‹ Vol. 2Chapitre 145 sur 157 · CHAPITRE XT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XT

Les Autrichiens voulurent rectifier leur centre , en refusant à Amerdingen , leur gauche , qu’ils établirent derrière le Kesselbach ; cependant l’aile droite donnait toujours prise à l’attaque qu’on aurait dirigée contre elle de Neresheim ; et bien qu elle fut appuyée à des ravins escarpés et d’épaisses forêts , elle n’était rien moins qu’inexpugnable.

Les troupes postées à Mædingen pouvaient à la vérité être détachées pour la soutenir à Forclieim; mais elles n’y seraient jamais arrivées à temps ; car Mædingen est plus éloigné de Forcheim que Neresheim, où se trouvait déjà une division ennemie. D’ailleurs, la marche devant s'effectuer sur une tranchée dans la forêt, il eût été imprudent de dégarnir Mædingen , parce qu’en cas d’échec , la route qui y mène de Forcheim, aurait servi aux troupes qui ne pouvaient filer parla vallée de la Kessel; Enfin , l’aile gauche n’était d’aucun appui pour le centre, à cause de son grand éloignement.

L’Archiduc risquait trop d’attendre son adversaire dans ces positions étendues; et l’évacuation des magasins sur le Danube n’était plus une raison plausible pour courir les chances d’une bataille dans des circonstances si défavorables. 11 en reconnut le danger lorsque Moreau s’avança près du centre; maisuneretraite

en sa présence ne semblait pas moins délicate. Il se décida donc à prendre l'initiative de l'attaque pour repousser l’armée française, afin de pouvoir se retirer tranquillement, et se réunir plus vite à Wartensleben. On ne doit pas lui suppose*’ d’autre intention ; car à cette époque, Jourdan était si rapproché, que le Prince aurait tout-à-fait manqué la jonction qu'il projetait, en suivant son adversaire après le gain de la bataille.

Wartensleben lui ayant donné avis de l’impuissance où il se trouvait d arrêter l’ennemi, et de la nécessité de se replier sur la Bohême , l’Archiduc craignit qu il n’eût déjà commencé son mouvement rétrograde , et qu'il ne fût plus temps de se réunir à lui ; car dans ce cas , sa marche sur la rive gauche du Danube jusqu’au pont de Neuburg ou d'Ingolstadt, eût été trop chanceuse; il résolut donc de passer ce fleuve le plutôt possible , soit pour s'opposer au passage de l'armée de Sambre et Meuse, dontla marche n'éprouvait plus d'obstacle , soit pour opérer sa jonction avec Wartensleben , par Ingolstadt ou Ratisbonne, s il n avait pas encore abandonné la Naab.

Telles furent les considérations qui déterminèrent l'Archiduc à effectuer le passage du Danube à Donauwerth , oû tous les préparatifs

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