CHAPITRE 1er
à l’ anarchie et à la désorganisation , sans ressources, sans énergie, et incapable de résister aux armées qui devaient l’envahir. Ils espéraient aussi qu'à leur approche un puissant parti se déclarerait pour eux , et n’entrèrent en lice qu’avec peu de monde.
Une armée de Prussiens , d’Autrichiens et de Hessois , pénétra en France dans l’automne de 1792; mais aucune mesure 11’avait été prise pour lui assurer des succès qui répondissent à son importante destination : on paya cette première faute par les désastres d’une campagne malheureuse , d’une retraite pénible des plaines de la Champagne jusqu’au Rhin, de la perte immédiate de Mayence, et bientôt après , de celle des Pays-Bas.
Les armées de la coalition, renforcées de troupes auxiliaires dans la campagne de 1793, débutèrent parla conquête de la Belgique et la prise de Mayence. Les places de Valenciennes , Coudé et Le Quesnoy tombèrent en leur pouvoir. Landaw et Maubeuge furent sur le point de se rendre ; les armées allemandes se montrèrent aux portes de Strasbourg et de Cambrai; mais la révolution avait donné un nouvel élan au peuple français , et réveillé la fierté du caractère national. La crainte de voir la patrie foulée, conquise , et peut-être morcelée par des ar-
mées étrangères , excita 1 enthousiasme de tous les citoyens. Aussi cette campagne , commencée sous de si heureux auspices, se termina-telle par la fatale expédition de Dunkerque , et les déblocus de Maubeuge et de Landaw.
L'année suivante , les Alliés mirent en action plus de moyens, mais ils n’étaient pas proportionnés aux efforts de la France. La masse des forces de cette nation était sur pied. Malgré la prise de Landrecie par les armées combinées, et plusieurs combats à leur avantage dès l’ouverture de la campagne dans les Pays-Bas , lesFrançais n’en montrèrent pas moins bientôt après leur supériorité , et ne laissèrent pas les fautes des Allemands impunies. L’hiver commençait à peine , que déjà ils étaient maîtres du Brabant, de la rive gauche du Rhin, et de toutes les places fortes de la Hollande. La coalition fut dissoute. L’armée hollandaise se dispersa; les Anglais quittèrent le continent; les Prussiens et les Hessois se retirèrent sous divers prétextes. Les Autrichiens , réunis à quelques troupes de l'Empire , restèrent seuls en présence de 1 ennemi , sur la rive droite du Rhin.
Epuisées par des efforts si violens , les Puissances belligérantes ne purent, 1 année suivante, entrer que fort tard en campagne. L Autriche