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CHAPITRE XV

Moreau établit le meme jour sa droite à Dischingen , sur les hauteurs avantageuses de l’Eggebach; sa gauche derrière Sehweindorf, à la forêt épaisse traversée par la route de Neresheim à Nordlingen; son centre à Dunstelkingen. Quoique les bois de cette contrée soient coupés de ravins profonds et impraticables, il établit la cavalerie de sa réserve sur la route de Nordlingen , en arrière du bois où le terrain s’ouvre versUmenlieim et Nereslieim , afin de mieux assurer sa gauche. Les divisions Delmas et Duhesme restèrent dans la position de la veille.

L’armée française , placée au nœud des vallées qui s’inclinent vers le Danube, et du côté de la Wernitz, n’avait rien à désirer sous les rapports de la tactique, et pouvait manœuvrer facilement; au lieu que les Autrichiens , séparés par ces vallées mêmes , rencontraient à chaque pas des obstacles à leurs mouvemens. Moreau avait refusé son aile droite, protégée d’ailleurs par le château et le village de Dischingen, susceptibles d’être mis en état de défense. Le centre était établi à Dunstelkingen, sur des hauteurs propres à toutes les armes, mais principalement à l’artillerie ; le gros de son infanterie posté en partie sur ces

hauteurs , et partie en réserve. Son aile gauche se trouvait aussi refusée. Une attaque dirigée contre elle aurait coûté trop de monde et exigé trop de temps, pour n’être pas repoussée à propos par les troupes du centre. La cavalerie de réserve placée derrière les forêts empêchait l'ennemi d’en déboucher. L’iufanterie, postée à Boplingen , était, assez près pour le prendre en flanc , et faire échouer ses tentatives,

Le seul défaut qu’eut 1 établissement de l’armée française, était le grand éloignement de la division Duhesme du centre; elle ne pouvait de Medlingen , prendre part à aucune opération offensive, ni protéger l'aile droite; car quoique le terrain fût découvert , elle n'avait que 8 escadrons.

En plaçant son infanterie en arrière de Discliingen , vers l’Egge , on aurait bien mieux couvert le flanc droit de l'armée, et l’ennemi ne l’eût jamais devancée sur la route de Heidenheim : la position du corps de bataille eût acquis beaucoup plus de solidité par l’appui de ces bataillons , et quelques détacliemens de cavalerie étaient suffisans pour éclairer la contrée jusqu'au Danube.

Les avant-postes des deux armées restèrent,

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