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CHAPITRE IX. l

marches forcées, sur Freudenstadt , il aurait pu delà se diriger contre Horb, et Ferino contre Oberndorf; en sorte qu’il se serait trouvé sür le Necker avec 5 divisions, avant que l’Archiduc eût levé son camp.

L inaction de Moreau était condamnable Sous tous les rapports; car après le combat de la Rench, non-seulement il perdit de vue son but stratégique, en négligeant de gagner le haut Necker avant r Archiduc, mais encore il ne tira aucun parti de ses avantages tactiques , lorsqu il pouvait rendre sa victoire décisive, en marchant rapidement sur l’Alb pour y prévenir les Autrichiens , et leur livrer un second combat. Nulle manoeuvre cependant ne leur eut fait plus de mal, avec moins de risque pour les Français. Quand bien même le prince Charles, après l’éloignement de son adversaire , se serait porté à Pforzheim pour en expulser les troupes qui le gardaient , Moreau de Freudenstadt , était toujours à portée de soutenir ce poste; et au pis aller, n’eût jamais été coupe de son pont, puisque le chemin de cette ville à Renchen, est plus court que celui qui y mène de Pforzheim. Mais pouvoit-on craindre que l'Archiduc eût la témérité d’agir contre les communications de son adversaire , lui qui était réduit à la défensive , sans point d’appui

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entre le Rhin et les montagnes, et sans motif spécieux pour justifier une telle entreprise ? Disons mieux , soit que Moreau débouchât de Freudenstadt, et s'avançât encore plus, soit qu’il se tournât à gauche, et marchât sur la Nagold , l’Archiduc ne laurait pas attaqué sans se compromettre.

En manoeuvrant sur le Necker , Moreau forçait son adversaire à évacuer Pforzheim, et à se retirer précipitamment sur le Danube , vers lequel il 1 aurait pu suivre; s’il avait franchi ce fleuve un peu plus haut, pour se porter sur ses communications , nul doute qu’il ne l’eût obligé à une retraite très -désastreuse. Finalement, en l'éloignant assez du Necker pour n’avoir plus d inquiétude sur ses propres communications, rien ne 1 empêchait de se tourner vivement sur le Rocher, de s’y réunir à Jourdan, et de marcher avec lui sur Donamverth.

Moreau se décida à attaquer, le i5 , l’Archiduc à Pforzheim; sur quoi nous observerons que les résultats dune victoire sur ce point, n'étaient pas aussi prochains et aussi avantageux pour la France, qu une manœuvre sur le haut Danube. Il y a tout lieu de croire qu’il voulait affaiblir son adversaire par une bataille, ou descendre de Pforzheim pour opérer sa jonction avec Jourdan; mais dans le premier

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