CHAPITRE V
rans qui parcourent des défilés très-difficiles pour se rendre dans la Lahn. Afin de donner des inquiétudes à l’ennemi sur la Sieg , et lui faire hâter sa retraite, les troupes légères qui étaient devant Wezlar, réunies à la garnison de Giesen, furent poussées sur les deux rives de la Dille. Elles attaquèrent , de tous côtés , le général Soult qui se trouvait en position près de Herborn. Ce ne frit qu’avec peine , et en Colonne serrée , qu il s’ouvrit le chemin de Hachenburg , après avoir abandonné une pièce de canon.
Jourdan inquiet sur le compte de ce détachement , et convaincu de la nécessité de gagner le défilé de Hachenburg avant l’ennemi , y envoya le général Bastoul. avec 2 bataillons et 2 escadrons de la division Colîaud, aussitôt qu’il prit la résolution de se retirer; ce renfort arriva le 16, recueillit la brigade Soult , et barra le chemin aux troupes autrichiennes.
L’Archiduc fit les dispositions nécessaires pour se porter , le 17, sur Mengerskirchen et attaquer Jourdan; mais celui-ci commença sa retraite dans la nuit.
L’armée française se retira dans le même ordre qu’elle s était avancée ; le général en chef et les divisions Grenier Ghampionnet et Bernadotte , se replièrent successivement par
Montebauer sur Neuwied; Bonnard le long du Rhin sur Cologne ; KJeber avec les divisions Lefebvre et Collaud, et une brigade de la réserve de grosse cavalerie , sur la route qui conduit d Al tenkirchen à la Sieg. Le 1 7 juin à neuf heures, ces troupes s’établirent à Freilingen.
L’Archiduc apprit en route la retraite complète de Jourdan. Il changea sa direction en conséquence , fit un mouvement de flanc à Renderolh , et dirigea la division Werneck à Emerichenhain. Les troupes qui avaient passé la Lahn furent chargées de pousser l'ennemi, qui abandonna la même nuit , les bords de la rivière , par un mouvement aussi bien concu qu'exécuté. Il fut suivi par plusieurs colonnes, dont une se dirigea par Oberlahustein jusqu'à la Motter; une autre par YVilmar et Ober- Hadamar jusqu'à Molsberg; une troisième par Weilburg et Melirenberg à Neukirchen; celle de Wartensleben sur Limburg. Mais il n’y eut , dans toutes les directions, que des escarmouches entre les avant-postes.
Comme Jourdan avait déjà une grande avance sur Neuwied , KJeber fit une marche forcée pour se porter dans la nuit du 17 au 18, de Freilingen en arrière d’Ükerath , où il prit position à cheval sur la route d' Altenkirchen , s'étendant jusqu'à la Sieg.