‹ Vol. 2Chapitre 47 sur 157 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de réunir ses forces et de reprendre l'offensive avec avantage. Ces motifs étaient plus que suffisans pour la faire jalouser des Autrichiens. Aussi , le 19 au matin , le général Kray s avança avec l’avant-garde, portée à î^ooo hommes par un renfort du corps de bataille , contre les avant-postes français , et les repoussa jusqu à la position principale. Un général d avant-garde qui croit n avoir affaire qu à des troupes légères , commet ordinairement la faute d éparpiller les siennes, quand il est exercé à ce genre de guerre. C’est ce qui arriva dans cette occasion. Kray dissémina toute sa cavalerie; l’infanterie et la grosse artillerie suivirent seules la grande route. A mesure que les postes français se repliaient , les troupes autrichiennes s’étendaient davantage ; elles faisaient des progrès sensibles sur le flanc gauche de la position , et cherchaient déjà à gagner le terrain coupé , lorsque Kleber se détermina à les repousser. D'abord il fit avancer toute l’artillerie, puis le général Richepanse avec quatre régimens de cavalerie , sous la protection desquels se formèrent sept bataillons en colonne d’attaque sur la chaussée; leurs flancs étaient couverts par la colonne du général Bastoul , de trois bataillons et trois cents chevaux , et par celle du général Levai, de trois bataillons

et quatre escadrons , qui prirent leur direction sur les ailes des Autrichiens. Collaud forma la réserve avec le reste des troupes.

La première attaque remplit l’attente de Kleber; Bichepanse mit en fuite la cavalerie autrichienne ; les colonnes d'infanterie nettoyèrent le terrain coupé , gagné par l'ennemi , qui se retira dans le plus grand désordre. Arrivés devant Kircheip , les Français trouvèrent ce village fortement occupé , et de l’infanterie placée avantageusement , avec de l’artillerie , sur les hauteurs en arrière. Il s’engagea une forte canonnade; vers midi trois colonnes de cavalerie française essayèrent une charge contre la position ; elles repoussèrent les escadrons autrichiens qui voulurent leur tenir tête; mais étant tombées sous le feu nourri de l'infanterie , elles furent forcées à la retraite. Dans cet instant, la colonne de Bastoul donna sur l'ail e gauche des Impériaux. Cette circonstance obligea K ray à abandonner Kircheip, et à rassembler toute son infanterie sur les hauteurs en arrière de ce village.

Alors Kleber, pour l'attaquer de front, se mit à la tête d'un bataillon de grenadiers, et des trois de la 83e demi-brigade , soutenus de la 96e, tandis que les généraux Levai et Bastoul 1 abordaient chacun de leur côté. Les

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