CHAPITRE XIV
combat aurait pu devenir décisif 5 cependant son résultat fut assez important pour décider l’ennemi à une retraite totale. Wartensleben quitta la route de Nürnberg pour suivre celle d’Amberg , où il ne voulait s’arrêter que quelques jours , parce qu’entre celle-ci et la première , les montagnes ne laissaient pas de communication directe vers le Danube. Il partit en conséquence dans la uuit du 7 au 8 , et se replia à Neukirchen sur le Brand. Toutes les troupes légères postées entre Boxdorf et Groefenberg , formèrent , sous K ray, l’arrièregarde ; Nauendorf fut détaché à Altdorf , avec six escadrons , comme flanqueur de gauche : il devait observer la route de Nürnbere, etentretenir la communication avec l’Archiduc.
Jourdan reprit peu de jours après le commandement de l’armée , et séjourna le 8 août entre l’Aisch et la Wisent. Le 9, les divisions Lefebvre et Collaud s’avancèrent audelà d’Erlangen ; la première poussa de la cavalerie jusqu’à Steinbach , où il y eut des escarmouches ; les coureurs de l’autre se montrèrent dans les environs de Nürnberg ; la droite de l’armée passa l’Aurach , et prit position en avant de ce ruisseau entre Herzogen- Aurach et Frauen-Aurach.
Le Directoire avait ordonné à Jourdan de
poursuivre l'ennemi sans relâche , et de lui livrer une bataille décisive; mais il en perdit la meilleure occasion , car les montagnes oûWartensleben se trouvait désormais engagé , rendaient cette opération difficile. Les défilés où de petits détacliemens peuvent arrêter des armées entières , sont favorables à celui qui les passe en colonne , sous la protection de ses arrière-gardes , lorsqu'on le poursuit sur un front parallèle ; mais dans le cas contraire , il y serait sûrement défait , si on le prenait en flanc et qu’on l’y culbutât après une bataille perdue , sans lui laisser le temps de se former en ordre de marche et de poster ses arrièregardes.
Les Autrichiens se mirent aussi en mouvement le 9 août. Wartensleben se dirigea par Lauf, établit sa gauche à Reichénschwand,sur la Pegnitz , et la droite au pied du fort de Rothenberg , dans lequel on jeta un bataillon. Schneitacli, Steinbach et Bullach furent gardés par les avant-postes. Le 10, la division Collaud se porta à Neukirchen sur le Brand , flanquée sur sa gauche par celle de Lefebvre ; Grenier et Championnet passèrent la Regnitzprèsd’Erlangen, et campèrent sur deux lignes derrière la route de Neunkirchen à Dormitz , leur droite appuyée à la Schwabach; Bernadotte se