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CHAPITRE XIV

les routes qui facilitaient sa jonction avec Moreau, pour tourner la grande armée autrichienne et gagner le Danube. Il s’engageait dans une contrée où les montagnes gênaient toutes ses manœuvres jusqu’au-delà de Sulzbach , et où sa nombreuse cavalerie lui devenait à charge.

L’armée de Sambre et Meuse pouvait arriver, en quatre ou cinq marches, de F orcheim à Dietfurt, sur l’Altmùhl, ou prèsd’OEtingen; une ou deux divisions qui auraient poursuivi l’ennemi dans le défilé de la Pegnitz, suffisaient pour lui donner le change sur le nombre de troupes lancé contre lui, et le battre , au cas qu’il voulut reprendre l’olfensive.

Cette manœuvre eût rassuré Jourdan du côté de Wartensleben comme de celui de l’Archiduc, dont les troupes se trouvaient disséminées depuis Nœrdlingen jusqu'au Danube. Il y a tout lieu de présumer que pressé par Moreau avec une supériorité qui lui ôtait le temps et les moyens de se jeter sur une des armées françaises, en dérobant son attaque à l'autre, le Prince n’aurait été informé que tard de l’approcbe de l’armée de Sambre et Meuse , peutêtre même après la troisième marche. Cela est d’autant plus probable, que le détachement d’Eiclistædt était trop faible pour pousser des

reconnaissances au loin; que Wartensleben observé dans Je défilé de la Regnilz ne se serait pas aperçu à l'instant même de la marche des Français, et que son rapport n’aurait pu d’ailleurs arriver que par un long détour. 11 estdonc évident que les Autrichiens eussent été contraints à regagner le Danube en toute hâte. Et qui eût empêché alors Moreau et Jourdan de s’avancer de concert, par la rive gauche, sur Ratisbonne, pour y forcer le passage, amener 1 ennemi à une bataille inégale, ou 1 obliger à une retraite désastreuse en gagnant son liane droit par desmouvemens rapides ?

Jourdan perdit l occasion la plus favorable de toute la campagne de frapper un grand coiq} ; occasion souvent plus décisive que le gain de la bataille même. Connu avantageusement par d'heureux exploits en 1793 et 1794 , il ambitionna la gloire de chasser Wartensleben en Bohême , et de prendre pied sur le territoire autrichien avant Moreau. Mais un mouvement qui l’eût conduit directement à se rapprocher de l'armée de Rhin et Moselle plus forte que la sienne , en l’obligeant d’agir de concert avec elle , 1 eût subordonné à un autre général : dès-lors le premier rôle ne lui appartenant plus , son amoui’-propre trop contrarié de se voir borné au sectond , le fortifia

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