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CHAPITRE IV

U n’est pas de position plus désavantageuse, pour attendre son adversaire de pied ferme, que d’être sur deux ligues qui forment un angle saillant (1). L’on ne pouvait cependant ici en prendre d’autre , car on avait autant à craindre d’un mouvement partant de laSieg que de Neuwied ; et l’armée autrichienne était hors d'état de se maintenir sur l’une de ces lignes, sans garder l’autre. En les abandonnant toutes deux pour se concentrer, les Français auraient été àmème de déboucher par la Sieg et le pont de Neuwied, et de réunir leur armée, avant que les Autrichiens fussent arrivés des bords de la Nahe , sur ceux de la Lalin; ce qui eût placé ces derniers dans une situation essentiellement défectueuse. Relativement à la nature du terrain, la position sur deux lignes , parallèles au Rhin et à la Sieg, n’était pas moins défavorable; car en portant la dernière en avant, on se serait trouvé au pied

(i) Cette idée est juste si les troupes doivent combattre en ligne déployée, sans bouger de place; mais elles peuvent être aussi en position défensive, par échelons sur le centre, ce qui , dansbeaucoup decirconstantes , produit un excellent ordre de bataille. Voilà comment il est difficile de donner des principes absolus sur l’emploi de telle ou telle ordonnance de combat , et de prescrire tout ce qui mathématiquement vu , ne paraît pas convenable.

des montagnes, dans lin espace coupe par des gorges profondes; on eût perdu la faculté de se mouvoir , avec la rapidité si nécessaire dans une défensive qui étend son action sur plusieurs points. Cetavantage inappréciable passait au contraire du côté de 1 ennemi , cpii n'avait cpi'à déboucher par une de ces vallées, pour faire tomber la position. Si pour éviter cet inconvénient, on s'était décidé à occuper les sommités principales des montagnes, la ligne se fût encore agrandie, vu que la route de Siegburg à Limburg s'éloigne toujours plus du Rhin, et par conséquent de ISeuwied, placé sur son extrême gauche. Dans ce cas , le point menacé eût été , pour ainsi dire, le pivot d'une aile , et précisément l'angle sans défense , oû se joignaient les deux lignes. 11 est reconnu qu’il n'y a pas de position plus défavorable que celle dont la partie faible se présente d'abord à l’ennemi. On ne pouvait songer à établir une réserve au point central, car le défaut de communication l'eût exposée à arriver par-tout trop tard, et cela avec d’autant moins de doute, qu elle ne devait s'ébranler qu’après que l'ennemi aurait démasqué ses projets, et que la plus dangereuse de tontes les attaques, celle partant de ISeuwied , pouvait être tentée à 1 improviste. Que devait donc laire le général

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