direction, tu as franchi l’axe où tous les corps gravitent .

» Tu es sous l’hémisphère opposé à celui de la grande solitude dont la voûte éclaira la naissance, la vie et la mort du Juste.

LA DIVINE COMEDIE

»Tu poses tes pieds sur la petite sphère, antipode de la Judée : ici règne le matin, lorsque le soir assombri! Golgotha.

»Le monstre, dont les flocons nous ont servi d’échelle, occupe son ancienne position. Tel il fut précipité des zones supérieures.

» La terre, jadis avancée jusque dans son cercle impur, se voila sous les ondes, pleine d’épouvante, et s’enfuit vers notre hémisphère.

» Peut-être en fuyant laissa-t-elle ce vide où nous errons, et alla-t-elle former cette montagne lointaine, pour éviter les approches de l’ange déchu.

» Là-bas s’ouvre un lieu éloigné de Belzéhuth de toute la longueur de sa tombe, lieu invisible et secret ;

» 11 s’annonce seulement par le murmure d’un ruisseau jaillissant de l'interstice d’une roche creusée dans sa pente fluide et sinueuse. »

Virgile et moi, sans nous arrêter, nous entrâmes dans le sent ier caché, impatients de retourner au monde lumineux.

Nous montâmes, lui le premier, moi le second, jusqu’à ce que j’aperçus par une ouverture circulaire les merveilles suspendues dans le ciel.

Alors nous sortîmes pour jouir de l’aspect des étoiles.

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