CHAPITRE XV
la nuit du 10 au 1 1 , dans les positions où l’orage les surprit.
La colonne dirigée de Mædingen à travers les bois, contre le centre, trouva le chemin si défoncé, quelle employa neuf heures , et son artillerie quatorze , pour se rendre à sa destination, où elle aurait dù arriver en trois heures. On perdit ainsi tout l’avantage d,’une attaque imprévue; et bien que cet accident fut irréparable , les Français joignant la supériorité du nombre à celle de la position , l’Archiduc dut courir le risque d’attaquer; car il y avait trop de danger à se retirer en leur présence , ou à s’établir dans les vallées dont ils occupaient le nœud.
Les avant-postes tiraillèrent dès le point du jour; mais les colonnes ne furent prêtes à entrer en action qu’à sept heures seulement. Voici quelles étaient les dispositions contre le centre. La première colonne de 6 bataillons et autant d’escadrons , après avoir été formée à Amertingen , fut partagée en deux sections : la première marcha à gauche d’ Osterhof en , le long de la forêt, vers la maison de chasse d’Eglmgen ; la seconde sur le chemin d’ Amertingen , à Eglingen , oà après s être réunie à la précédente , elle devait attaquer Dis chingen , de
concert avec elle. La seconde colonne de 7 bataillons et § escadrons > se rassembla à Aufhausen , et marcha en deux sections : l’une de ce village à Eglingen j Vautre de Weilerhof à Dunstelkingen où elles durent se réunir. Après avoir emporté ce dernier poste , la seconde colonne avait ordre de rester à Katzenstein > jusqu’à ce que la première section de la précédente eût occupé Neresheim , et que la seconde se fut emparée de Dischingen. Une troisième colonne de 6 bataillons et demi et 10 escadrons r fut rassemblée à Forheim et dirigée sur Umenheim partie par Kœssingen et Hoellestem et partie par Schweindorf.
Les colonnes ainsi formées s'ébranlèrent aussitôt pour l’attaque (1). Après avoir délogé l’ennemi de la forêt d’ Aufhausen , de Weiler-
(1) On reconnaît dans ce plan l’esprit du système de Mack, qui consistait à étendre la ligne pour déborder celle de l’ennemi , et à multiplier les colonnes pour le tenir dans l’incertitude du vrai point d’attaque : système dangereux dont le prince Charles n’osa peut-être pas encore s’écarter , mais auquel il renonça à Stockach , trois ans après. On l’a vu depuis manœuvrer sur d’autres principes à Caldiero, à Esling, à TVagram même, et obtenir de plus heureux résultats de ses combinaisons.