CHAPITRÉ XIII
réunir le gros de son armée sur ce dernier point , et de le placer eusuite en avant de Noerdlingen , faisant occuper les montagnes jusqu’au Danube , par un corps volant formé d'une partie des troupes de Frœhlich, qui se trouvaient à Pfuhl. De cette manière il aurait eu une position sûre et conforme à ses vues; car l’armée autrichienne n’éprouvant pas la moindre gêne dans ses mouvemens, et Ferino étant encore éloigné de plusieurs marches de l'Iller, l’Archiduc n’avait rien à craindre de ce qui pouvait venir par la rive droite du Danube , et toutes les chances se déclaraient en sa faveur. En effet, voulait-il livrer bataille? de Neresheim il tombait sur Moreau avec toutes ses forces , lorsque celui-ci déboucherait des défilés de Heidenheim, sur la Brenz. Jugeait-il plus prudent de ne pas s’engager? sa retraite était assurée sur Nœrdlingen, où le pays ouvert lui permettait de développer sa cavalerie : avantage incalculable au cas que l’ennemi lui eût offert la bataille. De ce point il pouvait encore se retirer sans combattre, ou sur Donauwerth et Wemdingen , ou sur Monlieim et Neuburg , dont il se trouvait plus près que l’ennemi, tant que ce dernier n’aurait pas dépassé Neresheim. Enfin , s’il visait à se rap-
procher de 'Warlensleben, la route d’Œtingen lui était ouverte.
Dans ces différentes hypothèses, on ne voit pas ce cpie l'ennemi aurait pu tenter contre lui. S'il l’avait attaqué , ce n’eût pas été sans danger pour sa propre retraite, vu qu’il laissait sur ses derrières des défilés considérables. Il pouvait bien passer le Danube entre Ulm et Gundelfingen, et s'avancer vers le Lecb, mais l'Archiduc l'aurait pris à dos ou devancé par Nôerdlingen sur Donauwerth; s’il manoeuvrait autour desadroite, le prince Charles était trop près des débouchés des défilés , pour laisser l’armée française achever impunément un semblable mouvement. Il est vrai que rien n’empêchant celle-ci de culbuter le corps volant dans les montagnes, pour se diriger vers le Danube , Moreau, suivant toute apparence , se serait arrêté à ce parti, dont la conséquence immédiate eût forcé les Autrichiens à abandonner Noercffingen en toute hâte, afin de ne pas être coupés du Danube.
Le 4 août, Saint-Cvr s'avança contre Heidenheim, et repoussa les avant-postes restés sur la (limite de la Brenz. Le 5 , il prit Gieugen , Hermeringen, Stauflfen et Altenberg, et poussa jusqu’à Eichingen , où il ne put se maintenir.