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CHAPITRE III

Un si grand événement , et le danger qui menaçait l’Autriche , força la Cour de Vienne à donner l’ordre au feld-maréchal Wurmser de faire marcher, le plutôt possible, une partie de son armée par le Tyrol, au secours de Mantoue. L’ordre lui parvint le 3i mai, et aussitôt 26 bataillons et 18 escadrons, formant 21,924 hommes de pied et 3,296 chevaux, se mirent en route pour l’Italie. Wurmser prit la majeure partie de ces troupes aux environs de Mannheim , où cantonnait le gros de son armée. Affaiblis par un détachement aussi considérable , les Autrichiens fui’ en t réduits à la défensive sur le Rhin; encore devint-elle très-précaire, vu que toutes les chances favorables de Foffensive étaient pour leurs ennemis.

Dans ces conjonctures , loin de renforcer les extrémités de leur ligne en butte aux attaques des Français, de ne laisser sur la rive gauche du Rhin que les troupes nécessaires à la défense des camps retranchés de Hechtsheim, et de la tête de pont de Mannheim, lesquelles, en cas d’échec , avaient une retraite assurée , les Autrichiens résolurent de se maintenir sur la rive gauche du Rhin. Ils conservèrent leur ligne , depuis ce fleuve , derrière la Rehbach , jusqu’à Mutterstadt, Neustadt, Frankenstein , le long de l’Alsenz et de la INahe, jusqu’au confluent de

cette dernière rivière, et mirent un corps de réserve près de Kriegsfeld. Préférant laisser sans défense des contrées d’où l'ennemi pouvait gagner plutôt leurs propres communications, quils n étaient à meme de les couvrir de leurs nouvelles positions, ils portèrent une armée devant des places construites pour être livrées à elles-mêmes, et se bornèrent à détacher de Mayence , le 1er juin, 5 bataillons sur la Lalm.

Il arrive trop souvent que les généraux en chef négligent d'examiner l’ensemble des opérations , et qu ils se déterminent d’après des vues particulières , bonnes tout au plus à régler la conduite d’un général en sous-ordre. C’est à cette manière d’envisager les choses, qu il faut attribuer quelquefois des dispositions très-nuisibles. Un général particulier n'est responsable que de sa valeur et de sa fermeté ; il se déshonore , en abandonnant le poste qui lui est confié, quelle que soit son excuse. Mais le général en chef est bien plus coupable , lorsqu’il sacrifie un intérêt majeur à la défense d’une place ou d'une province.

Les événemens forcèrent bientôt les Autrichiens de renoncer à leur plan. Les hostilités commencèrent le ier juin , par des escarmouches , entre les avant-postes de 1 armée autri-

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