CHAPITRE XIV
les autres divisions. Lefebvre, il est vrai, était encore à une grande distance ; mais rien n'empêchait Kleber de le faire venir en toute diligence sur la Regnitz , et de lui en faire longer la rive droite , pour échelonner le flanc des colonnes, et amuser Wartensleben sur son front. La marche d’une aussi forte masse, le long de la Regnitz,. aurait coupé la ligne autrichienne sur l’Aisch.
Au lieu d’une manoeuvre si simple et si efficace , Kleber résolut d’attaquer toute la ligne; aussi ne parvint-il qu’à tourner l’aile gauche des Autrichiens , et à les obliger de se retirer. En cela Kleber jugea mal , ou se conforma avec trop de ponctualité aux intentions de Jourdan, qu’il remplaçait momentanément, et du système duquel il ne lui fut peut-être pas permis de s’écarter.
Le 6 août, les coureurs français attaquèrent les avant-postes autrichiens. Les divisions Bernadotte , Championnet et Grenier passèrent la Raulie-Eberach , entre Burgwinheim et la Regnitz. Bonnaud suivit l’aile droite avec la cavalerie. Les troupes légères des Autrichiens furent repoussées jusqu’à l’Aisch,. qu’elles bordèrent alors , de Hochstædt à Schlamersdorf. Les Français prirent position sur la Reiche-Eberach , de Schlüsselfeld , jus-
qu'à son confluent L’attaque fut moins vive sur la rive droite de la Regnitz. Collaud et Lefebvre chassèrent l'ennemi de Strullendorf, Hirscheid et des hauteurs les plus voisines qui commandent la vallée de la Regnitz.
Persuadé que 1 occupation de la rive gauche de cette rivière était de la plus haute importance pour sa position , Wartensleben renforça , le 7 , le général Kray qui y commandait, de deux brigades qui arrivèrent à Schlamersdorf à 1 instant où la division Championnet , après avoir passé l'Aisch , emportait Willersdorf, et où Grenier débouchait d’Adelsdorf. Néanmoins, après un engagement vigoureux, les Français furent rejetés de l’autre côté de la rivière. Sur ces entrefaites, Ilochstædl ayant été tourné par la cavalerie , et forcé par Bernadotte , la ligne fut débordée et prise en flanc ; ce qui contraignit Kray à marquer la retraite de ses troupes par le pont de Hausen; elle s’effectua sans être inquiétée , à la faveur du terrain qui était très-coupé.
Lefebvre ayant attaqué l'ennemi sur la rive droite de la Regnitz , l’avait repoussé d’Ebermanstadt à Wiesenthau ; Collaud qm aborda de front sa position , ne put qu’en faire replier les premiers postes.
Préparé par de meilleures dispositions , ce