CHAPITRE XV. 27I
avaient été faits d’avance , et où il fallait arriver nécessairement par les défilés pénibles de la Wernitz et de la Kessel, dont il s’était assuré.
L’attaque fut fixée au 11 août , aussitôt après qu’une partie des troupes du camp de Mædingen se seraient réunies à celles du centre. D’après les dispositions générales , l’attaque principale devait être dirigée de Forcheim et Amerdingen, sur le centre de l’armée française. On y destina 19 bataillons et demi et 24 escadrons, c’est-àdire, i3,5oo hommes d’infanterie, et 3,goo de cavalerie. Mercantin (1) avait ordre d’attaquer Dischingen , par Kloster-Mædingen , avec quelques bataillons détachés de la division Riese.
La principale attaque devait être secondée par des démonstrations de l’avant-garde aux ordres du prince de Lichtenstein , auquel il fut prescrit de pousser des partis dans les bois entre Neresheim et Noerdlingen; 4 bataillons et 1 o escadrons restèrent au camp de Mædingen pour lui prêter la main en cas de besoin : il n’y avait pas moins de 45°°° baïonnettes et 4,3oo sabres pour cet accessoire.
Les instructions de Riese portaient qu'il s’avancerait avec l’aile gauche, de Dillingen
(t)Ce Général avait passé depuis peu de l’armée de Wartensleben à celle de l’Archiduc.
par Giengen sur Oggenliausen ; qu'il rejetterait l'ennemi sur Heidenheim et Natheim, et menacerait son flanc droit et ses derrières : 6,900 hommes d'infanterie et 2,400 chevaux étaient à sa disposition pour cet objet. La totalité des troupes en action s elevait à 24,000 hommes et 10,600 chevaux. On avait prescrit à Frœhlich de passer le Danube, de longer la rive droite de la Brenz, par Stozingen et Giengeu, et de favoriser ainsi le mouvement de Riese. Les Autrichiens s ebranlerent le 10 au soir, pour atteindre dans la nuit , le point de départ des colonnes d'attaque.
Cependant Moreau fidèle à son système de circonspection, et voulant forcer son adversaire à la retraite par de petits combats , avançait peu à peu dans le pays fourré qu'il ne connaissait pas. L'avant-garde du centre , soutenue de la division Taponnier et de la cavalerie de réserve, attaqua le 10 après midi, les troupes légères autrichiennes postées derrière Eglingen, et les repôussa sur Amerdingen et Aufhausen. Au même moment, la division Beaupuy pénétrait dans la forêt, entre Schweindorf et Forcheim, et celle de Delmas faisait une fausse attaque sur Bopfingen. Un orage épouvantable, qui obscurcit le ciel et dura jusqu à la nuit, sépara les combattans.