CHAPITRE XI
de vive force les rampes de Geislingen et de Weissenstein , ou qu’il retourne sur ses pas , pour s’en approcher par la vallée de la Rems , ou par la route de Blaubeuren.
Or , pour gagner la route de Blaubeuren, Moreau eut été obligé de rétrograder jusqu’auprès de Kirchheim , et pour arriver directement sur la R.ems, il n avait que Je chemin de montagne de Siegen à Gmünd , lequel devenait très-dangereux à une si grande proximité de l’ennemi ; s’il ne le prenait pas , il ne lui restait dans la vallée de la Rems , que celui de Gocppingen et Schorndorf. Une manoeuvre qui doit commencer par une marche rétrograde de deux jours, en présence de l’ennemi, est sujette a beaucoup d inconveniens. Supposé que Moreau s'avançât nonobstant ces difficultés dans la vallee de la Rems , 1 Archiduc avait un chemin si court pour gagner Uhn et la vallée de la Brenz par Heidenheim , que le général fiançais eut été contraint à manoeuvrer bien loin sur son liane et de s avancer jusques vers Aalen , avant de le forcer a abandonner Boehmeqkirch. Un tel mouvement n’était guère à i edouter ; car Moreau eut donné beaucoup trop au hasard en pénétrant dans le défilé d’ Aalen , et laissant les Autrichiens en mesure
de l’attaquer à chaque instant avec toute chance de succès.
Moreau sentit l’avantage de la position des Autrichiens. 11 vit qu'il risquait de se faire battre en détail, en débouchant des vallées avec ses colonues isolées, et crut en conséquence devoir laisser ses adversaires tranquilles pendant quelques jours.