CHAPITRE XV
se porta à Burgau , et détruisit tous les ponts. En même temps , le prince de Condé se retira de Mindelheim à Schwabmünchen, à la suite d’une affaire assez chaude avec l’avant-garde de Ferino, qui le déposta (1). Froehlich prit sa
(1) Ici le prince Charles passe sous silence un combat malheureux où les Français s’entr’égorgèrent , et dont jusqu’à présent l’on n’a pas oonnu les détails.
L’avant-garde de Ferino, commandée par Abatucci , partie le 12 août de Memmingen, atteignit l’arrière-garde du corps de Condé en arrière de Wettersheim*, et l’ayant ébranlée par une vive canonnade, la fit charger par le 4e régiment de dragons qui la ramena l’épée dans les reins jusques dans le camp d’Erckheim. Ici la canonnade recommença de nouveau, et se soutint jusqu’à ce que la 3e légère , qui avait fait un long détour , parût sur le flanc des émigrés, et menaça de les couper. Alors le duc d’Enghien ordonna la retraite, qu’ Abatucci fit harceler par ses dragons jusqu’au-delà de Kamlach, où s’établirent ses avantpostes.
Cependant le péince de Condé , qui avait réuni son corps à Mindelheim , reconnut bientôt l’impossibilité de se maintenir dans cette position; la prudence lui conseillait débattre en retraite, mais pour venger sa réputation que les Impériaux s’efforcaient d’obscurcir par leurs malins propos, il ne voulut pas se retirer sans combattre. L’attaque fut donc résolue pour la nuit même, et calculée sur une surprise.
Le premier coup devait être frappé par l’infanterie, qui pour cet effet fut divisée en deux colonnes , en tête de chacune desquelles marchaient des détachemens d’infanterie
direction sur Fuessen. L’embarras de Moreau,
après la journée
suivre les Autrichiens, et de punir l’Archiduc de sa témérité.
noble, conduits par les aides-majors-généraux deSolémy et d’Hoffeliz. La cavalerie sous le comte d’Ecquevilly suivit immédiatement aussi sur deux colonnes, qui devaient se réunir et se déployer dans la plaine en cas de succès. Le prince de Condé commandait la colonne de droite, le duc d'Enghien celle de gauche.
Le 1 3 , à deux heures du matin , les avant-postes de la
légère sont abordés par la colonne d’Enghien , et se replient sur les bataillons placés à la tête du bois en arrière de Kamlach. Ceux-ci avertis par le feu, étaient déjà prêts a recevoir les émigrés. Le combat s’engage et devient bientôt une affreuse mêlée où l’on combat corps a corps. L’infanterie noble fit des prodiges de valeur. Plusieurs gentilshommes joignant la ruse à l’audace, se glissent derrière les républicains , et essayent de porter le trouble et le découragement parmi eux , en criant : nous sommes tournés ! sauvons-nous ! mais reconnus malgré l’obscurité , ils sont tués ou pris.
La surprise manquée , la partie n’était plus égale. En vain le prince de Condé cherche a gagner avec sa colonne la gauche de la 3e légère, il est repoussé avec perte par la 89e de ligne, placée en échelon delà première. Apres avoir vu tomber l’élite de sa noblesse dans trois attaques successives , il ordonna la retraite vers dix heures du matin. Elle s’effectua avec peine , mais en ordre. Des qu’elle fut prononcée, Abatucci lança contre l’ar-