‹ Vol. 2Chapitre 136 sur 157 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

cependant celle de Forcheim; malgré les obstacles qui en hérissaient le front, on pouvait aisément la percer sur l’Aiscb , par où l’ennemi avait la facilité de se porter sur la gauche de la Regnitz, et de gagner Niirnberg. La ligne de l’Aiscli se trouvait trop étendue et trop faiblement gardée, On est toujours battu par un ennemi supérieur en nombre , lorsqu’on veut s’étendre en proportion de la ligne qu il embrasse.

Le 5 août se passa tranquillement. Kleber arrêta son plan d’attaque pour le lendemain. Il employa plus de troupes sur la droite que Jourdan; mais du reste il suivit son système, en avançant sur un grand front par divisions marchant àla même hauteur. Afinde poursuivre l’ennemi dans une direction parallèle à sa retraite, il fallut pivoter à droite, en sorte que Lefebvre et Collaud décrivirent un grand arc avant de tomber dans l’alignement de l’aile droite. Celle-ci ne s’avança que très-peu le premier jour; Grenier, Championnet et Bernadotte arrivèrent le 5 seulement sur la Rauhe-Eberach. L’avant-garde de Grenier attendit à Bamberg que la gauche eût achevé sa manœuvre , car Lefebvre n’arriva que le 5 à Rentweinsdorf , près d’Ebern ; ce qui fit perdre ainsi deux jours fort inutilement.

Rien n’est plus dangereux pour] une armée

254 HISTOIRE de la campagne de 1796.

qui bat en retraite , que de faire un changement de front en arrière , perpendiculairement à la première direction de la ligne , et de manière à former avec elle un angle droit , car le pivot se trouve tout juste dans le prolongement de la ligne ennemie , et reste ainsi seul en prise à tous ses efforts, durant tout le temps que le mouvement s’exécute ; ce qui permettra à l’ennemi d’écraser le flanc avant que la manœuvre soit terminée.

Un seul avantage de cette nature a souvent décidé du sort d’une campagne : on ne saurait douter que l'ennemi poursuivant, comme il vient d'être dit, une armée en retraite, ne découvre la partie faible si apparente de la ligne de son adversaire ; ni présumer qu’il la laissera intacte pour la suivre parallèlement.

En se portant de Bamberg à Forcbeim , Wartensleben ne fit autre chose qu’un changement de front en arrière. Si Kleber , dès qu’il en fut informé , avait dirigé les 3 divisions et la cavalerie qu’il avait sous la main à Bamberg, sur la gauche de la Regnitz , contre im seul point de la ligne autrichienne , elles auraient atteint 1 Aisch le 5, et se seraient trouvées le lendemain sur le flanc de l'ennemi , trop faible pour leur résister. La division Collaud pouvait même coopérer à cette manœuvre , en passant la rivière à Bamberg, et suivant

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