CHAPITRE V
d’arrêter définitivement ses projets d’offensive. Il se flattait d’être en mesure le 17, mais il fut prévenu de vitesse par les Autrichiens (1).
Il y a des fautes et des pertes réparables : mais à la guerre , ce ne sont pas celles du temps; aussi un général en chef doit- il être toujours à portée de son avant-garde. C’est delà qu’il reçoit toutes les nouvelles intéressantes , qu’il acquiert la connaissance du terrain et les notions qui lui sont indispensables pour former ses plans, et opérer avec énergie et célérité. Quand il est éloigné de là tête de ses colonnes , il risque très-souvent , ou de retarder leur marche jusqu’à ce qu’il reçoive un rapport général, ou d’avoir à rectifier des dispositions vicieuses. Dans tous les cas , il perd du temps , et l’adversaire mieux servi , a toujours l’avantage sur lui. Jourdan bien placé sur la rive gauche du Rhin à la reprise des hostilités , quand la plupart des troupes ennemies s’y trouvaient encore, aurait dû passer
(1) II faut convenir d’une chose, c’est que l’Archiduc avait de Mayence deux ou trois marches de moins pour se rendre sur la Lahn, que son adversaire, qui des bords de la Nahe devait venir passer le Rhin à Neuwicd.
ce fleuve , près de Neuwied , avec la division Grenier, pour se rendre en toute diligence sur la Lalm , dès que les circonstances avaient changé. De cette manière , ses préparatifs eussent été terminés à l’instant où sa dernière division se mit en ligne.
La situation des Autrichiens sur la Lalm n’éprouva pas de changemens notables jusqu’au 13 juin; à la vérité, le général Wartensleben qui en prit le commandement, avait reçu 4 bataillons et 6 escadrons de renfort ; mais il étendit sa position encore plus , et détacha 2 bataillons et cent-cinquante chevaux à Giesen , pour faire occuper cette forteresse du margraviat de Darmstadt, conjointement avec les troupes du Landgrave. A cette époque , l’Archiduc se rapprochait avec 32 bataillons et 81 escadrons, y compris le contingent saxon, 6 bataillons et 14 escadrons détachés de l’armée du Haut-Rhin par Wurmser (1). Il envoya par Kirchberg 21 esca-
(i)L’ Archiduc, informé le 5 ou le 6 de l’issue du combat d’Altenkircheu, aurait pu attaquer -vivement tout ce qui se trouvait devant lui dans le Hundsrüék. Jourdan se serait bien vu forcé de rappeler Kleber à son secours s’il avait été battu sur la Nahe. Si l’affaire ne tournait pas à l’avantage des Autrichiens , il leur restait toujours les