CHAPITRE IV
Le 4 juin au jour, les Français levant leur camp de Jungrath, repoussèrent les avantpostes autrichiens, et se divisèrent en trois colonnes , dans l’intention facile à deviner , d’attaquer la position d’Altenkirchen et de Crobach. La colonne principale aux ordres de Lefebvre, composée de 6 bataillons , 7 escadrons et 1 5 pièces de canon , s'avança le long de la chaussée ; la seconde de 3 bataillons et 3 escadrons , déboucha par Mehrem ; la troisième de 4 bataillons et 2 escadrons , suivit la vieille route qui de Weierbusch et Hilgerod mène à Crobach et Hachenburg. La division Collaud marchait à son soutien sur la grande route. Le prince de Wurtemberg ne se crut pas assez fort pour résister à ces masses considérables, et prit le parti de la retraite , dans l’espoir de défendre avec succès l’entrée des gorges de Hachenburg à Hoechstebach ; mais l'aile gauche était déjà trop engagée auprès d’Altenkirchen, pour que cette retraite pût avoir lieu à temps.
Deux bataillons et 4 escadrons défendaient , avec 1 o bouches à feu , les hauteurs en arrière à gauche d’Altenkirchen; le défilé qui conduit de la ville à ces hauteurs , était gardé par un bataillon, 6 escadrons et 8 pièces de canon; 1 5o hommes occupaient Altenkirchen ; on
avait jeté de ] infanterie légère dans les jardins et le vallon de la Wied; 6 compagnies de chasseurs tenaient Almersbach; enfin une réserve de 5 bataillons et de 12 escadrons occupait Crobaeli; mais celle-ci reçut bientôt après l'ordre de se retirer : elle ne put donc secourir la position ; d’ailleurs , outre quelle se trouvait trop éloignée pour la soutenir, elle fut elle-même attaquée.
Lefebvre se déploya devant Altenkirchen , et dirigea son artillerie contre la gauche de la position, en même temps que la colonne qui avait débouché par Mehrem attaquait le village d'Almersbach. La compagnie qui gardait Altenkirchen abandonna son poste : les Français s'apercevant de cette faute, l'occupèrent aussitôt et s’emparèrent du pont de la Wied , par lequel ils débouchèrent sans obstacle sur les hauteurs de l’autre côté de la ville.
Un régiment de chasseurs d'environ 3oo chevaux, défila par le pont, sous le feu le plus vif de l'ennemi, se forma au pied de la montagne qu'il gravit en tirailleurs , malgré sa rapidité , et se jeta sur la droite de l'infanterie autrichienne. Celle-ci soutint le choc avec fermeté et le repoussa; mais au même instant un bataillon de grenadiers passa le pont et es-