CHAPITRE V. 8l
gauche de l’ennemi, sous la protection d’une batterie. Cette hauteur était la plus importante , et commandait toutes les autres. Le reste des troupes garda les passages et les routes le long de la Dille et de la Lahn , jusqu’à Wezlar. Une chaîne de tirailleurs fut jetée en avant , pour amuser la droite de l’ennemi. Les Saxons reçurent ordre de se porter de leur camp en arrière de Wezlar, sur le champ de bataille.
Il ne restait à Lefebvre , dans sa position , que 6 bataillons et autant d’escadrons, parce qu’il s’était affaibli en faisant occuper Weilburg, et avait envoyé plusieurs détachemens sur son flanc droit, principalement vers Leunen. L’infanterie autrichienne gravissait encore les hauteurs , lorsque trois escadrons ayant défilé le long de la Dille , prirent en flanc celle des Français, à l’instant où deux escadrons, couverts par un ravin , l’abordaient de front ; elle fut culbutée et perdit quelques pièces d’artillerie. Le général Richepanse rassembla la cavalerie et s’avança avec elle , pour lui donner le temps de se reformer au bord du bois ; mais il fut repoussé , et l’infanterie autrichienne l’emporta, malgré le feu nourri de l’ennemi. Sur ces entrefaites , les Saxons qui avaient débouché dans la plaine, se déployèrent pour soutenir l'attaque. Les Français occupaient la 2. * 6
hauteur de Berghausen, au-delà du bois, et cherchaient à couvrir la retraite avec leur cavalerie. Le général Zeschwitz les repoussa avec ses chevau-légers et ses hussards, et s'empara de leurs pièces. La nuit mit fin au combat. Sept bouches à feu, plusieurs caissons et un drapeau restèrent entre les mains des vainqueurs.
Le combat ne fut pas moins heureux à la gauche. Voyant l'affaire décidée sur la droite, l’Archiduc alla faire attaquer Altenburg par un régiment saxon. Ce poste , après deux décharges, fut emporté à la baïonnette. Les Autrichiens bivouaquèrent sur le champ de bataille, et les Français profitèrent de la nuit pour aller reprendre leur ancienne position derrière le ravin de Tieffenbach.
Ce mouvement porta l’Archiduc sim le flanc gauche de Jourdan, qui se décida à la retraite. Le premier poursuivit ses succès , et mit à l'avant-garde la colonne postée près de Leunen, après lui avoir fait passer la Lahn. L’autre retira ses avant-postes de Weilburg et Mehrenberg. Aussitôt que l'Archiduc eut des nouvelles de l'ennemi par ses partis , il alla s’établir à Greifenstein, d'où il pouvait se porter vers la Sieg ou le Rhin , en tournant par Mengerskirchen , les sources de divers cou-